Excerpt for L'absurde & l'ordinaire by Alexis Maxime Feyou de Happy, available in its entirety at Smashwords





L'absurde et l'ordinaire


Les versiphonies solitaires

(poésie)


Par


Alexis Maxime Feyou de happy


***

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Copyright 1997-2011© Alexis Maxime Feyou de Happy

Couverture, la comete de Halley (1989) Alexis Maxime Feyou de Happy

Edition Smashwords 2011



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Table des matieres


I

La première versiphonie

Ii

Le chantre des causes perdues

Iii

La classe ouvrière

Iv

La neuvième

V

La troisième

Vi

Chants du vivre

Vii

Carnets d’Amérique


*

Biographie de l'auteur


***


L'absurde et l'ordinaire


(les versiphonies solitaires)



Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation

Réservés pour tous les pays.

***


Chandernagor, la première versiphonie


Obus. mortiers, canons, fusils, pétards

Crescendos

Un, deux mille, trois milles...

Et les sons amorcèrent un diminuendo

Les fantômes des morts firent une dernière ronde sur le champ de bataille

Derrière eux une énorme cape de silence couvrit chandernagor

Il n’y avait plus rien sur cette étendu macabre

Rien

Sinon les corps sans vie de braves combattants

Puis une ombre, un corps, un pubère...puis

L'odeur sans vie des vies sans vie

Alors sortant des décombres

Une ombre, un soldat, un enfant

Dernier des survivants

Blessé a mort

Tremblant encore

Brave


Dans un éffort héroïque

Il lève un genou meurtri...


*

Mille tourments nerveux

Lui envahirent le corps

Son regard était vague, ses nerfs

Par la rude bataille éprouvés

Dans sa tête fraîche encore

Du vacarme des braves

La mêlée était jouvencelle

Il s'empara de son cellulaire

A deux lieus d’ici la garnison fidèle

Il n’obtint pas de réponse

Indompté, il brandit son fusil

Et plongea corps et âmes

Dans la mêlée

Une armée peut-être

Qu’importe

Il mourut sans fanfare

A l’antre du mirage


Alors son beau corps de puceau s’affaissa

En quart de lune sur le tapis des dieux

Ô silence des morts qui à tout homme échoit !


*


Combien étaient-ils à Chandernagor ?

Au fil des siècles

Les hommes sans cesse

En guerres infinies

Chandernagor répètent


***

La deuxieme versiphonie


Mes pensées en bouteilles

Dans l’alcôve de mes rêves

Comme par une main de fée

Sur l’asphalte du réel

En mille morceaux

Echouèrent

Le champagne répandu,

Pipant,

Nu, exposé

L’homme derrière le mirage

Moi, tu, toi

Délivré

Et mes yeux s’égarèrent

Dans la contemplation

D’un regard

Elle

Debout près de moi

Présence, tendre, passionnée

Cependant qu’élusive

Invitant mes pensées

En contrées inconnues

Désirs, passions…

Qu’était-ce que tout cela ?

Blues, peur, grelottes

Cette envie folle

De posséder

Cette abstraction

En mes antres pucelles

Ce tenace

Déchirement,

Tendre, redouté

Réclamé

Cette quête infinie

De satisfaction sensuelle…

Elle…oh ! L’hirondelle, que dis-je la vénuse

Elixir, pardon !

L’ange

Qui mon monde enchante

Qui ma nuit réveillonne

En pensées dantesques

En joies aimables et prudes

Ô toi fleur de mon mal

Fleur d’amour, fleur de joie

Fleur

Des montagnes

Regarde cet homme en proie

Aux joies

De l’amour

Regarde le monde sourire

Mi-mesquin, mi-coquin

À nos ébats sans grâce

Hum...

Il y a tant de candeur

Dans l’illusion des grands

Tant de saveur

Dans l’innocence des simples

Mais de tous les phonèmes

Qui le parler engage

Il n’y a point de syntaxe

Pour mon heur exprimer

Ta main dans la mienne

Un matin de novembre

Alors que descendant

Les marches d’une demeure

Nos yeux se rencontrerent

En cohue

A l'union de nos sens

Nos âmes s’épousèrent

Pour l’amour célébrer


Homine ! Homine !

Crie en moi le novice

Voici l’homme ! Voici l’homme !

Cent siècles de perdition


Un éclat d’amour

Pour sauver le monde


Je ne suis plus de chaire

Le séisme est complet


C’est l’extase, c’est l’extase !

Sur mon épiderme

Les ondes ont navigué


Témoin d’un phénomène

Si commun aux mortels


La genèse des naissances

D’un amour sublimé


Hier

La violence de nos ébats


Au fait de mon bonheur

Le nirvana des poètes


Au septième ciel des uns

Le paradis des autres


Dame !

Qu’importe la mort

Quand l’amour triomphe


Ô toi la promise…

Ma promesse


Belle dulcinée

Des îles martiniquaises


Toi femme, toi ange

Toi

Princesse Tahiti


Toi, femme

De tous les temps


Toi

Symbole

De grâce et de charme


Viens, tiens !

Prends-moi, emporte-moi, séduis-moi

Oui ! Séduis-moi

Oh !

En allées amoureuses

En contrées solitaires, inconnues, romanesques

Emporte-moi

Ah ! L’ingénue…

Viens ! Prends moi, séduis moi, emporte moi

En pensées sincères

En ces allées de poète

Où deux âmes sœurs leur « peut-être » émulent


Oui !

Emporte-moi en noumènes quantiques

En éternité

Pour construire un « possible »

A cette humanité

Triomphante

Inconquise

Cependant 

Que docile


Ondes invisibles, insolites, silencieuses

Reliant tout un monde fait de corps séparés

Ondes invisibles, insolites, silencieuses

Faites du réfractaire un converti sans gains

Purée !

La raison du plus fort est néandertalienne

Car dans un monde moderne ou post-moderne

Peu s’en faut

La valeur de l’humain

Se doit être dialectique


Mes pensées en épingle dans ma poche intérieure

Ornant de leur rosace mon mouchoir d’épinal

Mon pied égal et fin sur l’asphalte, le bitume

Mon derrière

Assis, en vol, en voiture ou en flotte

J’ai à travers le monde recherché

Le sapiens sapiens et sapiens

L'homme postmoderne

Bien souvent j’ai rencontré

Le miocène…

Hominidé ou humain

Les siècles, les mots et grandes maximes

N’ont point changés

L’homme

Ondes invisibles, insolites, silencieuses

Reliant tout un monde fait de corps, de pensées

Ondes invisibles, insolites, silencieuses

Faites du réfractaire

Un converti sans gain


La dynamique de vie

Du gène au phénomène

Demeure d’une constance

A troubler les savants

Qui dit darwin ? Einstein peut-être…

Qu’importe

E=mc², masse et énergie,

Lumière et photons

Ou photons donc lumière…

Relatif vous dîtes

Et comment donc

Si du miocène au moderne

La survie du vivant est encore

Relative à la raison des forces

L’émotion n’est point nègre

Elle est noumène !

Et la morale donc

E la vertu, l’art, la science…

Du vent

Comment ?

Le vice, l’avarice, les pauvres…

A quantum world yet to discover

(un monde quantum ouvert aux découvertes)

La belle affaire l’histoire des hommes !


Richmond, va mars 20 1996, 7.40 am


***


La quatrieme


Coquines

Les allées mercenaires

D’un vendeur d’honoraires

Qui va par mers et airs

Trimbalant en chantant

Mille et une pacotilles

Sa bourse en banques et housses

Duplex à vaugirard  et maison en campagne

Taxis, métro ou bus

Il n’a cure des badauds, des curés et breloques

Son but est solitaire, tout d’or et de vermeille

Et dans la rue parfois

Mi-sournois, mi-mesquin

La solitude sans fard

D’un baiser de clochard

Humains, eux aussi !


***


La cinquieme versiphonie


Les démons quotidiens brûlent

L’imagination galope

Le penser grève

Indolent, le corps s’abandonne

Aux bukoskiennes candeurs

Adieu la prude, l’arlequin, l’innocent

Gare aux solitaires en terre étrangère

Aux puceaux, vierges et pucelles

Gare !


Y’a rien de comparable

A la solitude vorace

Des grands hôtels!


***

La sixieme


Mon pas égal et lent sur l’asphalte, le bitume

Je vais à toi ma belle

Au zéphyr de la gloire

A soi la providence et ses vœux d’espérance

A soi les belles duègnes, les nounours, les poulettes

Et le beau rubicond des souvenirs d’antan

Et tous les tournesols ; les huiles fines les plus saines

Les baisers d’Agadir, et les rêves de Venise

Qui firent en Espagne les plus tristes monuments

Car l’amour est aux « saints » un tabou pluriel

Car l’espoir est un pleutre sans chapeau, sans pantoufles

Qu’on voudrait Jupiter au banquet des prélats

Où tout est d’or quand la conscience s’endort

Alors que sur les plages des côtes d’azur du monde

Le sang des misérables échoue en solitaire


Ricmond, va, march 29, 1996


***

Le chantre des causes perdues


Trésors inconnus des lendemains certains

Oubliés

Là bas

Dans les océans de l’âme

Où les humains sans grâce

Un brin de vie réclament

Odes sublimes au cœur de ma nuit

Egayant mon sommeil

D’orges

Philharmoniques


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