Excerpt for Ah ! Laissez-nous respirer ! Contre la censure des bien-pensants. by Jacques Rougeot, available in its entirety at Smashwords


Ah !

Laissez-nous respirer !

Contre la censure des bien-pensants



Par Jacques Rougeot



Published by Olivier Vial at Smashwords

Copyright 2010 Jacques Rougeot




ISBN : 978281060324


Smashwords Edition, License Notes


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Sommaire

Chapitre 1 - Vingt ans après


Chapitre 2 - Notre cause : la civilisation française


Chapitre 3 - Une anti-civilisation


Chapitre 4- La désintégration des résistances


Chapitre 5 - Les mésaventures de la raison


Chapitre 6 - L'identité nationale


Conclusion


Dans la même collection



Chapitre 1

Vingt ans après



Nous avons célébré en 2009 le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin. Il est rare qu’un objet concret et le symbole qu’il représente coïncident si parfaitement : ce n’était pas le cas, par exemple, du fameux « rideau de fer », purement figuré, qui était censé séparer l’empire soviétique du monde libre. C’est cette coïncidence qui a donné matière à d’innombrables variations sur ce thème imagé, souvent pour conclure, de façon un désenchantée, qu’il restait encore bien des murs à abattre.

Mais sur le moment, ceux qui ont vécu cet événement, généralement par médias interposés, ont été remplis d’allégresse, sauf les communistes, évidemment, qui d’ailleurs se faisaient très discrets. Un grand vent d’optimisme a soufflé sur le monde libre. On avait l’impression de respirer un air plus pur. Un politologue américain, du nom de Fukuyama, a même annoncé « la fin de l’histoire » avec ce beau syllogisme : jusqu’alors, le mouvement de l’histoire était dû à l’antagonisme entre les deux grands systèmes, capitalisme et communisme ; or, l’un des deux adversaires était hors de combat ; donc le combat cesserait faute de combattants et le monde, tout entier converti au capitalisme, était parvenu à un stade ultime d’apaisement et n’aurait plus qu’à se consacrer à régler pacifiquement ses problèmes de gestion.

À l’UNI, nous étions évidemment dans ce qu’on peut appeler le camp des vainqueurs. Nous n’étions pas pour autant atteints par cette vertigineuse utopie, nous savions que, les passions humaines étant ce qu’elles sont, il n’arriverait jamais que six milliards d’êtres humains puissent vivre sans conflits, aussi bien de pays à pays qu’à l’intérieur de chaque pays. Mais nous tirions de l’événement une leçon d’espérance pratique. Nous avions en effet participé de toutes nos forces au combat anti-communiste depuis notre création, vingt ans auparavant ; quelques années plus tôt, l’adversaire paraissait encore invincible et peut-être même promis à la conquête mondiale ; personne, en tout cas, ne pronostiquait une fin heureuse aussi rapide et aussi brutale. Notre contribution au résultat final était peut-être infinitésimale, mais c’était l’accumulation d’actions infinitésimales qui avait abouti à la victoire. Quand on choisit de défendre une cause, on sait qu’il y aura toujours des combats à mener, mais on sait aussi que, même si la lutte paraît disproportionnée, même si nous avons quelquefois l’impression d’être dans un tunnel, ce qui compte, c’est la justesse de la cause et la détermination dans le combat, qui doivent toujours entretenir en nous un espoir raisonnable et inébranlable.

Qui plus est, en dehors de cet affrontement gigantesque, nous avons obtenu depuis lors d’autres satisfactions à une échelle proportionnée à notre action. Pour faire très court, disons qu’un bon nombre des thèmes développés par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle de 2007 correspondaient à des positions que nous avions prises avec constance contre l’esprit soixante-huitard et qui avaient pendant longtemps effarouché la classe politique. Nous ne prétendons certes pas avoir influencé directement Nicolas Sarkozy, mais il est certain que notre action inlassable a contribué à créer les conditions nécessaires pour que de telles idées fassent surface et reçoivent l’approbation d’une majorité de citoyens français. C’étaient, en somme, des murs symboliques qui étaient tombés, en partie grâce aux coups de boutoir que nous leur avions portés.

Nous pouvons donc tirer de ces vingt années une première leçon, qui est une leçon d’optimisme : s’il est vrai que notre expérience ne nous garantit aucune victoire à l’avenir, elle nous interdit de rester passifs ou de désespérer.

Pourtant, il faut l’avouer, l’allégresse d’il y a vingt ans ne semble plus d’actualité. Certes, c’est souvent l’effet que produit le temps qui passe. Ce qui ressemblait à un rêve paraît beaucoup plus prosaïque au contact des réalités souvent rugueuses. Mais aujourd’hui, la désillusion paraît plus profonde. Nous n’avons pas en face de nous un mur bien identifié sur lequel nous pourrions concentrer nos coups. Apparemment, la liberté est partout proclamée et célébrée. Mais, par un paradoxe que nous allons essayer de tirer au clair, la sensation que nous éprouvons lorsque nous envisageons les grands problèmes qui se posent à notre pays est proche de l’étouffement. C’est ce qui nous fait irrésistiblement penser à la revendication pressante clamée par Figaro dans la version française de l’opéra de Rossini : « Ah ! Laissez-nous respirer. » La seule différence de forme est que cette aspiration, individuelle dans la bouche de Figaro, est ressentie aujourd’hui par un grand nombre de nos contemporains. Si nous exprimons si fortement cette réclamation collective, c’est que ce qui est en cause n’est pas simplement notre confort respiratoire. La liberté d’expression dont nous entendons faire vigoureusement usage malgré l’atmosphère débilitante et sournoisement liberticide imposée par les nouveaux biens-pensants n’est pas destinée à nous procurer des sensations épidermiques et égoïstes. Elle est au service d’une cause pour laquelle nous avons toujours combattu. Cette cause, nous avons toujours dit que c’était celle de la France. Avec le temps, et en raison de la nature particulière des nouvelles menaces qui pèsent sur elle, nous sommes amenés à préciser que c’est celle de la civilisation française. C’est bien elle, nous le verrons, qui est au cœur de l’identité française. C’est bien elle qui constitue un enjeu crucial, aujourd’hui plus que jamais peut-être dans toute l’histoire de France.


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