Muhammad Mustafâ
Le caractère unique de sa personnalité
by
Osman Nuri Topbas
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Muhammad Mustafâ: le caractère unique de sa personnalité
Huswa Hassana / Le Plus Parfait Exemple
La sublime moralité du Prophète
Le personnage et la moralité émérites du Prophète
L’humilité de l’Envoyé d’Allah
La générosité de l’Envoyé d’Allah
La «Taqwa» de l’Envoyé d’Allah
La vie ascétique de l’Envoyé d’Allah
La courtoisie de l’Envoyé d’Allah
La pudeur et la décence de l’Envoyé d’Allah
La détermination de l’Envoyé d’Allah
La spiritualité de l’Envoyé d’Allah
La miséricorde et la charité de l’Envoyé d’Allah
La clémence de l’Envoyé d’Allah
Les conseils de l’Envoyé d’Allah au sujet des droits du voisin
La courtoisie de l’Envoyé d’Allah envers les indigents
Le comportement de l’Envoyé d’Allah envers les criminels et les captifs de guerre
Le comportement de l’Envoyé d’Allah envers les femmes
Le comportement de l’Envoyé d’Allah envers les orphelins
Le comportement de l’Envoyé d’Allah envers les animaux
Sa dimension au sein des etoiles
La consistance du coeur dans l’imitation exemplaire du Prophète
La conformité par amour envers le Prophète
Le miroir de son amour et de sa bonne moralité: le bonheur (Asr’us-Saadah)
La finesse étendue de l’amour du Prophète
La fontaine de l’Amour à la suite des Compagnons (Sahabas)
L’invocation: Salawât’us- Sharîfah
À l’école de l’intelligence et du coeur
Le plus grand besoin : une personnalité exemplaire
L’éducation qui fait qu’un homme soit humain: L’education divine
Les tendances qui consistent à prendre exemple et à imiter
Les caractères exemplaires des prophètes
Dans quelle mesure l’aimons-nous?
Utiliser le Coeur et l’Intelligence
L’Unique Exemple: notre cher Prophète
Les aveugles accusent le soleil
Pour se soumettre à lui, il faut enseigner le coeur
La valeur de notre Prophète et nous
L’épreuve de l’amour et de la décence
La mesure de notre amour pour lui
La marque de notre amour pour lui
Il est difficile de le décrire par son propre mérite
Turque utilisés originellement
«Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour l'univers.» (Coran, Al-Anbiya, 21/107)
«Ô Prophète! Nous t'avons envoyé [pour être] témoin, annonciateur, avertisseur; appelant (les gens) à Allah, par Sa permission; et comme une lampe éclairante.» (Coran, Al-Azhâb, 33/45-46)
«Et il y aura pour toi certes, une récompense jamais interrompue. Et tu es certes, d'une moralité éminente.» (Coran, Al-Qalam, 68/3-4)
«En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment.» (Coran, Al-Azhâb, 33/21)
«Ô vous qui avez cru! Obéissez à Allah, obéissez au Messager, et ne rendez pas vaines vos œuvres.» (Coran, Muhammad, 47/33)
«Quiconque obéit à Allah et au Messager... Ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits: Les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels compagnons que ceux-là!» (Coran, An-Nisa’, 4/69)
«Certes, Allah est Ses Anges prient sur le Prophète; ô vous qui croyez priez sur lui et adresses [lui] vos salutations.» (Coran, Al-Azhâb, 33/56)
Louange à Allah le Très-Haut qui nous a gratifiés et guidés dans la voie de l’islam, qui nous a accordés la sérénité de la foi. Que la paix soit sur le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), l’Envoyé d’Allah, appelé à guider l’humanité des ténèbres à la lumière.
Grâce au caractère unique de sa personnalité, dans un chemin de gloire permanente, avec cohérence et équilibre, il est parvenu à transmettre à l’humanité la clarté que représente le soleil de l’islam.
Que la paix soit sur notre cher Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Le Seigneur l’a envoyé comme prophète dans une période où l’humanité était en pleine crise, où le monde était oppressé par la persécution due à l’ignorance. Il a initié de nouveau le phénix de la clarté lunaire ainsi que celui d’innombrables étoiles qui en avaient bénéficié auparavant. Allah l’a envoyé comme une étoile lumineuse provenant d’un immense horizon, dans un monde où l’ostracisme, la révolte et l’inadvertance avaient bâti des sociétés enténébrées.
En d’autres termes, Allah l’a envoyé comme bénédiction pour tous les êtres vivants, les pierres, l’espace, la terre, les cieux et la postérité humaine. Il le chargea de caractéristiques et de fonctions telles que la miséricorde, la bénédiction, la charité et la délivrance.
Il est tellement miséricordieux que chaque être fut créé en son honneur pour vivre proportionnellement selon son droit d’affection.
Il est tellement miséricordieux qu’il englobe la clémence et la charité de l’humanité et même de toute créature.
Il est tellement miséricordieux qu’il fut doté par le Seigneur d’une intelligence et d’une affection religieuse absolument unique, provenant d’une source intarissable.
Il est tellement miséricordieux qu’il fut éternellement honoré avec le Coran pour guide spirituel.
Il est tellement miséricordieux qu’il fut le messager le plus évoqué en raison de son amour pour Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
Il est tellement miséricordieux que s’il n’avait pas existé, tous les mondes se seraient transformés en déserts inhabitables.
Il est tellement miséricordieux qu’au début de la création l’essence de l’être humain fut retrouvée grâce à sa lumière.
Il est tellement miséricordieux que toute œuvre de charité commise était la sienne. Son visage a été créé d’une eau de joie. Dans le monde, aucune fleur ne peut s’ouvrir sans sa lumière, car aucune création ne serait découverte sans elle. C’est à cause de lui que nous existons, que nos jours se renouvellent sans défraîchir et qui consistent à augmenter cette lumière qui conduit à Allah.
Il est tellement miséricordieux qu’Allah Ta’ala révèle personnellement sa valeur et sa destinée.
Et en le louant également…
Ainsi donc, tous les univers, placés sous cette exceptionnelle miséricorde, ont atteint le véritable bonheur. Dans les galeries de l’ignorance, là où sévissaient les flammes de la révolte qui furent accompagnées par tous les actes défavorables à l’existence humaine, par l’entremise de l’ouverture des différents centres religieux liés au savoir réel, l’inspiration à une vie agréable commença à voir le jour. Les consciences aussi dures que la pierre, entre ses mains bénies, se transformèrent en pâte. Les cœurs pétris dans la rouille et la souillure se métamorphosèrent en foyers remplis de clarté et d’amour.
Ainsi, par exemple, avant que ne survienne cette période lumineuse, Habesli était un homme particulièrement sauvage et féroce qui buvait du sang. Il était doué en outre d’un esprit monstrueux et singulièrement barbare. Mais après s’être livré à la bonne éducation, il devint un fameux Compagnon (Sahabas) du Prophète.
Durant cette période obscure, un très grand nombre d’individus comme lui étaient spirituellement morts, mais par la suite, lorsque la lumière fut venue, ils s’y inspirèrent tous et devinrent de manière permanente d’illustres Compagnons.
Tous ces cas de figure montrent que notre cher Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) constitue en lui-même un art religieux magnifique qui symbolise l’existence d’Allah. À partir du zahir (apparent) et du batin (caché), toute chose est restée identique dans chaque situation. Il fut du reste excellent, bienfaisant et le plus aimé (d’entre les hommes). Il fut tellement apprécié que chacune de ces réalités caractéristiques que sont les croyants bienfaiteurs (mu’min), les personnes saintes, les prévoyants (wali), les savants et les empereurs ne se conformèrent qu’à son exemple. Il est le plus clair exemple. Il est un clair de lune dérivant du soleil puisqu’il est misericordieux et bienfaisant, il est un don pour tous les univers. Tout ce qui est développé de notre part à son égard s’articule avec l’intention de se rattacher Allah et de L’adorer dans toutes les dimensions de notre foi.
Notre Seigneur Allah Ta’ala déclare à propos de cette réalité:

«Dis: ‹Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.» (Coran, Al-Imran, verset 31)
Comme le souligne ce verset coranique, c’est la réalité montrant que le serviteur qui possède la foi en Allah ne peut être dépourvu de respect et de tolérance. L’amour exclusif en Allah, c’est d’obéir à Son messager, d’être lié à lui tel la phalène qui se joint à la source de la lumière. Dans le cas contraire, la foi ne peut pas être la foi : à l’égard de cela, nul serviteur ne pourra bénéficier de l’amour d’Allah en dehors de ce moyen. Tout ce que le serviteur entreprendra sans affectionner Allah sera invalidé. Pour ce fait, le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) doit être au centre de notre vie quotidienne et de notre affection. Notre caractère doit être bâti en s’inspirant du caractère unique de sa personnalité. C’est pour cela que notre nécessité première est de le connaître intimement, de le percevoir de près, jusqu’à son soupir… jusqu’à ce que notre pouls soit uni à son cœur… à l’exemple de Ashâb-i kiram (les Compagnons) envers le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix).
Connaissant notre incapacité d’atteindre son niveau de dignité, même si cela nous semble irréalisable ou encore par extension impossible, rien que le fait de demeurer sur son chemin est une propriété particulièrement éminente. C’est à l’égard de sa personnalité hautement exemplaire que nous nous donnons la tâche de mettre à disposition cet ouvrage pour permettre de le connaître davantage. Dans nos ouvrages précédents, nous avions eu l’occasion d’évoquer la personnalité éminente et singulière du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ; peut-être que nos propos furent indignes de lui et que cependant nous demeurons dans l’exigence de le remercier pour nous avoir transmis la religion et d’être reconnaissant envers lui en relatant son exemple et en le vivant.
Dans cet univers que sa bénédiction et son bonheur enveloppent, notre devoir est de constituer, de par notre capacité partielle, un pont qui conduit au-delà de ce monde débordé de nouvelles crises. Notre dette vis-à-vis de l’humanité est de faire connaître assidument et avec passion la manière dont il pratiquait ses adorations. C’est aussi pour nous un immense honneur de pouvoir le décrire de la meilleure manière. Le poète a décrit cette joie en ces termes:
Plus limpide que le jour, plus véridique encore,
Le flot de sa main est l’eau la plus délicieuse !...
Il est l’être le plus béni, le plus authentique, le plus pur,
Ô Allah! Tu es son Seigneur ! Purifie nos paroles.
Puisse notre Seigneur Allah Ta’ala orienter nos paroles du caractère unique de sa personnalité!
Puisse nos affections faire de Lui un palais d’amour !
Puisse t-Il nous accorder la victoire dans toutes les épreuves corrélatives à notre soumission à Lui.
Puisse-Il nous immerger d’une affection toute religieuse!
Amin! 1
Muhammad Mustafâ: le caractère unique de sa personnalité
Selon le calendrier prophétique, Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) fut d’une part le premier car son âme fut créée avant celle d’Adam (que la paix soit sur lui), et d’autre part le dernier, car sa mission prophétique fut accomplie après la venue de tous les prophètes qui l’ont précédé. Selon l’échelle du temps, il fut le dernier et, selon l’échelle de la création, il fut le premier. En d’autres termes, le calendrier de la prophétie débuta avec « la lumière de Muhammad », et la dernière page prit fin avec l’existence physique de Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix).
Cette lumière éminente, la plus pure originellement, est parvenue successivement jusqu’à Hazrat Abdullah (qu’Allah soit satisfait de lui) qui, à travers la grossesse de son épouse Amina, l’a transférée à notre cher Prophète.
Toute cette versification relative à l’univers a vu le jour suite à des sensations issues de la lumière de Muhammad. C’est à cause de lui, grâce à sa lumière, qu’il y a dans l’univers des milliers et des milliers d’ornements, d’afflux religieux, de sourires et d’associations d’idées! Comme Rasûlullah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), Adam (que la paix soit sur lui) fut créé de terre et lorsque ce dernier mourut, retournant ainsi à la terre, il laissa apparaître Rasûlullah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et s’orienta assidument sur son chemin. Ceci a été formulé dans le hadith suivant:
« Ô mon Seigneur ! Pour le droit de Muhammad, je Te demande de me pardonner. »
En effet, quelques temps après la faute qui lui causa sa sortie du Paradis, il sollicita le pardon d’Allah en mettant en avant le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Allah lui répondit :
«Ô Adam ! Comment as-tu connu Muhammad alors que Je ne l’ai pas encore créé (physiquement) ?»
Adam (que la paix soit sur lui) dit alors :
« Ô Seigneur ! Lorsque Tu m’as créé par Ta puissance et insufflé de Ton esprit, j’ai levé la tête et j’ai vu inscrit sur les piliers de Ton trône la phrase « Lâ ilaha illâllah Muhammad Rasûlullah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix)». J’ai réalisé à ce moment que Toi, Tu as rajouté à Ton Nom celui de l’être le plus aimé. »
Après qu’Adam (que la paix soit sur lui) eût dit ses paroles, Allah lui répondit :
« Tu as dit la vérité Ô Adam ! Certes il est Ma créature la plus aimée. Lorsque tu M’invoqueras, invoque-Moi par son droit ! Je t’ai pardonné ! Sache que si Muhammad n’existait pas, Je ne t’aurais pas créé. » 2
C’est ainsi que le Prophète Muhammad – Rasûlullah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’initia aux invocations (douas) émises par Adam (que la paix soit sur lui). À cette occasion, de grands péchés ont été pardonnés. Cette miséricorde fut transférée à la descendance d’Abraham (Ibrahîm – sur lui la paix) ; le feu ayant été pour lui paix et salut. Lorsque cette perle lumineuse pénétra dans la nacre (d’Ismail), un bélier au caractère exquis descendit des cieux.
Tous les prophètes, à cause de leur droit, ont bénéficié de la miséricorde divine. Des prophètes tels que Moïse (Mûsâ – sur lui la paix) se sont engagés pour bénéficier d’une telle miséricorde. Selon le récit de Qatada ibn Nûmân (qu’Allah soit satisfait de lui), Moïse eut ce dialogue avec Allah Ta’ala :
Moïse dit :
« Ô Seigneur ! Sur les Tables que Tu m’as données, j’ai remarqué que Tu évoques une meilleure communauté au sein de laquelle il y a des gens qui prônent le bien et d’autres qui prohibent le mal. Ô Seigneur ! Accorde-moi une telle communauté ! »
Allah Ta’ala répondit :
« Ils font partie de la communauté d’Ahmad. »
Moïse dit :
« Ô Seigneur ! Sur les Tables que Tu m’as données, j’ai remarqué que l’avènement d’une dernière communauté qui sera la première à entrer au paradis est évoqué. Ô Seigneur ! Accorde-moi une telle communauté ! »
Allah Ta’ala répondit :
« Ils font partie de la communauté d’Ahmad. »
Moïse dit :
« Ô Seigneur ! Sur les Tables que Tu m’as données, j’ai encore remarqué qu’il y est évoqué une communauté qui s’était fidèlement attachés aux Livres (antérieurs), les ayant récités par cœur. Avant eux, il existait des communautés qui ont lu ces livres mais qui n’ont pu s’en souvenir par la suite, ayant été égarés. Sans doute as-Tu donné à cette communauté une capacité de conservation et de mémorisation que Tu n’as jamais offerte aux communautés antérieures. Ô Seigneur ! Accorde-moi une telle communauté!»
Allah Ta’ala répondit :
«Ils font partie de la communauté d’Ahmad.»
Moïse dit:
« Ô Seigneur ! Sur les Tables que Tu m’as données, une communauté qui lutte contre toutes sortes de croyances erronées, de préjugés sur les Livres (précédemment révélés) et sur le dernier Livre (révélé) y est évoquée. Ô Seigneur ! Accorde-moi une telle communauté!»
Allah Ta’ala répondit :
«Ils font partie de la communauté d’Ahmad.»
Moïse dit :
«Ô Seigneur ! Sur les Tables que Tu m’as données, il y est fait mention d’une communauté qui effectue tant d’invocations que même si l’un d’entre eux ne parvenait pas à formuler la bonne intention qu’il avait prévue, il bénéficierait d’une œuvre pie supérieure de dix à sept cent fois sa valeur initiale. Ô Seigneur ! Accorde-moi une telle communauté!»
Allah Ta’ala répondit:
«Ils font partie de la communauté d’Ahmad. »
C’est ainsi que Moïse (sur lui la paix) mit de côté les Tables qu’il tenait dans ses mains et implora Allah en ces termes :
« Ô Seigneur ! Fais de moi un membre de la communauté d’Ahmad ! » 3
En fin de compte, l’étincelle de cette croyance pieuse, grâce notamment à la succession de nobles communautés, a permise à Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), envoyé pour tous les mondes, de faire naître une nouvelle ère de bonheur.
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a vu le jour un lundi, le douzième jour du mois lunaire Rabi al-Awwal. Il est né juste avant le lever du soleil.
Par sa naissance, la miséricorde divine inonda ce monde. Les couleurs du matin et de la nuit changèrent ; les sentiments devinrent plus profonds. Les mots, les amitiés et les plaisirs s’ouvrirent à l'infini. Tout gagna une nouvelle signification et acquit une nouvelle joie. Les idoles furent secouées et brisées. Dans Madayin, la terre des rois glorieux de l'Iran, les tours et les palais furent détruits. L'eau du lac Sava recula, les eaux boueuses de l'oppression commencèrent à disparaître. Les cœurs furent inondés par la miséricorde et la bénédiction divines. Car cette apparition survenant dans le temps et l’espace terrestre fut la première bénédiction de la manifestation du dernier prophète.
Si le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), qui a recueilli dans sa personnalité toutes les vertus n'était pas venu au monde, l'humanité serait demeurée sous l'oppression et dans le désert. Le faible aurait été asservi par le puissant jusqu'à la fin des temps. L'équilibre du monde aurait changé en faveur du mal. Dans une telle circonstance, le monde aurait été dominé par des oppresseurs et aurait appartenu seulement au plus puissant. Le poète décrit cet état de belle manière :
Ô Messager d'Allah ! Si tu n'étais pas venu au monde,
Les roses n'auraient pas éclos, le rossignol n’aurait pas chanté,
Les noms de Dieu seraient restés inconnus à l'humanité,
L'existence aurait perdu sa signification et aurait été dans la peine !
Mawlânâ Djalal-ud-Din Rûmî -qudissa sirruh- a voulu traduire dans les termes suivants la nécessité de reconnaître le Prophète qui durant toute sa vie s’est sacrifié pour légitimer l’Islam au profit des idoles:
«Ô Musulman ! Si Muhammad n’aurait pas fait l’effort d’ébranler les idoles, tu les adorerais toutes actuellement.»
***
Cet homme, issu d’une société ignorante et non civilisée, apporta la puissance au peuple de son époque. C’était le résultat de la multitude de connaissances et de l’infinie sagesse dont il disposait et qui lui furent révélées ; à l’instar d’un océan de miracles qui ne pourrait jamais être surpassé et cela jusqu’au Jour Dernier.
Le Coran n’a pas subi de variation depuis plus de quatorze siècles. Aucune découverte, qu’elle soit morale, scientifique ou religieuse, n’a pu contredire le message qu’il a véhiculé, compte tenu également de la multiplicité des hadiths rapportés, alors que les plus célèbres encyclopédies subissent chaque année encore de nombreux changements.
Cet orphelin était illettré parce qu'il n'avait jamais pris de leçons, pourtant il est venu en tant que sauveur de toute l'humanité, interprète du monde invisible et enseignant à l'école de la Vérité.
Moïse (Mûsâ: que la paix soit sur lui) a apporté des règles et des lois. David (Dawûd : que la paix soit sur lui) s’est différencié par sa capacité à réciter des supplications et des invocations. Jésus (‘Issa : que la paix soit sur lui) a été envoyé pour enseigner aux hommes la générosité et la pratique de l'ascétisme dans ce monde matériel. Le Prophète de l'islam, Muhammad, (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a apporté l’ensemble de ces choses. Il a institué les règles et a enseigné la manière d’épurer l'âme ainsi que la bonne façon d’adorer Allah avec un cœur pur. Il a instruit l'humanité dans la meilleure moralité et l'a représenté dans chaque aspect de sa vie. Il fut un modèle de résistance face aux tentations de ce monde. En bref, il a rassemblé en sa personne et dans ses œuvres tous les pouvoirs et les devoirs des prophètes antérieurs. En lui étaient rassemblées la noblesse de la descendance et du comportement ainsi que la beauté physique et la béatitude.
Il a vécu pendant quarante années au milieu d’un peuple ignorant. La plupart des perfections qui allaient être divulguées (par l’islam) n’étaient pas encore connues de son peuple. Il n'a pas été connu en tant qu’homme d'État ou bien en tant que prédicateur, pas même en qualité d’orateur public. Bien qu’il fût un grand commandant, il ne fut même pas connu en tant que simple soldat. Cependant, il ne fait aucun doute que sa quarantième année a constitué le point de départ de l’un des plus grands changements que l’humanité ait connu. Les différents messages concernant l’histoire des prophètes et des nations du passé, le Jour de la Résurrection, le paradis et l’enfer, n’avaient avant lui jamais pu être bien saisis. Il était seul, vivait dans une sublimation intrinsèque à un état moral élevé. Cependant, lorsqu’il est revenu de la grotte de Hira accompagné d’un commandement émanant d’Allah, il avait complètement changé.
Lorsqu’il commença à prêcher, toute la péninsule arabique eut peur et fut étonnée. Ses paroles et ses discours extraordinaires enchantèrent tout le monde. Les concours de littérature, de rhétorique et de poésie prirent fin soudainement. Les poètes n'osèrent plus afficher leurs poésies sur les murs de la Ka’ba. Cette tradition, longue de plusieurs siècles, prit fin. Même la fille du plus célèbre poète arabe Imru’al-qays demeura stupéfaite lorsqu’elle écouta un court extrait du Coran:

Et il fut dit: ‹Ô terre, absorbe ton eau! Et toi, ciel, cesse [de pleuvoir]!›. L'eau baissa, l'ordre fut exécuté, et l'arche s'installa sur le Joudi, et il fut dit : ‹Que disparaissent les gens pervers›! (Coran, Houd, 11/44)
Elle ne put s’empêcher de s’exclamer : « Cela ne peut pas être la parole d’un homme ! S’il existe une telle parole sur cette terre, on devrait enlever la poésie de mon père des murs de la Ka’ba ! Allez la décrocher et accrochez-y ces versets … ! »
De même, tous les poètes, profitant de cette occasion, enlevèrent diligemment leurs poèmes accrochés aux murs de la Ka’ba. 4
Par ces actes, le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a enseigné à toute l'humanité qu'il était le Représentant (Khalifa) de la Vérité (Al Haqq) sur terre. Il a établi les principes de base de l'organisation sociale, culturelle et économique ainsi que des principes de base de gouvernement et des relations internationales. En effet, l'humanité comprendra mieux la réalité de Muhammad (« Hakikat-i Muhammadiyya ») (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lorsqu’elle se développera au fil du temps dans les secteurs de la connaissance théorique et de l'expérience pratique.
Ce prophète sublime n’a jamais tenu d’épée entre les mains, ni reçu d’éducation militaire, n’ayant participé qu’à une seule bataille en tant que spectateur. Pourtant, il a couvert de sa miséricorde toute l’humanité. Même au cœur des batailles les plus sanglantes, il n’est resté un combattant en retrait. Fort de sa mission, il a combattu par obligation en faveur de l’Unicité (Tawhid) et pour la paix universelle. Il a transmis de porte en porte la religion d’Allah, certains l’ont accepté et d’autres ont fait le choix de rester malheureux en préférant vivre éternellement dans les ténèbres et en lui fermant leur porte. Certains même se comportèrent de façon odieuse à cause des sentiments négatifs qui demeuraient au fond d’eux. Seulement ce ne sont pas ces mauvais comportements à son égard qui lui avaient forgé cette personnalité, mais il avait été plutôt attristé par leur insouciance et leur ignorance.
Le Coran dit à ce propos :
Dis: «Pour cela, je ne vous demande aucun salaire; et je ne suis pas un imposteur.» (Coran, Sad, 38/86), disait-il en permanence à ce genre de personnes, exprimant ainsi ses buts engagés au Nom d’Allah.
En l’espace de neuf ans, face à l’ennemi, il avait conquis l’ensemble de la péninsule arabique bien que possédant une force militaire réduite. Il obtint des victoires miraculeuses en inculquant aux hommes indisciplinés et désordonnés de son époque aussi bien la force intérieure que l’éducation militaire. A tel point que ceux qui le suivirent furent la cause de l’effondrement des deux puissances de l’époque : les Empires Byzantin et Perse.
En dépit de toutes ces mauvaises conditions, le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a provoqué la plus grande révolution dans l'histoire humaine. Il a mis fin aux actes des oppresseurs ainsi qu’aux larmes des opprimés. Sa main bénie servit de peigne pour les cheveux des orphelins et par la lumière de son réconfort, les cœurs sont restés loin de la tristesse.
Mehmed Akif, le célèbre poète turc, a illustré cette scène de manière excellente :
Soudainement l'orphelin a grandi et a atteint l’âge de quarante ans,
Les pieds sanglants faisant un pas sur les têtes ont atteint l'eau !
Avec un souffle, cette humanité a été sauvée par cet Innocent,
Avec un mouvement, il a défait les Césars et les Kisras,
Le faible, qui méritait seulement l'oppression, s’est levé,
Les oppresseurs, qui ne s’attendaient jamais à la défaite, ont disparu,
Une Miséricorde aux mondes était en effet sa religion étincelante,
De ses ailes, il a recouvert le pays de ceux qui ont demandé la justice,
Tout ce que le monde possède n’est qu’offrande venant de Lui,
La société est endettée vis-à-vis de Lui ; les individus sont endettés vis-à-vis de Lui,
Endettée est toute l’humanité vis-à-vis de cet Innocenté,
Ô Seigneur ! Par cette confession, ressuscite-nous le Jour du Jugement!
Proportionnellement aux œuvres des autres prophètes, celle de notre cher Prophète Muhammad Mustafâ (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) est parfaitement comparable à une mer immense. Quant à l’œuvre des autres prophètes, elle représente les affluents des différents fleuves qui se jettent dans cette mer. Selon les informations reçues avant son avènement, il portait en lui toutes les qualités des prophètes antérieurs connus ou moins connus. Il était doté d’une moralité élevée et d’un caractère sublime. L’époque où il vécut apporta, grâce en partie à la contemplation et à un modèle de vie exemplaire, un réel progrès pour l’humanité. En effet, il fut, et il est à notre époque, l’exemple d’une personnalité dont la simple conformité suffit pour s’assurer d’un avenir meilleur. C’est la raison pour laquelle il a été envoyé à l’humanité comme guide pour le Jour de la Résurrection.
Par conséquent, l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a exprimé personnellement sa sublime personnalité en ces termes:
«J’ai été envoyé pour parfaire les nobles caractères.» (Muwatta’, Husnu’l huluk, 8)
Hazrat Muhammad Mustafâ (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) est le seul personnage et prophète dans l’Histoire qui a pu mener son existence dans les détails les plus délicats. Au cours de la succession prophétique, des comportements plus magnifiques les uns que les autres orientèrent l’humanité vers la justice. Par ailleurs, un nombre indéfini de ces souvenirs ont pu être transmis jusqu’à nos jours. Cependant, le guide du Jour de la Résurrection (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), de la plus simple à la plus complète des manières, a répercuté toutes ses paroles et ses actions en étant suivies et transcrites tels des indicateurs de prestige pour l’Histoire. Qui plus est, par la grâce d’Allah, cette considération qui date depuis des siècles sera glorifiée et transmise jusqu’à la fin des temps.
Face aux calamités et aux surprises que réserve la vie et pour pouvoir s’en éloigner, nous sommes dans l’obligation de mener notre existence selon des critères de bonne moralité et de rationalité afin de maintenir l’équilibre entre toutes les valeurs morales telles que la charité, la patience, la gratitude, la pureté de cœur, l’obéissance, la conviction, la loyauté, l’humilité et la tradition. Au vu de ces particularités, et à titre de modèle à imiter, notre Seigneur a honoré l’humanité entière par le plus bel exemple de vie que fut notre gracieux et irréprochable Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix).
Sa vie est un modèle pour toutes les générations jusqu’au Jour de la Résurrection. Dans le Coran, de telles paroles lui sont attribuées :
«Et il y aura pour toi certes, une récompense jamais interrompue. Et tu es certes, d'une moralité éminente.» (Coran, Al-Qalam, 68/3-4)
L’honorable personnalité de notre Prophète, grâce aux apparences éternellement perceptibles chez l’homme, détermine le point culminant des comportements humains. Il est un modèle prophétique éminent qui, à travers sa précieuse méthodologie d’appel à l’islam, demeure véritablement un exemple essentiel dans l’humanité. Allah le Tout-Puissant, à travers la locution coranique « huswa hassana », a présenté Muhammad Mustafâ comme le plus parfait exemple. Allah le Tout-Puissant dit dans le Coran:

«En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment.» (Coran, Al-Azhab, 33/21)
Notre Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a démontré à chaque phase de la vie une beauté et une perfection exceptionnelles. Dans un flux constant lié à sa quintessence vital, toutes sortes d’éclats convaincants se trouvaient en détail dans sa personnalité. Ainsi, chaque personne peut bâtir sa propre personnalité à partir de son exemple vénérable et référentielle (Sunna) et se munir des plus excellents caractères.
La vie du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) est le meilleur exemple pour chaque être humain. Il est le meilleur exemple du guide spirituel. Il est l'exemple le plus équitable du chef d'État. Il est l'exemple à suivre pour ceux qui entrent dans le jardin de l'amour divin. Il est l’exemple dans la gratitude et la modestie quand le Seigneur accorde ses bienfaits en abondance. Il est le plus grand exemple de patience et de soumission dans les moments et les endroits les plus malaisés. Il est le meilleur exemple de générosité et de désintérêt lors de la distribution des butins. Il est l'exemple le plus fin de compassion envers la famille. Il est le plus grand exemple de compassion envers le faible, le délaissé et l’asservi. Il est l’exemple de pardon et de tolérance envers le coupable.
Si vous êtes une personne riche, contemplez l'humilité et la générosité du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) qui gagna le cœur des chefs qui ont commandé toute l'Arabie!
Si vous êtes une personne faible, adoptez l'exemple du Prophète qui a vécu sous le règne des polythéistes oppresseurs et usurpateurs de La Mecque.
Si vous êtes un conquérant triomphant, prenez exemple sur la vie du Prophète courageux qui a défait ses ennemis au cours des batailles respectives de Badr et de Hunayn.
Qu’Allah vous en préserve, s’il vous arrive d’essuyer une défaite, rappelez-vous de l'exemple du Prophète qui, après la bataille d’Uhud, a marché avec dignité, courage et confiance en Allah parmi ses Compagnons tombés martyrs ou blessés.
Si vous êtes enseignant, contemplez l'exemple du Prophète qui a enseigné les ordres divins en donnant au sein de sa mosquée son éclaircissement doux et sensible aux gens de la Suffa (Ashab Al Suffa).
Si vous êtes étudiant, prenez exemple sur le Prophète qui s'est agenouillé devant l’Ange Gabriel digne de confiance (Jibril Al Amin).
Si vous êtes un prédicateur ou un guide spirituel sincère (murshid), écoutez la voix du Prophète qui répand la sagesse à ses Compagnons. Soyez attentif corps et âme à sa douce voix.
Si vous voulez défendre et transmettre la Vérité, et que dans cet engagement vous n’ayez aucun soutien, contemplez alors la vie du Prophète qui, à La Mecque, a proclamé la Vérité devant ses oppresseurs tout en les invitant à l’embrasser.
Si vous avez vaincu et anéanti votre ennemi, dominé l’obstination de votre adversaire, détruit les superstitions et proclamé la Vérité, faites revivre en vous cette scène où, le jour de la conquête de La Mecque, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) est entré dans la ville sacrée sur son chameau, tête baissée et en état de prosternation (sajda). Il entra dans la ville en tant que commandant victorieux, et gratifié, qui plus est, d’une grande modestie.
Si vous êtes exploitant agricole, prenez exemple sur le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) qui, après avoir conquis les terres de Bani Nadr, Khaybar et Fadak, a choisi les personnes les plus habiles pour cultiver et contrôler ces terres de la manière la plus productive.
Si vous êtes seul, sans compagnie, songez à celui qui fut orphelin : orphelin d’Abdallah et d’Amina, leur très cher et innocent fils unique.
Si vous êtes un adolescent, méditez sur la vie de ce jeune candidat à la prophétie : berger du troupeau de son oncle Abû Talib à La Mecque.
Si vous êtes un homme d'affaires et que vous voyagez pour commercer, prêtez attention aux évènements qui sont survenus à la personne la plus honorée : Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lorsqu’il conduisit la caravane de La Mecque jusqu’à Busra en Syrie.
Si vous êtes un juge ou un médiateur, évoquez sa justice et sa prévoyance lorsqu’il résolut le conflit entre les tribus mecquoises qui voulaient gagner le prestige de remettre la Pierre Noire (Hagar al-Aswad) dans la Ka’ba alors qu’ils étaient sur le point de s’entretuer.
Considérez de nouveau l’Histoire : à Médine, à l’intérieur de la mosquée du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) : considérez-le lorsqu’ il jugeait parmi les hommes avec égalité, justice et équité, bien qu’il y eût parmi eux des riches et des pauvres.
Si vous êtes un époux, observez le comportement du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) à l’égard de ses épouses Khadîdja et A’icha (qu’Allah soit satisfait d’elle); considérez sa tendresse et sa sensibilité.
Si vous êtes un père de famille, tâchez de comprendre l’attitude du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) à l’égard de sa fille Fatima-al-Zahra (qu’Allah soit satisfait d’elle). Apprenez de lui la manière de se comporter lorsqu’il était en compagnie de ses petits enfants Hasan et Husayn (qu’Allah soit satisfait de lui).
Qui que vous soyez, quel que soit votre comportement, nuit et jour, à n’importe quel moment, vous trouverez dans l’exemple du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) un modèle de guide spirituel et de maître parfait.
Il est un guide par le biais duquel, selon le principe de ses traditions, vous serez en mesure de corriger vos défauts. Il est même en mesure de mettre de l’ordre dans toutes vos affaires désordonnées. Il corrigera votre vie et grâce à sa lumière et à sa manière de guider, vous vous libérerez des handicaps de la vie et vous trouverez la vraie sérénité.
En vertu de sa lumière et de son inspiration, chacun a la capacité de surmonter les difficultés de la vie et de retrouver la quiétude. Incontestablement, sa vie ressemble à un bouquet de fleurs rares et agréables, à une gerbe de roses parfumées de musc.
Comme nous le savons, la vie du Prophète est également le plus bel exemple assimilable à certains points contradictoires de la communauté. Par exemple, la vie d’un condamné ne détermine pas le modèle de vie d’un juge et la vie d’un juge ne détermine pas le modèle de vie d’un condamné. Ceci est aussi comparable à l’état d’un pauvre qui se débat dans sa carence et dans une lutte de survie ; en termes d’existence, il ne présente aucune ressemblance avec le riche. Quant à notre Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), il représente un exemple pour ces deux cas de figure car Allah le Tout-Puissant l’a spécialement doté d’une certaine supériorité à l’égard de la société en faisant préalablement de lui un orphelin issu du niveau le plus bas et qui, graduellement, est parvenu au plus haut sommet de sa force et de son pouvoir, c’est-à-dire qu’il gradua de cette qualité de chef de nation à la prophétie.
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Durant la période où il vécut, le Prophète a présenté un exemple de comportements idéaux liés à toutes sortes de rénovations scientifiques et d’agitations relatives à la vie de l’homme. Sa vie a été un tel exemple que tous ceux qui se situent à n’importe quel échelon de la société sont en mesure de découvrir en lui des exemples parfaits ; ceci dans le but d’améliorer leur comportement en les réalisant selon leurs moyens et capacités.
En résumé, il est l’art le plus merveilleux qu’Allah a dévoilé dans le monde. Du plus bas au plus haut niveau de l’existence, pour toute profession ou caractère, il demeure le plus parfait exemple pour l’être humain. En vertu de sa personnalité singulière, il est une très excellente référence pour les croyants (mu’min) à grande vocation.
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Face aux efforts des guides dirigés dans le but d’orienter l’humanité vers le chemin de la délivrance, hormis les prophètes et leurs fidèles engagés également vers le même objectif, tous les autres hommes, notamment les philosophes qui ont une compréhension assez idéale de toutes choses, ont toujours été indifférents à la question. Les prophètes, en revanche, ayant été chargés d’une révélation divine, sont venus en tant que guides spirituels s’approuvant mutuellement. Ces derniers ont tous été porteurs des messages divins : « Allah a dit ceci » disaient-ils toujours, alors que les philosophes ont tâché et tâchent toujours de trouver pour les hommes le vrai chemin de la délivrance, au moyen de leur conduite excluant toute considération de la réalité divine, s’affolant de leurs commentaires personnels à chaque fois qu’ils s’expriment en disant : « selon moi c’est comme ceci ou cela ». Qui plus est, leurs courants philosophiques naissent déjà dans la contradiction et leurs idées s’opposent les unes les autres. C’est la raison pour laquelle ils ne peuvent parvenir au chemin de la délivrance, que ce soit pour eux ou bien pour toutes les communautés.
Par exemple, Aristote, bien qu’il fût bien l’initiateur de quelques lois et règles de spéculation éthique éloignées elles aussi de toute révélation divine, n’a jamais pu affirmer avoir trouvé la sérénité en appliquant les principes de sa philosophie. Et personne à ce jour ne peut affirmer le contraire. C’est parce que le cœur des philosophes n’est pas purifié et que leur intérieur n’est pas nettoyé (spirituellement) ; leurs pensées et leurs actions n’ont pas atteint une maturité suffisante que seule la Révélation aurait pu apporter. À cause de cela, tous les systèmes de raisonnement qu’ils élaborèrent n’ont jamais pu aller au-delà des salles de conférences ou des lignes de leurs ouvrages.
Le Coran, cet ensemble de textes vénérables est l’unique moyen qui permet aux anges et à la descendance humaine de se défendre de toute conduite pouvant les entraîner dans les calamités. Les exemples les plus concrets et les plus effectifs au sein du Coran se trouvent également dans la riche biographie du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Dans ce cas, le plus exigeant devoir qui incombe à la descendance humaine, dans le sens de l’accomplissement obligatoire, est d’être en parfaite harmonie avec le Coran et la Sunna (Tradition Prophétique), c'est-à-dire choisir le Coran et la Sunna comme source de vie. Étant donné qu’ils sont les souvenirs éternels de la lumière de l’existence, ils sont par conséquent considérés comme des guides sûrs.
D’une part, notre maître le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait gagné la sympathie et la confiance du peuple bien avant le début de sa mission prophétique ; ce peuple connaissant déjà son bon caractère, sa bonté et sa droiture. Sa personnalité présenta une telle perfection que les gens le nommèrent « le digne de confiance ». Fort de cette réalité, il commença à prêcher peu après la Révélation.
Sa communauté lui avait donc attribué la particularité d’être nommé « le digne de confiance ». Lorsqu’un jour celle-ci fut en désaccord à propos de la pose de la Pierre Noire qui eut lieu lors des travaux de réfection de la Ka’ba, elle accepta sans objection son arbitrage.
Le Messager d’Allah marcha tellement sur le chemin de la loyauté que durant la période où nul n’avait encore foi en lui, Abû Sufyan, qui était alors un grand ennemi du Prophète, répondit ainsi à la question d’Héraclius, empereur de Byzance : « N’a-t-il jamais faussé ses engagements ? » Réponse : « Non ! Il les honore chaque fois ! » Nul ne trouva à redire sur cela. (Bukhârî, Bed’u’l-wahy 6, Salât 1, Sadakât 28; Muslim, Djihâd 74)
Par contre, le degré de confiance que manifestaient les Arabes durant l’Époque de l’ignorance (Jahiliya) envers le Prophète était tel que son pire ennemi, Abû Jahl en l’occurrence, lui dit un jour :
«Ô Muhammad! Je n’affirme pas que tu sois un menteur, mais je n’aime pas la religion que tu as apportée. »
Le Coran illustre ce propos par le verset suivant :
«Nous savons qu'en vérité ce qu'ils disent te chagrine. Or, vraiment ils ne croient pas que tu es menteur, mais ce sont les versets (le Coran) d'Allah, que les injustes renient.» (Coran, Al-An’am, 6/33) 5
Ses ennemis les plus hostiles durent reconnaître et attester du plus profond de leur cœur et de leur conscience la véracité du message qu’apportait le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). En revanche, ils le rejetèrent uniquement à cause de leur orgueil entretenu par leurs désirs et leurs passions. Voici un hadith qui illustre avec clarté sa position de Sultan « Muhammad al-Amîn » parmi les idolâtres :
« En pleine bataille de Khaybar, un berger juif, du nom de Yasser et figurant parmi les gens de bonne moralité, vint au Prophète. Après avoir causé quelques minutes avec lui, le Juif embrassa l’islam et eut pour vocation d’aller rejoindre l’armée des musulmans. Le Prophète lui ordonna de rapporter les moutons à leur propriétaire respectif alors que le combat faisait rage et que le manque de provisions devenait évident parmi les musulmans. » 6
Nul doute que cet ordre du Prophète est un exemple très important du respect qui doit être accordé à toute consigne. Cette réalité du caractère irréprochable et de la sublime moralité du Prophète fit l’objet d’une inspiration dans les hadiths de Hazrat Abû Bakr (r.a) concernant son fameux Voyage Nocturne (Miraj): « S’il l’a dit, c’est que c’est vrai ! Toute chose parvenant à un état de soulagement grâce au contenu de cette expression.
Lorsqu’on examine objectivement la vie du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), on ne peut que constater qu’il est vraiment en tout point de vue le modèle à suivre pour chaque individu, pour l’humanité entière, pour tout l’univers jusqu’à la fin des temps. Il existe d’autres innombrables évènements qui attestent des sentiments d’équité, de compassion et de miséricorde qui l’animaient. Aucun érudit non musulman, considérant cet unique flambeau propager sa lumière dans l’univers, ne peut nier, du plus profond de son cœur, sa vertu et son haut degré de réalisation. Même s’ils n’adhérèrent pas à l’islam, ils attestèrent cependant de sa valeur et de sa réussite. Parmi ces érudits, Thomas Carlyle écrivit ceci : « Sa naissance a été la dissipation des ténèbres par la lumière. »
Dans « The Encyclopedia Britannica », les vertus du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) sont mentionnées en ces termes : « Aucun prophète ni aucun réformateur religieux n’a pu atteindre en aussi peu de temps la réussite qu’a atteint Muhammad. »
B. Smith a dit :
«Muhammad est unanimement, purement et simplement le plus grand des réformateurs.»
L’écrivain Stanley Lane-Poole reconnaît cette vérité :
«Le jour où Muhammad infligea la plus lourde défaite à ses ennemis, ce fut aussi pour lui le jour où il gagna la plus grande bataille de la vertu. Ce jour-là, il pardonna sans contrepartie à tous les Qurayshites et étendit son pardon à tous les Mecquois.»
Enfin, Arthur Gilman a dit:
«Nous pouvons observer sa grandeur d’âme lors de la victoire remportée à La Mecque. Les actes commis contre lui auparavant auraient très bien pu l’inciter à la vengeance, mais Muhammad empêcha son armée de répandre le sang. Il fit preuve alors d’une grande compassion et en remercia Dieu. »
Lafayette, l’un des précurseurs des idées de base de la Révolution Française de 1789, bien avant que la célèbre « Déclaration des Droits de l’Homme » ne soit publiée, étudia tous les systèmes de droit et, en considérant la supériorité du droit islamique, s’exclama :
« Ô Muhammad ! Personne n’a pu égaler le niveau de justice que tu as exercé ! » 7
Le fait même que des opposants probables le reconnaissent et l’acceptent est une vertu en soi. Les vertus du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), son intelligence et sa sagesse ont été même unanimement reconnues par ceux qui ne croyaient pas en lui.
C’est parce que Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) possédait tous les éléments du comportement parfait qu’il a pu répondre aisément aux questions essentielles de la vie auxquelles tous les hommes sont confrontés à différentes étapes de leur existence. Ainsi, par son exemple vivant et ses faits et gestes, il sera à jamais considéré comme un guide éducateur. Lui qui sur terre occupe le point essentiel de l’éducation de tous les hommes. Lui qui répand la lumière sur le chemin de ceux qui le cherchent. Sa guidée, pour tous ceux qui sont en quête d’authenticité, est une lampe éclairante et sûre. Lui, l’unique éducateur de l’humanité.
Les gens qui se sont assis autour de lui ont constitué un univers dans lequel toutes les catégories de personnes se sont rassemblées. Toutes les nations, malgré les différences de langue, de couleur et de race, de niveau de vie sociale et culturelle, étaient unies dans ce milieu. Il n'y avait aucune restriction qui excluait les hommes de ce lieu. Celui-ci n’était pas approprié spécifiquement à une communauté précise, mais il était considéré comme un lieu de convivialité qui prenait l’homme par le moyen de la science et du surnaturel afin de lui rendre sa vraie valeur. Il n’y avait donc pas de différence entre le faible et le fort.
Considérez les partisans de notre maître, le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et vous verrez des personnes distinguées comme Najashi le souverain d’Abyssinie ; le grand Farwa de Ma’an ; Zulkila le roi de Himyar ; Daylami de Firuz ; Marakabud l’un des vénérables du Yémen ; Ubayd et Jafar parmi les gouverneurs d'Oman.
Si l’on devait de nouveau observer à côté de ces rois ou dirigeants les esclaves et les personnes démunies, on pourrait citer les noms de Bilal (r.a), Yasir (r.a), Suheyb (r.a), Habbab (r.a), Ammar (r.a), Abû Fukeyha (r.a), mais aussi des servantes et des femmes sans soutien telles que Sumeyya, Lubeyna, Zinnira, Nahdiyya et Umm Abis.
Parmi ses honorables compagnons, il y avait des individus doués d’intelligence, pourvus de pensées rayonnantes et solides, aptes à donner quelque avis, même dans les situations délicates. D’autres possédaient de profondes connaissances des secrets de ce bas monde ainsi que des personnes capables de diriger des pays avec habileté.
Ceux qui suivirent le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) dirigèrent des villes et des provinces. Les hommes connurent la paix grâce à eux et goûtèrent aux saveurs de la justice. Ils propagèrent la paix et la sérénité parmi les populations. Grâce à eux, les hommes vécurent comme des frères.
La sublime moralité du Prophète
À travers l’histoire, nul individu, hormis le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), n’a pu contempler en toute intégrité les perceptions et les caractéristiques relatives à toute chose dans l’univers. Même s’il était question d’une description relative à la personnalité du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), il est évident que des volumes entiers de livres resteront toujours insuffisants. La théologie musulmane, dans toute sa diversité, a également été fondée avec une ultime inspiration liée aux principes et à la vocation du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) au cours de sa guidée. 8 C’est la raison pour laquelle chaque comportement adopté par le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a été différemment évoqué par les diverses filières scientifiques. 9
Dans tous les ouvrages islamiques qui ont vu le jour depuis quatorze siècles, il y eut toujours cette charge vocative portant sur l’interprétation du Livre, c'est-à-dire le Noble Coran et le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix).
La capacité intellectuelle de l’homme, son pouvoir, y compris même la force de la vocation religieuse sont des particularités très distinctives qui lui sont propres et dont les valeurs restent toujours insuffisantes pour assurer une nette intellection de cette excellente création qu’est l’univers (Fahr al-Kâinât). Cela tout simplement parce que les impressions tirées de cet univers restent toujours faibles pour son intellection et sa perception. De même qu’il a toujours été impossible de vouloir enfermer un océan dans un verre, il en est de même pour une perception digne de Nûr-i Muhammadî.
Ici, la tentative d’interpréter la sublime personnalité de Rasûlullah à travers l’exemple de « l’océan dans le verre » ne représente qu’une fraction de notre perception. Nous allons tenter de ce fait de l’exprimer par extension :
Le personnage et la moralité émérites du Prophète
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), titulaire d’un bel exemple et d’une excellente biographie est une personne bâtie d’un corps béni et physiquement ordinaire. En effet, il faut souligner qu’il est impossible d’exprimer loyalement sa bonté et son excellente en termes et valeurs justes. Ainsi, l’Imam Qurtubî a dit :
« Le château de la beauté du Prophète Rasûlullah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n’a pas rayonné dans sa forme intégrale. Si sa beauté avait été exposée dans toute sa réalité, les ashabîs (ses fidèles) n’auraient pas eu cette inspiration inexhaustible de l’admirer. » 10
En réalité, entre le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et ceux qui étaient permanemment avec lui, à cause de leur pudicité, rares sont ceux qui ont pu apercevoir aux alentours la beauté de sa lumière.
Ceci nous a été raconté alors que Hazrat Abû Bakr (r.a) et Hazrat Omar (r.a) pouvaient regarder le Prophète face à face lorsqu’ils causaient ensemble, tandis que tous les autres Sahabas (Compagnons) avaient au même instant leurs regards fixés devant eux par politesse. Ces deux hommes privilégiés le regardaient en souriant et lui les complimentait en retour avec des sourires encore plus charmants. (Tirmidhî, Menâkub, 16/3668)
Dans cette situation, Amr ibn As (qu’Allah soit satisfait de lui), qui, à son époque, fit l’histoire lors de la conquête de l’Egypte, s’exprima ainsi lors de ses derniers instants :
«J’ai été très longtemps en compagnie du Prophète, mais en sa présence, et à cause du sentiment de réserve lié à la politesse et au respect que j’avais à son égard, je n’ai jamais pu lever la tête pour contempler la lumière de son visage béni. Croyez que je ne le pourrai pas si l’on me demande : ‘Apporte des descriptions nettes sur Rasûllullah. Allez ! Raconte !’» (Muslim, Iman, 192) 11
Le visage béni du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), doté d’une qualité alliant la confiance, la sérénité et l’inspiration, était le plus beau et le plus pur parmi tant d’autres. Lors de l’hégire de La Mecque à Médine, Abdullah ibn Salam (qu’Allah soit satisfait de lui), un ancien savant juif, fut accablé par la lumière et la signification profonde qu’il vit sur le visage du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Impressionné, il s’exclama :
« Une personne dotée d’un tel visage ne peut pas être un menteur. » Paré de cette conscience, il embrassa l’islam. (Tirmidhî, Qiyâm, 42/2485 ; Ahmed, V, 451)
C’est parce que la beauté, l’honneur et la grâce qu’il possédait étaient d’un degré si élevé que l’on n’avait besoin ni de miracle ni de preuve à l’égard de sa mission prophétique.
Lorsque le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n’aimait pas une chose, ce sentiment s’apercevait directement sur son visage, et dans le cas contraire, c’est-à dire lorsqu’il appréciait une chose, on y remarquait une satisfaction.
Son corps était animé d’une vive spiritualité, d’une forte décence et d’un acharnement très déterminé. Il est d’ailleurs impossible d’élucider la profondeur de miséricorde qu’il avait dans son cœur.
Il avait un visage rayonnant, de la commodité dans ses paroles, de la miséricorde dans sa démarche, de l’authenticité dans son langage, de la conformité dans ses expressions et une exceptionnelle rhétorique dans ses allocutions.
Il était d’un caractère sage et était très attentif aux propos injurieux. Jamais il n’eut de verbiage et de diffamation dans ses propos. Il parlait à chaque fois en fonction de la capacité de perception et de compréhension de chacun, de façon tendre et humble. Il n’a jamais semblé étrange dans ses éclats de rire ; il souriait en permanence.
Les personnes de mauvaise humeur se sentaient soulagés en sa présence et ceux qui dialoguaient et s’intégraient avec lui restaient toujours dans son affection.
Par ordre de mérite, il portait une déférence particulière pour les gens vertueux. Il honorait habituellement ses proches. De la même manière qu’il tenait de bonnes attitudes envers les Ahl al-Bayt et ses fidèles (ashab), il cultivait également des sentiments de miséricorde et d’amour envers tout le monde.
Il s’occupait précieusement de ses serviteurs. Pour cela, il partageait avec eux tout ce qu’il avait comme biens ; que ce soit en matière de vêtements ou de nourriture, il les mettait nécessairement à leur disposition.
Il était généreux et possédait de bons attributs de charité, de miséricorde et de compassion. Concernant sa générosité, il est à noter qu’il est impossible de l’évaluer dignement en sa juste valeur. Le degré de générosité du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était supérieur à quiconque bien qu’il fût lui-même dans le besoin.
Hazrat Djâbir (r.a) dans cette perspective a dit :
«Il n’a jamais dit non quand on lui demandait quelque chose.» (Muslim ; Fadaîl, 56)
Il était une personne qui rendait visite à ses proches. Il était d’une sublime moralité, se comportait de la plus belle manière envers les gens et était détenteur d’une pudicité éminente.
«Le Jour de la résurrection, il n’y aura dans la balance du serviteur de chose plus pesante que la bonne moralité. Allah le Tout-Puissant déteste celui qui commet des mauvaises actions et qui prononce de vilains mots. » (Tirmidhî, Birr, 62/2002)
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était honnête dans ses engagements et décisif dans ses promesses. Au sujet de la raison, de la moralité et de l’intelligence, il était le plus doué parmi tous les hommes et cependant très digne à toutes sortes de louanges.
Il était constamment sous de vives contemplations et ne parlait qu’en cas de nécessité. Son humeur emprunt de quiétude ne concernait pas que le court terme. En effet, il avait coutume d’achever coûte que coûte ses locutions lorsqu’il les commençait. Aucune de ses paroles n’a été laissée sans être accomplie. Il disait toutes les fois que dans un certain nombre de termes, il pouvait y avoir en même temps plusieurs significations (Cevâmiu’l-kelim). Ses paroles, il les prononçait d’une manière solennelle et très inspirée. Cependant, il n’a jamais été excessif ni d’ailleurs dans ses exigences. Malgré son caractère honorable, il persistait toujours dans des efforts de prestance et d’exhortation.
Il était irrité lorsqu’un acte désapprobateur ou violent était commis à l’égard de sa communauté. Lorsque cette dernière était outragée, cette irritation lui restait jusqu’à ce que cette offense ou violence fût neutralisée en son sein. En d’autres termes, il ne recouvrait la tranquillité qu’après l’exemption de son peuple. En revanche, il ne s’énervait jamais pour des raisons personnelles. Il ne se défendait ni ne se vengeait contre qui que ce soit et face aux polémiques qui le concernaient personnellement.
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n’entrait jamais dans une maison sans avoir obtenu la permission du propriétaire. Lorsqu’il rentrait chez lui, dans la maison du bonheur, il avait coutume de répartir son temps en trois périodes : la première était consacrée exclusivement à l’adoration d’Allah, la seconde était consacrée à sa famille, et la troisième était consacrée à sa personne. Durant ce temps dédié pour lui-même, il recevait toutes les personnes qui désiraient recevoir des détails sur certains points d’ordre religieux. Chacune d’entre elles recevait beaucoup de respect de sa part et il les honorait toutes selon leurs exigences.