Excerpt for Des amis imaginaires Alison Lurie, fiche de lecture by Gengis Mey, available in its entirety at Smashwords

Des amis imaginaires

Alison Lurie


Alison Lurie, née le 3 septembre 1926 à Chicago dans l’Illinois, romancière et universitaire américaine, qui remporta le prix Pulitzer pour son roman Foreign Affairs publié en 1984 ( traduit en français par : Liaisons étrangères ) et le prix Femina étranger pour son roman The Truth about Lorin Jones publié en 1988 ( traduit en français par : La vérité du Lorin Jones ). Elle publiera en 1967 le roman : Imaginary People , traduit en français par : Des amis imaginaires.

Ce livre d’environ trois cent soixante-dix pages nous met dans la peau : Roger Zimmern, jeune professeur de sociologie qui vient d’acquérir il y a environ un an un poste de professeur dans une université. L’un de ses collègues n’est autre que Thomas McMann, un sociologue de renom, mais qui est loin de faire l’unanimité auprès de ses autres collègues. McMann va un jour proposer à Zimmern de participer à une étude sociologique sur un groupe se nommant : Les Chercheurs de la Vérité, se trouvant à plusieurs centaines de kilomètres de l’université dans une ville se nommant Sophis. Honoré par l’offre, Zimmern accepte la proposition, très fière de pouvoir travailler avec McMann dans le cadre d’une même étude. Zimmern part seul pour Sophis pour faire de la reconnaissance et pour établir un premier contact avec Les Chercheurs de la Vérité, plus particulièrement avec une personne se nommant Verena Roberts vivant au 119 West Hawthorne Street à Sophis selon une annonce publiée dans un journal.


À l’adresse dite, Zimmern rencontre Elsie Novar : femme d’une quarantaine d’années qui après un peu de réticence accepte de lui parler ouvertement des Chercheurs de la Vérité. Elle n’est autre que la tante de Verena Roberts, qui est le « gourou » du groupe. Ainsi Verena : jeune fille qui a entre dix-huit et dix-neuf ans, reçoit des messages d’un guide se nommant Ro qui vit sur la planète Varna qui se trouve à des années lumières de la Terre. La Terre qui se fait nommer Sol-III par les variens ( habitants de Varna ). Ro est capable de prendre le contrôle de la main de Verena pour lui transmettre des informations, des conseils, des messages ou des directives pour répondre aux différents problèmes des gens, mais aussi pour permettre aux Chercheurs de la Vérité d’atteindrent un niveau de spiritualité supérieur aux autres hommes. Niveau de spiritualité qui permet en autre l’acquisition de certains « pouvoirs ». Le groupe se compose à ce moment du récit de Elsie Novar, Verena Roberts, Peggy Vonn : étudiante du collège universitaire de Sophis , Sissy Freeplatzer : sœur aînée de Peggy, Bill Freeplatzer : mari de Sissy et employé de bureau, Catherine Vanting :femme dans la soixantaine, Milly Munger : femme dans la cinquantaine, Rufus Bell : première année au C.U. de Sophis et de Ed Novar, : un oncle de Verena.


D’après les différents contre-rendus de Zimmern sur les réunions du groupe, le groupe étant jugé très intéressant par McMann, et ce dernier décide de lancer réellement l’étude partant avec Zimmern à Sophis. Il réussira à s’intégrer facilement au groupe en réussissant à réparer la chaudière de la maison tombée en panne depuis peu. Un « signe » selon Verena. En même temps que son arrivée, le groupe des Chercheurs de la Vérité va s’élargir avec la venue de Felicia : la cousine de Milly et de Ken : un autre étudiant et connaissance de Rufus.
Les réunions du groupe se poursuivent inlassablement, et divers « miracles » se produisent comme la disparition de maux de tête « terribles ». En plus de Ro, d’autres variens arrivent à présent à communiquer avec le groupe par l’intermédiaire de Verena leur enseignant diverses connaissances sur l’univers, ou bien la puissance des « énergies positives et négatives ». Mais un premier évènement va chambouler le groupe, Ken lors d’une réunion va dévoiler aux autres membres que Zimmern et McMann sont deux professeurs et qu’ils sont sans doute en train de faire une étude sur eux. Mais McMann va se sortir très habilement de la situation qui va très vite tourner en défaveur de Ken. Ce dernier va d’une part avouer qu’il n’est ici que pour Verena et que les Chercheurs de la vérité ne sont qu’un groupe d’illuminés. Il quittera le groupe et ne reviendra plus aux réunions, mais tentera de garder contact avec Verena.

Autre événement va survenir peu après, Catherine qui croit que grâce à son élévation spirituelle elle a acquit un pouvoir de divinisation lui permettant de gagner différents lots dans une « loterie sur catalogue » : le Plan d’Achat Garanti. Elle va alors tenter de convaincre les membres du groupe qu’il faut utiliser leurs « dons » pour avoir une vie plus aisée. Alors que le groupe semble convaincu, Verena va renverser la vapeur. Catherine qui va s’opposer à cette directive va faire sécession et se détacher du groupe sans pour autant le quitter.

Outre ses deux évènements, Zimmern prit dans le mouvement du groupe va tomber amoureux de Verena. Et comme il le dit lui-même, il n’est plus Zimmern mais Roger l’Idiot lorsqu’il est en présence du groupe. McMann lui est à présent un membre à part entière des Chercheurs de la Vérité. Il juge que l’étude avance à grands pas. A ce moment de l’histoire, le groupe va prendre une autre forme de hiérarchie, Verena est toujours le leader mais un leader « symbolique », alors que sa tante Elsie va devenir une sorte de « Richelieu », la véritable « tête » du groupe.

Alors contre toutes attentes de Zimmern, Verena annonce « la venue » de Ro sur Sol-III dans les semaines qui arrivent. Le groupe bouillonne à l’idée de pouvoir voir enfin leur guide. Mais après des semaines assez « dures » : les Chercheurs de la Vérité devant préparer leur corps pour que les cellules de leur cerveau ne fondent pas au contact de Ro ; et après une attente interminable, Ro n’arrive pas sur Sol-III comme ils se l’imaginaient tous. Il semble que d’après les déductions de Elsie, Ro soit entré en McMann. Le lendemain de cette nouvelle, Zimmern pense que l’étude est un échec, et que McMann est en train de devenir fou tout comme lui. Alors qu’il prend son petit-déjeuné chez Elsie, Zimmern va faire entrer Ken qui depuis son départ du groupe ne cesse de vouloir reprendre contact avec Verena jugeant que c’est sa tante qui lui interdit de le revoir et lui impose ses « folies ». C’est alors que McMann armé d’un fusil va tirer un tir de sommation pour que Ken sorte de la maison, le traitant d’espion à la solde de ses collègues de travail qui veulent lui voler son étude. Zimmern comprend alors que son collègue est devenu fou et tente de lui prendre son arme avec l’aide de Verena. Mais McMann ne se laisse pas avoir, et alors que la situation semble tourner en défaveur de Zimmern, des personnes sonnent à la porte. Et contre les ordres de McMann, qu’il avaient respecté pourtant jusqu’à la lettre depuis le début, Zimmern va ouvrir la porte laissant entrer Ken et deux agents de police. Il va de plus contre dire la version de Elsie et de McMann, sans pour autant prendre part à la version de Ken, reprenant son rôle de sociologue parfaitement neutre. Les deux officiers décident donc d’embarquer tout le monde pour le poste, mais McMann ne va pas se laisser faire, et finira à l’hôpital psychiatrique de la région.

Dans le dernier chapitre, Zimmern retourne à Sophis pour passer revoir les anciens Chercheurs de la Vérité. Le groupe est complètement émietté à présent, Verena c’est enfui avec Ken au Nouveau-Mexique, et quelques membres viennent régulièrement aux réunions. Mais si Zimmern se trouve à Sophis c’est parce qu’il a reçu une lettre de McMann lui demandant de venir le voir à l’hôpital psychiatrique pour lui apporter les données recueillies sur le groupe. Sur place, McMann semble être redevenu normal, proposant même à Zimmern de l’aidé à faire une nouvelle étude des patients, mais aussi du personnel de ce même l’hôpital psychiatrique qui est une véritable « mine d’or » selon lui. Mais alors que pour Zimmern, McMann est redevenu le professeur de sociologie qu’il avait connu, ce dernier va lui expliquer que l’étude n’est pas finie bien au contraire. Dès sa sortie de l’hôpital, il souhaite manipuler le groupe des Chercheurs de la Vérité, augmenter le nombre de ses membres pour avoir des données supplémentaires, mais surtout s’affirmant comme Ro. Zimmern va alors contre dire McMann qui va se mettre en colère lui ordonnant de partir sur-le-champ. Le récit se finit par les questionnements de Zimmern sur les réelles volontés de McMann, sur l’influence qu’ont des chercheurs sur un groupe dans le cadre d’une étude et les influences qu’ils vont subir de la part de ce même groupe.

Le roman de Alison Lurie est un livre qui est très bien ficelé. L’histoire qui parait assez « loufoque » à cause des Chercheurs de la Vérité et au contraire passionnants. Le livre est d’une part écrit à la première personne, cette première personne étant Roger Zimmern, cela donne l’impression qu’il s’agit de la narration d’une étude qui s’est réellement passée. Le sérieux avec lequel l’étude est menée peut facilement nous faire croire qu’il s’agit d’une étude qui s’est réellement passée.
Les différents personnages représentants des personnes simples de la vie de tous les jours rendent le récit encore plus vrai. Le groupe des Chercheurs de la Vérité est très bien monté. Chaque membre, chaque action, chaque dit semblent si vrais, que le lecteur se perd dans le récit comme s’il était lui-même à Sophis en train de faire l’étude ; comme si le lecteur devenait Zimmern. De plus, l’évolution que subit le groupe est une évolution qui semble logique et pragmatique on tenant en compte les différents membres du groupe. Ainsi, la prise de pouvoir de Elsie et tout à fait prévisible ainsi que sa main mise sur la vie de sa nièce Verena pour pouvoir maintenir le groupe en place.

L’histoire est traitée avec un humour très sarcastique qui appuie volontairement sur le côté « déviant » du groupe des Chercheurs de la Vérité. Mais ce sarcasme met en avant l’idée que des personnes sont capables de croire et d’entretenir des idées, des fantasmes totalement « inimaginables ». L’auteur en nous présentant un cas « extrême » ne fait que nous mettre en garde sur le fait qu’il existe de tels groupes. Ces groupes qui croient à des choses qui dépassent « l’entendement du raisonnable », mais qui ont de nombreux adeptes. Il s’agit d’une critique des sectes ou autres mouvements religieux déviants qui existent, mais surtout une mise en garde sur leur danger.

Des amis imaginaires de Alison Lurie est un livre tout à fait passionnant ou le lecteur à vite fait de se perdre dans l’histoire, tant celle-ci est si bien montée. Elle va avec un humour très sarcastique nous faire vivre l’étude qu’a menée Roger Zimmern avec son confrère Thomas McMann. Mais l’auteur va également nous faire réfléchir sur l’idée qu’un groupe subit toujours les influences des membres, mais que les membres vont aussi en retour subir l’influence du groupe. Ainsi, un chercheur en faisant son étude va influencer le groupe qu’il étudie, mais ce groupe va aussi influencer le chercheur lors ce cette étude. D'autre part, Alison Lurie va insister sur les dangers des différentes déviances qu’un groupe peut avoir dût fait d’une seule et unique personne. Des amis imaginaires est un très bon livre qui nous permet de vivre l’expérience d’une étude sociologique, mais qui nous fait également réfléchir sur le danger de la déviance des groupes.


4



Download this book for your ebook reader.
(Pages 1-3 show above.)