Titre du dossier :
Traduction commentée de l'article de Kuno Takeshi, « Jizô bosatsuzô no hensen ( Evolution de la représentation du bodhisattva Jizô ) »,
in Sakurai Tokutarô (dir.) Jizô bosatsu shinkô, Tôkyô, Yûzankaku shuppan, 1983, coll. Minshû shûkyô- shi sôsho vol. 10, p. 19-32.
Présenté par Gengis Mey

INTRODUCTION
La figure bouddhique de Jizô, de son nom indien Kṣitigarbha signifiant « Matrice de la Terre », est dans le bouddhisme du « Grand Véhicule » un bodhisattva : bosatsu 菩薩. Le bodhisattva dans la religion bouddhique est un être destiné à devenir un bouddha : nyorai 如来. La figure même du bodhisattva est propre au courant bouddhique du « Grand Véhicule » qui est apparu vers le début de l'ère chrétienne et qui prône une « méthode de salut universel ». Ce bouddhisme s'oppose de fait au courant bouddhique « Petit Véhicule », qui prône une « méthode de salut personnel »1.
La figure de Jizô s'établit en parallèle avec celle d'un autre bodhisattva : Kokûzô ( Kokûzô bosatsu 虚空蔵菩薩, Ȃkâśagarbha en sanscrit ) signifiant « Matrice de l'Espace ». Il est le bodhisattva des vertus infinies de l'Espace. FRANK Bernard dans son ouvrage Le panthéon bouddhique du Japon, Collection d'Émile Guimet, Paris, 1991 p.134 explique parfaitement les raisons de ce parallélisme entre les deux bodhisattvas :
« (...) La Terre et l'Espace ou Ether sont, dans la tradition indienne en général, aux deux bouts de la chaîne des Cinq Eléments. Leur mise en parallèle en la personne de deux bodhisattva paraît refléter l'ancienne habitude d'associer de façon privilégiée le Ciel et la Terre, qu'on trouve exprimée dès l'âge védique. »
Ainsi la conception de « Terre » ne peut être séparé de la conception de « Ciel », et c'est dans cette logique que la figure du bodhisattva Jizô est apparue en parallèle avec celle de Kokûzô.
Il existe une très grande variété de croyance et de ne jours encore, certaines de ces croyances persistent toujours. C'est pour cela que l'on retrouve dans tout le Japon une multitude de représentations de Jizô, qu'elles soient en pierre, en bois ou bien en bronze. On peut classifier en trois groupe les représentations de Jizô: le groupe des « représentations cultuelles », celui des « représentations funéraires cultuelles » et enfin celui des « représentations funéraires ». Nous catégorisons sous le terme de : « représentation funéraires » les représentations qui sont au sein d'un cimetière des marqueurs de tombes; sous le terme de : « représentations cultuelles » les représentations qui dans un temple ou son enceinte ont un rôle honorifique envers le bodhisattva; et sous le terme de : « représentations funéraires cultuelles » les représentations qui ont un rôle honorifique envers Jizô mais qui se trouvent dans l'enceinte d'un cimetière. Cette catégorisation des représentations de Jizô tient en compte ainsi du rôle et de la localisation des différentes représentations. On note que : les représentations cultuelles, c'est-à-dire les représentations qui se trouvent dans les temples, ont une particularité : elles sont faites uniquement en bois; alors que pour les deux autres catégories, les représentations sont faites en pierre, plus rarement en bronze2. Ce phénomène ne s'applique pas qu'aux représentations de Jizô, mais également aux autres représentations bouddhiques. Cela s'explique tout simplement par le fait que les représentations en bois se trouvent à l'abri des intempéries, et c'est dans un simple soucis de durabilité de la représentation que les figures se trouvant en extérieures sont faites dans des matériaux bien plus dure et résistant : la pierre ou le bronze.
Malgré ce vaste domaine de recherche que sont les représentations de Jizô, il n'existe aucune véritable recherche sur sa modification ou son évolution de la représentativité du bodhisattva au cours des époques. Il s'agit ici d'un vaste terrain de recherche qui reste encore inexploré mais qui pourtant pourrait apporter beaucoup que ce soit d'un point de vu iconographique, que ethnologique.
L'article que nous avons traduit traite d'une minuscule partie de ce vaste terrain, en s'intéressant à la modification de la représentativité de Jizô de l'époque Heian 平安時代 ( 794 - 1185 ), uniquement pour les représentations cultuelle ( c'est-à-dire, comme nous l'avons défini juste au-dessus : uniquement les représentations en bois se trouvant dans des temples ). L'axe majeur de réflexion de Kuno Takeshi dans cette article est : qu'il existe bien une modification de la représentativité de Jizô et que celle-ci est en lien avec la modification de la croyance bouddhique et des mœurs de l'élite. Intéressons nous à présent à cette article.
Article de Kuno Takeshi, « Jizô bosatsuzô no hensen ( Evolution de la représentation du bodhisattva Jizô ) »
Introduction
De la première partie de l'époque de Heian ( 794-1192 ), il nous reste tout particulièrement de nombreuses représentations du bodhisattva Jizô. Les représentations qui nous restent de la région du Kinki3 sont nombreuses, et il y a un grand nombre de sculptures qui ont les genoux fortement arrondis, les vêtements sculptés suivants une ligne arrondie ou une forme de « Y » ; mais ce style a presque entièrement disparu durant la période suivante des Fujiwara ( 969-1068 ). Je vais tenté de faire avancer la réflexion au sujet des représentations de Jizô de la première partie de l'époque de Heian en l'illustrant par quelques exemples de sculptures qu'il nous reste.
1- La représentation du bodhisattva Jizô du kôdô du Kôryû-ji
Pour ce qui est du début de la croyance au bodhisattva Jizô importé au Japon, et à la possibilité de fabriquer des représentations, elle débuta à partir du VIIIème siècle. Selon moi, l'exemple le plus vieux est la représentation de Jizô du kôdô4 du Tôdai-ji5. Dans l'un des nombreux chapitres monastiques du Tôdai-ji yôroku ( « Notes essentielles du Tôdai-ji » ), il est rapporté qu'on installa des statues de bouddhas dans son kôdô ; la statue principale est une représentation debout de Kannon6 en laque faisant 2 jô et 5 shaku7 de haut ( 7,165m ), à l'est de celle-ci fut installé une représentation du bodhisattva Kokûzô8 en laque sec polychrome faisant l'équivalent de 1 jô de haut ( 3,03 m ), et à l'ouest fut installée une représentation du bodhisattva Jizô en laque sec polychrome faisant l'équivalent de 1 jô ( 3,03 m ) ; en ce qui concerne ces représentations de Kokûzô et de Jizô, il est dit que les deux statues ont été édifiées sur un vœu de l'impératrice Kômyô ( 701 - 760 ) le 15 février de la 19ème année de l'ère Tempyô ( 747 ). En lisant à la suite les articles de cet ouvrage, il est stipulé dans une note de ces « Notes essentielles » que ces représentations de Kokuzô et de Jizô ne sont pas des représentations debout, mais des représentations assises ; toujours est-il que cette représentation de Jizô de ce kôdô est l'exemple le plus vieux attesté dans un document. Cependant la croyance au bodhisattva Jizô à l'époque Tempyô n'étant pas du tout vigoureuse, il n'y avait que très peu de représentations, et pas une seule ne nous est parvenue.
A l'inverse, lorsque l'on rentre dans le IXème siècle, il est possible d'examiner un grand nombre d'exemples de représentations de Jizô qui nous est resté ; de plus il nous est parvenu parmi les documents de la même époque un concernant les traités de fabrication de l'époque. Il s'agit de ceux de la représentation assisse du Jizô du kôdô du Kôryû-ji9.

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Fig. 1 : Jizô, époque Heian, bois, 1,9695m, temple du Kôryû-ji 広隆寺, Kyôto
Cette représentation de Jizô a été répertoriée comme dans l'article ci-dessous du kôdô du Kôryû-ji engi hei shizai chô ( « Notes sur les biens parallèles rangés au Kôryû-ji » ) qui fut enregistrée sans grande précisions la 15ème année de l'ère Jôgan ( 873 ). Plus précisément il est inscrit que la statue centrale de Amida Nyorai10 de 8 shaku ( 2,424 m ) de haut de la tête au coccyx installée dans le kôdô est une représentation fut installé sur vœu d'une concubine impériale Ranokami Nagahara ; il est écrit successivement :
_ 1 statue du bodhisattva Jizô minutieuse et peinte, de 6 shaku et 5 sun11 de haut ( 1,9695 m ) de bas en haut
_ 1 statue du bodhisattva Kokûzô, minutieuse et peinte, de 6 shaku et 5 sun de haut ( 1, 9695 m ) de bas en haut
Don de kojô kenkô gonrisshi-shi hôkyô jônin i12 Dôshô
Plus précisément, il nous a été transmis que ces représentations de 6 shaku et 5 sun de haut ( 1,9695 m ) de la tête au coccyx en laque sec polychrome de Jizô et de Kokuzô sont des dons fabriqués par Dôshô. Doshô est né dans le Sanuki13 la 17ème année de l'ère Enryaku ( 798 ), entra en religion à l'âge de 14 ans et eu comme maître Meichô du Gangô-ji14 de Nara, et « reçu les défenses »15 au Tôdai- ji. La 5ème année de l'ère Tenchô ( 828 ) il suivit les préceptes ésotériques de Kûkai au Jingô ji16, et la 5ème année de l'ère Tenchô ( 828 ) travailla en tant que qu'officiant lors de la cérémonie du Butsumyô e17 du palais impérial. A partir de là, il gagna peu à peu en influence dans le monde du bouddhisme et selon le Kôryû-ji bettô funin ki ( « Notes sur les nominations des intendants du Kôryû-ji » ) il fut nommé à ce poste au Kôryû-ji la 3ème année de l'ère Shôwa ( 837 ) ; mais la 3ème année de l'ère Kashô ( 851 ) il emménagea au Ryûjô-ji (?) mais cumula ses fonctions d'intendant du Kôryû-ji jusqu'à sa mort la 17ème année de l'ère Jôgan ( 875 ). Durant cette époque Dôshô se livra corps et âme dans la reconstruction de la salle de cours et de la chapelle du Kôryû-ji qui furent réduits en cendres par un incendie malheureux qui eu lieu en avril de la 9ème année de l'ère Kônin ( 818 ). Au sujet de l'époque de la construction offerte de cette représentation de Jizô, on peut à coup sûre placer des bornes temporelles entre la 3ème année de l'ère Shôwa avec la nomination de Dôshô en tant que intendant du Kôryû ji et la 17ème année de l'ère Jôgan date de sa mort ; mais Adachi Kô ( 1898-1941 ) en se basant sur la note suivante du Jôgan shizai chô ( « Notes des trésors de l'époque Jôgan » ), au sujet de ces représentations de Jizô et de Kokûzô, stipule qu'il faut faire attention ici dans le terme gonrisshi utilisait dans « gonrisshi hôkyô shônin i Dôshô » au mot « gon » se trouvant dans « gonritsshi », cela présume que ces représentations sont clairement fabriquées à l'époque où Dôshô était gonrisshi. Précisément, comme Dôsho devint gonrisshi en février de la 6ème année de l'ère Jôgan ( 864 ), et que en août de la 10ème année l'ère Jôgan ( 868 ) il devint risshi18, la fabrication de ce don sous la forme d'une représentation de Jizô a dut avoir lieu pendant cette période en tenant compte de ce fait (1). A l'opposé de cette explication, au sujet des bouddhas des diverses salles de cours du Kôryû-ji que l'on trouve actuellement, Mochizuki Shinjô ( 1899 - ? ) écrivit dans l'une de ses grandes œuvres : « le kôdô du Kôryû-ji qui fut reconstruit durant les années de l'ère Shôwa, fut de nouveau détruit par un incendie la 6ème année de l'ère Kyûan ( 1150 ), et que lors de cette incendie les statues sculptés dans un seul morceau de bois de un jô roku19 ( 4, 85 m ) représentant Amida et une autre de Jizô ont-elles pu être sauvées ? De plus nous aimerions nous questionner sur la possibilité de réfléchir sans réserve sur la mise en place de représentations qui retardèrent dans cette salle l'office des morts de la période d'Eiman ( juin 1165 - août 1166 ) » (2), on en vient donc à se questionner si les représentations de Amida et de Jizô sont bien oui ou non celles mentionnées dans le Jôgan shizai chô.
Personnelle, je ne pas croire que cette représentation de Jizô être une représentation restaurée de l'époque Fujiwara ( 898-1185 ) ; si cette représentation brûla dans l'incendie de l'ère Kyûan, par la suite, je pense que le fait d'apporter d'autre part une représentation ancienne ressemblant parfaitement à celle enregistrée dans le shizai chô et de l'installer est quelque chose qui n'est pas facile de réaliser durant le XIIème siècle. Le style de cette représentation est parfaitement propre aux fabrications de l'époque de Jôgan, de plus la représentation de Amida qui est la statue de culte principale don de la concubine impériale Nagahara montre un style plus vieux d'un demi siècle que celles de Jizô et de Kokûzô. Je pense que ces trois représentations du kôdô étant précisément celles enregistrées dans le Jôgan shizai chô, sont des exemples rares des critères de fabrication du IXème siècle. A présent, j'aimerai m'intéresser à la représentation de Jizô.
Cette représentation est taillée d'un seul et même bloc de bois de la tête au corps ; il s'agissait d'une représentation peinte à l'origine, mais aujourd'hui de cette peinture on peut juste en voir des écaillées sur la couche de bois. Le corps est massif, le bas de la poitrine se resserrent fortement. La tête est petite et large. Le front est dense, le nez court. Les deux joues pleines de vitalités, les lèvres supérieures proéminentes vers l'avant, et la mâchoire est étroite. Le cou est court mais bien en chaire. La robe est taillée dans le style hompa. Les deux mains ont leur revers bien en chaire, l'extrémité des doigts diésées est taillé en pointe. En tant que exemple similaire à de telles mains, il y a la représentation de Taishakuten ou Bonten20 du Kondô du Tôshôdai-ji 21.

Fig. 2 : Bonten, période de Nara, bois, 186.2 cm, temple du Tôshôdai-ji 唐招提寺, Nara
Les particularités énumérées ci-dessus, montrent bien que la représentation de Jizô est bien plus matûre que les sculptures en bois de l'époque de Heian ; et si on réfléchit à partir de ce point, n'est-il pas extrêmement pertinent de penser qu'il y a une très grande contradiction au fait d'affirmer que cette représentation a été faite durant les années de l'ère Jôgan.
2- La représentation de Nichira du Tachibara-ji et la représentation de Jizô du Chôden-ji
A présent, si l'on pense que cette représentation de Jizô du kôdô du Kôryû-ji est une fabrication de la période Jôgan, on remarque de toute évidence que parmi le grand nombre de représentations de Jizô du début le l'ère Heian, cette représentation apparaît nul doute comme une représentation dont le style est moins vieux. Dans les recherches qui vont jusqu'à nos jours, lorsque l'on réfléchit sur ce qui peu bien précéder cette représentation de Jizô, il y a la sculpture que l'on nomme : la représentation de Nichira du Tachibara-ji22.

Fig. 3 : Nichiran, période de Heian, bois, temple du Tachibara-ji 橘寺 , Nara
Au sujet de cette représentation que l'on nomme représentation de Nichira, on ne sait pas précisément de quand elle date. Cependant, il fut noté dans le Jisha hômotsu tenetsu mokuroku ( « Catalogue des trésors des sanctuaires et des temples » ) de la 4ème année de l'ère Kansei ( 1793 ) : 1 statue en bois de Nichira, rasée et en habit de moine ; peu à peu on comprends que cette représentation fut nommée ainsi au début de l'ère Edo ( 1600 - 1868 ). Au sujet de Nichira, il nous a été transmis qu'il s'agit d'une personnage légendaire de l'antiquité, fils d'un fonctionnaire de haut rang du pays de Koyohi (?) envoyé à Kudara23 de la grande famille Ôtawa Kanamura ; personnage de la 2ème moitié du VIéme siècle qui délibéra sur la politique gouvernementale avec Abe Kudara ; après l'annexion de Kudara sa maison fut incendiée et il fut assassiné par des fonctionnaires selon la tradition. De plus, il nous a été transmis dans le Kokon mokuroku shô ( « Extrait des registres anciens » ) et le Shôtoku taishi tenreki ( « Calendrier transmit du Prince Shôtoku » ) le fait que Nichira était en relation avec le Prince Shôtoku ( 574 - 622 ). Plus précisément, Nichira apparu au Prince sous la forme du grand bodhisattva Kannon du Salut, et à partir de ce moment ce développa peu à peu un mythe ; et c'est durant cette période à cause de cette raison que cette représentation en forme de de moine du Tachibara-ji qui fut érigée puis transmise par le Prince fut nommée : Nichira. Maintenant si l'on regarde cette représentation, il s'agit d'une représentation qui ressemble stylistiquement aux représentations du IXème siècle, à ce moment, il est difficile de penser que cette effigie de Nichira fut faîtes au VIème siècle. Cette statue est une représentation parfaite de Jizô, jusqu'au lobes des oreilles ont les traits communs des représentations de bodhisattva ; même si au début cette représentation fut fabriquée en tant que représentation de Jizô, pour des raisons que nous verrons après il est plus convenable de la nommer plutôt représentation de Nichira. Il y a peu d'indices sur lequel on disserte pour établir l'époque de fabrication de cette représentation, mais pour celle-ci, il y a une théorie qui considère que son époque de fabrication est antérieure au IXème siècle ( 3 ). C'est dans le Seiyû shû ( « Recueil des âmes » ) ou bien le Taishi shûi-ki ( « Recueil sur la perte du Prince » ), que l'on peut voir que l'empereur Junna ( 786 - 840 ) la 4ème année de l'ère Tenchô ( 827 ), en tant que don, fit édifié une trinité de Rakushi24 au Tachibara-ji ; et c'est s'en doute durant cette période que cette représentation fut elle aussi fabriquée. Dans cette explication, cette représentation est plus vieille de 40 ans environ que la statue de Jizô du kôdô du Kôryû-ji vue précédemment ( voir Fig. 1 ), comme on pouvait sans doute si attendre.
La représentation de Nichira fait 145 cm de haut ( voir Fig 2 ), de la tête au socle en forme de lotus hexagonale, le tout est taillée dans une essence de hinoki. Les jambes sont également dans le même bois. Les deux mains à partir des poignées sont dans une autre essence bois des objets qui on été changé quelque temps après. Le bas de la robe de moine dans le dos a subis une restauration. La représentation a gardée sensiblement ses couleurs d'origines. Les parties chaires sont de couleur chaire, les cheveux ainsi qu'en autre les sourcils à l'encre de Chine, l'endroit du noe25 est en rouge, l'envers a été peint en utilisant un pigment vert, la pupilles des yeux sont peintes en encre de Chine, pour peindre le coin des yeux un pigment rouge a été utilisé. il y a des différences avec les représentations classiques de Jizô, les hanches sont quelque peu ouvertes, la main gauche est totalement ouverte, et le genoux de la jambe droite qui est quelque peu courbé comme si il s'amusait. Le noe en haut de la robe est quelque peu grossier. Les deux cuisses sont arrondies, et à ce niveau la robe a été taillée en forme de Y ; ayant le même style que les autres Jizô de la même époque qu'ils soient du style hompa ou uzubun. Maintenant si l'on compare cette représentation à celle du kôdô du Kôryû-ji ( voir Fig . 1 ), on peut découvrir de nombreuses différences.
D'une part, il est difficile de comparer une représentation assise et représentation debout, mais par exemple on peut voir que la statue du Kôryû-ji est bien plus volumineuse. Plus particulièrement, il y a des différences au niveau de la tête. Comme écrit précédemment la représentation du Kôryû-ji a les vertèbres plus épaisses, la tête est plus large, avec des lèvres saillantes à l'inverse la représentation de Nichira qui en comparaison a un visage plus doux. Ces caractéristiques, sont des éléments qui vont peu à peu être remplacées ceux des représentation de Jizô du IXème ; selon moi la représentation de Nichira n'est pas un objet qui remonte à l'époque de Tenchô, mais quelque chose de bien plus tardif que la représentation du Kôryû-ji, c'est-à-dire que l'on peut réfléchir au fait qu'elle a peut être été réalisé durant la deuxième moitié du IXème siècle.
Pour ce qui est du fait d'avoir des caractéristiques proches à la représentation du Jizô du Kôryû-ji, il y a la représentation de Jizô du Chôden- ji26du département de Mie ( voir Fig. 4 ). Cette représentation qui date de l'époque de Enryaku ( août 782 - mai 806 ) est une représentation de Jizô qui selon la tradition fut faite par Kôbô Daishi27 lui-même ; le temple du Chôden-ji brûla durant la guerre de Shinchô mais cette vieille représentation fut sauvée.

Fig. 4 : Jizô, période de Heian, bois, 175,7 cm, temple du Chôden-ji 朝田寺, ville de Matsumoto
La statue fait 175,7 cm de haut, de la tête au socle en forme de lotus, le tout est taillée dans un même bloc d'essence de kôyamaki. Parmi les statues fabriquaient à partir d'essence de maki dans les sculptures du début de Heian, il y a la représentation de culte principale du kôdô du Kyôôgokoku-ji28 ( ou Tô-ji) ( voir Fig. 5 ).

Fig. 5 : Jizô, époque Heian, bois, 38,8 cm, temple du Tô-ji 東寺, Kyôto
Sur cette représentation, du vernis pour lutter contre les craquelures du bois a été mis depuis le bas des vertèbres du dos jusqu'au bas de la robe. Les deux mains sont faites dans une autre essence de bois, et l'ensemble de la représentation n'est pas un objet réellement ancien. Il reste de la peinture blanche sur tout le visage, et sur le milieu du bas de la robe il reste aussi des motifs de fleurs peints avec de l'encre de Chine et des pigments rouge. Il reste également des pigments rouge sur les lèvres mais il s'agit de quelque chose de postérieure. Le corps a les deux épaules vigoureuses, bien en chaire. La façon de représenter le noe sans non ouvert avec le torse bondant est proche de la représentation du Kôryû-ji. La tête est assez petite, la mâchoire étroite, le nez court. Il y tout particulièrement une fortement ressemblance avec la représentation du Kôryû-ji au niveau du front épais. Il y a un fort rétrécissement au niveau du bas de la poitrine, les deux cuisses sont très arrondies ; ici la gravure de la robe en forme de « Y » est identique à celle de la représentation de de Nichira, mais au centre de la forme de « Y » du vêtement, les plis on été tracé en forme « V » en grand nombre.
Si on l'observe de profil, on peut voir que celle-ci est massif, le fait que la tête ressorte légèrement vers l'avant indique qu'il s'agit d'une représentation ancienne. Cette simple représentation, qui d'un certain point est une fabrication qui sort quelque peu du cœur de la culture de Mie, fait réfléchir au fait bien que par rapport aux fabrications de Kyôt et Nara ce style ancien a longtemps continué d'exister, et que les particularités énumérées précédemment proche de la représentation de Jizô du kôdô du Kôryû-ji même après, étaient présente dans les fabrication de la deuxième moitié du IXème siècle.
3- La représentation de Jizô dans la deuxième moitié du IXème siècle
En outre de cela, il y a un grand nombre de pièces qui représentent le bodhisattva Jizô que l'on suppose avoir était fabriqué au environ de la deuxième moitié du IXème siècle. A ce sujet il y en a une, la représentation de Jizô dans le Kyûnan endô29 du Hôryû-ji ( voir Fig. 6 ).
F
ig.
6 : Jizô, période de Heian, 172,7 cm, bois, temple du Hôryû-ji
法隆寺,
Nara
Cette représentation est exposé actuellement dans le Kondô du temple ; mais comme il s'agit en fait d'une représentation qui à l'origine n'appartient pas au Hôryû-ji mais qui se trouvait avec la représentation d'une Kannon à 11 visages du Shôrin-ji30 qui fut encore à l'origine transmissent par le Daigorin-ji31 ( ou Ômiwa tera ) ; lorsque intervint la dissociation du bouddhisme ésotérique, elle fut déplacée au Hôryû-ji. Cette représentation de Jizô également du sommet de la tête jusqu'aux jambes se trouvant sur un piédestal en forme de lotus taillée dans un seul gros morceaux pure de hinoki ; la représentation fait 172,7 cm de haut, aujourd'hui les couleurs se sont écaillées et l'on voir le bois de la représentation en dessous, mais on comprend qu'il s'agit d'une représentation qui originellement avait des couleurs car gardant des traces de coloration un peu partout. Le corps est plein et massif, la tête est profondément bien incrustée dans le fond, la mâchoire est étroite, les joues gonflées ... autant de grands changements par rapport au style ancien. Cette représentation également a les cuisses arrondies et les vêtements ont été sculptés en suivant le style hompa ; mais cette courbe des plissures cintrées, qui est quelque peu ronde, fait perdre de sa vigueur comme on peut le voir entre autre sur la représentation de Yakushi32 nyorai du Jingo-ji33 ( voir Fig. 7 ). A partir de ce point de vu, au sujet de cette représentation, il est également difficile de penser que sa fabrication est antérieure à celle de Jizô du Kôryû-ji ( Fig. 1 ) car ayant cette forme de tête spécifique des courants ésotériques.

Fig. 7 : Yakushi, période de Heian, bois, temple de Jingo-ji神護寺, Nara
La représentation de Jizô du Yûnen-ji34 ( voir Fig. 8 ) est une représentation qui possède ce style ancien. Sa main droite elle pince une partie de son noe ; il n'y a pas d'autres exemples de ce genre de représentation de Jizô. La statue fait 157 cm de haut taillée, du sommet de la tête jusqu'au piédestal en forme de lotus dans un unique morceau d'essence de Kaya, sauf pour les deux mains qui sont des rénovations effectué postérieurement. La statue n'a pas l'intérieur dévidé.

Fig. 8 : Jizô, période Heian, 157 cm, bois, temple de Yûnen-ji 融念寺, Nara
Sur cette représentation, les pupilles des yeux ont été peintes à l'encre de Chine, le blanc des yeux est resté mais il y a une incertitude au sujet des couleurs qui se trouvaient originellement sur la représentation en bois. Aujourd'hui il ne reste plus de trace de peinture excepté un peu de blanc sur le revers du bas du noe, mais ce n'est pas la couleur de la chaire, sans doute un blanc commun. On ne sait pas si la surface de la représentation a été écorchée. On peut voir qu'au niveau de la robe sur les reins qu'il s'agit du style hompa. La robe dans le dos a été taillés en style uzubun. Même si une partie de la robe sur les reins qui est sur les deux jambes a subis une réparation, le reste de la statue est authentique. Si on compare cette représentation avec par exemple la représentation de Jizô du Hôryû-ji ( voir Fig. 6 ) vu précédemment, celle-ci est moins massive mais de style ancien avec une tête a un front plus large et une mâchoire est étroite. Cette tête ésotérique porte un élément commun des visages des représentations des êtres supérieurs dans les rouleaux du sanctuaire de Hakone35, mais ne pouvant remonter à la date de sa création, elle est à coup sûre postérieure à la représentation du kôdô du Kôryû ji, supposant qu'elle remonte environ au milieu du IXème siècle.
La représentation que l'on nomme : bodhisattva Myôjô36 du Kônin-ji37 ( voir Fig. 9 ), est sans doute une création postérieure à la représentation du Yûnen-ji.

Fig. 9 : Myôjô, période de Heian, 131,5 cm, bois, temple du Kônin-ji 弘仁寺, Nara
Cette représentation aussi est une représentation que l'on pense être de Jizô en regardant les caractéristiques de celle-ci ; représentation qui fait 131,5 cm de haut, taillée dans un morceau d'essence keyaki, du sommet de la tête au socle en forme de lotus, dans un même bloc dont l'intérieur qui n'est pas évidé. Pour les mains à partir de la partie des jointures, il semble s'agir d'une partie plus ancienne faite dans une autre essence de bois. Actuellement tout le corps est recouvert par une couche blanche, faisant penser qu'il s'agissait à l'origine d'une représentation peinte. Il ne reste que sur quelques parties du corps se qui devait être une couche de peinture de couleur chaire. Au niveau de la bouche, il reste des pigments de couleur rouge et il reste encore des pigments aux niveaux des deux yeux. Cette représentation aussi les deux genoux arrondis, la gravure des vêtements est en forme de « Y » mais l'arrondi est réduit ; le volume de profil est lui augmenté. Mais les règles de coupe sont pointilleuses, de plus les traits de visage sont profonds. Les coins des yeux gauche et droit sont étirés donnant un air de prise de décision, les lèvres sont saillantes. La tête est dans un style ancien, et de profil elle est assez plate ; au niveau du dos la robe comparée à la représentation de Nichira ou du Jizô du Yûnen-ji les traits de la robe sont omis. La partie de la robe qui couvre le bras droit est de style uzubun, mais on peut voir que la robe est en partie aussi de style hompa. Dans le même style, au sujet des créations que le présume être de la deuxième partie du IXème siècle, il y a la représentation de Jizô des possessions privées de Harake (?) ( cliché non trouvé ). Cette représentation est un bouddha transmit du Kitano Tenshin38 de Kyôto (4) ; récemment il a eu de nombreuses expositions au musée nationale de Tôkyô des possessions privées de Shiotsuka, et nombreuses personnes ont posées leurs yeux dessus. La représentation fait 159 cm de haut, les yeux de celle-ci sont taillées dans du bois ; il y les traces d'un piédestal, et l'auréole a disparu. Les deux mains et deux jambes ont été rajouté, il s'agit d'ajouts postérieurs. Cette représentation aussi est très massive mais les réparations sont sensiblement nombreuses. Entre autre, se creuse une fissure perpendiculaire sur le corps de la représentation depuis sa poitrine ; la partie avant les manches de chaque main a aussi était remplacée, la partie inférieure de la robe dans le dos a subis également une réparation ; le lobe de l'oreille gauche aussi est un ajout postérieure. De la peinture est présente sur toute la représentation mais il s'agit là aussi de quelque chose qui n'est pas d'origine. Ce genre de réparations sont nombreuses mais ce n'est pour autant qu'elle a perdu son caractère sculptural d'origine. En comparant le corps grandiose, le fait que la tête soit petite, donne l'impression que la représentation de Jizô est de plus en plus grosse. Les genoux sont fortement arrondis, et le fait que la robe soit en forme de « Y » et profondément taillée est quelque chose de commun aux représentations diverses précédente, mais la robe de cette représentation est quelque chose de profondément persistant.
Le dos aussi, de la modulation du corps à la robe ont été taillées gracieusement ; celle-ci qui est d'un remarquable grand naturel. Le profil de la statue est également remarquable, la poitrine est épaisse. Le visage exprime ingénieusement un élégant raffinement. Cependant ce visage bien taillé montre qu'il s'agit d'un objet qui ne peux pas remonter jusqu'au IXème siècle. Dans ce groupe, naquit en autre la représentation de Jizô du Kanshin-ji39 ( cliché non trouvé ) que nous mentionnerons plus tard et celle de Jizô faisant face à l'ouest du Kyôôgokoku-ji ( cliché non trouvé ).
Il y a également une autre statue, une représentation de Jizô dont on estime la création aux environs la fin du IXème siècle. Il s'agit de la représentation de Jizô qui se trouve à Murômura, Sanbonmatsu district de Nakamura dans la préfecture de Nara, département de Uda ( voir Fig. 10 ). Cette représentation bien plus qu'une ressemblance de style, on peut affirmer qu'elle est du même créateur que la représentation debout de la statue de culte principal du bouddha Shaka du kondô du Murô-ji40 ( 5 ) ( voir Fig. 11 ), de plus dans la bourgade de Sanbonmatsu district de Nakamura, il est dit que cette représentation est un objet qui fut déplacé du Murô-ji, et que la fabrication de la représentation de Jizô date de la même époque que de celle de la représentation debout du bouddha Shaka au Murô-ji.
Fi
g.
10 : Jizô, époque de Heian, 93.3cm, bois, Murômura 室生村

Fig. 11 : Shaka, période de Heian, bois, temple du Murô-ji 室生寺, Nara
Actuellement le kondô du Murô-ji on trouve également une représentation de Jizô, mais l'auréole plaquée sur celle-ci depuis le bas du dos qui est la même que celle celle de Shaka ne va pas du tout avec la représentation de Jizô actuelle. Ici, on peut foncièrement dire que la représentation du Jizô de Sanbonmatsu ne disposait pas d'anneau à l'origine.
La représentation de Jizô du Sanbonmatsu district Nakamura ( voir Fig. 10 ) est taillée dans un même morceau de bois de la tête jusqu'au bas de la robe, faisant 176 cm de haut ; la tête est de forme allongée et évidée. La statue a l'origine était peinte, mais aujourd'hui on peut voir la couche de bois sous la peinture écaillée. Le corps est massif et mais bien équilibré avec le reste du corps. Au niveau de la robe le vêtement est bien parallèlement minutieusement taillée, la robe qui couvre les deux genoux et les plissure en formes de lignes cintrées sont très fluides, comme pour la représentation de Shaka du kondô du Murô-ji. La tête et les joues sont bien potelées, créant une expression de sérénité, les yeux sont taillé presque comme si ceux-ci étaient baissés. Cette représentation par rapport aux représentations du IXème siècle vu précédemment se différencie par l'expression de la robe au niveau du corps, mais bien plus encore au niveau de la tête, ce qui rend un rapprochement peu à peu difficile. A ce sujet, cette représentation comme celle de Shaka du Murô-ji est une représentation auréolée, faisant naître un développement du style semblable à la représentation assise de Jizô du Kôryû-ji ( voir Fig. 1) ; de plus on peut réfléchir sur une nouvelle influence continentale. En ce qui concerne la période de fabrication de cette représentation de Jizô, à l'heure actuelle, je pense qu'elle date de la fin du IXème siècle.
4- La représentations de Jizô au Xème siècle
Et bien, continuons sur ces diverses représentations ; il reste un grand nombre de représentations léguées de Jizô que l'on présume avoir été fabriqué au début du Xème siècle. Même à l'intérieur de celles-ci si on réfléchit réfléchissant comparativement à la création plus précoce, il s'agit de la représentation de Jizô du Kôfukuji41( voir Fig. 12 ). Cette représentation est taillée dans un même morceau de bois de la tête jusqu'au socle en forme de lotus, faisant 139,4 cm de haut ; les deux mains ont été restaurées, tout le corps est recouvert par de la peinture, mais celle-ci est extrêmement récente.

Fig. 12 : Jizô, époque de Heian, 139,4 cm, bois, temple du Kôfukuji 興福寺, Nara
Le corps est massif, particulièrement la tête qui fait dans un style ancien. C'est-à-dire que les yeux et la bouche sont gros, que le front et le nez droit sont de la même longueur ... , autant de points communs avec la représentation de Jizô du Yûnen-ji ( voir Fig. 8 ). Cependant la robe a une forme et un style exceptionnelle, cette représentation a elle aussi sur ses deux cuisses arrondis une robe qui a les plissures taillées en forme de lignes cintrées ; mais les plies de la robe ont tous une forme qui donne un sentiment d'inertie. Cette création est une œuvre plus tardive que celles vue précédemment, et on peut penser que sa fabrication date des environs du milieu du Xème siècle.
La représentation de Jizô du Kyôgokoku-ji est aussi une représentation qui est sans doute pièce fabriquée qui n'a pas changé depuis cette époque. Cette représentation est une vieille représentation transmise par le Sai-ji42, faisant 162 cm de haut, le dos évidé est fait dans un morceau de bois d'essence de hinoki ; avant la statue était peinte mais aujourd'hui on peut voir la couche de bois sous les écailles. Le byakugo en premier lui, mais aussi les deux poignées et les deux jambes ont subis une réparation ; de fabrication extrêmement orthodoxe, le corps est bien équilibré et il n'y a pas de quelconques exagérations. Le fait que la robe est en forme de « Y » qui recouvre les deux genoux arrondies est quelque chose de commun au représentation de Jizô du IXème siècle, mais la robe a de nombreux plies taillée en forme de lignes cintrées mais peu profondes. La tête exprime une expression sublime très bien représentée proche de celle de Jizô des possessions privées de Shiotsu que nous avons vu précédemment, mais le visage de bodhisattva est représenté très serein ; cette représentation de Jizô des possessions privées de Shiotsu est une création plus vieille d'un demi siècle. Aujourd'hui cette représentation tient dans la main droite un shakujô, mais il s'agit d'un objet ajouté comme vu précédemment ; à l'origine, on peut penser que le fait d'orienter plus vers l'avant d'allongement de tous les doigts est identique aux autres Jizô du IXème et Xème siècle.
La représentation de Jizô du Eishô ji43 du département de Shiga44 ( cliché non trouvé ) de l'époque des Fujiwara est un objet légué à cette époque dont les couleurs se sont assombris. Faisant 152,5 cm de haut, cette représentation est taillée de la tête jusqu'à l'extrémité de la robe dans un morceau de bois et n'est pas évidé. Le socle en forme de lotus est un ajout, les deux mains ont subis une restauration, mais le bout des deux jambes couvert par la robe on eux aussi étaient restaurés. On peut voir que quelques motifs sur le noe qui sont légèrement de couleur rouge ; on comprend que la représentation éteint peinte à l'origine, mais aujourd'hui il n'y a plus que de grosses écailles. Le corps de cette représentation est assez massif, les cuisses arrondies ; ici la façon de tailler les plies de la robe en lignes cintrées est identique aux représentation de Jizô du IXème siècle, mais cette représentation par contre à la partie des cuisses assez plates et le visage donne une expression de gentillesse. Les yeux comme durant la période Fujiwara sont représentés comme s'ils étaient baissés.
En tant que œuvre léguée de représentation de Jizô de cette époque, il y a une statue qui est tout à fait sublime. Il s'agit de la représentation de Jizô de la salle des trésors du Kanshin-ji ( cliché non trouvé ). La représentation fait 166,5 cm de haut, de la tête jusqu'au bas de la robe, elle est taillée dans un seul morceau de bois, les mains à partir du poignée et les pieds à partir des chevilles sont faits dans une autre essence de bois ; on peut penser que la main gauche est postérieure, mais mis à part cela le reste de la représentation est d'origine.
Le deuxième doigt de la main gauche, le bout du quatrième doigt sont manquants ; il reste que la moitié du premier doigt et le troisième doigt de la main droite, le reste n'est plus présent. Cependant, la conservation étant bonne, il reste beaucoup de peinture. Cette représentation est dans un style très doux comme la représentation de Jizô des possessions privées de Shiotsu vue précédemment, le torse est bondé, le ventre sort, les cuisses restent dans le style arrondie. Les vêtements est a de nombreux endroits peu profonds. La robe garde les particularités du style hompa à un certain degrés. La tête est clairement dans le style du visage de la représentation de Jizô du Yûnen-ji ( voir Fig. 8 ), les yeux proches sont représentés comme s'ils étaient en train de se baisser peu à peu ; l'époque de fabrication de cette représentation ne peut pas remonter jusqu'au Xème siècle, mais il s'agit d'une représentation qui est obligatoirement postérieure au XIème siècle.
Sans discontinuité en ce qui concerne ce genre représentation de Jizô, réfléchissant à leur fabrication, que ce soit la représentation de Jizô du Seirei in45 du Hôryû-ji ( cliché non trouvé ), le Jizô du Hakumai-ji de la préfecture de Nara ( cliché non trouvé ), ou bien des deux Jizô peints du Tôshôdai-ji46 ( cliché non trouvé ) ou bien encore la représentation de Jizô du kondô est de l'actuel Murô-ji, datent toutes de cette époque. Par la suite, en tant que objet que le suppose postérieur, il y a la représentation debout de Jizô du Kanzeon-ji47 ( voir Fig. 13), ou bien le Jizô Kôon-ji48 ( cliché non trouvé ); celle du Tôshôdai-ji a la partie du ventre taillée dans un autre type de bois, nous faisant réfléchir sur le fait que celle-ci a sans doute a perdu cette partie.

Fig. 13 : Jizô, période de Heian, bois, temple du Kanzeon-ji 観世音寺, Dazaifu 太宰府
Cette représentation garde les vestiges de la manière de tailler la robe en forme de « Y » recouvrant les deux cuisses arrondies, perdant de sa vigueur elle s'est atrophiée de partout. Ce type de représentation de Jizô se développa en tant que Jizô de l'âge fleurissant des Fujiwara ; mais ici il y a un quelque chose de très intéressant. ec les Jizô de l'époque fleurissant de Fujiwara, les représentations de Jizô qui on leur robe taillée en forme de « Y » recouvrant les deux cuisses arrondies vont peu à peu disparaître, ; les cuisses ne furent plus peu à peu arrondies, le noe qui va être de travers, va voir la représentation des la robe en forme de « U » avec des plies en formes de lignes parallèles prendre une place importante. La représentation debout de Jizô du Rokuharamitsu-ji49 ( voir Fig. 14 ) dont l'auteur présumé est Jôchô (?) (6) fut la première, par la suite il y en un d'autres exemples comme le Jizô du Jôruri-ji50 ( voir Fig. 15 ) et celui du Fûki- ji51 ( cliché non trouvé ) du département de Nara. Quoi qu'il en soit ce à quoi il faut faire attention, c'est au fait que les représentations de Jizô transmissent du Tôgoku52, très tôt ne vont plus avoir les cuisses arrondies, et un grand nombre va avoir noe de travers et la robe taillée en forme de « U ».

Fig. 14 : Jizô, période de Heian, bois, temple du Rokuharamitsu-ji 六波羅蜜寺, Kyôto

Fig. 15 : Jizô, période Heian, bois, temple du Jôruri-ji 浄瑠璃寺, Nara
5- La représentations de Jizô dans le Tôgoku
Si on réfléchit à la fabrication la plus précoce parmi les représentations qu'il nous reste du Tôgoku, il s'agit des deux représentations de Jizô du Aizu Shôjô-ji53 de la préfecture de Fukushima54( cliché non trouvé ). Au sujet de celles- ci, je veux éviter les répétitions car j'ai déjà écrit un autre ouvrage qui en parle (7), mais ces sculptures sont taillées à partir d'un seul morceau de bois d'essence de keyaki ; les deux bras et les deux manches sont faites dans le même bois. Précisément l'une à les deux mains à partir des poignées qui sont des réparations postérieures faites dans une autre essence de bois ; l'autre représentations qui se trouve dans l'ancien pavillon dédié à Kannon a le visage raboté, et est devenu sans éclat ; la représentation de Jizô qui se trouve dans le pavillon principale que nous avons vu avant a le visage recouvert de feuilles d'ors mais il s'agit là d'une réparation récente. Les deux statues malgré les nombreuses réparations n'ont pas perdu de caractère massif, et si on les compare par rapport aux autres représentation du Tôgoku, on remarque qu'il s'agit de représentations qui sont de fabrications postérieures à la fin du IXème siècle ou de la première partie du Xème siècle. Quoi qu'il en soit, les deux représentations de Jizô du Shôjô-ji n'ont pas les cuisses arrondies se différenciant ainsi des Jizô précédente du Kinki ou encore de ceux du Nankoku55, à partir du niveau des reins du noe, les plies de la robe sont taillées en forme de lignes parallèles dans le style en forme de « U ». Cependant on peut voir qu'il y un style hompa. Ce genre de vêtement des représentations de Jizô est identique à la représentation de Jizô du Sôshin-ji (?) ( cliché non trouvé ) du département de Miyagi56 (8) sur laquelle on peut supposer qu'il s'agit d'une fabrication du milieu du Xème siècle ; par ailleurs ce genre de robe va augmenter grandement.
Mais il y a également la représentation de Jizô du Kiyomizu tera57 ( voir Fig. 16 ) du département de Nagano58 que l'on peut estimer comme l'une représentation rare , plus anciennes que les représentations de Jizô du Shôjô-ji.

Fig. 16 : Jizô, époque de Kamakura, 157 cm, bois, temple du Kiyomizu tera 清水寺, Nagano
Cette représentation à les deux mains au niveau du corps et les deux pieds en avant comme pour tirer une flèche à l'arc, de plus la sculpture est taillée de la tête jusqu'au bas de la robe dans un seul morceau dans de bois d'essence de kabura, mais n'est pas évidé à l'intérieur. La représentation fait 157 cm de haut, les parties chaire actuel on acquis un certain prestige auprès des générations suivantes ; les deux mains ont été modifiées plus tard, comme le piédestal, l'auréole et tous les attributs sont des ajouts postérieurs ; il s'agit d'une vieille représentation qui à gardé sa nature sculpturale majestueux. Les épaules sont raides, le torse est épais, la bas de la poitrine se rétrécit fortement. Le visage, le nez, la bouche ainsi que le menton sont petits ; gardant un style ancien identique aux sculptures du début de l'époque de Heian. Si on regarde la partie du bas ventre du noe, ici aussi les deux genoux ne sont pas arrondis comme pour la représentation de Jizô du Shôjô-ji ; et les plies de la robe qui est en forme de « U » sont est taillées profondément comme dans le style hompa. Quand on regarde ce style, l'année de fabrication de cette représentation semble se trouve aux environs de la fin de la deuxième partie du IXème siècle et le début du Xème siècle.
Précédemment, en laissant de côté celles du Tôgoku, les représentations de Jizô qui date du IXème et Xème siècle environ non pas les cuisses arrondies se différenciant des représentations Kinki et Nankoku, et on a noe qui au niveau du bas ventre est taillée en forme de « U » ; on peut penser qu'il s'agit là de suivre la mode de ce genre de Jizô habillé qui était courant au milieu de l'âge d'or des Fujiwara. En ce qui concerne les vêtements des Jizô qui sont du Tôgoku on ne peut pas penser que cette forme de Jizô de l'époque des Fujiwara a influencé à l'inverse les représentations du milieu du XIme siècle. De plus au IXème et Xème siècle, ces deux types de représentations de Jizô, celles dans la région du Kinki avec des cuisses sont arrondies, et qui ont une la robe en forme de « Y » en parallèle, et celles qui n'ont pas les cuisses arrondies, et qui ont la robe au niveau de hanche taillée en forme de « U », ces deux style en parallèle furent pratiqués ; mais on peut penser que le premier style n'était pas du goût des personnes de l'époque des Fujiwara et que donc c'est le second style qui persista. Cependant, cela étant de nombreuses représentations de Jizô vu précédemment sont marquées par le style des premiers, alors la représentation d'un moine que l'on nomme Ryûmyô (?) au Kongôbu-ji59 ( cliché non trouvé ) pour les personnes de l'époque d'après ne voient pas plus loin que l'expression d'une robe de moine récente. Cependant cette représentation de Ryûmyô est différente au niveau des vêtements des Jizô standards ; le col à dans le dos est très relevé, on comprend clairement alors qu'il s'agit d'un objet qui fut fabriqué pour représenter un de moine de haut rang. Par conséquent il est difficile de penser que ces deux styles de deux représentations de Jizô est pu exister parallèlement du début de l'époque de Heian.
De plus que faut-il penser à propos de ce fourreau ?
Pour moi, en ce qui concerne la façon de porter le noe ou de l'exprimer, comme pour les représentations de Jizô du Shôjô-ji et du Kiyomizu tera, j'aimerai faire remarqué que pour ce qui concerne la façon de porter le noe des bouddhas, celle-ci se rapproche des robes en forme de « Y ». L'expression de la robe et la manière de porter le noe dans les représentations de bouddhas qui date du VIIème siècle est très proche. Comme nous l'avons souligné au début, il ne reste plus aucunes représentions léguées de Jizô de l'époque Tempyô, mais il est possible de voir des objets légués qui ont sont taillées qui porte le noe comme les bouddhas de type oshidashi60 ou bien encore les petits bouddhas or et bronze en du VIIème et VIIIème siècle et qui on une robe en forme de « U » de taillée .
Selon moi la façon de porter le noe de la représentation assise du culte principale du bouddha Rakushi du Shôjô-ji de jadis, est identique a celle de la figure de Amida qui se trouve sur le sixième mur de la fresque du Hôryû-ji ; permettant d'observer quelque chose que l'on ne peut plus voir sur les représentations de bouddhas du milieu du VIIIème IXème siècle. Aujourd'hui, les représentations de Jizô du Tôgoku sont dans la même situation, la façon de porter le noe du VIIème et VIIIème siècle est quelque chose qu'on peux sans doute penser comme objet ayant une existence sans limite. Cependant, il persiste une style ancien en ce qui concerne la façon de porter le noe, mais les représentations du bouddha Rakushi du Shôjô-ji qui sans aucun doute exprime un style hompa au niveau de sa robe, a ses vêtements dans un style ancien, mais tout comme l'expression d'un corps massif et l'expression de la robe, dans un même style s'inscrit comme des éléments du début la période de Heian.
De plus, en ce qui concerne les représentations de Jizô l'époque fleurissante des Fujiwara, comment faut-il interpréter la façon de porter le noe et l'expression la robe ? Il ne s'agit pas de quelque chose qui en évidence influença à l'inverse le reste dans la continuité des représentations du Tôgoku ; les statues qui représentent Jizô partant une robe en forme de « Y »et qui a les genoux arrondis comme au début de la période de Heian, au cours du temps perdirent peu à peu de leu vitalité comme dit précédemment, et on suppose qu'ils firent une nouvelle apparition lors de l'époque Tempyô en défaveur des représentations minutieuses de bouddhas de l'époque des Fujiwara. A l'époque de Tempyô et celle des Fujiwara, incontestablement le bouddhisme était quelque chose pour les aristocrates, faisant que les représentations bouddhiques ont en commun une certaine élégance. Il reste sans doute également des représentations léguées de Jizô qui ont leur robe de taillée en forme du « U », sans les genoux arrondis de l'époque de Tempyô. Ce genre de figure de Jizô fut plus influencée par les sentiments des aristocrates du XIème siècle que par les Jizô du courant de la première partie de Heian ; et je pense que peu à peu cela devint une mode.
Notes
(1) Adashi Kô : Kôryû ji kôdô no san sonzô ( Les trois représentations de culte du Kôryû ji ), nihon chôkokushi no kenkyû ( Recherches sur l'histoire des sculptures au Japon ), septembre de la 19ème année de l'ère Shôwa ( 1934 )
(2) Mochizuki Shinjô : Kôryû ji ( Le Kôryû ji ), mai de la 38ème année de l'ère Shôwa ( 1963 )
(3) Nichiran zô ( La représentation de Nichiran ), bijutsu kenkyû ( Recherches sur l'art ), 118, octobre de la 16 année de l'ère Shôwa ( 1941 )
(4) Cette représentation de Jizô fut exposée lors de la 3ème exposition de la grande cérémonie de commémoration à Kyôto qui eu lieu d'octobre à décembre de la 4ème année Taishô ( 1936 ) ; visible dans le catalogue de cet évènement ; enregistré à Kyôto dans un entrepôt de Tamura Shûshin dans le : Daiten kinenn kyôto harrankai dai san kaijô jinretsuhin sômoku ( « Biens enregistrés lors de la 3ème exposition de la grande cérémonie de commémoration à Kyôto » ). De plus pour ce qui est d'avoir reçu la statue du bouddha du culte principale du Kitano Tenjin, cela est approfondit dans les enseignements de Fujida Seika qui approfondit la relation entre Genka et les mains de cette représentation.
(5) Kôshin Gô : Jizô bosatsuzô Nara ken Sanbonmatsu shindô ( La représentation de Jizô de la préfecture de Nara, Shindô de Sanbonmatsu ) expliqué dans : Yamato bunka kenkyû ( Recherches sur la culture du Yamato ) 2 - 3, août de la 29ème année de l'ère Shôwa ( 1953)
(6) Kôshin Gô : Rokuharamitsu ji no Jizô bosatsuzô nitsuite, ( Au sujet de la représentation de Jizô bosatsu du Rokuharamitsu ji ), Yamato bunka ( La culture du Yamato ), mai de la 23ème année Shôwa ( 1947 )
(7) Kuno Takeshi : Tôhoku kodai chôkokushi no kenkyû ( Recherches sur les sculptures des temps anciens du Tôhoku ), octobre de la 46ème année de Shôwa ( 1991 )
(8) idem note (7)
(9) idem note (7)
CONCLUSION
L'image que l'on se fait des représentations du Jizô est celle d'une représentation possédant dans sa main droite un shakujô 錫杖 et dans sa main gauche un nyoi hôshu如意宝珠. Mais cette image, pour les représentations de l'époque de Heain est quelque peu erronée. Les représentations du bodhisattva de cette époque sont marquées par une certaine pluralité des gestes de la main droite, mais l'un des geste qui revient le plus est une main droite effectuant le yogan in 与願印, le sceau de l'octroie des souhaits. Cette représentativité de Jizô est en lien direct avec sa croyance de l'époque qui voulait que : la plus grande partie des points du Vœu de Jizô concerne la promesse d'apporter de l'aide à l'existence immédiate des êtres vivants, que ce soit de nourrir et de vêtir ceux qui sont dans le besoin, d'offrir des remèdes aux malades ou bien encore de protéger les hommes des divers dangers. C'est pourquoi le yogan in est le geste que l'on retrouve le plus souvent sur les représentations de Jizô de l'époque de Heian lorsque celles-ci ne possèdent pas de shakujô. C'est également en lien direct avec cette croyance que l'on retrouve sur presque la totalité des représentations un nyoi hôshu qui est décrit dans la tradition bouddhique comme une pierre précieuse qui possède le pouvoir d'exaucer les vœux des êtres vivants.
Mais avec l'arrivée de l'époque de Kamakura, la croyance en Jizô va connaître son plus grand changement. Ce changement va s'effectuer sur le rôle du bodhisattva mais également sur le public auquel il va venir en aide : Jizô va ainsi devenir le bodhisattva en charge de l'âme des enfants morts prématurément. Avec cette modification de sa croyance, va apparaître un changement de sa représentativité : les représentations de Jizô vont avoir des traits de visages très enfantin et possède systématiquement un shakujô dans sa main droite et un nyoi hôshu dans sa main gauche. C'est d'ailleurs cette représentativité de Jizô qui va au cours du temps s'imposer comme la représentativité standard des représentations cultuelles de Jizô.
Ainsi comme Kuno Takeshi le souligne le long de son article, il semble évident que la représentativité de Jizô est évoluée au cours du temps et que le facteur de cette évolution soit le changement de la croyance en Jizô mais également des moeurs et des goûts esthétiques de l'élite qui finançait les fabrications des représentations.
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FRANCK Cornu (éd.), Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme, Paris, Seuil, 2006
FREDERIC Louis (éd.), Les dieux du bouddhisme : Guide iconographique, Paris, Flammarion, 2001
IMAIZUMI Yoshio 今泉淑夫 (éd.), Nihon bukkyô-shi jiten日本仏教史事典 ( Dictionnaire historique du bouddhisme au Japon ), Tôkyô, Furugawa Bunbunkan, 1999