Excerpt for La reine de Patagonie et son caniche by Oscar Mandel, available in its entirety at Smashwords

La reine de Patagonie et son caniche

Oscar Mandel

fables
avec les dessins de Jack Carr



L’Herne

Smashwords edition

Carnets

Copyright 2007 Éditions de L’Herne


© Éditions de L’Herne, 2007.

22, rue Mazarine
75006 Paris
lherne@wanadoo.fr

www.lherne.com

This book is available in print

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Sommaire


Avant-propos  
La reine de Patagonie et son caniche
L’hirondelle sociable
La cigogne qui faisait l’éloge des longs cous
Une puce proteste
L’hippopotame flatté
Il y a caillou et caillou
La chenille et la feuille
Dialogue entre un bulldozer et une souris
Comment Dieu triompha du Diable
Les trois animaux répugnants
Le poney qui voulait traverser un torrent
Un banquet à Venise
Le page d’Agamemnon
L’os de la discorde
Le pigeon qui était fou
La fourmi et le termite
Le bon tigre
L’invention
La vache qui devint une déesse
Le riche ibis et le pauvre merle
Le dragon d’Helgoland
Le coq qui faisait se lever le soleil
Le goujon vaniteux
Le renard et le corbeau
Les deux rois
Le corbeau et le mendiant
Comment Dieu apprit ce qu’est la nuance
L’aigle perché sur un drapeau
Le jardinier fidèle
La mite qui se déguisa en dragon
Paysage avec nuage et dunes
Le savetier têtu
La vieille fille, le canari et le chat
Le parlement des animaux
Les deux rats
L’araignée perfide
Le rocher et la mer
Dans le ventre de la baleine
Le fermier, son fils, et son baudet
Le nabab et l’architecte
L’arbre sans nom
Les deux moustiques
Apologie de Jean de La Fontaine


Avant-propos


J’ai voulu dès le départ que mes fables s’apparentent en douceur à la longue tradition du genre. Je raconte comme du temps d’Ésope, du temps de La Fontaine.

Je crois que le public se sent parfois un peu las de la rage et de la noirceur qui hantent notre littérature dite sérieuse. Or, la fable présente l’avantage d’être charmante et discrète tout en désignant au monde les méchancetés dont il est capable. Elle remplit donc mieux que notre lugubre littérature l’ancien double devoir d’instruire et de plaire. Car ce devoir contient un paradoxe. Comment les horreurs de la vérité dont il faut instruire le monde sont-elles compatibles avec la mission de l’art, qui est de nous combler de plaisir ? Soit l’artiste instruit et, par conséquent, il doit écœurer, soit il fait plaisir et, par conséquent, il doit mentir. Ce paradoxe, une fable bien faite l’absorbe en soi et le résout. Nous la lisons, nous sourions, nous y prenons plaisir, et pourtant elle nous a soufflé quelques vérités qui n’ont rien de joyeux.

Évidemment, puisque toutes les vérités de l’univers ne sont pas, que je sache, nauséabondes, la fable bien faite se permet, parfois, d’être sereine et même optimiste dans le fond ainsi que délicieuse à sa surface, et alors il n’y a plus de paradoxe à résoudre.

En tout cas, elle se veut philosophique, malgré sa brièveté, malgré ses humbles vaches et termites. Platon n’écrit-il pas que Socrate s’apprêtait à mettre Ésope en vers dans sa prison, avant de mourir ?


Los Angeles, 2007

O. M.


Je tiens à remercier Jacqueline Lahana pour sa lecture attentive et ses précieuses suggestions.


La reine de Patagonie et son caniche


Un caniche s’était égaré dans le boudoir de la reine de Patagonie. La reine était très belle ; ses yeux brillaient comme deux diamants, et sa peau avait la douceur satinée de l’aurore. Le caniche était grandement impressionné, car c’était la première fois qu’il rencontrait une majesté. La reine, elle aussi, était enchantée de cette rencontre.

– Joli, joli caniche, viens ici, gazouilla-t-elle, et elle assit le caniche sur ses genoux, elle lui donna un morceau de sucre de son propre sucrier d’argent, noua un ruban bleu autour de son cou et embrassa son petit nez froid une bonne douzaine de fois. En retour, le caniche lui lécha la main aussi délicatement que possible, après avoir raclé sa langue sur ses dents pour la rendre parfaitement propre.

L’après-midi même, la reine présidait le Conseil des Ministres patagonais. C’était une affaire épouvantable ; jamais de toute sa vie, elle n’avait eu autant de crises sur les épaules en une seule séance. Le ministre des transports se plaignait amèrement de la lenteur des chameaux. Le ministre de l’information demandait davantage de téléphones. Le ministre de la culture déplorait que les paysans parlassent mauvais patagonois. Et le ministre des affaires étrangères annonçait que tout le monde était brouillé avec la Patagonie. Une masse de dossiers s’élevait devant la reine. Elle devait tous les lire, les signer, et les comprendre par dessus le marché.

C’est juste à ce moment que le caniche arriva en courant dans la Salle du Conseil, un des gardes ayant laissé la porte entre-ouverte pour écouter, et, remuant la queue joyeusement, il sauta sur les genoux de la reine, comme il l’avait déjà fait la première fois, et leva son museau vers elle. Il portait encore son ruban bleu.

– Qui a laissé la porte ouverte ? Cria la reine. Qui a laissé entrer cette sale bête ? Où sommes-nous, dans un Conseil de Cabinet ou dans une ménagerie ?

Le garde affolé se précipita sur le caniche, l’attrapa par la peau du cou, et courut le jeter hors du palais.

– Que s’est-il passé ? Qu’ai-je fait de mal ? Gémit le malheureux caniche. Et il raconta sa terrible mésaventure à un bâtard philosophe qui vivait dans un fossé voisin.

– Ne connais-tu pas le proverbe des hommes sages, dit le bâtard philosophe ; chaque chose en son temps ?

– Mais pas l’amour ! Gémit le caniche.

– Même l’amour, rétorqua le bâtard.

Quelques jours passèrent. Le caniche avait perdu l’appétit. De temps en temps, il mâchonnait distraitement un os usé, car il était affamé sans le savoir, mais il n’écoutait que son cœur déçu. À la fin, il ne put supporter son chagrin davantage. Il retourna au palais en courant, et sans la moindre hésitation, sans la moindre erreur de parcours, il retrouva son chemin encore une fois jusqu’aux appartements de la reine.
Celle-ci lisait un roman rose, quand elle vit le caniche au pied de son lit.

– Mon joli caniche est revenu ! S’exclama-t-elle. Viens-là, mon pauvre chéri, pardonne-moi, j’ai été méprisable envers toi, mais cette journée était un tel cauchemar ! Regarde ! Mon ruban est encore accroché à ton cou, mais tout sale, tout fripé et je suis sûre que tu n’as rien avalé depuis plusieurs jours !
Le caniche ne se sentait pas de joie et se trémoussait dans les bras de la reine aussi heureux qu’une âme au paradis. Mais quand le laquais lui porta un plateau de friandises, il se rappela combien il avait faim et se mit à mordre à belles dents. C’était la viande la plus délicate du palais. Même le laquais la lorgnait avec envie. Quant à la reine, elle était enchantée de voir que son mignon prenait un si grand plaisir à son dîner.
Toutefois, vint le moment où elle s’exclama gaiement, « C’est assez, maintenant je veux jouer avec toi. » Et elle se pencha pour enlever son plat au caniche. Arrêtez, reine imprudente ! Il reste une bouchée dans le plat ! Hélas, le caniche lui mordit la main, happa la viande, et la goba en un éclair.

– Je saigne ! Cria la reine.

Le laquais fit montre d’une inquiétude loyale.

– Dois-je faire pendre le chien, Votre Majesté ? S’enquit-il.

Le caniche regarda la reine, et la reine regarda le caniche.

– Non, dit-elle, allez, bandez ma main.

Après que le laquais se fût retiré, la reine prit le caniche dans ses bras. Bourrelé de remords, il lui léchait la main blessée.

– Ce n’est rien, dit la reine en lui caressant la tête ; j’aurais dû me souvenir du proverbe des sages :

Chaque chose en son temps.

– Même l’amour, pensa le caniche.


L’hirondelle sociable


Une troupe d’hirondelles en migration s’était arrêtée un moment sur une petite île en plein océan. Un jeune mâle, plus sociable que ses congénères, décida d’engager la conversation avec un phoque tout proche.

– Qu’est-ce qu’on a eu comme promenade en l’air cette nuit ! dit l’hirondelle en guise d’entrée en matière.

Le phoque, qui était à demi-assoupi, souleva une paupière et répondit vaguement : Aah ?

– Ah oui, poursuivit l’hirondelle, une saleté de brouillard s’est collée à nous à environ deux cents kilomètres d’ici, on n’y voyait plus rien et, sans un chef aussi malin que le nôtre, Dieu sait où nous serions tombés !

– Aah ? Grogna le phoque toujours endormi.

– Ah oui ! Quoique moi, par exemple, j’aurais quand même pu retrouver la route aussi bien que lui. Mais, vu mon jeune âge, je suis obligé de rester à ma place. Cependant, une fois installés au nord, je compte me chercher une jolie épouse, avoir des petits et devenir, à mon tour, chef-hirondelle.

– Aah ? Grogna le phoque.

– Ah oui ! D’accord, on a encore un sacré bout de chemin à parcourir. Des milliers de kilomètres. Le brouillard, les tempêtes, les vents vicieux, les mouettes et les bécasses qui nous jouent mille tours. N’empêche que nous savons ce que nous faisons et nous savons où nous allons. Les hirondelles sont drôlement futées, c’est écrit dans notre sang, on est né comme ça.

– Aah ? Grommela le phoque, toujours assoupi.

– Ah oui ! Regarde-moi par exemple. Tu vois cette bague de métal à ma cheville ?

– Grhm, répliqua le phoque. Le malheureux croyait faire un cauchemar.

– Eh bien, un jour, quand j’étais petit, un bonhomme m’a pris dans ses mains et m’a mis cette bague. Merci, mon vieux, que je lui ai dit, quand on m’offre un cadeau, moi, je ne pose pas de question. Tu ne trouves pas que ça fait distingué ? Je transmettrai peut-être cette bague à mes rejetons. Question d’hérédité. Ça s’appelle une mutation décorative.

– Aah ? Grogna le phoque.

– Ah oui ! Bon, maintenant, c’est devenu banal et ça ne fait plus pâmer les mignonnes. Mais pendant le trajet du retour – il y a un monde sur la route à la fin de la saison ! – je suis sûr de me faire remarquer avec cette babiole. Si tu voyais comme elle brille au soleil ! Ça peut m’aider dans ma carrière. D’accord, nous volons le plus souvent de nuit, mais il y a les phares qui nous éclairent. A propos, tu sais que c’est dangereux les phares

– Aah ? Ronfla le phoque.

– Ah oui ! Des tas d’imbéciles vont tourner autour et s’ils s’approchent un peu trop : vlan ! Ils se retrouvent dans un monde meilleur, comme dit le poète. Ce qui est embêtant, c’est que nous volons bas, nous effleurons les vagues. Et puis, je ne sais pas pourquoi nous volons toujours de nuit, vu que nous sommes fous de lumière, le soleil est notre dieu. Peut-être parce que les étoiles nous sont utiles. Va savoir !
A cet instant, le chef des hirondelles siffla le rassemblement, et les oiseaux filèrent à tire d’aile pour rattraper le temps perdu à cause du brouillard.

– Pourquoi tu te fatigues à jacasser avec cet empoté de phoque ? demanda le chef à l’hirondelle sociable, une fois dans les airs.

– Parce que moi, j’ai l’esprit vif, j’apprends des choses quand je taille une bavette avec mon prochain.

– Tu apprends des choses d’un lourdaud de phoque ?

– Lourdaud ? Pour toi peut-être. Mais moi, sacré nom, je te dis que c’était un type remarquable que ce phoque-là !

A vrai dire, notre hirondelle était près de se fâcher. Et, réflexion faite, j’admire moi aussi de tout mon cœur quiconque veut bien écouter mes histoires.


La cigogne qui faisait l’éloge des longs cous


Dans leur Académie des Sciences, située au bord d’un ravissant lagon, les animaux débattaient de la question des longs cous. La cigogne souligna que, grâce à leurs longs cous, toute cigogne pouvait, sans mouvoir son corps, projeter sa tête pour chercher vers et grenouilles à son aise. Elle pouvait jeter son regard dans toutes les directions, se nettoyer la queue à coups de bec, reposer sa joue lasse sur son sein, et surtout – le nec plus ultra – jouir plus longtemps de ses repas, parce que chaque bouchée que les cigognes avalent met un temps prodigieux à descendre le long de l’œsophage avant d’arriver à l’estomac.


Notre cigogne avait prononcé, à mon avis, un bon discours d’érudit. Mais soudain, un bruit se fit entendre dans les roseaux. Une oie qui avait écouté les débats d’une oreille indiscrète battait follement des ailes. Les propos de la cigogne l’avaient comblée de joie.

– Moi aussi, se mit-elle à cancaner de toutes ses forces. Coin-coin ! Moi aussi, j’aime les longs cous. Coin-coin !

Ce soutien ne put qu’embarrasser la cigogne. Le hibou prit alors la parole. Il n’avait pas aimé les arguments de la cigogne, et ceci pour des raisons que je vous laisse le soin de juger.

– Pour ma part, ricana-t-il, je ne partage pas les opinions d’une oie ; néanmoins, je suis heureux que notre estimée collègue ait trouvé un disciple – qui, il est vrai, ne peut aspirer à siéger dans notre Académie – pour soutenir son point de vue à coups de coin-coin.

Tout le monde éclata de rire ; la cigogne s’empourpra jusqu’au bout du bec et préféra s’éclipser, tandis que les animaux votaient à l’unanimité en faveur des cous courts.

Hélas, s’il est vrai qu’une oie peut avoir tout aussi raison qu’Aristote, personne ne tient à avoir raison en sa compagnie.


Une puce proteste


– Je te méprise, dit le chien à la puce en levant une patte arrière indignée pour se gratter le flanc. Tu n’es qu’un parasite, ajouta-t-il.

Or, la puce se piquait de raisonner.



– Tu me traites de parasite, glapit-elle, bien à l’abri derrière une touffe de poils où le chien ne pouvait l’attraper, mais ne vis-tu pas de lapins ? Et les chats ne vivent-ils pas de souris, les hommes de poulets et les lions de zèbres ? Alors, pourquoi tout le monde nous déteste-t-il ? Mais le chien lui aussi était bon raisonneur.

– Nous vous méprisons, dit-il, parce que vous vivez de ceux qui sont plus gros et plus forts que vous, donc vous êtes des parasites. Nous, par contre, nous vivons de ceux qui sont plus petits et plus faibles que nous, donc nous sommes normaux.

Que rétorquer à cela ? Ce ne sont pas les petits et les faibles qui choisissent les mots qui règnent sur nous.


L’hippopotame flatté


L’hippopotame jubilait.

– Pourquoi jubiles-tu ? interrogea son meilleur ami le crocodile, qui ne pouvait supporter de le voir si heureux.



– C’est que, répondit l’hippopotame, hier soir, lorsque le lion a proposé au Conseil qu’une pension soit versée aux lions à la retraite, il m’a souri et a déclaré de manière à se faire entendre de toute l’assistance : « Je pèse peu, messieurs, sans l’appui du bel hippopotame. »

– Ah ! Ah ! Ricana le crocodile, pardonne-moi de t’enlever tes illusions, cher ami, mais tu me fais rire. Le bel hippopotame ! Ne me dis pas que tu t’es laissé berner par cette grotesque flatterie ?

– Pas du tout, rétorqua l’hippopotame ; je ne suis pas flatté par les paroles du lion, mais bel et bien d’être celui qu’il a choisi de flatter.


Il y a caillou et caillou


Deux jeunes paysans, Robin et Colin, assis au bord d’un sentier, mâchonnaient de l’herbe en lançant des cailloux dans la prairie qui s’étendait devant eux. L’un des cailloux jetés par Robin toucha un chasseur endormi derrière un fourré. Le chasseur poussa un cri, se leva d’un bond et rejoignit les garçons.

– Qui a lancé ce caillou ? Jeta-t-il au visage des deux garçons terrifiés. J’exige de savoir qui a lancé ce caillou !

Silence.

– C’est moi, messire, finit par dire Robin d’un ton penaud.

– Ah ! Héroïque enfant ! Tu m’as sauvé la vie, s’écria le chasseur. Regarde-moi : je ne suis autre que ton Prince. Je poursuivais un renard avec mes gens, mais avec une telle fougue que je m’égarai. Epuisé, je m’étends par terre et je m’assoupis. Soudain, ton caillou me réveille. J’aperçois un serpent dressé sur mon torse princier, prêt à me porter un coup mortel. Je l’occis et, grâce à toi, mon enfant si cher et si dévoué à la patrie, notre pays continuera à jouir de son bonheur sous mon règne. Sur ces entrefaites, les gentilshommes du prince arrivèrent. Ils descendirent de cheval, inquiets, mais le prince les rassura et leur raconta par quel miracle sa vie avait été épargnée.

– Chancelier, veillez à ce que ce jeune homme charmant et loyal soit installé dans mon palais et compte au nombre de mes pages ; anoblissez immédiatement ses parents et octroyez-leur vingt mille ducats pour leurs garde-robe et mobilier. Lorsque le garçon aura dix-huit ans, je le nommerai Capitaine de mes Dragons.

– Viens avec moi, jeune homme charmant et loyal, dit le chancelier, à dater d’aujourd’hui, tes yeux ne verront qu’or, hermine et perles.

Chacun remonta sur son cheval – le coursier du prince, je suis heureux de vous l’apprendre, paissait non loin de là – et Robin s’assit, tout fier, en croupe d’un margrave.

Alors, Colin se dressa de toute sa petite taille et tira le chancelier par le bas de sa robe.

– Et moi ? demanda-t-il. Moi aussi, je lançais des cailloux !

Le chancelier se dégagea sèchement :

– Comment oses-tu comparer tes cailloux aux siens ? Tonna-t-il.

– Parvenu, jeta Robin du haut de sa monture avec une grimace de dédain.

Sur ce, la petite troupe s’éloigna au galop, enveloppant Colin d’un nuage de poussière.
Que reste-t-il à dire ? Colin rentra chez lui et passa le reste de ses jours à planter navets et haricots. Robin, quant à lui, grandit à la Cour et devint, sous la protection de ce prince, un Capitaine des Dragons riche, redoutable, et adulé.


La chenille et la feuille



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