Excerpt for Admission pour nulle part by Éric Roger, available in its entirety at Smashwords


Éric Roger









Admission

pour nulle part



poésie

















Éditions Dédicaces







Admission pour nulle part



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Éric Roger









Admission

pour nulle part



poésie

















À ma mère Danielle Filion





Préface



Décrire Éric Roger n’est pas une mince tâche, sa poésie relève de l’inconscient souvent car poète de l’âme. Tantôt urbaine, nomenclature morcelée, comme des photos flash de la sur-réalité qui nous conditionnent à être ce que nous croyons être, tantôt provocante, intuitive, d’une sauvage tendresse. Mais sa grande force réside en cet art aiguë qu’il possède de pouvoir nommer, comme une peinture éclair, par bribes instantanées, des états émotifs innommables autrement et qui prennent alors vie sous nos yeux, résonnent en nos oreilles, criants de vérité.


Et que dire de l’entendre déclamer sur scène, alors toute la force de sa prose nous parlent directement au cœur. Poète de l’incertain, du pourquoi du demain, de l’extrême précarité de tout, de l’humain. Comme une lame de fond, tranquillement puissante, sa poésie nous ensorcelle, envoûte. Poète lyrique, à la musicalité tantôt très « hard », mais aussi touchante, bouleversante, mais toujours percutante livrée en un rythme martelant et endiablé qui nous touche au plus profond de l’âme.


Cher lecteur, bienvenue dans ce recueil de mon grand ami Éric Roger, vous découvrirez ici un être singulier, unique, poète de l’en deçà, qui vous livre ses tripes, par une prose dithyram-bique, interpellante, une poésie que vous ne voudriez oublier, bienvenue dans : Admission pour nulle part.



Yvon Jean, poète












RECULER AVEC L’HORIZON


Les volcans sont des Dieux

Les tsunamis des prières envoyées

Pour charmer la mort

Elles veulent réécrire l’histoire sur les pierres


J’attends le premier chant d’oiseau

L’aube me raconte un poème

Je ne cours plus les rues

J’apprends ma leçon dans les ruelles








ADMISSION POUR NULLE PART


Le vent me frôle la langue

Respirer est un paysage à la renverse

Le fleuve a le goût de la mer

Je dois m’épuiser pour le boire

Ma soif n’a plus de grandeur

ADMISSION POUR NULLE PART


Suis-je tout près de la sortie ?

Je veux qu’une femme me parle d’amour

Nous pourrions nous abandonner dans l’impasse

Quelle impasse ?

Nos corps sont des îles désertes

ADMISSION POUR NULLE PART


Je serais ton ange

Et toi la gardienne de mes peines

Après ces mots semblables à une averse

Une porte s’ouvre

C’est mon père qui dans sa mort

Me parle d’amour et de mélancolie












UN OISEAU SUR LE FRONT


Un nuage prend la forme d’un vaisseau spatial

On ne se souvient plus du nom de certaines étoiles

Une larme dans ma main

Les étoiles pleurent

Personne ne s’en aperçoit

Je vois la vérité derrière le mensonge

Les yeux magiques m’appartiennent












DANS LES PAUMES DE MARIE


À force de trop vouloir voler

On se blesse les ailes

C’est un oiseau blessé qui m’a

Inculqué cette leçon

Il cherchait dans mes pas

Un rythme pour mieux mourir












MÉTHODES DU CERCLE


Nous sommes les morceaux

De ce casse-tête impossible à résoudre

Je dessine dans l’invisible

Des traits qui te ressemblent

Tes yeux qui pleurent

Me font penser à ce piano qui se meurt

Une mélodie s’invente dans la paume de ma main

Tu me tends la main

Tu te mets à chanter












DERNIER NÉ AVANT LA MORT


Dernier appel de survivants sur terre

J’ai choisi de refaire ma vie avec une libellule

Cela crève des yeux

Je m’engouffre dans l’hécatombe

Je m’allume tout s’éteint

Une conspiration tourne autour de la planète

DERNIER NÉ AVANT LA MORT

L’apocalypse est commencée depuis longtemps

Nous sommes tous des figurants

Dans cet étrange film d’horreur

Témoins de ce qu’on n’a pas voulu












PERDRE UNE SECONDE

AVANT DE S’EMBRASSER


L’amour est un jeu dangereux

Certains arbres sans bras

Créent des croix à l’envers

Les larmes sont de l’alcool pour les pauvres













CADAVRES D’ÉTOILES


Pendant que les autres poètes dorment

Je tente d’écrire le plus beau poème











RENTRER PAR LE PLANCHER DES CIRCONSTANCES


Le regard des gens est triste comme la pluie

Je noie mon âme dans l’alcool

J’essaie de m’éteindre à travers tes yeux

Ta lumière m’habite

Je deviens feu de braise

Je fais pleurer les pompiers de l’amour

J’illumine la nuit sans fin

Le jour a cessé de battre la chamade

Nous espérons ne pas vivre dans l’obscurité

Pour l’éternité

Je redeviens celui que tu as déjà aimé

Ressuscité dans tes bras pour mieux mourir












UPSIDE DOWN ROSES


J’écris des poèmes

Avec l’encre de mes veines

Cela me coûte la peau des os

Cœur troué par ton regard

Des corbeaux me suivent partout où je vais

Serait-ce l’amour qui a signé un pacte

Avec mes muses ?











L’HOMME DES MIRACLES


Je meurs

Un peu plus

À chaque jour

Je le ressens dans mes érections matinales

Pourtant personne ne pleure les yeux bandés

Surtout lorsqu’on joue au jeu de l’âne

La mort me fait bander

Je te dois l’apothéose de ma rancune

Je ne subis plus d’amertume dans ma rébellion











ORGIE DU VENT


Les regards s’allument

Ton cœur est en feu

La nudité de tes seins

Peint un tableau dans ma mémoire

La femme est une solitude

Qui caresse mes pensées

Elle est cette bouteille de vin rouge

Qu’on laisse seule

Parmi nos bagages pas encore prêts













LE CŒUR EST UN MUSCLE DIFFICILE À BRÛLER


Je suis un oiseau perdu

Cherchant à épouser la liberté à jamais

J’écoute le meurtre des symphonies

S’installer sur tes bras

Nous sommes les enfants de la mer

Que tu caches

Nous sommes dans le rêve des morts

Aucune alliance ne s’émeut de notre existence












CYRO’S BAR


Elle a des yeux d’enfer

Je mire un paysage de torture

Une illusion presque nue

Où sa beauté blesse mon orgueil

Elle me tourne le dos

Je me noie dans les larmes de l’alcool






VILLE-ÉMARD BEAT POET


La rue où j’ai grandi ressemble à un poème

Que j’ai perdu

L’as-tu retrouvé ?

Comme cet ami d’enfance qui ne me donne

Plus signe de vie

As-tu cédé ?

Des poèmes s’écrivent dans les yeux des rues

Du quartier de mon enfance

Seuls les chats malfamés

Comprennent leur sens


VILLE-ÉMARD BEAT POET

Un poète se cache derrière les arbres

On l’a aperçu en train de rêver en imitant

Les étoiles

La lune en est devenue jalouse


VILLE-ÉMARD BEAT POET

Les batailles de rue sont devenues

Des chemins de traverse


VILLE-ÉMARD BEAT POET

Seules les ruelles connaissent tes peines

Et regrets

Les mots courent les rues

Personne ne les ramasse








VILLE-ÉMARD BEAT POET

Un quartier est un poème

Qu’on laisse seul parmi la grande ville


VILLE-ÉMARD BEAT POET

De la rue Le Caron

A la rue D’Aragon

Dans cette nuit courte et brève

J’ai vu Marie Uguay dans la cour

D’école écrire un poème en jouant

À la marelle

Dans cette nuit où les poètes ne dorment jamais

Je vais voir nos prénoms encore là inscrits

Sur le mur de briques

Dans le quartier de mon enfance


VILLE-ÉMARD BEAT POET

La poésie ne meurt jamais











JOUIR EST UN RÊVE ÉVEILLÉ


Ton visage est une lumière

Qui s’effondre sur mes poings

Tu dis :

Ce n’est pas comme cela que l’on parle

Je tente de saisir le langage de tes yeux

Tu écris des lettres secrètes sur ma peau

Je les lis à voix haute quand je joue avec mon corps

Ton corps est un violon

Et je suis son archet

Tu as des clefs dans les yeux

Je t’accorde comme je peux


















POIGNARDER LA LUNE










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