Une autre vision de la politique
On
a coutume de dire qu'en France, la séparation entre droite et gauche
date de la Révolution française, quand ceux qui allaient devenir
Montagnards, Girondins ou membres du Marais s'installèrent dans
l'hémicycle. Cette vision d'un paysage politique réparti entre
« droite »,
« gauche » et « centre » date de cette
période : on imagine un demi-cercle où le « bleu »
et le « rose » se disputent la plus large part du gâteau
avec, suivant les périodes et les modes de scrutin, des franges
« rouge » et « verte » sur le flanc gauche,
et une frange « brune » du côté droit.
Cette
représentation « en demi-camembert » ne rend cependant
qu'imparfaitement compte des rapports de force politiques
et des « passerelles » entre les différentes
sensibilités, et ce pour trois raisons principales :
• plutôt qu'un demi-camembert ressemblant à un demi-cercle parfait, un demi-camembert « déformé », avec des « boursouflures » à gauche, à droite ou au centre, selon les périodes, rendrait mieux compte de la réalité. Une représentation tridimensionnelle serait en fait l'idéal. Nous y reviendrons plus loin ;
• la vision d'un hémicycle comptant tant de représentants de chaque tendance traduit fort mal l'état de la situation politique dans le « pays réel ». Non seulement le scrutin majoritaire amplifie les tendances mais, à l'intérieur de chaque tendance principale, les différences d'opinion se fondent dans une couleur uniforme (qu’y a-t-il de commun, au PS, entre Valls et Montebourg ? Ou, à l’UMP, entre Mariani et Pinte ?) ;