Le Prophete D’amour
MUHAMMAD
LES BRISES DE SA COMPASSION
Osman Nuri Topbas
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Erkam Publications
Istanbul 2007/1428 H
E-mail: info@worldpublishings.com
Web site: http://www.islamicpublishing.net
Translator: Musa
Belfort, Adem Dereli, Meryem Yıldırım
Editor: Abdullah Sert
Le Prophete D’amour
MUHAMMED
LES BRISES DE SA COMPASSION
Istanbul 2007/1428 H
E-mail: info@worldpublishings.com
Web site: http://www.islamicpublishing.net
Traducteur: Musa Belfort, Adem Dereli, Meryem Yıldırım
Editor: Abdullah Sert
Table des matières
Comment a-t-il honoré le monde ?
SA VIE EXEMPLAIRE ET SA PLACE PARMI LES PROPHÈTES
Comment le Prophète fut-il perçu par les Polythéistes ?
LES TRAITS DE CARACTÈRE DU PROPHÈTE DE MISERICORDE
La pureté d’âme du Prophète de Miséricorde
L’humilité du Prophète de Miséricorde
La courtoisie, la compassion et l’altruisme du Prophète de Miséricorde
Sa conduite exemplaire parmi les gens
La courtoisie du Prophète de Miséricorde envers les indigents
L’éducation progressive des individus par le Prophète
La conduite du Prophète de Miséricorde envers les femmes
La conduite du Prophète de Miséricorde envers les animaux
La conduite du Prophète de Miséricorde envers les orphelins
Les conseils du Prophète au sujet des droits du voisin
La conduite du Prophète envers les criminels et les captifs de guerre
Son comportement envers les ennemis et les non Musulmans
La sincérité, l’honnêteté et l’intégrité du Prophète
La pudeur et la modestie du Prophète
La vie du Prophète Muhammad a été, d’une manière intentionnelle ou non, ignorée à bien des égards. L’aspect primordial de sa vie est, sans aucun doute, la miséricorde qu’il exerça. De nos jours, pour approcher le vrai sens de la miséricorde, les Musulmans et les non Musulmans ont besoin de savoir qu’il n’existe aucune autre figure dans l’histoire que celle de Muhammad et dont la vie est un véritable exemple. Ils ont besoin de savoir également que son exemple est toujours d’actualité au sein d’un monde dominé de plus en plus par l’individualisme et le monde matériel. Cet ouvrage est un appel pour remettre en valeur, non seulement nos relations sociales, mais également nos interactions avec notre environnement naturel, à travers une nouvelle visite approfondie de la vie exemplaire de celui qui demeure la miséricorde de toute l’humanité.
Le texte que nous proposons est une excellente introduction à la vie du Prophète Muhammad. Il est écrit par un célèbre auteur turc qui a dédié sa vie à apprendre, à pratiquer et à propager les enseignements du Prophète. L’auteur ouvre une humble fenêtre pour tous ceux qui désirent regarder fixement dans la vie d’un homme dont l’exemple est suivi par 1/5ème de la population mondiale. Aucune autre figure historique n’a autant influencé l’humanité et l’histoire humaine. Il enseigna l’une des plus importantes religions du monde, et posa durant sa vie les fondations de l’une des plus brillantes civilisations que le monde ait connu. Cependant, selon cet ouvrage, ce ne sont pas là les principales caractéristiques qui ont forgé la réputation du Prophète. Au lieu de cela, l’ouvrage démontre que la grandeur du Prophète Muhammad vient du fait qu’il mit en pratique les plus hauts principes moraux aussi bien dans sa propre vie qu’ au sein de ses relations sociales. De sorte qu’il toucha le cœur des pauvres, des nécessiteux et des opprimés, en étant capable de les élever jusqu’au niveau d’enseignants pour toute l’humanité. Son amour, sa compassion et sa miséricorde englobèrent non seulement les êtres humains mais aussi les animaux et les planètes. Il fut un prophète remarquable pour lui-même et pour l’amour qu’il manifesta à l’égard de tous.
Dans le Saint Coran, Allah qualifie le Prophète comme << Miséricorde pour les Mondes >>. Le monde des hommes est simplement l’un des mondes crée par Allah << le Seigneur des Mondes >>. L’éternelle compassion d’Allah qui se nomme Lui-même << le Plus Compatissant >> et << le Plus Miséricordieux >> s’est manifestée dans la vie de Son Messager. Cette compassion n’avait jamais diminué lors des actions visant à conquérir l’Arabie et battre ses ennemis. Bien au contraire, même ses ennemis bénéficièrent de sa miséricorde en maintes occasions comme l’Histoire l’a rapporté. Jamais il n’usa de violence sur un enfant, un esclave ou une femme et prohiba énergiquement un tel comportement. Jamais il ne refusa son assistance.
Aimer le Prophète Muhammad est une part de la foi musulmane. Tous les musulmans sont tenus d’aimer Allah et Son Messager. Sans l’expression de cet amour, la foi devient lésée et leur amour pour Allah et Son Messager doit se situer au dessus et au-delà de toute chose. Ceux qui professent l’islam doivent manifester leur amour et leur respect à l’égard du Prophète Muhammad en l’honorant à chaque fois que son nom est mentionné par la maxime : << Que la paix soit sur lui >> traduit en langue arabe par << Sallallahu ‘alayhi wa salam >>. C’est en effet l’une des parties des convenances lorsqu’on mentionne son nom. Quiconque entreprend d’étudier sa vie sentira cet amour grandir naturellement dans son cœur et le remplir intégralement.
L’auteur, Osman Nuri Topbas, vit à Istanbul. Il a reçu à la fois une éducation traditionnelle et moderne. Il a écrit de nombreux ouvrages traitant des divers aspects de l’islam en tant que religion et civilisation. Le sujet revenant le plus souvent dans ses écrits fait place davantage à l’importance de la miséricorde, de l’amour mais aussi de la nécessité d’améliorer sans cesse nos relations sociales exprimant ainsi la véritable signification d’une vie spirituelle authentique. Cet ouvrage fut écrit dans un climat d’amour à l’égard du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et reflète cette miséricorde en exprimant les traits les plus distingués de sa vie du point de vue de sa moralité. Il est destiné à guider vers la civilité et le raffinement du cœur et concerne également tous ceux qui désirent obtenir le bonheur dans ce monde et dans la Vie Future.
Les informations présentées dans cet ouvrage ont été collectées à partir de sources incontestables venant de savants reconnus et mentionnées en bas de page. Les propos du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ont été choisis en fonction de l’authentique collection de hadiths. Pour ceux qui désirent obtenir plus d’informations, les sources arabes ont été notifiées.
Nous avons le profond sentiment que cet ouvrage remplira un vide dans le milieu littéraire relatif à la vie et l’œuvre du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) en y apportant, de toute évidence, la dimension la plus oubliée de sa vie : sa miséricorde.
Nous avons besoin de reconnaître la nécessité du dialogue entre les civilisations et les religions et c’est la raison pour laquelle l’appel d’Allah consistant à étendre Sa Miséricorde à travers Son Messager Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) doit faire écho dans le cœur de ceux qui désirent suivre les traces de ses pas. Il n’y a pas de meilleure source de miséricorde que ces individus choisis par Allah pour guider l’humanité.
(Qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix)
Salutations à Muhammad Mustafa, Miséricorde aux mondes des humains et des djinns!
Salutations à Muhammad Mustafa, Messager aux mondes des humains et des djinns!
Salutations à Muhammad Mustafa, Imam des deux sanctuaires saints de la Mecque et de Médine !
Salutations à Muhammad Mustafa, grand-père de Hasan et de Husayn!
Allah Le Très Miséricordieux embrassa le monde par Sa miséricorde. Il accorda aux êtres humains le rang le plus éminent provenant de Sa mansuétude et de Sa compassion. Allah dota également l'humanité des attributs la rendant ainsi qualifiée pour tenir une telle position. Cette position distinguée est cependant insuffisante pour permettre aux humains d’atteindre la Vérité sans l’intervention divine.
Allah leur accorda des bénédictions divines comme la raison et l'intuition. En outre, un autre présent fut rajouté à ces derniers, sous forme de recommandations, par l’intermédiaire des messagers d'Allah. Ainsi, l'appui divin apporté aux humains pava, de la manière la plus parfaite, le chemin qui mène vers Allah. Le repère absolu de cette aide divine était la lumière de Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), le dernier des prophètes, dont la présence physique en notre monde (en tant que messager) fut un cadeau à toute l'humanité.
Comment a-t-il honoré le monde ?
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix)) a vu le jour un lundi, le douzième jour du mois lunaire Rabi al-Awwal, correspondant au 20 avril 571. Il est né juste avant le lever du soleil.
Par sa naissance, la miséricorde divine inonda ce monde. Les couleurs du matin et de la nuit changèrent ; les sentiments devinrent plus profonds. Les mots, les amitiés et les plaisirs s’ouvrirent à l'infini. Tout gagna une nouvelle signification et acquit une nouvelle joie. Les idoles furent secouées et brisées. Dans Madayin, la terre des rois glorieux de l'Iran, des palais et les tours furent détruits. L'eau du lac Sava recula, les eaux boueuses de l'oppression commencèrent à disparaître. Les cœurs furent inondés par la Miséricorde et la Bénédiction divine. Car cette apparition survenant dans le temps et l’espace terrestre fut la première bénédiction de la manifestation du dernier prophète.
Le père du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était allé à Damas pour raisons commerciales. En revenant de ce voyage, il décéda à Médine, deux mois avant la naissance de son enfant.
Suivant la coutume arabe, l'enfant béni resta auprès de sa nourrice, Halima, pendant quatre années.
Lorsqu’il atteignit l'âge de six ans, sa mère Amina prit Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et Umm Ayman, la domestique de la famille et se rendirent à Médine afin de rendre visite à la tombe de son défunt mari. Elle perdit la vie après une maladie fulgurante à l’endroit appelé Abwa. Un poète a décrit cet évènement :
Ô défunte endormie à Abwa !
A Fleuri dans ton jardin
La plus belle rose du monde...
Ainsi, Muhammad, (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) devenu orphelin, repartit à la Mecque en compagnie d’Umm Ayman.
À l'âge de huit ans, il perdit son grand-père, Abd al-Muttalib, et peu après, son oncle Abû Talib, qui l'avait tant défendu de manière dévouée. Ainsi, tous ses défenseurs avérés n’étaient plus de ce monde. Après cela, le Seigneur devint son unique enseignant et protecteur. En fait, ces expériences de deuil, durant la période la plus fragile de sa vie, lui ont permis, par la suite, de devenir un exemple parfait pour l'humanité.
Ayant été orphelin, son enfance et sa jeunesse s’étaient déroulées dans la chasteté et la moralité la plus élevée, jetant ainsi les bases d’un avenir lumineux.
*********
Lorsqu’il atteignit l'âge de vingt cinq ans, Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) prit pour épouse Khadîdja (qu‘Allah soit satisfaite d’elle), une femme notable de la tribu de Quraysh. La noble Khadîdja fut une source de soutien pour Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) ; elle mit sa vie et sa richesse à son service. Khadîdja, de quinze ans plus âgée que Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), était veuve et mère de plusieurs enfants. Leur relation maritale est restée exemplaire pour le monde entier.
Quand il se sentait seul dans sa lutte, elle était toujours à ses côtés pour le soutenir. Ainsi, lorsqu’il reçut la première révélation dans une caverne de la montagne Hira, il fut secoué par l'énorme responsabilité qui lui avait été donnée par Allah. Effrayé, il retourna immédiatement chez lui.
<< Ô Khadîdja ! Qui me croira ? >>
Cette épouse bénie lui répondit :
<< Par Allah ! Allah ne t’abandonnera jamais car tu prends soin de tes proches, tu épaules le fardeau de ceux qui ne peuvent pas le porter eux-mêmes, tu es charitable envers les pauvres et tu leur fais gagner ceux que personne ne leur fait gagner. Tu fais bon accueil aux invités. Tu aides les personnes sages en difficulté...
Ô Messager d'Allah ! Moi, je t’accepte et je le confirme.
Invite-moi en premier lieu au chemin d'Allah! >> [1]
Ainsi, elle eut l’honneur d’être la première croyante et son premier défenseur.
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n'a jamais oublié son amour profond, son raffinement et sa bonté. Même après sa mort, toutes les fois qu'un sacrifice a été accompli, il a toujours envoyé une partie de la viande à ses proches. [2] Ici encore, il nous montre à quel point ses faits et gestes sont empreints d’une bonté inégalée.
L’union de Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et de Khadîdja dura vingt quatre années, une période qui coïncide avec la jeunesse où l’énergie est la plus élevée. Après la mort de Khadîdja, le Prophète de l’islam prit plusieurs épouses dont la plupart étaient plus âgées que lui ou veuves. Une seule fit exception : Aïcha (qu’Allah soit satisfaite d’elle), que le Prophète épousa alors qu’elle était jeune. Cette union devait également confirmer l'intimité entre le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et Abû Bakr (Qu’Allah soit satisfait de lui), qui était "le second des deux" dans la caverne de Thawr, comme rapporté dans le Coran. [3]
Aïcha avait saisi les ouvertures religieuses des femmes avec intelligence et prévoyance. Après le décès du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), elle voua le reste de son existence à éclairer les hommes et les femmes de sa profonde connaissance. Son savoir constituera l’une des bases solides de la pensée islamique. Ce témoignage illustre le rôle d’Aïcha durant sa vie : Abû Musa al-Ashari, un des principaux compagnons du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit : << En tant que compagnons du Prophète, nous avons demandé l’avis d’Aïcha toutes les fois où nous devions faire face à une question concernant n'importe quel hadith, et nous avons toujours trouvé la connaissance satisfaisante dans ses réponses. >> [4]
***
Le prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) fut élevé au rang de la prophétie à l'âge de quarante ans, après avoir mené une vie pure au cours de sa jeunesse et une vie de famille exaltante. Six mois avant sa quarantième année, Allah le Tout-Puissant lui ouvrit, semblable à une école divine, la caverne de Hira près de la Mecque.
C’est dans cette grotte que le futur Messager passe de longs moments de méditation, où son éducation sacrée se poursuit en secret. Il y est instruit des choses éphémères et éternelles. Les six premiers mois qui ont précédé la révélation ont été essentiellement constitués de rêves prémonitoires (c'est-à-dire de vrais rêves, de rêves justes), messages inaccessibles à l’intelligence humaine. En vérité, << Hira >> ressemble à la germination d’une graine sous la terre, mais c’est l’histoire éternelle d’un lieu de formation pour toute l’humanité. Le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), poussé par le verbe de la clémence, se réfugia à cet endroit pour apaiser son cœur attristé par la perversion et la pauvreté de la communauté. En réalité, cet endroit, situé bien loin de tous les regards, préparait le Prophète à recevoir la parole divine. La révélation n’aurait pu être reçue que par un être pur et digne ; une personne ordinaire n’aurait pu supporter cette charge très lourde.
A quarante ans révolus, il reçut la visite de l’Archange Gabriel (que la paix soit sur lui) qui lui transmit, par ordre divin, sa mission de guide ainsi que le sceau de la prophétie : << Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé ! >> (Coran, Alaq, 96/1-2)
La vie du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) fut remplie de ces manifestations d'honneur venues du ciel, des marques d’honneur dont aucun prophète venu précédemment n’a pu bénéficier. Allah le Très-Haut fut le seul à le nommer " Mon aimé " (Habib). De même, il a été le seul à être béni par le Mi’raj (c.-à-d., l'ascension au Trône d'Allah). [5]
Ceux qui ne pouvaient regarder ce monde par la fenêtre du coeur ont constitué la foule malheureuse qui, menés par Abû Jahl et Abû Lahab, les deux principaux ennemis de l'islam à la Mecque, ont repoussé le Prophète et son message.
Lors de son ascension à Jérusalem (la fameuse nuit du Mira’j), il eut le suprême honneur de guider la prière en compagnie de tous les prophètes précédents. De la même façon que Moïse reçut le secret de " len terâni "[6] , Muhammad reçut, comme don de Dieu, la prière, source de miséricorde pour toute sa communauté : "qaba qawsayni aw adna"[7]. Dans sa religion, l'islam, la salat (prière), a été offerte à sa Umma (la communauté) comme bénédiction et point d'union entre l’orant et Allah.
*********
Après treize années d'efforts pour guider son peuple, alors qu’il était sur le chemin de l’Hégire, Muhammad (qu’Allah le bénisse et le salue) fut mené vers une autre caverne dont le nom est Thawr. Cette étape lui a permit de se noyer dans les secrets d'Allah et de perfectionner son coeur. Muhammad resta dans cette caverne pendant trois jours et trois nuits, en compagnie d’Abû Bakr, un riche notable qui consacra son existence et sa fortune à la cause de l’islam ; mais il fut surtout l’homme dont la foi a pesé davantage que celle de tout le reste de la communauté du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Abû Bakr eut ainsi l'honneur de demeurer dans cette caverne en compagnie du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Il fut ainsi << le second des deux >> ; Le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’adressa à son ami en ces termes :
"Ne t'afflige pas, car Allah est avec nous." (Coran, Tawba, 9/40). Il lui enseigna la façon d’être avec Allah (mai'yyah) dans l’invocation secrète (dhikr), et comment chercher l’apaisement du coeur en l’ouvrant à Allah. En d'autres termes, la caverne de Thawr fut le lieu de l'éducation primaire du cœur ; c'est le coeur qui permet à un serviteur d’Allah d’accéder au ciel illimité des secrets.
Le séjour dans cette caverne fut également la première station de ce voyage sacré ainsi que le premier lien de la chaîne d'or qui durera éternellement, parce que la foi prend sa puissance dans l'Amour. L’amour envers le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) constitue l’étape fondamentale du voyage spirituel vers le Créateur. Le seul chemin par lequel on peut accéder à la bénédiction d'Allah est celui qui suit l’exemple prophétique. La loi de l'amour commande d'aimer non seulement l'aimé lui-même, mais également tous ceux qui l’aiment.
L'histoire suivante aura, nous le croyons, un impact sur chaque cœur, selon ses horizons et ses possibilités :
Abû Bakr as-Siddiq (le véridique) renouvelait sa joie et son plaisir par l’amitié qu’il éprouvait pour le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et par les conversations qu’il pouvait avoir avec lui. Il était au courant de ses secrets les plus intimes et il était béni par sa compagnie régulière.
Lorsqu’il entendit la parole du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) disant : << Je n’ai jamais tiré profit d’aucun bien de qui que ce soit excepté celui d'Abû Bakr >>, ce dernier fondit en larmes et répondit : << Moi même et mes biens ne sommes nous pas pour toi, Ô Prophète d’Allah ? >> [8]
En disant cela, il prouva qu’il s’était totalement voué, avec tous ses biens, à Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et qu’il s’était annihilé en lui. (Cet état est appelé << fana fir- rasûl >> dans la mystique musulmane).
Abû Bakr dépensa toute sa richesse sur le chemin du Prophète. D'ailleurs, quand le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait dit : << Aidez les combattants ! >>Abû Bakr lui apporta tous ses objets de valeur. Quand il lui a demandé :
<< Qu’as-tu laissé à ta famille et à tes enfants ? >> Il répondit avec l’enthousiasme de la foi : << Allah et son Prophète ! >>
Muawiyah ibn Abû Sufyan a dit au sujet d'Abû Bakr : << Le monde n'a pas voulu d’Abû Bakr et lui-même n’a pas voulu du monde... >> [9]
Il convient de noter que le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), inquiet pour la famille d'Abû Bakr, n'a cependant jamais voulu qu'ils vivent dans la misère. La libéralité d’Abû Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) ainsi que toute sa richesse ont constitué une circonstance exceptionnelle parmi les compagnons. Cela est dû au fait qu'Abû Bakr et sa famille usèrent de patience et que chacun possédait également une foi puissante en Allah.
Ce qu’il y avait de commun entre ces deux voyageurs, c’était l’aide et le soutien qu’ils détenaient d’Allah. Les incrédules qui les recherchaient n’ont vu qu’une toile d’araignée lorsqu’ils étaient devant l'entrée de la caverne de Thawr où nos deux voyageurs se cachaient. En effet, après que le Prophète et Abû Bakr fussent entrés dans la caverne, une araignée tissa une toile à l'entrée de la caverne ; ceci trompa les incrédules, pensant qu'il n'y avait personne à l'intérieur. Comme le poète Arif Nihat Asya l'a dit:
La toile d’araignée n'était pas dans le ciel,
Ni dans l'eau, ni sur la terre ;
Elle était devant les yeux aveugles à la Vérité.[10]
Ces deux précieux voyageurs, étant sous protection divine, atteignirent Quba près de Médine ; ils y étaient impatiemment attendus. Enfin, ils étaient parvenus au but et une atmosphère de joie et de bonheur régnait au-dessus de la ville entière.
Le chant ardent de "Tala'al-badru 'alayna" (La pleine lune s'est levée sur nous) provenant des collines faisait écho dans le ciel et exaltait les coeurs. C’était le douzième jour de Rabi al-Awwal et un nouveau calendrier fut institué pour la postérité. Tous les événements qui se produiront ensuite allaient être datés à partir de ce jour.
Depuis ce jour, Médine est devenu le centre et le miroir de la diffusion et du développement de l'Islam. Avec l’Hijra (l’Hégire), le visage foncé de l'incrédulité (kufr) pâlit. La Mosquée du Prophète à Médine et la Mosquée de Quba acquirent une signification de sublimation et resteront des lieux saints et des lieux de mémoire associés à cet Hijra béni.
Les Ansars (les secoureurs) proposèrent leurs richesses aux Muhajiruns (les Emigrés) disant : << Voici ma richesse ; tiens, voici la moitié pour toi >>. Les bases de la fraternité islamique, que nous établissons avec difficulté par nos formes limitées d'actes charitables, furent ainsi établies. Ainsi donc, Médine devint un lieu immortel dans l'histoire islamique. Ce fut à Médine que l'Adhan[11], le Ramadan, l'Aïd, et la Zakat firent partie intégrante de la vie islamique ; et ce fut également à Médine que les grandes batailles historiques ont eu lieu. Toutes ces pratiques et tous ces événements ont constitué des exemples idéals pour les générations futures.
La bataille de Badr illustre le fait qu’elle fut la première résistance des croyants face aux infidèles, ayant pour résultat le triomphe de l’islam. La solidarité religieuse remplaça la solidarité tribale traditionnelle. Par exemple, Abû Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) combattit son fils, Abû Ubayda ibn Jarrah (qu’Allah soit satisfait de lui) combattit de même son père, Hamza (qu’Allah soit satisfait de lui) s’est tenu face à face dans la bataille contre son frère. En outre, la vérité la plus élevée (Haqq Taala) y envoya une armée d’anges. Ces derniers qui participèrent à cette ferveur sensationnelle acquirent un plus grand honneur que les autres anges qui n’y participèrent pas. Après cette victoire éclatante, Allah le Très-Haut révéla le verset suivant pour protéger les croyants de tout orgueil :
<< Ce n'est pas vous qui les avez tués : mais c'est Allah qui les a tués. Et lorsque tu lançais (une poignée de terre), ce n'est pas toi qui lançais : mais c'est Allah qui lançait, et ce pour éprouver les croyants d'une belle épreuve de Sa part ! Allah est Audient et Omniscient. >> (Coran, Anfal, 8/17)
La bataille d'Uhud, qui suivit celle de Badr, fut marquée par la mort cruelle de Hamza. Le nombre des martyrs, y compris Hamza, atteignit soixante-dix hommes. Des prières funèbres (Salat al-janaza) furent accomplies pour dix martyrs à la fois. Lorsque neuf d’entre eux étaient enterrés, Hamza était le dixième individu et fut ainsi inclus dans toutes les prières funèbres. A plusieurs reprises, des prières ont été accomplies en faveur de Hamza. N'oublions pas que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) portait un amour profond pour son oncle, à tel point qu’il se référait toujours à lui et qu’il composait une partie de son cœur.
La bataille d’Uhud exposa d’épouvantables scènes d’afflictions. Toutes les phases de la vie incarnant le bonheur ou la tristesse furent vécues selon la vertu de l’obéissance. Tous demeurèrent dans une soumission parfaite, une confiance sans pareil et un plein consentement envers la divine destinée. Ceci signifiait la marque de la foi portée à son niveau le plus élevé.
En outre, un évènement qui fit trembler cieux et terre se produisit ; deux anneaux du bouclier du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) percèrent sa joue et lui cassèrent une dent. A ce moment, tous les compagnons furent noyés dans une douleur profonde.
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) essuya le sang sur son visage et ne le laissa pas choir sur le sol car il craignait que ce sang aurait pu apporter la colère d'Allah sur la terre. Ce fut également pour cette raison qu'il chercha refuge auprès d’Allah, en priant :
<< Ô Allah ! Ma communauté est ignorante à ton sujet. Elle ne sait pas. Veuille la conduire dans le droit chemin ! >> [12]
Plus tard, Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) interrogea Djibril (l’Ange Gabriel : sur lui la paix) :
<< Avant, toutes les fois que tu descendais du ciel, as-tu vécu des moments difficiles et éprouvants ? >>
Gabriel lui répondit :
<< Oui, en quatre circonstances précises, et il détailla ces dernières :
La première fois, quand Abraham (que la paix soit sur lui) fut jeté dans le feu.
La deuxième fois, quand Abraham (que la paix soit sur lui) mit le couteau sur la gorge de son fils Ismaël.
La troisième fois quand Joseph (que la paix soit sur lui) fut jeté au fond d’un puit, j’étais descendu sur terre avec beaucoup de précipitation et d’émotion afin de répondre à l’ordre du Très Haut et de le sauver.
La quatrième fois est celle du jour d’Uhud lorsque les incroyants te cassèrent une dent, Dieu le Très Haut me donna cet ordre :
<< Rejoins mon Envoyé ! Que son sang ne tombe pas sur le sol ! Si le sang de mon Bien-aimé tombe sur le sol, je jure par Ma grandeur que jamais plus un arbre ou une quelconque végétation ne poussera sur terre ! >>
Cette fois, j’étais fort ennuyé mais j’ai fait en sorte que ton sang reste dans l’atmosphère.
La bataille d'Uhud avait fourni de telles scènes saisissantes et les compagnons du Prophète (Ashab) l'avaient suivi sans réserve. Ils lui dirent :
<< Ô Messager d'Allah ! Nous croyons en toi. Nous avons accepté avec la plus grande sincérité le Coran que tu nous as apporté d'Allah ; et nous avons fait un engagement avec toi où nous nous engageons à t’obéir et à te suivre. Agis comme bon te semble, donne nous tes ordres ! Nous serons toujours avec toi ! Par Allah qui t’a envoyé vers nous, si tu entres dans la mer, nous y entrerons également avec toi. Aucun d’entre nous ne s'abstiendra de faire ainsi... >> [13] Lorsqu’ils eurent terminé de prononcer ces mots, l’allégresse de leur foi était à son comble.
Cependant, au cours de la bataille d'Uhud, un seul moment de négligence et de désobéissance à un ordre du messager d'Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), ainsi qu’une légère inclination vers des gains matériels changèrent la destinée de cette bataille. L’avertissement divin s'était manifesté et a causé le retardement de la victoire.
La montagne d’Uhud possède, dans le coeur du Messager d'Allah (qu’Allah le bénisse et le salue), une place à part, car il n’a eu de cesse durant toute sa vie de continuer à visiter cette montagne et les martyrs qu’elle renferme. Il avait l'habitude de dire à plusieurs reprises : << Nous aimons Uhud et Uhud nous aime ! >> [14] Ces mots ont honoré ce lieu, connu pour les tombes de ses martyrs et pour la place particulière qu’il occupait dans son cœur. La montagne d’Uhud restera un lieu de visite pour toute la communauté musulmane car elle fut mouillée par l’humidité de ses propres larmes et de l’amour qu’il porta pour elle.
***
Lors de la bataille de Khandaq (les tranchées), le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) brisa une énorme roche que les compagnons n’avaient pu briser. Au premier choc, il disait avoir vu le palais de César ; au second choc, il disait avoir vu le palais de Kisra le roi de Perse et au troisième choc, il disait avoir vu l'effondrement des palais de Sana au Yémen. Le Prophète traça la carte géographique de sa future communauté en injectant, de ce fait, l'espoir d'un triomphe dans les coeurs des croyants. Il transmit la bonne nouvelle que la vérité régnerait sur le mensonge et dessina la carte universelle de la voie du salut où, l’un après l’autre, tout ce qui semblait impossible à réaliser devint possible.
La bataille de Khandaq fut extrêmement éprouvante et épuisante à cause notamment de la faim, du froid et de l’obscurité. Le Messager d'Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) pria en ces termes:
<< Ô Allah, la véritable vie est celle de l’Au-delà ; veuille pardonner aux Secoureurs et aux Emigrés ! >> [15]
Ainsi, dans ces prières, il expliquait que toutes les douleurs et les fatigues de ce monde sont insignifiantes lorsqu’elles sont comparées avec l'infini de l’Au-delà, et il présentait la Vie Future comme une finalité.
***
Les victoires se succédaient. A la Mecque, l’alliance de Hudaybiya annonçait une bonne nouvelle : celle de la paix et de la sécurité. Les conversions se multipliaient et la victoire ouvrait ses bras à ces autochtones mecquois. La souffrance, l’oppression, les injustices prirent fin. La tristesse des années s’était métamorphosée en joie. Grâce à cette paix, une page importante de l’histoire s’était levée car beaucoup d’assassins et de criminels ont pu trouver la voie de l’islam.
Muhammad, << le secret de la création >> (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), retrouvait enfin sa ville natale. Parmi ses compagnons, on entendait dire :
<< Dorénavant l’Envoyé d’Allah restera ici et ne retournera plus à Médine car il a ouvert les portes de La Mecque. >>
Ce sont les Ansars qui s’exprimèrent ainsi entre eux mais l’Envoyé d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) eut vent de leur intention. Les Ansars, confus, ne purent voiler leur inquiétude et Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) leur dit :
<< Qu’Allah me préserve de faire une telle chose ! Ma vie et ma mort vous accompagnent ! >>
Et ils retournèrent tous à Médine.
En définitive, le dernier verset fut révélé au cours du pèlerinage d’adieu. La religion fut complétée, parachevée. Cela signifiait aussi que l’Envoyé d’Allah avait terminé sa mission et que sa fin approchait, c'est-à-dire qu’il était temps pour lui de retourner auprès d’Allah. Muhammad << la lumière de la création >> (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) demanda à ses compagnons :
<< Ô mes compagnons, ai-je transmis ?...
Ai-je transmis ?...
Ai-je transmis ?...
Il les questionna trois fois de suite et obtint leur approbation.
Ensuite il leva ses mains au ciel et sollicita l’attestation divine :
<< Sois témoin ô Allah !...
Sois témoin ô Allah !...
Sois témoin ô Allah !... >> [16]
Ainsi, ce dépôt divin qui se concrétisa en l’espace de vingt-trois années fut donné, en guise de miséricorde, à la communauté future jusqu’à la fin des temps.
***
Selon le calendrier prophétique, Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) fut d’une part le premier car son âme fut créée avant celle d’Adam, et d’autre part le dernier, car sa mission prophétique fut accomplie après la venue de tous les prophètes qui l’ont précédé. Selon l’échelle du temps, il fut le dernier et, selon l’échelle de la création, il fut le premier. En d’autres termes, le calendrier de la prophétie débuta avec << la lumière de Muhammad >>, et la dernière page prit fin avec l’existence physique de Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix).
On peut ainsi faire la déduction suivante :
Adam (que la paix soit sur lui) : celui devant lequel les anges durent se prosterner ;
Idris (que la paix soit sur lui) : celui qui tenait les secrets des cieux ;
Noé (que la paix soit sur lui) : celui qui purifia la terre par le déluge ;
Hud (que la paix soit sur lui) : celui qui retourna par des orages le pays de ceux qui ont renié ;
Salih (que la paix soit sur lui) : celui qui secoua les bases des maisons de la désobéissance et de la rébellion ;
Abraham (que la paix soit sur lui) : celui qui transforma, grâce à sa confiance et sa soumission, les feux de Nemrod en jardin de roses ;
Ismaël (que la paix soit sur lui) : symbolisé par sa pureté, sa sincérité, sa confiance et sa soumission. Celui dont le vécu sera rappelé aux croyants durant les rites du pèlerinage jusqu'au Jour du Jugement ;
Isaac (que la paix soit sur lui) : celui qui engendra les prophètes d’Israël ;
Lot (que la paix soit sur lui) : le prophète de Sodome et Gomorrhe. Ce peuple, qui occupe désormais sa place dans les déchets de l’histoire à cause de sa transgression et le fruit de son mauvais comportement, se trouve ainsi enseveli dans les profondeurs de la terre ;
Zulkarnayn (que la paix soit sur lui) : celui qui porta la torche du Tawhid (foi dans l'unicité de Dieu) d’est en ouest ;
Jacob (que la paix soit sur lui) : celui qui brûla d’amour et de nostalgie en devenant ainsi un bon serviteur par le biais de la patience ;
Joseph (que la paix soit sur lui) : celui qui connut un certain temps l’esclavage puis la solitude au fond d’une prison. Il goûtât à la souffrance, à la douleur, aux difficultés consécutives aux abstinences et à l’éducation de l’âme bestiale. Il devint roi de l’Egypte et des cœurs, flétrissant, par son visage, la lumière de la lune ;
Jethro (que la paix soit sur lui) : celui qui, par son éloquence, amena les cœurs dans un état d’extase. On le surnomma : << l’orateur des prophètes >> ;
Khidir (que la paix soit sur lui) : celui qui enseigna les secrets divins à Moïse ;
Moïse (que la paix soit sur lui) : celui qui détruisit l'hégémonie du Pharaon et qui ouvrit à ses compagnons un chemin dans la Mer Rouge ;
Aaron (que la paix soit sur lui) : celui qui aida son frère Moise (que la paix soit sur lui) à tout moment et en tout lieu ;
David (que la paix soit sur lui) : celui qui plongea dans l’amour divin les montagnes, les pierres et les animaux sauvages grâce à ses prières (dhikr) ;
Salomon (que la paix soit sur lui) : celui dont le coeur refusa d'assigner n'importe quelle valeur à son royaume glorieux ;
Uzayr (que la paix soit sur lui) : celui qui ressuscita cent ans après sa mort, devenant ainsi un symbole de résurrection avant le Jour du Jugement, et préfigurant la Résurrection dans l’Au-delà ;
Job (que la paix soit sur lui) : celui qui devint la meule de la patience ;
Jonas (que la paix soit sur lui) : celui qui surmonta l'obscurité en allant au plus profond de l’invocation (dhikr), de la supplication et de la pénitence ;
Elie (que la paix soit sur lui) : celui qui atteignit les bénédictions divines lorsqu’il fut salué par Allah: << Paix et salutation à Elie et aux siens" (Coran, Saffat, 37/130) ;
Elisée (que la paix soit sur lui) : celui qui fut élevé au-dessus des mondes ;
Ezéchiel (que la paix soit sur lui) : le prophète pieux, comblé par la miséricorde divine ;
Luqman (que la paix soit sur lui) : reconnu pour ses conseils plein de sagesse, le maître des médecins spécialiste des maladies apparentes et cachées ;
Zacharie (que la paix soit sur lui) : le prophète opprimé, celui qui ne se plaignit point lorsqu’on le scia en deux, protégeant ainsi sa confiance et sa soumission en Allah ;
Jean-Baptiste (que la paix soit sur lui) : celui qui mourut martyr comme son père ;
Et le merveilleux et exalté Jésus (que la paix soit sur lui) : celui qui fut élevé vers les cieux, dont les qualités particulières incluaient la purification de l’âme, la guérison des malades et la résurrection des morts. Celui qui trouva refuge auprès d’Allah au moyen de la supplication.
En résumé, les cent vingt mille prophètes et plus ont bénéficié d’une chronologie successive selon la volonté divine. Chacun d’entre eux bénéficia également d’une vocation particulière et inattendue ; à l’image de nuages printaniers et chargés de pluie se déversant par nécessité sur la terre. Cette chaîne prophétique, chargée de bénédictions et en état de guidée lumineuse, avait le vif désir d’annoncer la bonne nouvelle du Prophète Muhammad Mustafa : celui qui allait devenir miséricorde pour le monde entier.
Ibn Abbas relate :
<< Allah créa notre mère Eve à partir de la côte d’Adam. Celui-ci dormait et lorsqu’il se réveilla et vit la belle Eve aux traits fins ; son cœur se pencha vers elle et il tendit sa main. Les anges s’exclamèrent : << Ô Adam, ne la touche pas ! Ton mariage n’a pas encore été célébré ! >> Par la suite, leurs noces furent célébrées. La condition de la dot fut définie par l’acte de prononcer consécutivement à trois reprises les salutations sur le Prophète Muhammad Mustafa (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Ainsi sont apparues l’institution du mariage et la vérité concernant Muhammad. Avec l’accomplissement de la prière sur le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), le mariage gagna un sens céleste et s’embellit de miséricorde, de bénédiction et de lumière divine. >>
D’après Omar (qu’Allah soit satisfait de lui), Adam (que la paix soit sur lui) demanda à Allah :
<< Ô mon Seigneur ! Pour le droit de Muhammad, je Te demande de me pardonner. >>
En effet, quelques temps après la faute involontaire qui lui causa sa sortie du Paradis, il sollicita le pardon d’Allah en mettant en avant le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix). Allah lui répondit :
<< Ô Adam ! Comment as-tu connu Muhammad alors que Je ne l’ai pas encore créé (physiquement) ? >>
Adam dit alors :
<< Ô Seigneur ! Lorsque Tu m’as créé par Ta puissance et insufflé de Ton esprit, j’ai levé la tête et j’ai vu inscrit sur les piliers de Ton trône la phrase << Lâ ilaha illâllah Muhammad Rasûlullah >>. J’ai réalisé à ce moment que Toi, Tu as rajouté à Ton Nom celui de l’être le plus aimé. >>
Après qu’Adam (que la paix soit sur lui) eût dit ses paroles, Allah lui répondit :
<< Tu as dit la vérité Ô Adam ! Certes il est Ma créature la plus aimée. Lorsque tu M’invoqueras, invoque-Moi par son droit ! Je t’ai pardonné ! Sache que si Muhammad n’existait pas, Je ne t’aurais pas créé. >>
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Selon nos sources, l’une des nourrices du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était une femme qui possédait un grand privilège. Son nom était Suwayba. Cette femme était l’esclave d’Abû Lahab, l’ennemi juré du Prophète. Lorsque Suwayba annonça à Abû Lahab qu’il venait d’avoir un neveu, celui-ci, à cause du lien de parenté qui l’attachait à cette naissance, l’affranchit aussitôt. L’expression de sa joie a suffit pour alléger son châtiment les nuits de lundi.
On raconte que la nuit suivant sa mort, on vit Abû Lahab en songe et on lui demanda :
<< Ô Abû Lahab ! Comment vas-tu ? >>
<< Je suis en Enfer ! répondit-il, en train de subir mon châtiment. Cependant, on allège ma peine toutes les nuits de lundi. Ces nuits-là, je suce entre mes doigts et de l’eau sort de ces endroits. Je bois de cette eau et cela me rafraîchit car c’est ce jour de lundi que Suwayba est venue m’annoncer la naissance du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et moi je l’avais affranchie. En contrepartie, Allah, chaque nuit de lundi, fait un geste à mon égard en allégeant mon châtiment. >>
Ibn al-Jazari a dit :
<< Un non-croyant tel qu’Abû Lahab a tiré bénéfice de cet acte en exprimant sa joie à l'occasion de la naissance du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), quoiqu'elle ait été mêlée aux sentiments tribaux. Par analogie, imaginez quelles seront les récompenses et les bénédictions divines accordées aux croyants qui, à cause de leur respect pour cette nuit, ouvrent leur coeur à la Fierté éternelle du monde (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) et leur table aux invités... >>
La manière appropriée de célébrer la naissance du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) est d'organiser des conférences et des entretiens (sohbets) qui rallumeront les lumières éteintes des coeurs pendant ce mois où il est né.
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Cet orphelin était illettré parce qu'il n'avait jamais pris de leçons, pourtant il est venu en tant que sauveur de toute l'humanité, interprète du monde invisible et enseignant à l'école de la Vérité.
Moïse (que la paix soit sur lui) apporta des règles et des lois. David (que la paix soit sur lui) s’est différencié par sa capacité à réciter des supplications et des invocations. Jésus (que la paix soit sur lui) a été envoyé pour enseigner aux hommes la générosité et la pratique de l'ascétisme dans ce monde matériel. Le Prophète de l'islam, Muhammad, (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a apporté l’ensemble de ces choses. Il a institué les règles et a enseigné la manière d’épurer l'âme ainsi que la bonne façon d’adorer Allah avec un coeur pur. Il a instruit l'humanité dans la meilleure moralité et l'a représenté dans chaque aspect de sa vie. Il fut un modèle de résistance face aux tentations de ce monde. En bref, il a rassemblé en sa personne et dans ses œuvres tous les pouvoirs et les devoirs des prophètes antérieurs. En lui étaient rassemblées la noblesse de la descendance et du comportement ainsi que la beauté physique et la béatitude.
Sa quarantième année fut assurément une plaque tournante pour toute l’humanité.
Il a vécu pendant quarante années au milieu d’un peuple ignorant. La plupart des perfections qui allaient être divulguées (par l’islam) n’étaient pas encore connues de son peuple. Il n'a pas été connu en tant qu’homme d'État ou bien en tant que prédicateur, pas même en qualité d’orateur public. Bien qu’il fût un grand commandant, il ne fut même pas connu en tant que simple soldat.
Il n'avait jamais prononcé un discours concernant l'histoire des nations précédentes, des prophètes, du Jour du jugement, ou bien de ce qui est relatif au Paradis et au feu de l’Enfer. Il était seul, vivait dans une sublimation intrinsèque à un état moral élevé. Cependant, lorsqu’il revint de la grotte de Hira accompagné d’un commandement émanant d’Allah, il avait complètement changé.
Lorsqu’il commença à prêcher, toute la péninsule arabique eut peur et fut étonnée. Ses paroles et ses discours extraordinaires enchantèrent tout le monde. Les concours de littérature, de rhétorique et de poésie prirent fin soudainement. Les poètes n'osèrent plus afficher leurs poésies sur le mur de la Ka’Ba. Cette tradition, longue de plusieurs siècles, prit fin. Même la fille du plus célèbre poète arabe Imru’al-qays demeura stupéfaite lorsqu’elle écouta un court extrait du Coran. Elle ne put s’empêcher de s’exclamer :
<< Cela ne peut pas être la parole d’un homme ! S’il existe une telle parole sur cette terre, on devrait enlever la poésie de mon père des murs de la Ka’ba ! Allez la décrocher et accrochez-y ces versets … ! >>
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Le monde entier a cherché à défier le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) en voulant produire des chapitres semblables à ceux du Coran. Aujourd’hui encore, nul n’a pu le faire.
Allah dit :
<< Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors d'Allah, si vous êtes véridiques. >> (Coran, Baqara, 2/23)
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Cet Homme illettré, issu d’une communauté ignorante et non civilisée, apporta la puissance au peuple de son époque. C’était le résultat de la multitude de connaissances et de l’infinie sagesse dont il disposait et qui lui furent révélées ; à l’instar d’un océan de miracles qui ne pourra jamais être surpassé et ceci jusqu’au Jour Dernier. Il est prouvé que le Saint Coran traite aussi bien de récits historiques que d’évènements scientifiques et naturels devant se dérouler dans le futur. Depuis quatorze siècles, aucune découverte récente n’a pu démentir ce fait. De nos jours encore, on constate que les encyclopédies les plus célèbres ont besoin de rectification et de renouvellement pour rester d’actualité, d’où la nécessité d’éditer chaque année de nouveaux ouvrages.
Par ces actes, le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a enseigné à toute l'humanité qu'il était le Représentant de la Vérité (Al Haqq) sur terre.
Il a établi les principes de base de l'organisation sociale, culturelle et économique ainsi que des principes de base de gouvernement et des relations internationales. En effet, l'humanité comprendra mieux la réalité de Muhammad (<< Hakikat-i Muhammadiyya >>) (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lorsqu’elle se développera au fil du temps dans les secteurs de la connaissance théorique et de l'expérience pratique.
Auparavant, Le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) n’avait jamais tenu d’épée entre les mains, ni reçu d’éducation militaire, n’ayant participé qu’à une bataille en tant que spectateur, et pourtant, il couvrit de sa miséricorde toute l’humanité. Même au coeur des batailles les plus sanglantes, il ne resta jamais un combattant en retrait. Fort de sa mission, il combattit par obligation pour l’Unicité et pour la paix universelle. En l’espace de neuf ans, face à l’ennemi, il conquit l’ensemble de la péninsule arabique bien que possédant une force militaire réduite. Il obtint des victoires miraculeuses en inculquant aux hommes indisciplinés et désordonnés de son époque aussi bien la force intérieure que l’éducation militaire. A tel point que ceux qui le suivirent furent la cause de l’effondrement des deux puissances de l’époque : les Empires Byzantin et Perse.
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait dit au peuple de La Mecque :
<< Acceptez la religion et suivez-moi ! >>
Abû Jahl avait objecté en disant :
<< Même si nous te suivons, les tribus de Mudar et de Rabi'a ne t’obéiront pas ! >>
Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui avait répondu alors :
<< Volontairement ou à contrecoeur, non seulement eux, mais également les Perses et les Byzantins me suivront ! >> [17]
Cette promesse s’était réalisée peu de temps après.
En dépit de toutes ces mauvaises conditions, le Messager d'Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a provoqué la plus grande révolution dans l'histoire humaine. Il a mis fin aux actes des oppresseurs ainsi qu’aux larmes des opprimés. Sa main bénie servit de peigne pour les cheveux des orphelins et avec la lumière de son réconfort, les cœurs sont restés loin de la tristesse.
Mehmed Akif, le célèbre poète turc, a illustré cette scène de manière excellente :
Soudainement l'orphelin a grandi et a atteint l’âge de quarante ans,
Les pieds sanglants faisant un pas sur les têtes ont atteint l'eau !
Avec un souffle, cette humanité a été sauvée par Cet Innocent,
Avec un mouvement, il a défait les Césars et les Kisras,
Le faible, qui méritait seulement l'oppression, s’est levé,
Les oppresseurs, qui ne s’attendaient jamais à la défaite, ont disparu,
Une Miséricorde aux mondes était en effet sa religion étincelante,
De ses ailes, il a recouvert le pays de ceux qui ont demandé la justice,
Tout ce que le monde possède n’est qu’offrande venant de Lui,
La société est endettée vis-à-vis de Lui ; les individus sont endettés vis-à-vis de Lui,
Endettée est toute l’humanité vis-à-vis de Cet Innocenté,
Ô Seigneur ! Par cette confession, ressuscite-nous le Jour du Jugement !
Si le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) qui a recueilli dans sa personnalité toutes les vertus n'était pas venu au monde, l'humanité serait demeurée sous l'oppression et dans le désert. Le faible aurait été asservi par le puissant jusqu'à la fin des temps. L'équilibre du monde aurait changé en faveur du mal. Dans une telle circonstance, le monde aurait été dominé par des oppresseurs, et il aurait appartenu seulement au plus puissant. Le poète décrit cet état de belle manière :
Ô Messager d'Allah ! Si tu n'étais pas venu au monde,
Les roses n'auraient pas éclos, le rossignol n’aurait pas chanté,
Les noms de Dieu seraient restés inconnus à l'humanité,
L'existence aurait perdu sa signification et aurait été dans la peine !
***
Le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) conduisit vingt sept batailles, et approximativement cinquante incursions connues sous le nom de sariyya. L'islam a été fermement établi avec la conquête de La Mecque. Allah a déclaré dans le verset coranique suivant que l'islam avait atteint le sommet de la perfection humaine :
<< Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous. >> (Coran, Maida, 5/3)
Il était temps maintenant de se séparer pour la réunion divine.
La veille de sa maladie, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) s’était rendu au cimetière de Médine, appelé << Jannat'ul-Baqi' >> ; où il avait prié en faveur des défunts comme suit :
<< Ô Allah, le Très Haut ! Ne prive pas de Ta miséricorde ceux qui se reposent en ce lieu. >>[18]
Cet acte ressemblait à un adieu aux défunts.
De retour du cimetière, l’heure était venue de dire adieu à ses compagnons. Il leur donna ces derniers conseils :
<< Allah le Très Haut a laissé à son serviteur le libre choix entre ce monde et ses tentations ou bien les bénédictions du Paradis. Et ce serviteur a choisi celles qui appartiennent au Paradis. >>
En entendant ces mots, Abû Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui), qui avait un coeur sensible, s'était rendu compte que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) leur adressait un discours d’adieu. Il fut envahi d’une grande peine et son cœur s’attrista. Des larmes se mirent à couler de son cœur et de ses yeux. Il lui dit en gémissant :
<< Que mon père et mère soient sacrifiés pour toi, Ô Messager d'Allah ! Nous sacrifierons pour toi nos pères, nos mères, nos vies, nos enfants et nos biens… >>
Nul autre que lui, au sein de l’assemblée, n’avait pu ressentir de cette manière l’expression de la finesse et des sentiments du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) qu’à cet instant précis car, comme il est mentionné dans le verset, Abû Bakr jouissait d’un grand privilège par rapport aux autres compagnons, il fut << le second des deux >> dans la caverne de Thawr.[19] Le Messager d'Allah avait dit à son sujet :
<< Tout ce qu’il y a dans mon cœur, je l’ai transmis à Abû Bakr… >>
Lorsque les compagnons s’aperçurent que ce cher ami du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) pleurait, ils se dirent avec étonnement :
<< N’êtes vous donc pas surpris par les pleurs de ce vieillard alors que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) a mentionné une personne qui a choisi de rencontrer son Seigneur !… >>
Cependant, le coeur sensible et purifié d'Abû Bakr avait compris intuitivement la grande séparation et commença à manifester sa peine, tel le son du ney (flûte de roseau) qui exprime l’éloignement du Bien-Aimé.
La fille du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), notre mère bénie Fatima, l’honorée parmi les femmes du Paradis, était devenue si triste à l’idée de cette séparation terrestre, le Prophète de Miséricorde des mondes (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix), qu’elle lui exprima ces paroles :
" Maintenant que le Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) est en chemin vers l’Au-delà, une grande peine est tombée sur moi. Elle est si profonde que si elle était tombée sur le jour, elle l'aurait transformé en nuit. "[20]
Il nous a laissé deux guides avérés, le Saint Coran et la Tradition Prophétique (Sunna).
Le Coran et la Sunna sont l’ordonnance de la joie de ce bas monde et de l’Au-delà et le souvenir éternel du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix).
Après son retour à Médine, il tomba gravement malade pendant treize jours puis les horizons de la beauté furent ouverts à son âme. C’était le 8 juin 632, le douzième jour du mois Rabi'ul-awwal de la onzième année du calendrier hégirien qu’il a rejoint son Bien-Aimé (Rafik alâ). Le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) était marqué d’un sceau divin situé entre ses deux omoplates attestant ainsi de la véracité de sa prophétie. La plupart des compagnons manifestèrent le désir ardent de pouvoir embrasser ce signe visible. A ce propos, l’Imam Bayhaqî relate :
<< Lorsque le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) partit pour le Monde Eternel, les compagnons doutèrent de son départ car ils ne remarquèrent aucun changement sur son visage. Mais Asma (qu’Allah soit satisfaite d’elle) chercha sur son corps le sceau béni de la prophétie. S’apercevant de sa disparition, elle confirma que le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) avait honoré le monde de l’Au-delà. >> [21]
Ainsi donc la religion fut parachevée. Les compagnons eux-mêmes attestèrent que la transmission du message s’était bien effectuée et le témoignage d’Allah demandé et présenté comme témoin auprès de la Vérité la Plus Elevée (al Haqq). Ensuite, le prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) fut invité au monde de l'éternité.
Dorénavant, il attend sa communauté (Umma) au Mahchar qui est le lieu du Rassemblement (la Résurrection), sur le pont Sirat et sur les rives du Grand Bassin près du fleuve Kawthar.
Intercède pour nous, Ô Rasûlullah !
Aide-nous, Ô Rasûlullah !
Accueille-nous, Ô Rasûlullah !
***
Il honora le monde en naissant un lundi 12 Rabi al-awwal.
Il reçut de la part d’Allah la mission de sa prophétie un lundi 12 Rabi al-awwal.
Abû Qatada relate :
<< On interrogea le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) à propos du jeûne du lundi. >>
<< C'est le jour de ma naissance et le jour où j'ai été envoyé comme prophète. >> [22]
De même, il entra à Médine un lundi 12 Rabi al-awwal et y instaura un état islamique qui durera jusqu’à la fin des temps.
Enfin, c’est encore un lundi 12 de Rabi'Al-awwal qu’il changea de monde.
Sa naissance, sa prophétie, son hégire, son départ vers la Vie Future : tous ces évènements coïncident un lundi 12 Rabi al-awwal. C’est de ce fait attester du désir divin de mettre en évidence l’importance et la valeur de ce jour précis.
Grâce à la manifestation des différents attributs d’Allah tels que Jamal (Beauté, Perfection, Satisfaction, Bénédiction) et Jalâl (Grandeur, Puissance, Majesté), les sentiments de joie et de tristesse sont vécus simultanément. La joie de la festivité et la tristesse des funérailles sont réunies dans notre for intérieur malgré les sentiments opposés.
Maintenant présent par sa miséricorde et dans l’Au-Delà, il attend avec compassion d’intercéder en faveur de sa communauté. Ce monde mensonger et privé de la présence du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) qui demeure maintenant dans le monde de la paix, est décrit par les vers du poète soufi Aziz Mahmud Hudai :
Qui attend de toi la fidélité ?
N'es-tu pas le monde mensonger ?
N'es-tu pas la même terre,
Qui a emporté Muhammad Mustafa ? [23]
SA VIE EXEMPLAIRE ET SA PLACE PARMI LES AUTRES PROPHÈTES
La vie du Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) est le meilleur exemple pour chaque être humain. Il est le meilleur exemple du guide spirituel. Il est l'exemple le plus juste du chef d'état. Il est l'exemple à suivre pour ceux qui entrent dans le jardin de l'amour divin. Il est l’exemple dans la gratitude et la modestie quand le Seigneur accorde ses bienfaits en abondance. Il est le plus grand exemple de patience et de soumission dans les instants et les lieux les plus difficiles. Il est le meilleur exemple de générosité et de désintérêt lors de la distribution des butins. Il est l'exemple le plus fin de compassion envers la famille. Il est le plus grand exemple de pitié envers le faible, le délaissé et l’asservi. Il est l’exemple de pardon et de tolérance envers le coupable.
Si vous êtes riche, contemplez l'humilité et la générosité du Prophète Muhammad (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) qui gagna le coeur des chefs qui ont commandé toute l'Arabie !