Excerpt for Tome 1 : Les dessous des Abysses by Gengis Mey, available in its entirety at Smashwords

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Les Dessous des Abysses

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Tiens-vous ici !
_ Ah, Docteur. Bonjour.
_ Vous êtes bien matinal. On ne vous attendez pas avant cinq heures.
_ Aujourd'hui, je suis en congé. J'en profite donc pour passer plus tôt que d'habitude.
_ Ah, que de souvenirs ! Les urgences ! Il est vrai que les horaires ne sont pas géniaux, mais on apprend beaucoup de choses. Sinon pour vos examens de fin d'année vous vous en êtes sorti ?
_ Je pense que ça devrait aller. Je ne me fais pas trop de soucis de ce côté là. Après la cinquième année, passer des examens devient une routine.
_ Vous allez déjà rentrer en sixième année après les vacances… que le temps passe vite...
_ À qui le dites-vous .
_ Ah ! Je vois que vous lui apportez encore des fleurs. Vous la gâtez trop à mon goût.
_ Disons que c’est ma façon de lui montrer que je suis attaché à elle.
_ Vous avez bien du courage. Cela va faire bientôt six ans qu’elle est ici et que vous venez lui rendre visite tous les jours.
_ Vous savez docteur, elle est tout pour moi. Et je vous avouerai que si j’ai commencé mes études de médecine, c’est pour pouvoir un jour lui permettre de parler et marcher de nouveau. D’ailleurs, son état n’a pas évolué n’est-ce pas ?
_ Malheureusement, il est resté le même que lors de votre dernière visite... Mais qui sait peut être qu’un jour… Bon, il est temps pour moi de continuer ma ronde, je suis sûre que vous avez plein de choses à vous dire !
_ A bientôt docteur !
Le jeune homme continua alors son chemin. Ce dernier en plus d’être largement plus grand que la moyenne, possédait la carrure d’un véritable athlète sportif de haut niveau. Même s’il étudiait beaucoup, il prenait le temps de s’entretenir en allant régulièrement à la salle de sport de sa faculté de médecine. Mais alors qu’il venait de rentrer dans la chambre d’une jeune patiente, son regard se fixa sur un visiteur inattendu qui était assis près du lit de la jeune fille. Ce dernier portait un uniforme de militaire qui lui rappela de très mauvais souvenirs. Il n’en croyait pas ses yeux, et lâcha le bouquet de fleurs qui tomba au sol.
_ Et bien que t’arrive-t-il ? On dirait que tu viens de voir un revenant, dit le visiteur inattendu en souriant.
_ Comment… tu es mort avec tous les autres il y a plus six ans ! J’étais là lors de ton enterrement !
_ Très bel enterrement n’est-ce pas.

_ Qu'est-ce que tu nous veux ? Si tu es venu jusque ici, ce n'est pas pour lui faire une simple visite de courtoisie.

_ Je vois que tu t'es assagie avec le temps, une très bonne chose. Ça t'évitera de tuer de nouveau tes amis.

_ Il semble que je ne m'y sois pas bien pris, puisque tu es toujours en vie...



Chapitre 1 : Retour aux origines

Bienvenu à de la ville de Marina. Petite ville à cette époque qui n'avait rien de spécifique, il ne s’agissait alors que d’une petite ville de banlieue. Mais celle-ci était devenue tristement célèbre à cause de son lycée. On dénombre alors plus de cinquante agressions, bagarres et méfaits divers en une seule journée de cours. La délinquance y est devenue maître et les professeurs pour la plupart refusent de faire cours. Les forces de l’ordre ont depuis longtemps étrangement décidé de ne plus intervenir dans les affaires du lycée. Il semble que « survivre » soit le seul devoir des élèves à présent. La peur et le désespoir flottent sur les lieux. Mais même si la majeure partie des élèves a accepté à contrecœur cette situation, une autre partie elle refuse cette situation et tente vainement d’inverser le processus. Ce mouvement de résistance se compose de trois branches principales différentes qui regroupent à peine un quart des élèves du lycée. Mais ces trois mêmes branches ont des relations assez tendues entre elles, ce qui fait qu’elles ont un champ d’action très limité. De plus, en parallèle à ces mouvements il faut noter la présence de trois individus qui agissent seul et que très ponctuellement dans les affaires du lycée.

Un jour, alors que les cours étaient finis depuis longtemps, le proviseur du lycée qui restait spectateur de la dégradation de la situation de son établissement convoqua secrètement six de ses élèves en salle des professeurs. Et qui aurait cru qu’un jour, ces six adolescents totalement différents décidèrent de répondre présent à cette convocation. Sur les sept sièges aménagés autour d’une grande table de plus que dégradée, un seul était occupé par un jeune homme portant une paire de lunettes noires. Étaient présents également dans la salle cinq autres jeunes hommes qui s’étaient dispersés de part et d’autre. Le plus petit d’entre eux était adossé contre le mur de droite de la pièce, les yeux fermés. Le plus grand des jeunes hommes lui était debout en train de regarder par la fenêtre, alors qu’un autre qui avait un œil au beurre noir était allongé dans un fauteuil miteux. Un autre qui avait des cheveux longs assis sur la table était en train de regarder le dernier des jeunes hommes qui arborait un grand sourire s’amusant à coller des petits morceaux de chewing-gum au plafond de la salle.

_ Cette situation est plus qu’intéressante, dit l’adolescent assis. Fabrice était châtain clair, les yeux marron, des lunettes noires et rondes sur le nez. Le visage fin, une corpulence normale. Il faisait parti de ces trois individus qui agissaient ponctuellement, mais réfléchissait longuement avant d’intervenir à chaque fois.

_ Le seul intérêt de cette « situation » comme tu le dis si bien, c’est que je peux enfin mettre un visage sur certains noms qui m’étaient parvenu aux oreilles, dit à haute voix le grand gaillard aux yeux et cheveux marrons clairs qui regardait par la fenêtre. Clément était le leader du mouvement regroupant le plus d’élèves au lycée. Son mouvement qui portait le nom des « Chevaliers Blancs » était connu pour son sens de la justice assez aigu. Clément aimait plus que tout se surpasser continuellement, oubliant même parfois de faire attention aux risques qu’il pouvait courir. Son hobby pour la mécanique lui avait laissé quelques cicatrices sur les mains, mais toutes ces heures de travail lui avaient donné cette carrure assez impressionnante.

_ Comme si t’avais jamais vu ma tête, monsieur « Chevaliers Blancs », s’exclama le jeune homme allongé dans le fauteuil. Fred, diminutif de Frédéric, était le leader du mouvement le plus actif du lycée. À vrai dire, son mouvement des « Claqueurs de têtes » prônait d’être « toujours le premier a arrivé dans une bagarre et le dernier à en sortir ». Fred était un jeune homme fougueux, aux cheveux bruns mi-longs, portant des lunettes carrées de couleur noire dont la monture tenait encore en un morceau grâce à du sparadrap. Il avait une carrure classique de bagarreur de récréation.

_ Calme-toi va, il ne faut pas t’énerver pour si peu, dit le jeune homme assis sur la table. Julien, adolescent assez grand, aux cheveux longs châtain clair et aux yeux bleus était le leader du dernier mouvement des « Colombes blanches » qui prônait de choisir toujours la solution pacifique que l’action pure et dure. Il avait un physique de « rockeur » comme il aimait le dire. Julien était de nature douce, et avait un charisme époustouflant auprès des élèves.

_ Il a pas tort ton copain, sinon il ne t’en restera pas pour après, s’exclama la tête blonde aux yeux bleus qui n’avait plus de chewing-gum à mâcher. Comme à son habitude, Hugues souriait toujours après avoir lancé une petite phrase satyrique. Il était le plus fameux « électron libre » du lycée comme il le disait si bien. Malgré son petit plaisir de sortir à vint et vient des phrases satyriques, Hugues était un sportif accompli.

T’as qu’à faire comme « le renard » et faire semblant de dormir.

_ Ne soit pas aussi familier avec moi. Et ne m’appelle pas « le renard », dit le dernier jeune en ouvrant ses yeux. Dernier des trois « électrons libres » du lycée, personne ne connaissait son véritable prénom et encore moi son nom. Il se nommait : Fox. Ce jeune homme était plus jeune d’un an que les autres, et était plus petit de vingt centimètres que les autres en moyenne. Ce petit bonhomme brun aux yeux marrons foncés à tendance noire, avait dit on une résistance exceptionnelle et avait battu seul l’une des bandes les plus dangereuses du lycée. Sans que personne ne sache les motifs de son action.

_ Et bien messieurs, arrêtez donc de vous chamailler. Ce n’est pas ainsi qu’il faut s’adresser à un de ses futurs collègues. Un homme en costume venait de rentrer dans la salle, une sacoche à la main.

Inutile de vous présenter ni de me présenter, chacun d’entre vous sait qui nous sommes, passons si vous le voulez bien au sujet principal de cette réunion : le rétablissement de la paix au sein du lycée de Marina.

_ Oula ! Chacun ses fantasmes Monsieur. Pour certains c’est de voler comme un oiseau ou encore de piloter un robot géant construit sur Mars … et pour d’autres encore c’est de rétablir la paix au sein du lycée de Marina …

_ C’est vraiment pas drôle ce que tu dis, mais on a dû déjà te le dire plus d’une fois.

_ Tsss ! C’est pas de ma faute si t’as pas d’humour mon petit Goliath.

_ Je ne vais pas me rabaisser à ton niveau d’humour de « fils à papa ».

_ Mais moi, moi, j’en ai un à « PAPA », répliqua tout en arborant un grand sourire.

_ Je vais te … Clément fou de rage venait d’attraper d’un geste Hugues par le col de son sweat et le plaqua contre le mur dans un bruit sourd, continuant de le maintenir par le col, et resserrant de plus en plus son étreinte.

Fred et Julien sur un bon de sursaut s’étaient précipités sur Clément tentant de le faire lâcher prise. Hugues lui gardait un grand calme malgré sa situation et continuait de sourire comme pour marquer qu’il avait gagné.

_ En vue des différentes données que j’ai pu rassemblé, si notre ami ne lâche toujours pas prise dans les cinquante secondes avenirs, notre autre ami risque d’avoir un petit problème de manque d'oxygène qui pourrait causer la paralysie de ses membres inférieurs, si ce n’est une mort par asphyxie, dit Fabrice en tournant ça tête doucement vers le sixième individu qui n’avait pas bougé d'un poil.

_ Tsss.

_ Plus que dix secondes… sept…cinq…

Fox lâcha dans une langue étrangère une courte phrase avant de s’abaisser pour prendre dans son sac à dos une petite bouteille en verre bleue qu’il lança immédiatement en direction de Hugues qui l’attrapa, l’utilisant de suite pour frapper Clément à la tête. Le choc lui fit lâcher prise et Hugues tomba lourdement par terre alors que la petite bouteille éclata en morceau sous le choc de sa chute. Fred se précipita sur Clément qui se tenait le haut de la tête, alors que Fabrice aidait Hugues à se relever. Le principal lui avait depuis longtemps prit place regardait la scène tout en sortant plusieurs dossiers de sa sacoche. Fox s’approcha des restes de la bouteille et ramassa une petite bille en verre bleue qui devait se trouver sans nul doute dans la bouteille.

_ Quel gâchis, dit-il en essuyant une sorte de petite la bille sur son pantalon avant de la ranger dans sa poche.

_ Et bien il semble bien que notre ami ne se soit pas encore remis de sa vilaine blessure à la tête qu’il s’est faite le mois dernier.

_ En plus, je ne vais pas pouvoir en boire avant demain soir. Et à dire qu’il est neuf heures huit dans trente secondes, ils n’auraient pas pu se battre trente à quarante secondes plus tard ces deux-là.

_ Bon maintenant que tout semble être rentré dans l’ordre, si vous m’écoutiez avant de vous entre-tuer. Je suis tout à fais sérieux lorsque je parle de rétablir la paix au lycée, mais pour cela j’ai besoin de la coopération de tous sans exception.

_ Vous voulez sons doute parler d’une coopération mutuelle entre les différents individus présents dans la salle et les différents mouvements représentés ici ?

_ Non je vous parle d’une action simultanée qui mettra un terme à cette situation, une opération qui ne peut que marcher si tout le monde se tient à son rôle le moment venu, répondit le principal en distribuant des dossiers aux jeunes hommes qui semblaient avoir de plus en plus d’intérêt pour ce projet.

_ « OPERATION S.A.C. »

_ Encore un autre fan de film d’action américain, dit Hugues assit à présent sur sa chaise comme le reste des adolescents, excepté son camarade toujours debout contre le mur près de la porte.

_ Qu’attendez-vous de nous précisément ?

_ Signez ici et c’est tout, dit le principal en sortant de sa sacoche un dossier assez épais

puis une feuille et un stylo. Ne vous posez pas trop de questions inutiles, nous sommes d’accord ici pour dire que la situation du lycée est critique, signez ici et ce rêve que nous avons tous se réalisera, continua-t- il en tendant le stylo aux jeunes adolescents.

_ C’est quoi l’arnaque, dit Fox en mettant à la poubelle le dossier qu’il avait reçu auparavant. C’est bizarre, mais j’ai déjà vu cette marque avant, se dit-il à lui-même en voyant un petit sigle imprimé en haut de chaque feuille.

_ C’est vrai ! « S.A.C. » Ça veut dire quoi ce truc déjà !

_ Un détail sans importance.

_ Le contenu de ce dossier est plus que flou et incomplet, fit remarquer Fabrice qui avait déjà lu plus de la moitié du dossier.

_ Et bien je me suis lourdement trompé sur vous. Vous vous faites passer pour des héros, mais vous n’êtes qu’une bande de lâches qui ont peur de se mouiller eux-mêmes !

_ C’est très bien joué de ça part. Si un seul d’entre eux mord à l'hameçon c’est tout le groupe qui risque de suivre. Stratégiquement il vaut mieux que je reste du côté des plus nombreux pour ne pas trop éveiller des soupçons sur moi. Par contre, je suis sure que lui restera fermement campé sur ses positions, pensa le jeune adolescent en faisant semblant de continuer de lire le reste du dossier.

_ Ne me mettez pas dans le même lot que ceux-là ! s’exclama Clément en se levant de sa chaise. Il prit le style de la main du principal et signa. L’année prochaine nous passons tous à l'université, que va devenir le lycée ! C’est maintenant ou jamais ! Surtout quand nous en offre la possibilité ! ! J’aurais honte de moi si je refusais cette offre, mais surtout j’aurais honte de n’avoir pas tenté le tout pour le tout pour sauver ce lycée. Ce serait trahir la confiance qu’on a mise en moi.

_ Idiot, tu n’as même pas pris le temps de lire la feuille, murmura Fox en faisant un petit geste de la tête désapprouvant cela.

_ Et encore moins les petites lignes … murmura à son tour Fabrice regardant du coin de l’œil son camarade toujours dans la même posture.

_ Et bien tu es peut être une brute, mais tu as un gros cœur, dit Julien en se levant à son tour et en signant la feuille. J’espère juste que tu ne te sois pas trompé.

_ Ça m’plait ça, s’exclama Fred en souriant et se lavant pour signer la feuille. Bon ! Alors, vous attendez quoi ! Il est déjà huit heures trente … et j’ai super faim !

_ Trois à trois … et bien il semble que cette situation était prévisible, les personnes fonctionnant uniquement dans un groupe face à celles qui fonctionnent seule. Malheureusement, la partie est jouée d’avance, le dernier geste de Clément va lui coûter la victoire. À moins que …

_ Je suis désolé de mettre emporté ainsi tout à l’heure. J’imagine bien que tu ne me tiens pas très à cœur à présent, mais je te demande de signer cette feuille pas pour moi, mais pour tous ceux qui à chaque fois rentrent de cours sont en pleure, pour tous ceux qui rentreront en pleurent chez eux l’année prochaine et les années suivantes.

Clément toujours debout se rapprocha de Hugues et lui tendit la main droite. Hugues assis, le regardait droit dans les yeux.

_ Échec et mat. Je ne me ferais pas surprendre une deuxième fois tiens le toi pour dit, se dit Fabrice à lui-même avant de se lever et de signer la feuille.

Hugues rejeta avec la paume de sa main celle de Clément tout en se relevant et alla lui aussi signer.

_ Qu’il en soit ainsi, mais sache que tu es encore loin de mériter ma confiance.

_ Et bien, il ne reste que vous, monsieur Fox, dit le principal en tendant le stylo vers le jeune homme avec insistance.

_ Hors de question.

_ Vous ne semblez pas comprendre, mais vous n’avez plus le choix à présent. Signez et cela évitera vos camarades un sort regrettable ... vous connaissez bien cela …

Fox se redressa brusquement et sauta d’un bond sur la table, se précipitant en direction du principal. Clément en un instant l’attrapa par le bras droit, et le fit tomber par terre, le maintenait au sol, écrasant l’adolescent de tout son poids l’empêchant ainsi de bouger.

_ C’est bon lâche moi, sinon j’vais me fâcher.

_ Pas avant que tu es retrouvé ton calme.

_ T’es très mal placé, pour me faire la morale tu sais. C’est bon j’suis calme à présent ! Clément lâcha sa prise, et tendit sa main droite à Fox. Celui-ci la repoussa et se releva. Il prit le stylo, et signa la feuille d’une croix.

Ne parlez plus jamais de ça ! dit-il en pointant son index en direction du principal. Et toi, la prochaine fois la situation ne sera pas la même. Fox prit son sac à dos par terre, ouvrit la porte et quitta la pièce en silence.

_ Une dernière chose messieurs, n’oubliez jamais ces lettres : DC-14. Des questions ? Je prends ce silence pour un non ; alors, voici une clef qui ouvre la salle 211, tout le monde doit être à l’intérieur dans la demi-heure qui suit et ne quitter la salle sous aucun prétexte. Il semble bien que la journée et d’après demain soit très longue pour nous tous. Reposez-vous bien, mais aussi entraînez-vous bien.

Le principal reprit chacun des dossiers qu'il avait donnés sans oublier celui que Fox avait jeté puis les remit dans sa sacoche avant de la refermer et de partir.

_ Il voulait sans entendre quoi en disant « entrainez-vous bien ».

_ Je ne sais rien, mais on va bien le savoir, dit Julien en prenant la clef de la salle 211

_ Allons-y ! s’exclama Clément en prenant la clef des mains de son camarade.

_ Vous n’oubliez pas quelque chose … ou plutôt quelqu’un …

_ C’est bon, je m’occupe du « le renard » pendant que vous faîtes des folies de vos corps en salle 211, dit Hugues toujours souriant avant de courir pour rattraper l’adolescent manquant.

La demi-heure s’écoula, et les six adolescents étaient comme convenu tous présents dans la salle dite. La salle était contrairement à toutes les autres salles spacieuse, propre avant du mobilier neuf. Il semblait que même la peinture avait été refaite récemment. Chacun des adolescents étaient assis sur un sofa différence, sofa sur lequel il y avait un gros oreillé ainsi qu’une couette. Tous savez où ils allaient passer la nuit. Il y avait même une petite salle de bain, des toilettes et une grande table servant sans doute pour leur futur repas. La porte de la salle s’ouvrit, une dizaine d’hommes ressemblants à des soldats rentrèrent dans la salle. Certains portants à bout de bras des cartons, alors que d'autres portaient des boissons et des boîtes sentant la pizza toute chaude. Ils posèrent le tout sur la table.

L’un de ces hommes ouvrit l’un des cartons énumérant le contenu qu’il étalait sur la table: uniforme, boots, ordinateur de poche, pistolet et munitions. Sans rien rajouter de plus, il sortit le pistolet de son étui, et expliqua simplement le mode de fonctionnement de l’arme. Précisant qu’il s'agissait de munitions éléctrifiantes, très efficace, mais sans aucun danger pour la cible. Il fit de même pour l’ordinateur de poche, l’accrochant à son avant-bras gauche et faisant une démonstration des différentes fonctions élémentaires de l’appareil. Puis tous sortirent de la salle, le dernier des hommes annonçant qu’il devrait être tous prêt demain à midi précis avant de refermer à clef la porte derrière lui.

_ J’ai déjà vu ce type d’arme auparavant, mais je n’arrive pas à m’en souvenir où ou quand …

_ Dans des films de guerre ou d’action par exemple

_ Je ne pense pas qu’il faisait référence à ce genre de « souvenirs »

_ Vous vous attachez à des détails, la seule chose qu’il faut comprendre c’est que nous avons maintenant de quoi nous battre à pied d’égalité contre les différentes bandes du lycée.

_ Faîtes mumuse avec vos jouets si vous voulez, mais moi je commence manger sans vous.

_ Il a raison, mangeons pendant que c’est encore chaud.

Le repas ne fut pas des plus calme, loin de là. Hugues décida de nommer le petit ordinateur « génialisime », car il était « génialisime » pour lui. Il testa une par une les fonctions du génialisime tout en ayant un bout de pizza dans la bouche. Fred lui était en train de manger de bon cœur au désarroi de Clément qui lui reprocha son manque d’éducation, ce qui finit inéluctablement par une dispute entre les deux. Julien tentait de calmer les deux camps, alors que Fox silencieux regardait le sigle S.A.C. brodé sur l’épaule droite de son uniforme. Et quant à Fabrice il était en train de démonter pièce par pièce l’une des balles, en faisant une analyse complète.



Chapitre 2 : Le S.A.C.


_ Ces mecs étaient plus que louches, non ?

_ Oué, mais j’ai ma petite idée sur qui ils sont vraiment. Mais n’en parle pas aux autres, que ça reste entre nous.

_ Je ne me suis pas trompé sur ton compte Fred, t’es toujours un bon gars, comme en primaire.

_ Tu peux parler, mais t’as pas changé d’un poil, enfin si t’as des cheveux longs à présent, mais bon.

_ C’est vraiment trop fort ce truc, je peux voir à travers le magnifique uniforme bleu que porte notre ami le renard. Et ben on peut dire que tes un vrai casse-cou en faite … j’aurais jamais cru qu’un homme pouvait autant avoir de cicatrice que ça.

_ Je pense que tu devrais arrêter de t'amuser avec cette chose sur ton bras si tu ne veux pas avoir de problème.

_ T’inquiètes pas Julien ! Il n’a même pas remarqué que je m’adressais à lui.

_ Hé ! Ça va ? Hou ! Hou j’te parle !

_ Ne me touche pas veux tu.

_ Hé ben faut sortir des nuages !

_ Tsss

_ Vous êtes vraiment inutile, je sais même pas pourquoi on m’a mis dans le même panier que vous.

_ Tu es vraiment quelqu’un de fort déplaisant qui tire des conclusions trop hâtivement. Un jour cela te causera de gros problèmes vu que tu emploies toujours la solution « la plus brutale ».

_ Il n’a pas tort du tout Clément. Personnellement je trouve que tu es une personne très gentille, mais tu te laisses emporter trop facilement par la colère.

_ Qu' est ce que vous me chantez là !

_ Calme-toi veux tu. Je suis quelqu’un de très patient, mais j’ai horreur qu’on me pointe du doigt comme tu le fais à présent.

_ Et moi j’ai horreur qu’on me prenne de haut !

_ Ben ça doit pas être tout les jours ! Vu ta taille !

_ Et toi arrête des blagues miteuses !

_ Moi je les aime bien ses blagues.

_ On t’as pas sonné toi !

_ Vous devriez tous vous calmer, je pense …

_ J’ai pas d’ordre de recevoir d’un stupide pacifiste !

_ Vous commencez à être bruyant là.

_ T’occupes !

_ Je ne te parlais pas à toi précisément.

_ Qui êtes-vous pour me juger ! Vous ne me connaissez même pas !

_ Clément Duroy, « «Squal » pour les intimes. Quatre sœurs qui ont entre trois et douze ans, aîné de la famille, vit dans une petite maison à Marina. Passa son enfance dans le garage de son père ( décédé en mars de cette année), d’où son surnom de Squal dût aux taches d’huile qu’il avait toujours sur le visage. Tu veux plus de précisions ou cela te convient ?

Tous les adolescents dans la pièce ne disaient plus un mot à présent.

_ Pas mal du tout Majax ! s’exclama Hugues en entendant cela. À mon tour ! À mon tour !

_ … Hugues de Balois, fils du comte de Balois, patrimoine estimé à plus de quatre-vingts milliards d’euros. Passe son temps sur des ordinateurs ou à s’entraîner dans son petit gymnase privé qui se situe dans le parc du château de son père, à dix kilomètres d’ici. Une petite sœur de huit ans, vingt-huit domestiques, trente-cinq voitures, et près de quarante chiens de chasse.

Tous les autres n’en revenaient pas que Fabrice sache autant de choses précises sur les vies de Clément et de Hugues. Ce petit « tour de magie » avait fait son effet et tous les regards étaient été braqué sur Fabrice à présent.

_ C’est pas faux, d’ailleurs cette présentation de moi me plaît bien, et elle est plutôt flatteuse. Allez au suivant ! Au suivant ! Au suivant !

_ Julien Deprès, guitariste à ses temps perdus, il entraîne les sixièmes à se défendre les

mercredis après midi. Cadet d’une famille de quatre personnes, son grand frère travaille à la capitale comme cheminot. Sinon il possède deux chiens.

_ Rien de bien passionnant selon moi, ma vie est dès plus simple.

_Frédéric Heurterwering, fils d’immigrants tchèques, il ne dispose d’aucune particularité physique ou intellectuelle qui sorte du lot. Fils unique, vivant dans un appartement avec ses parents, cadres moyens dans une boîte de télécommunication. Passe son temps à se battre pour un rien.

_ C’est bon là !

_ Mort de rire ! Heurter !

_ Si tu me cherches, tu vas me trouver !

_ C’est bon, je blague … Heurter !!!!

_ Bon et le dernier Fox de son vrai nom Yoshimitsu Gen. Né au Japon, venu en France pour étudier, fils d’une famille aristocrate qui dit-on, ne serait d’autre que la famille Minamoto l’une des plus puissantes familles des régions du centre du Japon. Vit seul dans un appartement assez luxueux, passe son temps à s'entrainer et boire de cette boisson directement importée de son pays d'origine. On ne le nomme jamais par son vrai prénom, mais par ce surnom Fox : le renard. Sa petite sœur de cinq ans vient lui rendre visite en France tous les mois à heures fixes.

_ Je savais bien qu’il n’était pas net dans sa tête lui.

_ Arrête, il va finir par t’en vouloir si tu continu ainsi Clément.

_ T’inquiètes pas va. Je suis sûre qu’il est aussi doux que Juliette en vrai.

_ Je ne parierai pas là dessus à ta place Hugues

_ Oula ! Tu nous as arnaqués là ! Et c'est ton tour Fabrice !

_ ... Fabrice Vallois, décelé à trois ans comme « génie ». Vis avec sa famille et ses deux sœurs âgées de dix-sept ans, un âge assez ingrat d’ailleurs, et de douze ans, ce qui est tout aussi pire. Pour le reste, vous chercherez vous-même …

_ Et bien tu m’impressionnes, s’exclama Clément qui se tenait debout accoudé près du

tableau, les bras croisés à présent très calme.

_ Alors si on passait aux choses sérieuses, dit le principal en faisant son entrée dans la pièce. Les élèves du lycée ont été avertis qu’il n’y aurait pas cours aujourd’hui. Sont présents uniquement les différentes bandes qui sèment le désordre ici. Le plan est simple, neutraliser tous les individus puis attendre l'arrivée de police qui veut bien intervenir si on leur offre sur un plateau doré tous les semeurs de troubles et leur leader. Vous n’utiliserez que ces pistolets et suivrez les différents ordres que je vous donnerai par l’intermédiaire de ces mini-ordinateurs.

_ On peut dire que vous aimez vous faire attendre monsieur.

_ Fabrice peux tu leur expliquer rapidement et simplement le fonctionnement de ces balles électrifiantes ?

_ Classique, la balle se décompose en trois parties. La première partie, une balle normale qui sous le choc du chien va faire exploser de la poudre et envoyer la deuxième partie, une douille un plastique mou qui contient la troisième partie, une sorte d’interrupteur qui va lâcher une forte décharger au contact d’un objet dur. Cela entraîne la paralysie du corps pendant quarante minutes environ et le sujet ne se réveille qu’une heure plus tard. Très douloureux, mais inoffensif.

_ Se prendre trois cents volts n’est qu’une broutille pour le corps humain, ça va de soit !

_ Clément arrête d’être de mauvaise fois veux tu ! Puisque tu le dis c'est que ça doit être vrai ... à prêt tout c'est un génie !

_ Personnellement, je n’utiliserais jamais quelque chose qui peut prendre la vie de n’importe quel être vivant que ce soit ! Donc, je suis pas sûre que ...

Fox écoutant la conversation, prit son pistolet, mis le canon à cinq centimètres de sa main gauche et tira. Son corps tremblant légèrement, mais après dix secondes, il était toujours debout, haletant.

_ … assez … douloureux … mais inoffensif … comme tu peux … le voir

_ La vache, il a pas peur ce type !

_ Heurter, au lieu de t'exclamer bêtement, va plutôt lui chercher un verre d’eau.

_ C’est Fred mon prénom par Heurter !

_ C’est ça Heurter, on prend note.

_ Pff

Fox était à présent assis, un verre d’eau à la main. Ses cinq camarades assez surpris,

avaient décidé de le laisser se reposer pendant qu’ils commenceraient sans lui le plan du principal ; enfin « le nettoyage de printemps » en reprenant les termes de Hugues. Fabrice lui s’était étonné de voir Fox encore debout après un tel choc, puisque la logique aurait voulu qu’il s’évanouisse pendant une heure au minimum. Ce garçon était vraiment étrange à son goût, mais il semblait avoir plus d’infinité avec lui qu’avec les autres. Même s’ils ne s’étaient parlé que quelques minutes en tout.

Le plan était simple Hugues escorté de Clément devait allé en salle d’informatique au premier étage pour se brancher au terminal central et effacer toutes les données «inappropriées» du système interne. Fred et Julien devaient s’occuper de l’aile droite du lycée alors Fabrice et Fox s’occuperaient des différentes salles de cours de l’aile gauche, quand Fox serait de nouveau en état de se battre. Une fois le lycée sécurisé la police arriverait dans les dix minutes suivantes. Le peu d’élèves présent ne comprit pas ce que faisaient ces ahuris armés au lycée, ne faisant pas attention à eux, jusqu’à ce que Fred se mette à tirer sur eux. Cela déclencha une bagarre gigantesque dans la cour centrale du lycée. Julien empoigna Fred et le tira pour le sortir de la mêlée. La seule phrase que répondit Fred quand Julien lui reprocha qu’il était une personne irresponsable et dangereuse « J’adore ça ! Pourquoi il n’existe pas de jeu télévisé comme celui-ci ! ». Ils durent vite battre en retraite en empruntant les couloirs du lycée tout en « neutralisant » le plus d’individus possible. Quant à Hugues et Clément, ils n’auraient jamais cru que la salle d’informatique pouvait accueillir autant de personnes détentrice de batte de Base Ball. Après avoir lancé un fumigène dans la salle, ils refermèrent brusquement la porte. Clément tenant la poignée de toutes ses forces, évitant à « l’équipe de

Base Ball » de sortir. Pendant ce temps, Hugues avait eu le temps de redescendre, de sortir du bâtiment et de tirer sur toutes les personnes qui tentaient de sortir par l’une des fenêtres de la salle.

_ Allô, tu me reçois !

_ Oui, cinq sur cinq. C’est trop génialisime ce truc, ça fait vraiment tout, radio, scanner, radar …

_ Au lieu de parler, tu pourrais pas plutôt me dire s’il y a encore des gens à l’intérieur, je

commence à en avoir marre là ! Ça doit bien faire dix minutes que je tiens la porte de

toutes mes forces ! Et j’ai une crampe à la jambe droite !

_ Bon alors si je ne me trompe pas … selon génialisime, il n’y a plus personne de débout. C’est

vraiment trop génialisime ce truc !

_ C’est bon calmes-toi. Viens me rejoindre. Je suis déjà dans la salle, y’a plus de fumée, mais une de c’est odeur de vomie …

Pendant ce temps-là, Fox était toujours en salle 211, même si selon lui il allait bien,

Fabrice lui interdisait de sortir. Vingt minutes s’étaient déjà écoulées, et leurs radios se mirent à hurler.

_ Venez nous aider ! On est coincé dans le couloir entre la salle 123 et la salle125 ! Et c’est urgent ! La voix de Julien gardait un sang froid hors-norme, alors que la situation dans laquelle il se trouvait été plus que critique. Il était encerclé, et Fred n’avait plus de

munitions. Lui n’en avait presque plus. Contrairement à la volonté de son ami de

foncer dans le tas, il avait préféré demander de l’aide.

_ Ici Hugues et Clément, ont fini de formater le disque dur central. On arrive.

_ Ici Fabrice, j’arrive par le couloir en direction de la salle 123, Fox lui se dirige par le couloir de la salle 125. On va les prendre en sandwich.

_ Ici le principal ! Suivez le plan ! C’est un ordre !


Chapitre 3 : La paix au lycée Marina


Fabrice et Fox avaient pris avec eux autant de munitions que possible. Mais

malheureusement contrairement à son camarade qui semblait être étrangement très à l'aise dans le maniement des armes, Fabrice ne savait que très peu s'en servir. Et par mégarde, il dégoupilla une grenade fumigène qui se trouvait à la ceinture de Fox. Son camarade n'eut d'autre idée que de dégoupiller les deux autres grenades du même type qu'il avait et de les lancer dans un groupe de collégiens furieux, tous armés d'armes blanches.

_ Fonce ! hurla Fabrice dans un nuage de fumée.

Clément et Hugues en tentant de rejoindre Fox et Fabrice se retrouvèrent face à une bagarre géante entre deux bandes du lycée, semblait-il.

_ J'aurais jamais cru qu'il était plus facile ici de se procurer une arme plutôt qu'un livre de

mathématique. Faudra m'expliquer comment des mineurs peuvent se procurer des armes aussi facilement.

_ Moi non plus, mais bon faut faire avec.

Retranchaient derrière un mur, ils ne pouvaient ni attaquer, ni fuir. Une situation assez stressante selon Hugues.

_ Ici Fox, on vient de finir de résoudre le problème devant la salle 125.

_ Bien reçut, Julien et Fred se dirigent vers la salle 211 pour reprendre des munitions.

_ Qu?est ce que vous êtes en train de faire !

_ On improvise, monsieur !

_ Et maintenant qu'est ce que vous allez faire !

_ Simple, il nous suffit donc d'en mettre un autre en place en tenant en compte de la situation actuelle. De plus, nous avons déjà un avantage sérieux sur eux : nous pouvons combiner plusieurs actions pour un même objectif commun. Sans compter qu'ils sont tous en train de se rassembler dans la cour.

_ On t'écoute.

_ Oula le renard ! Perso là je peux rien faire ! Idem pour le petit Clément !

_ Il a raison ! Sans compter qu'ici ce n'est plus une simple bagarre d'adolescent prépubère !

_ Moins ils seront nombreux mieux ce sera. Julien et Fred finissez de sécuriser les

différentes ailes pendant que je vais avec Fox prêter main-forte à Hugues et Clément.

Le principal ne disait plus rien à présent, écoutant les communications radio tout en

regardant la scène d'une fenêtre.

_ Les couloirs de l'aile gauche sont sécurisés ! On s'occupe de ceux de l'aile droite à présent !

_ Fox il est temps pour toi d'entrer en scène. Pendant que je passe par le couloir derrière

Hugues et Clément pour les rejoindre, toi passe par celui qui est se trouve à droite. Après tu attends Julien et Fred.

_ Bien reçu, répondit-il en se frottant les yeux.

Alors que Fox était en train de se diriger vers le point de rendez-vous fixé par Fabrice, il se retrouva nez à nez avec un jeune homme d'une des nombreuses bandes du lycée. Ce dernier sortit alors un petit pistolet qu'il s'empressa d'utiliser. Sachant pertinemment qu'il n'aurait pas le temps de répliquer, Fox se précipita dans la salle de classe la plus proche, sortit son arme et tira sur l'une des fenêtres. Il bondit à l'extérieur et se retrouva en plein milieu de la cour du lycée. Celui-ci entendit clairement le sifflement des balles qui lui passaient juste au-dessus de la tête alors qu'il était en train de se relever pour se mettre à l'abri derrière une grosse benne à ordure en métal. Il s'aperçut rapidement qu'une des balles l'avait touchée en haut de la cuisse droite. Du sang lui coulait tout le long de la jambe. Il déchira alors un bout de sa manche gauche avec les dents et se fit un pansement. Il attendit d'entendre le bruit du huitième coup de feu avant de sortir de sa cachette et de faire feu sur le jeune homme armé. Les différents membres des bandes qui se regroupaient dans la cour virent Fox et se précipitèrent sur lui. C'est alors que Hugues, Fabrice et Clément sortirent brusquement d'un angle mort et neutralisèrent tous les individus présents dans la cour. Le lycée venait d'être totalement sécurisé.

_ On peut dire que tu en as dans le pantalon toi.

Hugues souriait une fois de plus, mais ne relâchait pas pour autant son attention, il était suivi de près par Clément qui, lui, ne semblait pas être très convaincu par la performance de son camarade. Fabrice lui était en train de marcher calmement tout en se tenant informé de la situation de Julien et Fred.

_ Ça va ? Demanda Hugues aidant Fox à se déplacer.

_ Disons que j'ai connu pire.

_ Ici Fred ! Tout est clean ici !

_ Ici aussi ... mais l'autre a voulu jouer le héros et est blessé à la cuisse.

_ Et bien, monsieur le principal, il semble que notre objectif soit atteint.

_ Félicitation à tous. J'appelle le commissariat dès maintenant.

_ Je vous en serai grès, Monsieur ...

_ On peut dire que tu as un joli coup de fusil le renard !

_ Je suis pas le seul ici à savoir bien tirer on dirait.

_ Ben disons que le fait de chasser avec mon père tout les week-ends ... et que je joue beaucoup aux jeux vidéos

_ Bon j'ai encore un truc à faire ... j'vais y aller tout seul, dit Fox en commençant à s'éloigner

_ Ben où tu veux aller dans cet état !

Fox se retourna et montra du doigt un panneau qui indiqué les toilettes les plus

proches.

_ T'es vraiment pas malin toi.

Dix bonnes minutes s'écoulèrent et le lycée fut envahi par une horde de policiers qui s'empressèrent d'arrêter les différents adolescents évanouis par terre. Julien et Fred venaient de rejoindre le reste du groupe, alors que le principal était en train de discuter avec le chef de la police. Celui-ci se dirigea vers les adolescents qui étaient à présent assis sur un banc.

_ Où est votre ami : Fox ?

_ Aux toilettes.

_ Je ne serais pas si affirmatif à votre place.

L'adolescent était sorti des toilettes depuis longtemps et se trouvait à présent dans un bus à moitié vide. Il avait aperçu une silhouette au loin s'enfuir et s'était empressé de la

suivre jusque dans ce bus. Le bus était à peine à cinq cents mètres du lycée quand le jeune homme interpella l'individu un gros sac.

_ Mets tes mains bien en évidence sinon je tire, dit Fox en dégainant son pistolet.

Mais l'individu ne l'entendit pas de la même manière, et le désarma en jetant son sac sur le bras de l'adolescent. Fox voulut frapper son adversaire, mais celui-ci lui attrapa le bras et le projeta contre la vitre arrière du véhicule. Fox traversa la vitre et se retrouva dos au sol, des morceaux de verre pleins le dos. Le chauffeur du bus stoppa net son véhicule. Faisant tomber l'individu à l'intérieur.

C'est pas mon jour, s'exclama-t-il.

Même s'il pouvait mieux voir à présent, les effets du fumigène n'étaient toujours pas

dissipés et il avait toujours un peu de mal à voir les objets en mouvant, comme par exemple un sac qui foncerait sur lui pour le désarmer. La chute venait aussi de réveiller la douleur à sa jambe, du sang coulant de nouveau de sa blessure.

_ Excusez-moi, vous allez bien ... vous avez besoin d'aide ? demanda une voix.

_ Non, mais merci quand même, répondit Fox tout en se relevant difficilement.

Il secoua son uniforme pour faire tomber les morceaux de verre. Et qu'elle fut sa

surprise en voyant à qui il parlait.

Vous n'êtes pas d'ici ... Je peux vous aider ?

_ Oui en effet. Je viens d'emménager ici et je souhaiterais aller au lycée Marina pour m'inscrire.

Devant lui se tenait une jeune fille aux cheveux châtains, attachés en queue de

cheval. Les yeux marron, faisant la même taille que lui, voir un peu plus selon ses calculs. Avec un visage chaleureux lui rappelant celui d'une personne qui lui était chère, qu'il venait soudainement de se rappeler. Pendant ce temps, ses cinq camarades étaient en train d'accourir en direction du bus. Quant au chauffeur du bus, il était descendu se mettre à l'abri ainsi que le peu de passagers. Il ne restait plus que le suspect qui avait du mal à se relever, sa cheville gauche s'étant cassée durant sa chute.

_ Si vous voulez, je peux vous y conduire.

_ Merci. Très volontiers.

_ Laissez-moi juste deux petites minutes pour régler un tout petit problème.

Fox ouvrit la porte arrière du bus et rentra dans le véhicule. Il ressortit presque aussi tôt par le pare-brise de devant qui éclata en morceaux. Il se releva difficilement, sous le regard de la jeune fille qui ne savait que faire dans ce genre de situation.

_ J'en ai marre ! Toi le gros lard descend ! s'écria Fox tout en se relevant douloureusement de nouveau.

_ C'est moi que tu traites de gros lard !

_ À ton avis !

_ Tu vas me le payer !

L'homme, qui malgré sa blessure se mouvait parfaitement, sauta immédiatement hors du bus par le pare-brise, mais alors qu'il était en l'air, Fox sortit de son dos son pistolet et tira sur l'homme qui finit son saut à plat ventre sur le bitume. L'adolescent s'approcha de lui, et tira encore plusieurs fois de suite. L'adolescent juste avant de « sortir » une deuxième fois du bus avait réussi à ramasser son arme sans se faire voir.

_ Cette fois, c'est bien fini ...

Fox rangea son arme tout en lâchant un gros soupir. Il se dirigea alors vers l'arrière du véhicule. Mais la jeune fille n'était plus là. Par contre, le reste du groupe était là, excepté ... Clément.

_ Et bien, toi quand tu fais les choses, tu les fais pas à moitié.

_ Maintenant le lycée va redevenir enfin plus calme c'est l'essentiel non ?

_ Ça aura pris le temps quand même.

_ Le résultat est la seule chose d'importante.

_ Il passait où Clément ? Sans compter qu'il y avait une jeune fille ici aussi ?

_ Tu parles du canon ! Clément est parti avec elle.

_ Elle voulait aller au lycée et puisque tu te faisais attendre, il a sauté sur l'occasion.

_ Vu le canon que c'est ! Si j'étais arrivé avant lui, j'aurais sauté sur l'occasion

_ Je ne pense pas que le terme canon soit bien approprié dans ce contexte Heurter.

_ Arrêtez de m'appeler Heurter blondinet !

_ Calmez-vous. J'ai eu ma dose pour aujourd'hui.

_ Disons qu'il a sauté sur l'occasion de faire une nouvelle rencontre, rencontre assez séduisante je vous l'accorde. Mais bon, ainsi est fait l'homme.

_ Tu n'es pas jaloux quand même ?

_ Pour une fois qu'il me rend service celui-là. Je vais pouvoir aller directement me faire

soigner cette blessure.

_ Le carrosse de monsieur est arrivé, dit Hugues en voyant une ambulance et trois voitures de police s'arrêter à côté d'eux.

Le lendemain, le lycée était déjà en rénovation, et le principal avait organisé une

nouvelle cérémonie d'entrée pour à la fois annoncer la réouverture prochaine de son

établissement, mais aussi pour remercier les six adolescents.

_ Et pour finir, je vais laisser la place à nos jeunes héros.

Devant tous les élèves du lycée, assis sur des chaises placées sur une estrade, ils étaient tous les six assis, attendant la fin du discours plus que long du principal.

Fabrice se retrouva assez vite désigné de force par ses amis pour faire à son tour un petit discours. Ne pouvant faire demi-tour, il s'avança vers le micro.

_ Et bien merci beaucoup monsieur le principal de l'honneur que vous nous faites. Désigné assez vite et de force par mes valeureux et courageux camarades ici présent.

Un petit rire commun éclata dans l'assemblée en entendant la tirade.

Je suis très fière de les compter parmi mes amis. Sans eux, tout cela n'aurait jamais été

possible, et sans eux nous ne serons pas tous ici réunis pour célébrer ce nouveau trimestre. Alors, je voulais juste leur dire : merci.

Un applaudissement général éclata, avec quelques sifflements de joie pour les

remercier de ce cadeau précieux qu'ils venaient de leur faire. Laissant de nouveau la place au principal, les six adolescents partirent en direction du buffet qui s'offrait à eux, pendant que le chef de l'établissement invitait les autres élèves à venir eux aussi à se rafraîchir. Tout le monde s'était précipité sur le buffet, telle une énorme vague.

_ Alors Hugues ! Heureux ! Tu l'as ton bain de foule !

_ Parle pour toi Heurter ! Je suis coincé au niveau de la volaille alors que toi tu es juste au niveau des boissons !

Hugues après de nombreux efforts réussit enfin à se faufiler et à rejoindre son ami.

_ Hé ! Vous avez vu Clément ? demanda Fox à l'autre bout de la table.

_ Non, il a disparu ! répondit Julien au milieu de la foule.

_ Je me demande où il est encore passé celui-là.

Le jeune blessé en béquille avait eu un traitement de faveur et était de l'autre côté des tables, avec les employés qui étaient en plein travail.

_ Hé ! File-moi à boire au lieu de tirer au flanc !

_ Désolé Fred, ce n’est pas à moi qu'il faut demander.

Un employé vint interpellé Fox, il semblait qu'une jeune fille voulait lui parler. Il alla

voir, et fut assez surpris de voir qu'il s'agissait de la jeune fille de la dernière fois.

Et bien ...

_ Je suis navrée pour la dernière fois, mais votre ami, disons qu'il ne m'a pas trop laissé de

choix. Mais au moins maintenant, je connais votre nom.

_ Comment ça ?

_ Oui. L'autre jour, je n'ai même pas eu le temps de vous le demander.

_ Je pense que tu peux me tutoyer. Pas besoin de politesse superflue.

_ Je tenais à te remercier pour ce cadeau, grâce à toi et à tes amis je vais pouvoir aller dans un lycée sûr.

_ Hé Fox ! Ramène-toi ! Ils viennent de remettre des pistaches, mais je peux pas les atteindre !

_ Vite avant qu'il ne soit trop tard !

Lorsqu'il se retourna, la jeune fille n'était plus là. Fox sourit bêtement. Il s'aperçut

assez vite que quelqu'un avait écrit quelque chose au stylo sur la table : Merci encore.

Marine.

_ Et bien, au moins je connais son prénom maintenant.

_ Dépêche-toi ! Y'a aussi de la glace ici !

_ C'est bon Hugues et Fred. Arrêtez de crier, j'arrive.

Bien plus tard alors que la fête battait son plein, Fox et Fabrice assis dans la salle 211, regardaient par une fenêtre le reste des élèves et des professeurs en train de danser.

_ La raison m'échappe encore, mais il semble qu'on se soit donné beaucoup de mal pour te faire oublier certaines choses de ton passé, dit Fabrice en sortant de l'une de ses poches la bille qu'avait ramassé Fox, de la bouteille qu'il avait lancée à Hugues pour faire lâcher prise à Clément quelques jours auparavant.

_ Malheureusement, le puzzle reste incomplet même là dedans, dit-il en montrant avec son index sa tête.

_ Je me doute bien. Je ne sais pas d'où sort cette drogue, mais elle est unique en son genre. Parfaite pour te faire oublier plusieurs années de ton passé. Une chose est sûre, c'est que l'on se donne du mal pour que tu oublies quelque chose. De surcroît pour la dissimuler avec autant de précautions.

_ Me droguer pour me faire oublier certains évènements et ainsi me tenir éloigné d'eux. Je vois clair dans leur jeu à présent, mais ils ne s'attendaient surement pas à ce petit contre temps. Clément a été fort pratique sur ce coup là.

_ Les choses qui vont suivre risquent d'être des plus intéressantes. Mais j'aime bien savoir également à l'avance les différents risques qui m'attendent. Alors de quoi tu te souviens ?

_ Que l'on me nomme Fox depuis le jour où j'ai massacré de sang-froid plusieurs militaires ... comme un renard enragé. Le plus étrange c'est que j'avais tout oublié de cet incident.

Maintenant que tu sais le pourquoi du comment je te conseil de ...

_ Ne t'inquiète pas pour cela, je ne dirais rien à personne. Mais fais bien attention à ce que tu vas décider, cela pourrait avoir d'énormes conséquences ... bien plus que tu l'imagines.

Fox ne répondit pas et sortit de la pièce à l'aide de ses béquilles.

Il n'a même pas essayé de me mentir sur son passé, dit Fabrice en continuant de regarder la fête par la fenêtre. Malheureusement, ce n'est pas ce qui s’est réellement passé. Je ne sais pas encore ce qui tire les ficelles, mais ils semblent que son plan fonctionne parfaitement.


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