Se Connaître
et
Mieux Vivre
Par Monique Lussier
Published by Monique Lussier at Smashwords
Copyright 2011 Monique Lussier
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Le conscient (le moi)
La structure de l'inconscient:
Les obstacles
L'introspection
Chapitre 2 : Le fonctionnement de l'inconscient
Les différents types de perceptions
Les perceptions limitatives
Les perceptions motivantes
Les croyances et les limitations
D'où proviennent-elles?
Le faux moi
Les conséquences des croyances chez l'adulte
La victimisation ou l'apitoiement sur soi
L'excusite ou pourquoi changerais-je si les autres ne le font pas!
Le ressentiment, la colère et la haine
Les besoins fondamentaux:
L'intentionnalité ou la responsabilité personnelle
Chapitre 3:Comment se libérer de ses limitations
L'air dans les tuyaux
Attitudes favorisant le cheminement personnel:
Le désir
La volonté
La persévérance
L'ouverture d'esprit
La foi
La discipline
L'acceptation
L'honnêteté
Le courage
L'humilité
L'équilibre
Chapitre 4: L'estime de soi et la confiance en soi
Quelques signes de manque de confiance en soi
La jalousie
Le besoin de contrôler
Le perfectionnisme
La critique négative
Se définir à travers les autres
L'espace intime
La clôture
Les valeurs
Quelques outils pour améliorer l'estime de soi et la confiance en soi
L'importance des buts dans le cheminement personnel
Comment se fixer des buts?
Résistance au changement et anxiété attribuables à la peur de l'inconnu
Les surprises de la vie
La respiration profonde
Relaxation et méditation
L'imagination
La visualisation
Soyez vous-même votre entraîneur ou votre motivateur
La saine compétition avec soi-même
Quelques causes d'abandon
Chapitre 6: Donner un sens à sa vie
Découvrir le sens de sa vie sur Terre
Donner et recevoir
L'énergie créatrice de l'univers
La dualité
Conserver son idéal en tête
Encore ce manque de confiance
Fixer son attention sur le côté positif de ses expériences
Cultiver des sentiments de sérénité, de paix et de gratitude envers soi-même et envers la vie
Le contact avec la nature
L'évolution: l'œuvre de chaque jour
Chapitre 7: Les relations interpersonnelles
Relations personnelles et sens de l'identité
Les amis
Ne fréquenter que des gens qui ont une bonne estime de soi
Choisir des gens avec qui on peut partager ses émotions mais qui savent s'amuser
Ne pas se laisser démolir par les autres
Dotez-vous d'un environnement calme
Soyez votre meilleur ami
La relation de couple
Le respect mutuel
Éviter de vouloir changer l'autre
À chacun ses champs d'intérêt
Donner et recevoir dans la relation de couple
Je tiens à souligner que je ne prétends pas faire le tour de la question, car la psychologie et la spiritualité sont des sujets on ne peut plus complexes. Mon principal objectif est de vous aider à mieux comprendre qui vous êtes pour que vous puissiez accéder à votre merveilleux potentiel de création. Actualiser ce potentiel au quotidien vous propulsera vers des horizons qui jusque là, étaient inconnus de vous.
Commençons maintenant ce merveilleux voyage Se connaître et mieux vivre. J'espère qu'il vous permettra de découvrir qui vous êtes vraiment et qu'il vous mènera à votre épanouissement personnel.Bonne lecture. Si vous désirez me rejoindre voici le lien: https://www.smashwords.com/profile/view/pep301
Les sociétés occidentales sont les plus libres du monde. Elles jouissent de la liberté de parole, d'expression, d'orientation sexuelle et de religion. Chacun a le choix de fonder une famille, de rester célibataire ou d'embrasser telle ou telle carrière à sa convenance.
Mais qu'en est-il de la liberté d'être soi-même? Pourquoi ne pas nous permettre de bien réfléchir à cette question en toute honnêteté? Nous accordons-nous la liberté d'être épanoui et heureux, de donner libre cours à notre créativité? C'est pourtant une forme de liberté qui se cultive. Mais y recourons-nous? Exerce-t-on cette liberté consciemment? Nos schèmes de comportements et nos choix reposent-ils sur une vision précise de nous-même ou sont-ils dictés par des besoins insatisfaits inavoués? Ne sont-ils pas influencés par notre éducation?
Si c'est le cas, notre liberté d'être se trouve sans doute fortement compromise. Tout au long de notre vie, cette formidable mémoire qu'est l'inconscient emmagasine toutes nos perceptions. C'est donc en majeure partie l'éducation, la culture, et avant tout le milieu familial qui façonne l'adulte que nous sommes: soit un être libre, c'est-à-dire un être fonceur qui met consciemment à profit sa créativité, ou un être prisonnier de ses peurs, de ses limitations, de ses préjugés, et surtout du manque de confiance et d'estime de soi. Mais le plus dramatique dans tout cela demeure toutefois que nous ne sommes pas vraiment conscients des comportements paralysants et limitatifs associés à de tels manques.
Il faut donc admettre que nous profitons rarement de notre liberté de choix et que cela affecte la direction que prend notre vie. Prenons conscience de nos limitations et de nos besoins insatisfaits qui nous empêche d'accéder à notre énergie créatrice. Autrement dit, il faut apprendre à se connaitre soi-même et découvrir en nous des richesses insoupsonnées.
Mais comment faire pour accéder à cette liberté et à cette richesse intérieure qui, somme toute, est un droit dont chaque être humain peut se prévaloir? Il faut ouvrir son esprit et sa conscience pour entreprendre un cheminement intérieur et mettre à profit cette capacité de réalisation de soi présente en chacun de nous.
Se connaître et mieux vivre est un livre de croissance personnelle conçu pour permettre à chacun de découvrir sa personnalité authentique. Il offre des outils pour apprendre à se connaître, non pas en se jugeant d'une façon négative mais en mettant en lumière le potentiel de création présent en soi. En restant à l'écoute de ses sentis, on trouve alors le chemin de son évolution et de son épanouissement personnels. C'est un aussi un moyen d'établir une relation durable et profonde avec ses aspirations réelles, ses qualités et ses talents.
Les deux principales composantes psychologiques de l'être humain: Le conscient et l'inconscient
La connaissance de soi suppose la compréhension de certaines notions psychologiques propres à l'être humain; celles du conscient et de l'inconscient. Dans le présent chapitre, je tenterai d'abord de définir le conscient. Je traiterai donc, en l'occurrence, de sa nature et de ses principales fonctions. Pour ce faire, je recourrai à certaines théories développées par des chercheurs de renommée internationale comme Carl Gustav Jung, Carl Rogers et Rollo May.
Par la suite, je poursuivrai notre étude de l'être humain en donnant des précisions sur l'inconscient. D'ailleurs, pour faciliter la compréhension de sa structure, j'utiliserai une métaphore, une analogie avec l'entonnoir. Puis je mettrai en lumière l'une des principales entraves à la créativité de l'être humain: la peur de se connaître.
De plus, je vous ferai part d'une méthode infaillible grâce à laquelle il est possibli d'entrer en relation avec soi,l'introspection. Y sera discuté également de certains obstacles qui peuvent nuire à l'établissement de la relation à soi.
Ainsi, en tant quêtre doté de pensées, nous vivons à l'état de veille dans le monde du conscient. C'est là que loge le moi. Les prises de décisions et les actes que nous posons au cours de notre vie sont les résultantes de pensées ou de perceptions conscientes. Cest pourquoi nous estimons prendre nos décisions en pleine connaissance de cause, donc consciemment. Mais maîtrise-t-on vraiment nos pensées, nos choix et nos actes?
Pour bien saisir la portée de cette interrogation, amorçons maintenant l'analyse du conscient en commençant par la conception de Carl Jung sur ce sujet.
Le conscient (le moi)
Selon Carl Jung, un des pères fondateurs de la psychologie moderne, ce qui constitue le moi, ou encore le conscient, c'est l'ensemble des représentations mentales. Toutes les pensées et les perceptions, tous les sentiments et les souvenirs font partie intégrante du conscient. Nous avons tous plus ou moins conscience de la multitude de pensées qui nous traversent l'esprit. Or, les pensées peuvent être positives et stimulantes comme: "Je suis capable d'atteindre l'objectif que je me suis fixé", ou "Cette journée est magnifique." Mais elles peuvent aussi être négatives et paralysantes comme: "Je suis incapable d'y arriver " ou " Encore une journée d'enfer! " Il en va de même pour les sentiments. En effet, certains sentiments font du bien comme la joie de vivre, l'amour. Mais d'autres, comme la peur ou l'insécurité, nuisent plus ou moins à notre évolution. Cest la même chose avec les souvenirs. Ils peuvent nous stimuler s'ils sont reliés au succès ou nous freiner s'ils sont associés à l'échec. Les perceptions attribuables aux cinq sens appartiennent aussi au domaine du conscient.
Toujours selon Carl Jung, le moi est aussi responsable du sens de l'identité et du sens de la continuité dans le temps. Nous parlerons plus tard du sens de l'identité afin de mieux comprendre cette importante perception de soi. Pour l'instant, retenons qu'il est lié à la perception que l'on a de soi-même en tant qu'être humain doté d'une personnalité qui lui est propre. D'après un autre psychologue de renom, Carl Rogers (1971), le conscient correspond à la représentation ou la symbolisation d'une partie de l'expérience vécue. Cette symbolisation n'est pas nécessairement verbale; elle peut être traduite en images visuelles et auditive.
Pour expliquer le propos de Carl Rogers, on pourrait dire que le conscient est fait d'images et de perceptions qui correspondent à la façon dont chacun se représente chaque événement vécu. Chacun perçoit ce qu'il vit et y réagit selon ses propres représentations. Si, par exemple, une personne a subi plusieurs échecs consécutifs dans ses relations amoureuses, elle risque de douter de la réussite à long terme de ses relations intimes. La représentation ou la symbolisation de ses expériences passées servira de base à sa perception des liaisons intimes. Il lui sera donc difficile de tisser des liens amoureux avec confiance.
Par contre, si une autre personne a vécu des relations amoureuses enrichissantes, la représentation de ses expériences passées sera sans aucun doute différente, et les sentiments associés le seront également. Dans cet exemple, la différence de perceptions des expériences vécues démontre bien que les décisions et les actions sont fortement influencées par les représentations appartenant au conscient.
Selon Rollo May, (Hallport et all. 1976) la connaissance de soi ,qui est le moi, le conscient, est le centre subjectif qui éprouve le fait que je suis la personne qui se conduit d'une façon ou d'une autre. C'est grâce à cette principale fonction qu'on prend conscience de ses comportements ou encore de ses réactions dans une situation donnée. Ce centre subjectif permet d'établir un lien aussi bien avec l'information intérieure, comme les pensées, qu'avec les émotions ou les sentiments découlant des expériences vécues.
Il importe de comprendre que l'être humain peut éprouver quelques difficultés à accéder à son centre subjectif. Une relation profonde avec l'information intérieure, les émotions ou les sentiments situés dans le conscient dépend directement de l'aptitude à l'introspection.
Il est fondamental de s'appliquer à entretenir une relation avec son centre subjectif si on veut percevoir toute la signification des messages qu'il contient. L'écoute de soi mène à l'ouverture de la conscience. En fait, prendre conscience de ce que contient notre centre subjectif permet de donner un sens à l'expérience vécue,de comprendre pourquoi nous réagissons de telle ou telle façon. On réalise rapidement que nos comportements sont directement reliés aux souvenirs emmagasinés dans la mémoire d'une part et dans l'inconscient,d'autre part donc soumis à la subjectivité.
Mais que veut dire exactement le mot subjectif? Voici la définition qu'en donne le Larousse: "se dit de ce qui est individuel et susceptible de varier en fonction de la personnalité de chacun. " La subjectivité est donc variable par nature.Chaque individu vit ses expériences d'une façon unique. Plus précisément, on possède chacun son propre système de référence découlant de ces expériences . Ce système de référence est le fondement même de la personnalité.
Sans entrer dans les détails car j'y reviendrai au chapitre cinq, sachons que chaque personne élabore son échelle de valeurs personnelles en fonction de son propre système de référence. Par exemple, si vous désirez mieux vous connaître, c'est peut-être en vue d'améliorer la qualité de votre bien-être intérieur. Les valeurs sous-jacentes à cette démarche peuvent être reliées l'idéal de paix intérieure,de sérénité. idéal faisant partie de votre système de référence.
Autrement dit, vous avez déjà goûté au bien-être intérieur et vous voulez prolonger cette sensation. Vous agirez en ce sens et vous adopterez des comportements pour vous aider à atteindre cet objectif. Pour y parvenir, vous décidez de plonger dans la lecture de livres de croissance personnelle. Vous améliorez ainsi votre connaissance et votre compréhension de l'être humain, et par conséquent de vous-même.
Une valeur, c'est aussi l'importance accordée à une idéologie, à un principe moral. C'est également le jugement porté sur une action ou une conduite. Tout cheminement personnel exige qu'on définisse sa propre échelle de valeurs.
Fermons momentanément cette parenthèse sur les valeurs et revenons à notre principal sujet: le conscient. On peut donc affirmer qu'à moins de souffrir de troubles mentaux graves, tout être humain peut établir une relation avec les perceptions contenues dans son centre subjectif.
Toujours selon Rollo May, un autre trait caractéristique de la connaissance de soi, c'est qu'elle permet à l'être humain de se reconnaître quand il se sent menacé et de s'observer en tant que sujet dans l'univers. S'observer en tant que sujet dans l'univers signifie que, contrairement aux animaux, nous avons conscience de faire partie des êtres vivants dans la grande famille des homo sapiens.
Selon la philosophie existentialiste (philosophie préconisée par Rollo May), la connaissance de soi se distingue par deux sortes de perceptions qui entraînent une vision dichotomique des expériences vécues. Cette double perception, qu'on appelle l'opposition sujet-objet, se situe au niveau conscient. Pour saisir ce concept qui peut sembler difficile de prime abord, analysons-le en nous référant aux existentialistes. Selon cette approche, l'être humain est capable de se voir à la fois comme sujet et comme objet en même temps.
Être objet signifie être dominé par les influences ou les stimulus extérieurs. Autrement dit, c'est subir l'ascendant de ses proches, de son milieu, de sa société, bref, de sa culture. Être sujet signifie que l'on a conscience de ces influences et ultimement qu'il est possible dans une certaine mesure d'agir sur elles, donc de s'approprier le pourvoir de modifier certaines choses. Dès lors, on échappe au cycle stimulus-réponse pour passer à l'action selon ses propres aspirations. C'est le concept de " référence à soi", le système de référence interne abordé précédemment. Par contre, même si ces perceptions sont simultanées,ce ne sont pas tous les individus qui sont conscient de cette dichotomie.
Par exemple, nous savons que la socialisation reçue nous a influencé tout au cours de notre vie. Nous sommes donc objet dans la mesure où nous subissons celle-ci . En vieillissant, et par ailleurs en accumulant de l'expérience, nous prenons conscience des représentations sociales intégrées par cette socialisation. En agrandissant son champ de conscience, c'est-à-dire en s'accordant des moments de réflexion face aux représentations et valeurs inculquées, on se donne la possibilité d'accepter ou de rejeter celles-ci en tout ou en partie.La notion de sujet confère à l'être humain une dimension où la liberté d'agir prédomine. N'oublions pas que cette faculté est la même pour chacun.
Par contre, être conscient de cette liberté dépend directement de l'aptitude à se percevoir comme sujet. Plus cette perception prévaut, plus nous prenons conscience du pouvoir que l'on a d'agir sur ses prpres prises de décisions.
Voyons comment cette dichotomie peut se traduire dans une relation conjugale par exemple. Vous vivez des moments difficiles avec votre conjoint. Vous avez de plus en plus de mal à communiquer. Vous vous sentez dépassé par la situation et vous éprouvez le besoin de vous confier à certains de vos amis. Chacun tente d'expliquer ce que vous êtes en train de vivre selon son propre système de référence.
Ces interprétations, ne proviennent donc pas de votre centre subjectif. Si vous prenez une décision dans ces conditions, c'est-à-dire sans avoir pris le temps de mettre en lumière votre propre interprétation, vous vous percevrez plus comme objet que comme sujet. Votre démarche sera alors basée sur une définition extérieure du problème (définition donnée par les autres). Dans ce cas, les gestes que vous poserez pour régler la situation ne seront pas nécessairement ceux dictés par votre propre perception
Si, au contraire, vous vous percevez comme sujet, les démarches entreprises seront d'un autre ordre. Vous vous questionnerez intérieurement. Vous prendrez le temps de prendre conscience de vos propres perceptions. L'interprétation qui en résultera sera la vôtre et vous agirez en conséquence. Bien sur cela ne vous empêche pas de vous confier à un ou une amie, mais vous prendrez les décisions jugées appropriées selon votre propre système de référence.
Précisons qu'on peut décider de se percevoir davantage comme sujet que comme objet. Tout dépend de l'intensité de sa relation avec soi. Il faut toujours garder à l'esprit que c'est grâce à celle-ci qu'il est possible de prendre conscience de son pouvoir d'agir pour évoluer. N'espérons-nous pas tous un avenir meilleur? C'est une aspiration bien légitime. En se percevant davantage comme sujet, on a dès aujourd'hui la possibilité de passer à l'action afin d'améliorer grandement son existence. Car n' oublions pas que chaque jour passé à développer la relation avec soi garantit un présent enrichissant malgré les vicissitudes de la vie.
Par ailleurs, soulignons que la volonté se situe au niveau du conscient. Chaque décision prise consciemment suppose un effort de volonté pour entraîner une action. Sans une bonne dose de détermination, il est difficile de maintenir le cap sur ses objectifs. La résolution d'agir provient d'un désir de changement, d'évolution ou d'amélioration de sa qualité de vie. C'est aussi dans le conscient que se situe la raison, la logique et le jugement. Quand on procède à une analyse quelconque ou quand on schématise un concept, on fait appel à ces facultés qui, en fonction de la socialisation reçue, sont plus ou moins développées. Certaines cultures, s'orientent plutôt vers la spiritualité, alors que d'autres, comme la culture occidentale, s'attachent plus à la logique et à la raison.
Mettre l'accent sur l'apprentissage d'une aptitude comme la raison ou la logique au détriment d'une autre peut entraîner un déséquilibre dans le développement de la personne. En effet, une personne n'utilisant que sa logique et sa rationalité risque de ne pas accorder beaucoup d'importance à l'introspection. Elle ne tiendra pas compte des perceptions émanant de son centre subjectif, celui-ci n'étant pas considéré comme réel n'étant pas perçu par l'un des cinq sens.
En résumé c'est donc grâce au centre subjectif qu'on peut changer ses comportements restrictifs, améliorer sa qualité de vie, bref, évoluer Or, si c'est grâce au conscient qu'on peut prendre les rênes de sa propre vie, pourquoi tant de gens ont-ils de la difficulté à se percevoir comme sujet? Pourquoi, malgré ce grand besoin conscient d'évolution, d'épanouissement, reste-t-on enchaîné à ses habitudes néfastes et à ses comportements inadaptés? Pourquoi est-on si peu disposé à entreprendre ce grand et magnifique voyage qu'est la connaissance de soi? Pourquoi, si on est conscient de certains traits de caractère nuisibles à notre évolution, maintient-on le statu quo? Quelle est cette force ou cette énergie qui entrave le développement de la créativité?
Pour répondre à ces questions, il faut approfondir davantage notre investigation du psychisme humain. Cette recherche nous conduira à la découverte de l'inconscient.
La structure de l'inconscient
Je décrirai la structure de l'inconscient en me servant d'une analogie, celle de l'entonnoir. Pour les fins de l'exemple, rappelons que la plus petite extrémité de cet objet conique et gradué est dirigée vers le bas et la plus grande vers le haut et que ses différents niveaux de gradation sont reliés entre eux.
Commençons par le premier niveau, la partie la plus étroite. C'est là que se situe le conscient, qui contient les pensées et les perceptions émanant de nos cinq sens. C'est le siège du moi, de la personnalité. Puis le niveau suivant est constitué de réminiscences dont on peut facilement prendre conscience. Par exemple, une certaine odeur peut réveiller en vous des images précises associées à votre enfance.
Ensuite, on retrouve le niveau suivant, composé de souvenirs et de perceptions dont il est difficile de prendre conscience. Selon Carl Jung(1952), cette couche de l'inconscient, contient des souvenirs oubliés ou refoulés ainsi que des représentations pénibles. Ces lourdes charges affectives nuisent inconsciemment à l'individu dans sa relation avec soi et, par conséquent dans sa relation avec les autres. Les bouleversements psychologiques causés par ces souvenirs oubliés ou ces représentations refoulés se traduisent chez l'individu par des schèmes de comportements inadaptés. Celui-ci n'est pas conscient de ce processus.
Voici un exemple. Une fillette, dont le père était froid et distant, s'est sentie rejetée par lui. Elle a grandi sans voir ses besoins de reconnaissance et d'amour paternel comblés. Ce manque a donné naissance à des problèmes de dépendance affective qui, à l'âge adulte, se sont manifestés notamment dans ses relations amoureuses.Inconsciemment, cette impression de rejet et la peur d'être abandonnée dictent ses comportements. C'est à travers le voile de sa relation avec son père qu'elle oriente sa relation amoureuse. Inconsciemment, elle vit dans la hantise d'être reniée et rejetée par son conjoint et, par conséquent, elle doute de la fidélité de celui-ci. Elle n'a aucune confiance en lui. Elle est jalouse, possessive et par-dessus tout, elle vit dans la peur et l'anxiété.
En vérité, ses comportements inadaptés sont inextricablement liés à sa vision déformée de la réalité, par le reflet de son profond manque affectif. Ces représentations proviennent de son inconscient qui a enregistré des perceptions de rejet et d'abandon vécues au cours de son enfance. Elle vit constamment en situation de crise. Tant qu'elle n'aura pas pris conscience de la relation déficiente dans laquelle elle était plongée antérieurement et de sa dépendance affective qui en découle aujourd'hui, elle vivra dans la hantise de se sentir à nouveau rejetée.
C'est donc dans cette partie de l'inconscient que se trouve l'enfant qu'on a été. Peu importe de quelle façon cet enfant a été blessé, chose certaine, il voudra s'exprimer à travers l'adulte qu'il est devenu. Il le fera toutefois en adoptant des comportements puérils qui empoisonneront l'existence de l'adulte qu'il est devenu.
Afin de prendre sa vie en main, on doit laisser les perceptions de l'inconscient parvenir au centre subjectif.Cela ne se fait pas d'un coup de baguette magique! On doit réfléchir aux moyens de libérer de façon symbolique l'enfant blessé qui demeure dans l'inconscient. Il en existe plusieurs, c'est à chacun de découvrir celui qui lui convient le mieux. Cela peut être une thérapie individuelle ou en groupe, des lectures axées sur le développement personnel, des cours de motivation personnelle, etc.
C'est également dans cette partie de l'inconscient qu'on retrouve tous les sentiments et toutes les représentations associés à des phrases maintes fois entendues: Tu n'es qu'un bon à rien, ou encore, tu ne peux rien faire sans tout casser, ou bien, tu es trop lente,tu n'arriverasjamais à rien de bon dans la vie, etc. Ces messages entravent véritablement l'évolution. Ils sont incontestablement comme un poison qui nuit au bien-être intérieur. Ils sapent la confiance en soi et l'estime personnelle. Or, il est inutile de s'apitoyer sur son propre sort en blâmant ses proches ou l'éducation qu'on a reçue. En tant que sujet, on a le pouvoir, voire le devoir, de découvrir les moyens d'évacuer ces perceptions de soi négatives. Il faut faire preuve de courage et volonté et passer à l'action. Personne ne peut faire ce travail à notre place!
Mais n'ayez crainte, ce niveau de l'inconscient ne contient pas que des représentations à lourde charge affective. D'autres aptitudes inhérentes à l'enfance y sont également enfouis. Par exemple, la prédisposition à l'émerveillement, cette tendance est innée chez l'enfant et souvent étouffée chez l'adulte. Notre rythme de vie nous empêche trop souvent de prendre le temps de nous arrêter et d'admirer un magnifique coucher de soleil. Nous aurions tous intérêt à rédécouvrir en nous ces merveilleuses aptitudes.
Dans l'inconscient, on retrouve aussi des qualités comme la sensibilité, la réceptivité et l'intuition, qui sont souvent considérées dans notre culture comme des prédispositions féminines. Elles peuvent avoir été refoulées chez l'homme. Par exemple, on a souvent répété aux garçons qu'ils ne devaient pas pleurer. Ils ont refoulé leur peine pour se conformer au modèle Inconsciemment, ils s'empêcheront de donner libre cours à leurs émotions, par peur d'être jugés par leurs pairs.
Or, dans ses relations interpersonnelles, quelqu'un de sensible et de réceptif saura être ouvert au dialogue. Il ne cherchera pas à refouler ses sentiments ou à jeter indubitablement le blâme sur les autres. C'est aussi un moyen d'améliorer grandement la communication entre un père et son enfant, par exemple. Quand on prend l'habitude de ressentir ce que contient son centre subjectif, donc de respecter ses propres perceptions, on ne jugeras pas celles des autres même s'ils sont plus jeunes que nous.
L'inconscient abrite également d'autres aptitudes, comme la combativité et le goût du défi. Ces qualités ont trop souvent été refoulées chez les fillettes. On ne les encourage peu être pas suffisamment à se tailler une place dans le monde. On leur enseigne le don de soi, sans conteste une grande qualité, en oubliant par contre de leur apprendre l'importance de la relation avec soi. Une fois devenues femmes, il leur faut établir un lien avec leur centre subjectif pour découvrir leurs propres valeurs et leurs buts personnels. Elles doivent développer le goût du défi.
Pour résumer l'inconscient est divisé en plusieurs niveaux. Chacun d'eux contient une foule de perceptions. Plus on avance dans les couches profondes, plus celles-ci peuvent être de nature à nous perturber et à entraver notre cheminement personnel. L'objectif de la connaissance de soi, c'est d'améliorer la liaison entre les divers niveaux de l'inconscient pour permettre à la créativité de s'exprimer librement à travers notre conscience, notre moi. Plus on entretient la relation avec son centre subjectif,plus on accède facilement à sa créativité.
Pour faciliter l'accès aux divers niveaux de l'inconscient, il faut d'abord connaitre l'existence de certains obstacles qui entravent l'exploration intérieure. Il faut les apprivoiser et les dépasser pour établir une vraie relationavec soi.
Les obstacles
Il est difficile d'accéder aux niveaux supérieurs de l'inconscient à cause de plusieurs obstacles, tous aussi complexes les uns que les autres. À l'aide d'une mise en situation, essayons de comprendre l'un d'eux,que je considère comme l'un des plus néfastes pour notre propre développement: la peur de se connaître, de découvrir qui on est réellement.
À diverses occasions, Nicole a réalisé qu'elle avait développé certains comportements inadaptés. Après mûre réflexion, elle a décidé de se consacrer à son cheminement personnel et de chercher à comprendre les raisons de sa conduite. Après quelques lectures, elle commence à entrer en relation avec elle-même et elle espère trouver ainsi des réponses à ses questions. Après quelques découvertes la concernant, Nicole ressent un malaise intérieur et se demande d'où il provient.
En fait, elle se sent paralysée, toute sa bonne volonté commence à fondre comme neige au soleil, et elle ne comprend pas la raison de ce blocage. Elle n'a pas saisi que ce qui l'affecte, c'est la peur de se connaître, elle craint d'entrer en relation avec elle-même. Elle ne parvient pas à prendre conscience de ce sentiment car elle le refoule. Au fil des jours, elle délaissera son désir d'évolution personnelle et elle retrouvera ces anciens schèmes de comportements.
Il faut prendre conscience de ce phénomène de régression et considérer la peur comme un sentiment tout à fait humain. Il faut se rendre compte qu'on a peur de se connaître, qu'on craint la relation intime avec soi. Ceci n'a rien de honteux, bien au contraire. Plus on est rapide et sincère à reconnaître cette peur, plus vite on établira le lien avec son centre subjectif.
Tous ceux qui ont entrepris un cheminent personnel ou presque ont connu cette peur. On pourrait dire qu'inconsciemment, on redoute de démasquer en soi un monstre contre lequel on n'a aucun pouvoir. D'une certaine façon, on est comme l'enfant qui a peur de découvrir un monstre dans le placard. Mais ce monstre, existe-t-il vraiment?
Voyons, à l'aide d'une comparaison, à quoi ressemblent nos monstres intérieurs? Cette vision simplifiée du problème nous permettra de mieux comprendre à quel point l'être humain alimente ses propres peurs, comme les enfants s'inventent des monstres dans les placards.
Vous êtes dans une pièce immense, avec deux portes. Sur l'une, est écrit en lettres flamboyantes: Épanouissement personnel. La porte étant entrouverte, vous pouvez voir ce qui se passe de l'autre côté. Vous vous voyez heureux, en bonne santé, confiant, en pleine possession de vos moyens, et donnant libre cours à votre créativité. Vous avez du succès dans tous les domaines de votre vie et vous dégagez beaucoup de magnétisme. Vous voyez dans vos yeux le reflet d'une paix intérieure que vous n'avez jamais connue.
Votre épanouissement personnel est là, de l'autre côté. Votre plus grand désir est de rejoindre ce moi épanoui. Tout ce que vous avez à faire, c'est de pousser la porte. Vous vous en approchez, impatient de l'ouvrir, et de devenir ce moi idéal.
Soudain, devant la porte, se dressent d'énormes monstres hideux. Vous éprouvez alors une peur horrible, d'autant plus qu'ils parlent:
Tu ne peux pas entrer, tu ne peux pas ouvrir la porte.
N'essaie même pas, ça ne vaut pas la peine.
Tu n'es pas assez courageux, laisse ça aux autres.
Tu perds ton temps à vouloir entrer. T'as mieux que ça à faire.Vas travailler, faire le ménage, aller magasiner.
Vous êtes complètement paralysé. Votre regard alterne tour à tour des monstres à la porte. Vous ne bougez pas. Vous n'osez pas les affronter. Ils continuent à vous lancer des paroles négatives, à vous injurier pour vous faire fuir. Dérouté, vous vous échappez de la pièce en courant. Vous sortez par l'autre porte. Ce que vous ne savez pas, c'est qu'au moment où ils vous ont vu vous échapper, les monstres ont éclaté de rire en disant: Nous avons réussi. Il est tombé dans le panneau une fois de plus. Il s'est encore leurré.
Mais en vous, une force vous pousse à retourner dans la pièce et à ouvrir la porte. Vous voulez connaître votre moi épanoui. C'est le désir de tout être humain. On a tous envie d'exploiter nos possibilités d'épanouissement personnel. C'est cette impulsion et l'énergie qui en résulte qui vous permettront de dépasser vos peurs et qui vous pousseront à affronter les "monstres-leurres". Vous commencez à vous motiver intérieurement. Vous vous dites:
Je veux y aller, je veux devenir cette personne épanouie.
Je suis capable de foncer et d'ouvrir la porte.
Je ne laisserai pas ces monstres m'empêcher d'atteindre le meilleur de moi-même.
Vous continuez à vous motiver jusqu'à ce qu'un jour, vous vous sentiez prêt. Paré à toute éventualité, vous êtes alors décidé à leur livrer une bataille sans merci. Vous entrez dans la pièce, vous prenez une grande inspiration et vous foncez tête baissée sur les monstres. Vous en frappez un de toutes vos forces. Le monstre vous regarde et se dégonfle tout à coup. Ce n'était qu'un leurre, un leurre mis au point par vous-même, de façon inconsciente bien sur. Il suffisait d'admettre leur présence et de ne pas les laisser vous effrayer.
Prenons quelques instants pour comprendre combien il est néfaste pour le développement personnel de nier ses peurs. Pour beaucoup, la peur est un signe de faiblesse. On ne se donne pas le droit d'avoir peur. On refoule inconsciemment ses peurs afin de maintenir un pseudo statu quo, à l'intérieur de nous et ainsi éviter d'établir une relation durable avec les perceptions reliées à celles-ci.
Pourtant, si on admet avoir peur de se connaître, on réduit déjà beaucoup le pouvoir de cette peur. On se donne la possibilité de la dépasser. Il faut accepter cette émotion sans se juger. Ce c'est pas une tare génétique. Finie l'autocritique négative qui retarde ni plus ni moins notre évolution. Au contraire, percevons nos peurs comme des défis. Venir à bout de celles-ci donne confiance en soi et fait naître à l'intérieur cette merveilleuse sensation d'avoir accompli une action bénéfique pour soi. La motivation qui s'en suit permet à la personne de relever d'autres défis. Les peurs ne sont que des limitations qu'on s'impose soi-même. Il ne faut surtout pas lâcher!
Comme vous avez pu le constater, établir un lien avec son inconscient est moins difficile qu'on le croit sans pour autant être aisé. Avec un minimum de courage et de volonté, on s'élance vers la porte et on l'ouvre. Par contre, il faut en faire le choix consciemment. N'oublions pas que c'est grâce au conscient que l'on accède à la connaissance de soi. Apprenons à fixer notre attention sur se qui se passe au dedans de nous et moins à moins mettre l'accent sur ce qui se passe à l'extérieur de nous.
Bien entendu je n'entends pas ici de couper tout lien avec les autres ou encore de ne pas s'intéresser à ce qui se passe dans le monde mais plutôt à ne pas délaisser l'un au dépend de l'autre. Il est indispensable d'entretenir la relation avec son centre subjectif et, c'est par l'introspection que l'on y arrive. Même s'il en a été quelque peu question précédemment, il est maintenant temps de s'arrêter quelques instants sur la définition de l'introspection.
L'introspection
Qu'est-ce que l'introspection? Voici la définition qu'en donne le Larousse: " Observation méthodique, par le sujet lui-même, de ses états de conscience et de sa vie intérieure. " En d'autres mots, c'est l'observation de ce qui se passe en nous, dans notre conscient, dans notre centre subjectif. Grâce à l'introspection, on peut ressentir les émotions qui sont présentes en nous et mettre en lumière les liens entre celles-ci et les expériences vécues. L'introspection permet à chacun de mieux se connaître et par conséquent, de mieux se comprendre.
Citons un exemple. Vous avez fixé un rendez-vous à un ami. Vous arrivez à l'endroit prévu mais il n'est pas là. Vous l'attendez une dizaine de minutes sans vous inquiéter outre mesure. Puis peu à peu, vous commencez à vous impatienter. Au bout de trente minutes, vous êtes franchement en colère, et vous vous dites: Il ne perd rien pour attendre. C'est insensé de me faire poireauter ici. Vous avez envie de le blâmer, même si vous ignorez la raison de son retard. Mais si vous pratiquez l'introspection depuis longtemps, vous vous calmerez en respirant profondément et vous prendrez conscience de vos perceptions intérieures. Vous vous rendrez compte que votre colère cache autre chose. En fait, vous éprouvez de la peine mais celle-ci est masquée par l'irritation.
Vous cherchez alors à comprendre les raisons de votre chagrin. Vous découvrez que vous percevez le retard de votre ami comme une forme de manque de respect à votre égard. S'il est en retard, c'est que vous comptez peu pour lui, et c'est cela qui vous peine. Vous pourrez dès lors expliquer à votre ami comment vous percevez son retard. Vous lui exprimerez ce que vous ressentez vraiment au lieu de simplement jeter votre colère sur lui. L'introspection permet de saisir sa réalité intérieure, d'entretenir une relation avec ses propres perceptions. Elle a pour conséquence principale de nous amener à prendre conscience des émotions subtiles souvent masquées par la colère ou par la frustration.
L'introspection est une méthode assez facile mais qui demande de la discipline du moins tant que vous ne l'avez pas intégré dans au quotidien. Il n'y a pas de formule miracle. Il faut apprendre à s'arrêter et, en toute honnêteté à laisser monter les émotionsqui vivent en nous même si celles-ci ne sont pas celles plaisantes. Respirez profondément, laissez le calme vous envahir et laissez le contenu de votre centre subjectif vous parler.
C'est par l'introspection que l'on peut prendre conscience de la peur qui nous habite par exemple. Cette prise de conscience permet par la suite de passer à l'action et le travail sur soi consistera à renforcer notre courage et notre volonté pour vaincre nos propres limites. Bien entendu il faut comprendre que c'est un processus qui peut prendre un certain temps avant de réussir. Pour progresser plus avant vers la connaissance de soi, nous étudierons, au chapitre deux, le fonctionnement de l'inconscient.
Le fonctionnement de l'inconscient
Maintenant qu’il a été établi qu’il existe une interrelation entre les différents niveaux de l'inconscient et les perceptions du conscient ou centre subjectif, prenons le temps de s’arrêter sur le processus inverse, c’est-à-dire comment les influences extérieures pénètrent dans l'inconscient et exercent ensuite un très fort ascendant sur nos perceptions et nos comportements.
Dans un premier temps, je mettrai en lumière de quelle façon ces influences peuvent amener la personne à se créer des perceptions qui la limiterons dans ses choix de vie, ou, au contraire lui procureront une énergie stimulante, positive. Par la suite, il sera question deux attitudes mentales qui à mon sens, restreignent le cheminement personnel que je nomme la victimisation et l'excusite. Il sera question par la suite d'une notion très importante dans le cheminement personnel: l'intentionnalité ou la responsabilité personnelle. " Pour clore ce chapitre, je passerai en revue les besoins fondamentaux de l'être humain selon la pyramide d’Abraham Maslow (1954). En effet, vous devez savoir que tout être humain à des besoins fondamentaux qui, lorsque ‘ils ne sont pas comblés, nuisent considérablement à l’évolution. Mais pour le moment, commençons sans plus attendre à jeter un coup d’œil le fonctionnement de l'inconscient. Je précise que je ne pense pas décrire de façon exhaustive celui-ci mais plutôt d’en donner un bref aperçu en me servant d’une analogie, le fonctionnement d'un ordinateur.
On pourrait en effet, comparer l'inconscient à un ordinateur puissant, qui enregistre et garde en mémoire toutes les informations reçues. Sa fonction première est de capter les messages, c'est-à-dire les émotions, les pensées, les perceptions, les paroles et les images, et de les enregistrer sur son disque dur. Dans l'inconscient, tout est classé à différents niveaux de profondeur selon la menace qu’ils peuvent représenter pour l’individu.
Tout comme l'ordinateur est incapable d'exercer un jugement et se contente de suivre les directives de celui qui tape sur le clavier, l'inconscient enregistre les messages en provenance de l'environnement extérieur de la même façon.
Pour les besoins de l’exercice, le conscient est un clavier. C'est grâce à lui que les impressions sont acheminées vers l'inconscient. Le conscient retient une perception donnée, l'accepte, puis la transmet à l'inconscient. Il semble alors évident qu’il est important de filtrer celles que émanent de l'environnement. Il ne faut pas laisser tout ce qui provient d’autour de nous s'imprégner sans discernement dans le conscient, une sélection s'impose! Celle-ci est d’une importance capitale et c’est par l’introspection que celle-ci est possible.
Attardons-nous maintenant sur différents types de perceptions qui peuvent être emmagasinées dans l’inconscient. Nous étudierons celles qui entravent l’individu puis celles qui au contraire, motivent celui-ci dans la poursuite de sa quête de connaissance de soi. C’est indispensable de comprendre leurs impacts.
Les différents types de perceptions
Les perceptions limitatives
Les perceptions que j’appelle limitatives sont celles chargées d'émotions lourdes comme par exemple la peine, la peur, le sentiment d'insécurité, etc. Elles sont en lien avec des expériences traumatisantes vécues au cours de notre vie. Elles peuvent être ancrées dans l'inconscient depuis la tendre enfance ou provenir d'expériences vécues pendant l'adolescence ou encore à l’âge adulte. Elles sont reliées un état de souffrance intérieure et malheureusement ont un impact dommageable sur soi.
Prenons un exemple pour mieux comprendre. Pendant votre enfance, on vous défendait de vous mettre en colère. Chaque fois que cela vous arrivait, vous aviez droit aux remontrances et à une conséquence fâcheuse. En effet, vous étiez privé de sorties, de télévision, ou enfermé dans votre chambre. On allait même jusqu'à vous donner la fessée. En plus de vous punir, on vous répétait que vous étiez un enfant méchant. Vous avez fini par associer inconsciemment votre colère au jugement négatif de vos parents à votre égard. Vous avez grandi avec la perception d'être réellement un enfant indigne de vos parents. Vous avez fini par l'accepter celle-ci comme étant la vérité et vous avez appris à refouler votre colère car inconsciemment, vous aviez tellement peur de ne plus être aimé de vos parents.
Devenu adulte, dans certaines circonstances, vous ressentez parfois de la colère. Mais comme le message négatif est bien imprimé dans votre inconscient, vous vous sentez mal à l'aise. Vous avez une boule au creux de l’estomac. Vous avez peur d'exprimer votre colère, vous la refoulez et vous ne savez pas quoi faire avec, et pis encore, vous ne comprenez pas votre réaction. Pourquoi est-ce ainsi? Parce que les perceptions de votre inconscient sont empreintes de honte, de culpabilité, et de peur du rejet. Et, par-dessus tout, vous ressentez une profonde insécurité, la même que lorsqu'on vous grondait étant enfant. Inconsciemment, vous vous reprochez encore aujourd'hui de ne pas être un bon fils ou une bonne fille.
Voilà comment les perceptions conduisant à des comportements inadaptés peuvent être reliées à des situations vécues durant l'enfance telle que l’exemple précité et qu'on les perpétue jusqu'à l'âge adulte. Or, compte tenu que l’inconscient ne fait aucune différence entre ce qui est bon ou néfaste, le même processus s’applique aux perceptions motivantes.
Les perceptions motivantes
Ces perceptions proviennent également d'actes et de paroles logées dans notre inconscient. Prenons encore un exemple. Lorsqu'on respecte et encourage un enfant, lorsqu’on lui fournit un environnement propice au développement dans lequel il grandira en prenant conscience de ses qualités, et surtout, de son potentiel, inconsciemment, il enregistre des perceptions à l’opposé de celles décrites dans l’exemple précédent. Il aura la certitude qu'il compte aux yeux de ses parents. Il grandit donc avec le sentiment d'être quelqu'un de bien et de talentueux. Il part dans la vie avec confiance. Ses perceptions, lui donneront l’énergie et la motivation nécessaires à l’atteinte des objectifs qu’il se fixera au cours de sa vie.
À la lumière des exemples cités, il faut noter combien il est important de transmettre aux enfants une bonne image d'eux-mêmes. Cette perception les aidera à acquérir plus de confiance en eux et en la vie même. Il peut arriver qu'un enfant aimé et encouragé éprouve des difficultés à bâtir son estime personnelle. De même qu'il est possible qu'un enfant élevé dans un milieu peu propice à l'épanouissement acquiert une bonne estime de soi. Mais ce ne sont que des exceptions.
Quand on remplace des paroles aliénantes par des messages qui favorisent l'estime et la confiance en soi, c'est toute la dynamique de la relation parent-enfant qui en bénéficie. Commencez dès maintenant et vous constaterez des changements bénéfiques chez vos enfants comme chez vous. Et quand ceux-ci seront à leur tour parents, ils sauront combien il est important d'adresser des messages gratifiants et motivants à leurs propres enfants.
En étant conscient de ce processus, on peut en déduire que nous avons la liberté de choisir le genre de messages qu'on veut imprimer dans son inconscient. Pour certaines personnes, cela requiert un travail thérapeutique important bien entendu car tout cheminement personnel passe par la connaissance du contenu de son inconscient. Par contre, un bémol s'impose ici. Je ne crois pas que l'on puisse connaitre en totalité le contenu de celui-ci. Je pense qu'il contient trop d'éléments.
C'est possible d’empêcher les perceptions extérieures néfastes d'accéder à l'inconscient. C'est une question d'attitude face à la réception des messages provenant de l'environnement extérieur. C'est ici que le travail commence. En fait, devient ce qu'on est en fonction de ce qu'on imprime dans son inconscient. Si vous croyez en cette possibilité d'évolution, il ne vous reste plus qu'à entreprendre le changement. Par contre, n'essayez pas de tout changer en même temps. Vous vous retrouverez épuisé et vous risquez de tout abandonner et de maintenir le statu quo.
Regardons maintenant de plus près comment les perceptions reliées à nos expériences de vie se traduisent en croyances qui elles-mêmes se manifestent à travers les schèmes de comportement.
Les croyances
Avant de commencer, voyons la définition que donne le Larousse du mot croyance: "Opinion, pleine conviction". Les croyances sont ce que nous percevons comme véridique, ce sont nos convictions les plus profondes. Elles font partie de nous tel que déjà mentionné dans ce livre et sont directement associées aux perceptions contenues dans notre centre subjectif et dans notre inconscient. En fait, nos croyances dirigent notre façon de penser et d'agir.
En fait, elles tracent le chemin à suivre. Elles déterminent entièrement la ligne de conduite. Elles ont donc une forte répercussion sur la personnalité.
À l'instar de Raymond Charles Barker, on peut affirmer que notre vie est déterminée par nos croyances. Ce que vous êtes intérieurement commande votre vie extérieure. Se questionner sur ses propres croyances est un des moyens les plus efficaces de comprendre ce qui guide nos comportements.
En somme, les croyances entretenues consciemment ou non guident nos choix et limitent nos actions. Afin de saisir toute leur portée, nous allons maintenant découvrir d'où elles proviennent.
D'où proviennent-elles?
Nos croyances proviennent majoritairement de notre éducation. Tout petit, nous adoptons celles de nos parents et de notre milieu. Elles correspondent à ce qui est considéré comme juste et vrai.
Par exemple, si un parent estime que le sport est fondamental pour le développement des enfants, il poussera les siens à suivre des cours de natation, de hockey ou de gymnastique, ou encore, si les arts lui semblent indispensables, il transmettra cette croyance à ses enfants. C'est tout à fait normal et légitime me direz-vous. L'être humain est fortement influencé par ses croyances et les transmet aux générations suivantes. Le problème, c'est quand un parent use de son pouvoir pour inculquer coûte que coûte une croyance à un enfant. Bien que cette pratique soit la plupart du temps inconsciente, elle n'en est pas moins courante.
Voici un exemple. Roger croit que le hockey est le sport idéal pour son fils. Bien sur le hockey n'est pas un mauvais sport en soi, puisqu'il favorise le travail en équipe, la coordination motrice, etc. Mais si Roger pousse son fils à pratiquer ce sport, c'est parce qu'étant jeune, il aurait voulu faire partie d'une vraie équipe de hockey. Il en avait les aptitudes mais ses parents n'avaient pas les moyens financiers de lui acheter l'équipement nécessaire. Roger n'a donc pas pu réaliser son désir le plus cher. Cette déception est inconsciemment présente en lui encore aujourd'hui.
Ainsi, il désire fortement que son fils devienne un excellent joueur de hockey et qu'il soit sélectionné pour jouer dans une équipe. Il oblige son enfant à être le meilleur de son équipe. Quand il manque un but, il le réprimande très sévèrement. L'enfant souffre de cette situation. Pour comble de malheur, le jeune garçon ne s'intéresse pas beaucoup au hockey, il préfère la natation. Mais il tait son envie de pratiquer un autre sport, car il a peur que son père pique une colère s'il lui avoue ne pas aimer le hockey.
En tant que parent, il faut faire attention à la façon dont on se comporte avec les enfants. On doit vérifier sur quelles bases sont fondées nos croyances. En d'autres mots, il est primordial d'en connaître les raisons sous-jacentes. Il faut éviter de vivre par procuration, en imposant une aspiration qui a été la nôtre pendant notre jeunesse. Dans l'exemple qui précède, le comportement de Roger peut sembler de prime abord fondé sur une croyance légitime. Mais en fouillant un peu, on constate qu'elle est basée sur un désir insatisfait. Un parent ne doit jamais oublier qu'un enfant n'est pas un prolongement de lui-même mais bien un être humain à part entière qui a le droit d'avoir ses propres intérêts et ses propres croyances. Il est nécessaire de lui laisser une certaine liberté dans le choix de ses activités.
Il est crucial de comprendre que l'apprentissage de l'enfant est basé sur l'acquisition de comportements jugés acceptables par ses parents. Par besoin de sécurité, l'enfant modèle son comportement en fonction des réactions parentales. S'il se comporte comme ses parents le lui demandent, il se sentira rassuré et accepté par eux.
Revenons à l'exemple de l'enfant qui a appris à refouler sa colère. On apprend au petit François à être poli, respectueux, et on lui interdit la manifestation de toute forme colère. Il apprend à refouler les réactions et les émotions qui lui valent des punitions. Or, à la naissance de sa petite sœur, François éprouve une grande inquiétude. Il est incapable d'exprimer ce qu'il ressent, car il est trop jeune. Il perçoit ce bébé comme une menace. Il a peur de perdre sa place, d'être rejeté au profit de la nouvelle venue. Il ne veut pas d'elle. Il aimerait qu'elle disparaisse, que les choses redeviennent comme avant.
Au tréfonds de lui, François ne veut naturellement pas faire de mal à sa petite sœur. Il se sent seulement en danger. Il a peur que ses parents ne s'occupent plus de lui, qu'ils ne l'aiment plus! C'est pour cette raison qu'il réagit si fortement à l'arrivée du poupon à la maison. Il n'est pas gentil avec elle allant quelquefois jusqu'à lui pincer la peau dès que leur mère a le dos tourné. Celle-ci s'en aperçoit et réprimande sévèrement François en lui disant à maintes reprises qu'il est un petit garçon très méchant. Elle lui interdit désormais de s'approcher du bébé. L'enfant obéit à sa mère et refoule son désarroi et sa peur de ne plus se sentir aimé, d'être abandonné.
En fait, la situation est invivable pour lui, car elle crée une véritable angoisse et provoque en lui un profond sentiment de culpabilité. Il préfère abdiquer et se comporter comme le désire sa mère. Ce choix le réconforte, car il a l'impression que s'il ne fait pas mal à sa sœur, ses parents l'aimeront et cela le rassure.
Par contre, refouler ses sentiments et ses émotions l'amène indubitablement à se couper de son centre subjectif. Dans cet exemple, devenu adulte, la croyance d'être quelqu'un de méchant sera peut-être ancrée dans son inconscient. Il pourrait également éviter toute forme de réaction colérique allant jusqu'à éviter toute mésentente avec ses pairs.
Or, même si le lien entre ses croyances et ses comportements est clair dans cet exemple, le processus fonctionne si subtilement qu'il n'en a pas conscience. François se percevra comme quelqu'un de méchant. Cette perception de lui-même le pousse à réagir parfois violemment dans certaines circonstances. En vérité, les émotions refoulées sont comme des bombes à retardement. Elles finissent par exploser. Il est absolument indispensable de prendre conscience de la présence de celles-ci sans les refouler afin de désamorcer la bombe. Le message que François a reçu et intégré, c'est que ses émotions face à l'arrivée de sa petite sœur faisaient de lui quelqu'un de méchant. Il en est arrivé à croire que c'était vrai. Par conséquent, il a catégorisé ses émotions comme représentant un danger puisqu'elles le mettaient en opposition contre ses parents.
En résumé, l'enfant intègre des comportements dictés par ses parents. Il les fait siens, car c'est pour lui la seule façon de se sentir en sécurité. Devenu adulte, il se coupera de son centre subjectif. Il n'écoutera pas sa voix intérieure, car elle est la source de nombreux ennuis. L'enfant se définit à travers les autres (ses parents) et en fonction de ses pairs. À l'école, il adoptera la même ligne de conduite. Il se comportera comme le veulent ses enseignants, car il craint les sanctions et les conflits. On peut aisément comprendre combien il est important de laisser une certaine liberté à l'enfant, d'encourager celui-ci afin qu'il prenne l'habitude d'exprimer ce qu'il ressent.
C'est la même chose avec les croyances qui sont en lien avec le statut social ou à l'apparence physique. Nous vivons dans un monde où l'avoir et le paraître occupent une place prédominante. Sans dénigrer la beauté ou l'appartenance à une classe sociale, prendre conscience qu'il existe d'autres réalités est un pas de plus dans le cheminement personnel. Le statut social ou l'aspect physique ne sont que des représentations sociales propres à société donnée. Ce sont des aspects extérieurs à soi-même si nous en faisons intégralement partie et non pas une réalité intérieure. On ne peut se baser sur ces seuls critères pour évaluer la grandeur d'âme d'une personne. Il faut percevoir les gens dans leur globalité. Si, au cours d'une première rencontre, on s'arrête à l'apparence physique ou au statut social, on risque fort de passer à côté d'une relation enrichissante.
La richesse intérieure est enfouie dans le cœur de l'autre et ne doit pas être associée à son apparence physique. Le respect de l'autre dans sa différence est une composante du cheminement personnel.
On peut aussi être freiné par des croyances véhiculées dans notre milieu immédiat telles que: les études, c'est pour les jeunes, ou encore, tu n'as pas les aptitudes pour être avocat ou médecin, ou bien, être musicien ce n'est pas un travail, ou bien, le cheminement personnel c'est de la foutaise, comment peux-tu perdre de temps avec ce genre de boniment, etc. Toutes ces croyances nous empêchent d'accéder à notre créativité et nous paralysent. Ils étouffent nos aspirations profondes.
Il faut faire consciemment l'effort de ne pas laisser celles-ci s'imprégner dans notre inconscient et exercer une discrimination. On doit accepter uniquement les perceptions extérieures en accord avec nos désirs, nos aspirations, donc avec notre moi profond. Filtrer les messages extérieurs signifie que nous exerçons une discrimination consciente. On apprend à ne plus laisser pénétrer ceux qui nous amènent à douter de nous-mêmes, qui sapent notre confiance en nos talents et en nos qualités intrinsèques. Bien entendu, cela n'exclut pas l'ouverture d'esprit. Il faut apprendre à écouter les autres, prendre le temps d'analyser leur propos avant de tout rejeter du revers de la main.
En résumé, bien se connaître, il faut fouiller en soi. Prendre conscience de ses croyances profondes, de ses désirs les plus chers et de ses buts fait partie du cheminement personnel. L'importance de la pratique de l'introspection ne fait aucun doute. y reviendrai plus en détail dans le chapitre quatre.Les limitations sont quasiment toujours omniprésentes. On subit des influences dès l'enfance et cela se poursuit tout au long de la vie. Quelles en sont les conséquences dans le cheminement de l'adulte? Que se passe-t-il si on ne prend jamais le temps de faire le point sur ses croyances afin de savoir si celles-ci nous conviennent, si elles reflètent vraiment notre véritable moi autrement dit notre moi authentique? On risque de développer ce que j'appelle un faux moi. En voici la définition.
Le faux moi
Le faux moi prend majoritairement racine à partir des perceptions assimilées inconsciemment au cours de la vie. Comme mentionné auparavant, nous avons vu que déjà enfant, on apprend à se comporter selon la socialisation reçue dans son milieu. Les comportements qui en résultent sont basés sur des fondements qui ne correspondent pas nécessairement à la personnalité propre à chaque individu. Autrement dit, il peut exister un écart entre la vraie personnalité et les croyances et comportements adoptées par besoin de sécurité.
C'est alors que surviennent les problèmes d'adaptation dus à l'impossibilité d'exprimer sa véritable personnalité, son authenticité. Bien sur, cela se passe à un niveau inconscient. Prenons un exemple afin de mieux comprendre le concept du faux moi. Revenons à François, l'enfant qui réagissait violemment à l'arrivée de sa petite sœur à la maison. Suite à l'expérience vécue à ce moment, il a grandi avec l'impression que sa colère était l'expression de sa méchanceté. Tout au long de sa vie, François refoule les émotions reliées à la colère. Il se sent mal à l'aise dès qu'il éprouve de l'agressivité.
Pourtant, la colère est un sentiment humain sauf que notre ami n'a pas appris à libérer celle-ci adéquatement. On ne lui a pas permis de verbaliser ce à quoi était reliée cette colère. C'est sa mère qui lui a inculqué cette croyance. Or, elle ne l'a pas fait délibérément. Il faut comprendre qu'elle avait raison de réprimander François, car on ne peut pas laisser un enfant faire du mal à un bébé. Le problème c'est qu'elle blâmait François sans lui laisser l'occasion d'exprimer ce qu'il ressentait face de l'arrivée d'un nouvel enfant dans la maison. On peut comprendre qu'un nouveau-né chamboule autant la vie des parents que des enfants. En tant que parent, toute notre attention est dirigée vers celui-ci.
Ainsi, François a associé son agressivité à sa méchanceté d'une part et à la peur de l'abandon maternel d'autre part s'il laissait libre cours à l'expression de celle-ci. C'est pour ça qu'il se sent aujourd'hui très mal quand il sent la colère monter en lui. Mais dans son for intérieur, il sait qu'il n'est pas méchant. Il devra se fier à cette petite voix et remplacer consciemment les croyances inculquées lors de cet épisode de son enfance.
De plus, quand on est aux prises avec un faux moi, on entretient inconsciemment une anxiété directement reliée à cette l'aliénation de soi, au reniement de sa personnalité. Pour se libérer de cette angoisse, il faut là encore se questionner sur ses propres croyances et pratiquer l'introspection. C'est encore et toujours le moyen par excellence à qui veut se départir des croyances qui ne sont pas en diapason avec sa personnalité profonde.
Bien sûr, l'introspection ne règle pas l'anxiété comme par magie, mais elle permet de prendre conscience des causes du malaise intérieur. Même si celle-ci cause elle aussi de l'anxiété pendant quelques temps, elle aide à trouver les facteurs d'angoisse, ainsi que les solutions qui apporteront un soulagement durable. Il est normal d'éprouver une certaine angoisse lorsque l'on travaille à modifier certains schèmes comportementaux.
Nous savons maintenant à quel point les croyances peuvent limiter nos actions dans notre vie quotidienne et combien les limitations qui en découlent entravent notre prise de conscience de qui nous sommes réellement. Nous allons à présent regarder de façon plus approfondie les conséquences de ces croyances chez l'adulte.