Excerpt for L’hiver sur le front Est by Gengis Mey, available in its entirety at Smashwords

 

L’hiver sur le front Est







Je m’appelle Werner Weschrniss, et comme tous les jeunes de mon âge, je me suis engagé dans l’armée, celle du Führer. Mon ami Guther, lui aussi s’était engagé, deux ans auparavant, et tous deux, nous nous sommes retrouvés dans la division qui devait prendre Stalingrad. Cela nous rappela, au début, de grands souvenirs dans la jeunesse hitlérienne pendant nos stages de survie. Mais cette fois, nous ne jouions pas.

Pendant plus de trois semaines, nous nous battîmes sans relâche pour prendre les positions de ces sales Bolcheviks. L’hiver nous frappa durement, nous n’étions pas prêts pour cela et nos tenues ne nous avantageaient guère. Dans ce blanc à perte de vue, l’ennemi nous voyait de loin, avec notre vert-de-gris. Malgré cela, Guther gardait-le moral.

Et, en janvier mille neuf cent quarante-trois, le début de la fin commença. L’ennemi nous encercla dès octobre et la faim vint vite nous gagner. Une équipe de nos soldats nommés : «  la dernière chance », devait traverser les lignes ennemies et allait chercher les renforts près de Koursk. Guther et moi furent désignés avec six autres hommes pour accomplir cette mission.

Nous commençâmes à entrer dans les lignes ennemies et déjà, les coups de feu nous accueillirent. Nous nous réfugiâmes dans la cave d’une maison en ruine, et nos représailles ne se firent pas attendre. Nous tirâmes avec notre seule et unique mitrailleuse lourde, mais bientôt, les renforts ennemis vinrent les aider. Les Soviétiques ne nous lâchés pas, notre fin était proche. Mais tout à coup, nos bombardiers firent un nouveau bombardement, et miraculeusement une de leurs bombes vint s’écraser sur les Soviétiques. Pendant ce combat, deux des notre moururent, l’un d’une balle dans le thorax et l’autre d’un éclat de la bombe. Voyant que plus personne ne tirait, nous ramassâmes-le peu de nourriture et de munitions qu’avaient les cadavres et nous repartîmes pour la mission après avoir enterré nos hommes.

Nous marchâmes plus de cinq jours, pour environ cinq kilomètres. Cette cadence était beaucoup trop lente. La neige, le froid, les ennemis, et le manque d’information sur notre itinéraire nous faisaient tourner en rond depuis le deuxième jour. À partir de maintenant, il fallait aller plus vite, car la nourriture était notre talon d’Achille.

Guther était le plus courageux d’entre nous et l’un des plus expérimenté. Il avait participé à la bataille de Dantzig, à l’invasion de la France, puis maintenant Stalingrad. Ceci lui donnait encore plus de mérite que nous, car il avait reçu une médaille pour ces actes de combats, de la main du Führer en personne en plus. Le jour d’après, un second combat eu lieu, mais cette fois, nous étions-les assiégeants. Cinq soviets s’étaient repliés dans la salle à manger d’une demeure encore en état. Le combat environ quinze minutes, mais par manque de temps, nous partîmes sans demander notre dû. Il est vrai que l’odeur de leur soupe nous avait attirés, mais la raison prit vite le dessus sur nos estomacs vides.

La nuit qui suivit la seconde bataille, nous comptâmes-les munitions et les vivres qu’il nous restait. Nos combats quotidiens avaient épuisé notre stock de balles, de plus les seules armes qui n’avaient pas gelé et que l’on pouvait utiliser étaient nos fusils. Les vivres pouvaient nous faire tenir deux jours de plus et nos munitions que quelques combats.

Près d’un feu de fortune, une discussion se mit en place sur notre mission.

« _ On va tous y passer, dis-je.

_ Quoi ! , tu veux te rendre !, s’exclama Guther.

_ Tu veux désobéir aux ordres de Führer, rétorqua l’un des nôtres.

_ T’es un sale trouillard, répliqua un autre soldat.

_ Non ! , mais… bafouillais-je.

_ Y’as pas de mais ! , soit tu meurs comme un lâche, soit tu meurs comme un homme ! », s’exclama Guther.

Sur ces mots, je me tu comme le reste de l’escadron et nous nous couchâmes près du feu pour ne pas mourir de froid. Je repensais aux paroles de Guther, avait-il tort ? avait-il raison ? Je ne savais plus et je préféra oublier cette dispute pour mon salut. Le lendemain venu, j’entendis des bruits de pas qui me réveillèrent et bientôt des coups de feu vinrent m’accueillir. Les Soviétiques de la maison avaient dût-nous suivre et appelaient des renforts. Tout à coup, je fus touché à la jambe gauche, et le temps de me mettre à l’abri le sang avait déjà gelé.

Nous perdîmes le reste de l’équipe dans cette attaque, et, Guther et moi étions les seuls survivants de ce massacre. L’ennemi revint en surnombre peut de temps après, et il vint peu à peu au bout de nos forces. Guther fut à son tour touché, il s’effondra à terre. Sa blessure lui avait été fatal, le sang coulait et commençait à faire une sorte de verglas rouge.

Ma dernière chance était de battre en retraite, mais un cas de conscience me vint à l’esprit, je me rappelais la dispute d’hier, et de ce qu’avaient dit les autres. Mais, je me cacha quand même dans une bouche d’égout. L’ennemi après avoir examiné les alentours repartit, je rampa de toutes mes forces jusqu’au corps de mon ami. Je pleura longtemps lorsque et je n’eus la force de recouvrir son visage de sa veste sur laquelle était accrochée sa médaille. De rage, je l’arracha et la jeta le plus loin possible. Mais il me fallait repartir, La mort rôdait toujours dans les parages. Et sans me retourner, je m’en alla à la recherche de mes camarades restaient au camp.

Ma jambe me faisait horriblement souffrir, et après plus de douze jours, je réussis à retrouver le reste de la division part miracle, en me perdant dans ces dédales de ruines. Fin février, nous fûmes obligés de nous rendre et transportés dans un Goulag. La guerre finie, le peu de survivant put enfin retrouver leurs villages natals, mais beaucoup de soldats comme moi ne retrouvèrent que des ruines et des morts. Ma famille était morte lors des bombardements de la RAF, et bizarrement je n’en voulais pas aux alliés, mais à notre Führer. Il nous avait promis la gloire, l’immortalité, une histoire ; et il n’apporta que la destruction et la mort.

Ce dernier s’était suicidé fin avril de l’année mille neuf cent quarante-cinq. Lui qui voulait que l’on soit les plus courageux, avait par lâcheté préféré se tirer une balle dans la tête. Et je finis le reste de ma vie à rechercher les restes de Guther, mon ami, mon frère, une partie de moi-même. Je repensais souvent à sa mort, peut-être serait-il encore en vie si je n’avais pas fuit, et vaut-il mieux être un lâche en vie ou un héros mort ?









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