Pierre Charette
Rêve mortel
- science-fiction -
Éditions Dédicaces
Rêve mortel
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Pierre Charette
Rêve mortel
La Conscience de Gaia est en danger et la dualité vous condamne à subir une grande peur, peut-on sauver la planète ?
Pour vous, chers Anges déguisés en être humain.
Préface
Il y a un proverbe qui dit : Perception is Reality. La perception que nous avons des évènements de notre vie devient notre Réalité. Vous allez découvrir ma perception de la vie au travers de cette histoire de fiction. Une histoire que j’ai écrite originalement à l’âge de dix-sept ans et que j’ai terminée une dizaine d’années plus tard.
Je désire dédier cette histoire à deux professeurs qui ont eu une grande influence dans ma vie :
Imelda Maleau-Brazeau, tu es la Mère Teresa de mon enfance. Tu m’as appris à pardonner, à être tolérant. Tu m’as appris comment régler les conflits humains. Merci de ta persévérance à croire en moi malgré ma rébellion.
Serge Renaud, tu es le John Lennon de mon adolescence. Je sais et je vois aujourd’hui pourquoi tu étais là pour moi. Tu as réussi du jour au lendemain à débloquer ma leçon karmique que je me devais d’apprendre grâce à la méditation.
Et sans oublier vous tous, chers Anges déguisés en être humain. L’étrange d’aujourd’hui devient la Science de demain. Je ne suis qu’un instrument dans votre quête de vérité, de croissance et de guidance.
- Pierre Charette
CHAPITRE I
Nick dormait profondément lorsqu’un rayon de soleil perça les stores verticaux de sa chambre pour se diriger droit sur ses yeux, ce qui annonçait l’arrivée d’une belle journée ensoleillée. C'est un jeune homme de 17 ans, aux cheveux noirs courts et aux yeux bruns. Son réveille-matin sonna à 6h45 am et comme à l'habitude, il le ferma et continua son paisible sommeil. Il programmait toujours son alarme quinze minutes avant pour l'avertir qu'il devait bientôt se lever. La mère de Nick vint le réveiller à 7 h 15am et une fois de plus il était en retard de quinze minutes.
- Maman, ne me réveille plus comme ça ! Tu viens de me faire perdre la fin de mon rêve, lui dit Nick les yeux à demi clos et encore à moitié endormis.
- Si je ne te réveille pas, tu vas dormir toute la journée. Allez, debout, tu es déjà en retard !
Nick rêvait constamment profondément, c'était plus fort que lui. Il écrivait ses rêves dans un calepin noir, car il était devenu fasciné des rêves qu’il faisait la nuit. Depuis maintenant onze mois, il les inscrivait tous et dans trois semaines cela ferait un an. Il était très excité, car pour lui, un an était significatif ; c'était un exploit. Chaque nuit, il rêvait à une histoire et le rêve lui paraissait très réel. Jamais il ne s’était réveillé un matin avec aucun rêve en mémoire. Sa mère lui disait continuellement qu'il prenait ses rêves trop au sérieux.
Malgré le fait qu'il n’avait pas eu le temps de finir son rêve, il inscrivit ce qu'il se souvenait dans son carnet avant de se préparer pour aller à l'école. Il avait remarqué que s’il attendait trop longtemps, son rêve se dissipait peu à peu, alors il fallait à tout prix inscrire immédiatement tout ce dont il se souvenait. Par contre, cela lui arrivait souvent de n’avoir qu'une moitié de rêve ou quelques fragments, quelques fois incompréhensibles, mais ce qui comptait c'était d’avoir un bout d'histoire sur papier le matin qu’il s’amusait par la suite, à raconter à ses amis.
Nick était rendu à sa dernière année du secondaire. Il ne lui restait que trois semaines d'école. La blonde de Nick, Stéphanie - yeux verts et cheveux blonds bouclés lui retombant sur les épaules - terminait sa première année du Collégial en science infirmière. Ils étaient ensemble depuis plus d'un an maintenant.
Nick se préparait pour aller à l'école. Il prit une douche matinale pour se réveiller. Ensuite, il enfila un jean avec un t-shirt du groupe de musique Pink Floyd, une touche de mousse dans ses cheveux et le tour est joué ! Sa mère lui préparait toujours son petit déjeuner le matin, quelquefois des œufs et des rôtis quand il se levait tôt, mais aujourd'hui il devra se contenter d'un bol de céréales. Il termina son petit déjeuner et alla rejoindre son meilleur ami Christian sur le coin de la rue pour attendre l'autobus. Il portait sa casquette habituelle des Canadiens de Montréal, cachant ses cheveux roux.
- Salut Nick, encore rêvé ? lui demanda Christian.
- Oui, mais à cause de ma mère, je n'ai pas pu savoir la fin.
- Et cela traitait de quoi cette fois-ci ?
- Heu… Il y avait une auto noire, elle roulait tranquillement quand des jeunes lancèrent des œufs sur l’auto. Elle s'arrêta, elle recula et c'est à ce moment-là que ma mère m'a réveillé.
- Que crois-tu qu'il est arrivé aux jeunes ?
- Trois gorilles sont sortis munis d'un arsenal et fusillèrent les gamins, lui dit Nick en exagérant son ton de voix.
Les deux s'esclaffèrent et l'autobus arriva. Nick s'assit dans le fond d'un siège à côté de la fenêtre et Christian sur le bord. Christian entreprit une conversation avec Maude. Cela faisait plusieurs fois dernièrement qu’il lui parlait, remarqua Nick. Elle était assise à côté de lui, mais dans l'autre rangée. Maude était petite comparée aux autres adolescents de son âge. Elle venait de teindre ses cheveux bruns et une paire de petites lunettes rondes protégeait ses petits yeux bleus.
Il restait encore quelques personnes à entrer dans l'autobus lorsque Nick vit des gamins courir sur le bord de la rue. Une voiture noire tourna le coin, Nick resta figé quelques secondes, cela lui rappelait soudainement son rêve, une impression de déjà vu. Les gamins lancèrent des œufs sur l'auto. L'autobus avança. Nick devait se retourner pour continuer à voir la scène. La pression montait pour Nick, il était à la fois terrifié et surpris. L'auto s'arrêta, recula et l'autobus vira le coin.
Nick se retourna et fixa l'avant de son siège d'autobus. Cette fois-ci, il était sûr qu'il ne rêvait pas. Comment était-ce possible ? Son rêve venait-il de se réaliser ? Était-ce possible ? Et dans l'imaginaire comme dans la réalité, il n'a pu voir la fin.
- Nick, Nick ...
Il n'entendit pas son ami qui lui criait son nom.
- Heu... Oui Christian… qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu es dans la lune mon vieux, réveille-toi. Maude et moi on fait un party chez moi demain soir, t'inviteras Stéphanie.
Nick oublia l'incident qui venait de se produire pour quelques instants.
- Heu… D’accord, je crois qu'il n'y aura pas de problème, lui dit Nick avec hésitation.
Tu parles s’il n'y avait pas de problème ! pensa Nick. C’était supposé être toi et moi qui ferions un party. J'en avais parlé à Stéphanie et elle était intéressée. Mais je sais ce que c'est que de tomber en amour alors, je vais lui laisser sa chance de briller.
Mais une pensée revint le hanter. L'auto noire aux vitres teintées, la même que dans son rêve. Qu'est-il arrivé aux jeunes ? Est-ce une pure coïncidence ? Non ! Impossible ! C'était la même auto et il y avait trois jeunes comme dans son rêve, mais par contre il n'avait pas vu son autobus...
Pendant sa journée à l'école, il n'en parla pas à Christian, car ce dernier était trop occupé avec Maude. Pendant qu’elle était partie aux toilettes, Christian confia à Nick qu’il était amoureux d'elle et que c’était réciproque. Il lui confia aussi qu'ils annonceraient ce soir publiquement qu'ils seront désormais, un couple. Nick était heureux pour lui, cela lui rappelait des souvenirs lorsqu’il avait rencontré Stéphanie l'an passé dans un party chez Paul. Il était de nouveau parti dans ses pensées.
Christian et moi étions allés seulement par politesse. Paul était au secondaire cinq et nous au quatre. Il n’était seulement que l’ami de connaissance. C'était un super bon gars et il invitait toujours plein de monde qu'il connaissait. En entrant, j'avais aperçu une fille qui parlait avec un autre garçon à l'autre bout dans la cuisine. Je ne savais pas pourquoi, mais mon cœur s’était mis aussitôt à battre la chamade. J'étais devenu amoureux d'elle en seulement trente secondes ! Je me suis immédiatement ravisé en me disant qu'elle était trop belle pour moi et que je n'avais pas de chance avec tous les gars qu'il y avait ici. Elle était trop belle pour être célibataire et j’étais certain que je n’étais pas son genre.
En fin de compte, nous sommes restés toute la soirée. Elle me regardait pendant la soirée avec un petit sourire en coin, j'étais très nerveux, mais en même temps excité. Mais Bon Dieu, qu'est-ce qu'elle pense de moi ? me suis-je demandé. Je m’étais informé à Paul et il m’avait dit que cela faisait maintenant trois semaines qu'elle était célibataire, son ami l'avait largué pour une autre.
Par la suite, je suis allé à la salle de bain, il y avait quelqu'un, j'attendis et qui est-ce que je ne vois pas sortir ? Wow ! STÉPHANIE DUPUIS, la belle blonde de dix-huit ans qui est célibataire depuis trois semaines. Mon cœur battait, je crois à un million de battements par seconde. Je ne savais plus quoi dire, je ne savais plus quoi faire ou comment réagir face à cette beauté de la nature. J'ai commencé par la saluer.
- Salut Stéphanie, ai-je réussi à lui dire en rougissant.
- Salut heu...
- Nick Letendre, lui dis-je en lui tendant la main.
Sa main était si chaude, ses yeux si sensuels, je l'aurais embrassé sur-le-champ, j'étais follement amoureux d'elle. C'était un incroyable moment de folie. Une folie ou le monde n'existe plus autour de soi, je n'entendais plus aucun bruit, seulement sa respiration.
- Tu es un ami de Paul, lui dis-je.
- Heu... oui en quelque sorte.
Je ne savais pas si je rêvais ou non. Je voyais dans ses yeux de la gêne, on aurait dit qu'elle ressentait la même chose que moi. Je me suis dit alors, que si je suis dans un rêve, aussi bien lui dire ce que je ressentais immédiatement, et me réveiller.
- Tu es au secondaire cinq, je crois.
- Oui, je termine enfin le secondaire cette année et toi ?
- Moi je suis au secondaire quatre, encore une année à faire.
Les minutes qui suivirent étaient trop longues, elle ne disait plus rien, elle avait besoin de réconfort, je crois. Il fallait que je dise quelque chose au plus vite. Donc, j'ai sorti cette phrase.
- Tu as l'air troublé, je t'ai observé toute la soirée et tu n'as pas l'air d'une fille sur le party, lui ai-je dit d'un ton consolant, la glace était brisée.
- Heu... Oui et non, je suis un peu... mélangé, je crois.
- Voudrais-tu en parler ? Paul m'a dit que ton ami vient de te laisser alors...
- Oui je sais. Il m'a laissée pour une autre et...
Elle s'était alors mise à sangloter, incroyable, mais vraie ! J'étais comme son sauveur, elle se blottit contre moi et je l'ai prise dans mes bras. Nous avons bavardé tout le reste de la soirée. Je connaissais maintenant sa vie et elle la mienne. Après nous nous sommes revus, on est sorti ensemble au cinéma, nous étions des amis très proches. Un peu comme Christian et Maude en ce moment. Quelques semaines plus tard, c'est là qu'on a décidé de sortir ensemble, en amoureux ! Je pouvais maintenant sentir son visage chaud contre le mien et ses lèvres chaudes et gourmandes sur les miennes.
- Nick… Nick… tu rêves encore ou quoi ? lui cria Christian.
- Heu… Oui… excuse-moi, je pensais à ce que je devrais porter pour le party.
- Enfin, comme je te disais, je suis tellement excité, Maude est super gentille, super belle, elle est super !
CHAPITRE II
Le vendredi matin, dernier jour de la semaine, Nick s'était levé à temps. Il pensait toujours à ce qui s'était passé hier. Mais cette nuit il avait encore fait un rêve intense. Il avait rêvé... à un meurtre ! Il inscrivit aussitôt son rêve dans son calepin noir.
Une femme marche dans une ruelle, la nuit, quelque chose éblouissait son cou : un foulard rose. Elle marchait devant moi, elle tourna le coin et je l'entendis crier. Quand je suis arrivé sur les lieux, elle était par terre, du sang s’écoulait de son cou et longeait son corps. J'entendis quelqu'un courir au loin. Je le vis monter une clôture, il était petit, ce n’était pas un homme, peut-être un ado. Je vis une roche par terre et une barre de métal. Je pris la roche, la lançai et... ratai le meurtrier. J'entendis au loin des sirènes de police et je me suis réveillé, les sirènes étaient devenues la sonnerie de mon réveille-matin.
CHAPITRE III
Le fameux party débutait à huit heures, tout le monde était arrivé avec leurs caisses de bière et quelques-uns avec de la boisson forte. La plupart des jeunes étaient des amis de Christian et de Nick. En tout, ils étaient environ une vingtaine. Le duo choisissait leurs amis avec précaution. Restait toujours que ces deux-là étaient les inséparables de la gang, les meilleurs amis du monde. La partie se déroula bien tout au long de la soirée, tout le monde fêtait. Un couple s'embrassait dans un coin, un groupe de garçons et filles dansait au centre du salon. La musique faisait vibrer les murs et les fenêtres, tellement elle était forte.
Tout le monde criait à l'unisson « dont stop » des Outheres Brothers, une chanson qui faisait fureur dans tous les bars de la ville. Pendant que Stéphanie dansait avec Maude, Nick ne cessait de penser à ses deux derniers rêves. Celui d’hier lui apparaissait comme un film à la Hitchcock. Un meurtre mystérieux, une fin en queue de poisson...
Stéphanie devait cependant quitter tôt, car elle travaillait à huit heures le lendemain matin à l'hôpital. Elle était assistante-infirmière et tentait de se procurer de l'expérience en vue de devenir infirmière.
Il était maintenant une heure du matin et tout le monde était parti. Seuls Nick, Christian et Maude restaient pour ramasser les débris. Christian fit un petit signe que Nick comprit tout de suite. Il voulait rester seul avec Maude pour le restant de la nuit.
- Merci pour cette charmante soirée, annonça Nick.
- On se voit demain, lui dit Christian
- Oui, à demain, au revoir Maude.
- Bye ! Nick.
La nuit était encore fraîche au mois de juin. Il y avait une petite couche de brume qui recouvrait le pavé. Nick longea le long de la rue, il était quelque peu étourdi, l'effet de l'alcool persistait à se dissoudre. Mais il pouvait quand même avoir un certain sens de l'orientation. Il prit, comme à l'habitude la petite ruelle au bout de la rue qui le menait dans sa propre rue. En marchant, il vit une femme devant lui qui marchait assez rapidement, quelque chose attira son attention, un foulard rose... la femme portait un foulard rose. Il s'arrêta et la fixa attentivement tout en regardant autour de lui. Elle tourna le coin et disparut. Il ressentit soudain un malaise. Encore cette impression de déjà vu… il revit son rêve se défiler. Il constata que l'endroit de son rêve était… ici...
Il prit ses jambes à son cou et entendit le cri de la femme perçant la tranquillité de la nuit. Après avoir tourné le coin, il aperçut la femme dans la même position, le foulard rose, le sang...
« Mais qu'est-ce qui se passe ? » se demanda Nick. Il entendit des pas au loin, il partit aussitôt à courir. Quelqu'un montait une clôture, par réflexe, car son rêve semblait lui dicter le futur, il regarda au sol et vis bel et bien une roche et une barre de métal. Cette fois-ci, il opta pour la barre de métal. Il la prit et la lança le plus fort possible dans la direction du meurtrier, la barre frappa de plein fouet l'arrière de la tête de la silhouette mystérieuse. Le meurtrier tomba sur le dos, il resta immobile. Nick entendit des sirènes de police. Cette fois-ci, il ne se réveilla pas, ou plutôt sa mère ne l'avait peut-être pas encore réveillé !
CHAPITRE IV
Grâce à lui, il était devenu le héros de la semaine en livrant aux policiers le meurtrier « FINE LAME ». C'était le surnom que les policiers lui avaient donné, car il était recherché depuis plusieurs mois. Il mettait une annonce dans le journal prétendant être un « médium » très réputé venant de l'Argentine, et apparemment avec un seul coup de téléphone vous serez convaincu. Grâce à un ingénieux système informatique, il possédait une banque de données sur toutes les personnes de la ville. C'était facile pour lui de dévoiler la vie des gens dans l'immédiat. Ensuite, prétextant qu'il ne travaillait que la nuit à cause de l'influence qu'ont les étoiles, il donnait rendez-vous à ses victimes, souvent des femmes, pour les tuer. Un Jack L'Éventreur des années 90.
Le lendemain Nick était devenu une vedette, tout le monde à l’école le reconnaissait et venait le remercier. Pendant les dernières semaines scolaires qui suivirent, il continuait d’inscrire ses rêves dans son calepin noir, mais aucun ne se réalisait.
CHAPITRE V
Enfin, les vacances arrivées, Nick, Stéphanie, Christian et Maude ont tous décidé d'aller passer deux semaines au camp de Maude. Ses parents ont un camp situé à deux heures du centre-ville appelé le Modern Camp, qui était très reconnu partout dans la province. Ils avaient construit un petit chalet modeste sur un grand terrain situé dans le cœur de la forêt tout près d’un lac. Il n'y avait aucun voisin aux alentours, un vrai havre de paix comme disait souvent la mère de Maude.
Les deux heures de route pour se rendre au Modern camp passaient relativement vite. Une journée chaude, de la musique et la hâte d'arriver firent que le quatuor ne vit jamais le temps passé.
Arrivé au village, on pouvait sentir l'ambiance de la campagne, l'odeur des fleurs, des arbres et des oiseaux qui se chantaient des chansons à répondre. Les gens avaient le sourire aux lèvres, il y avait des banderoles posées partout sur les murs annonçant la grande fête de l'été. Chaque année on attendait près de mille personnes à cette fête. Plusieurs activités avaient lieu pendant la journée, course de bateau, plongée sous-marine, baignade. Mais ce qui retenait le plus l'attention des jeunes était le soir au danse-bar du village où tous les jeunes étaient invités à danser et s'amuser.
Le camp de Maude était situé dans une pointe du Lac. Il fallait passer par un chemin privé que les parents de Maude avaient défriché il y a quelques années. Le terrain aussi avait dû subir le même sort : cinq ans de travail pour un magnifique terrain, leur appartenant à eux seuls. Avec en plus, une des plus belles plages du Lac. Un grand soulagement se fit sentir quand les quatre adolescents arrivèrent enfin à destination.
Les deux tentes étaient maintenant installées.
- Bon, on commence par quoi ? dit Christian.
- Allons se baigner ? lui souffla Maude à l'oreille.
Les quatre adolescents se baignèrent toute la journée. On sentait de la joie régner autour d'eux. Le soir, ils firent un gros feu de camp. Ils burent de la bière et firent griller des guimauves. On sentait une chaleur harmo-nieuse réchauffer les deux couples. Avoir la paix des parents et de la foule de la ville fut un vrai délice.
* * *
Il faisait noir et Nick longeait une ruelle faite de pierres avec des brindilles d'herbes qui dépassaient des petites roches jumelées ensemble. On aurait dit qu'il était au XVIIIe siècle. À sa droite, il y avait un mur de pierres d'environ quatre mètres de hauteur qui l'accompagnait. La nuit était bien éclairée par la lune qui scintillait. Soudain il entendit un cri, quelqu'un criait son nom…
- Nick, Nick, au secours vient m'aider, lui dit la voix. Une voix suppliante et stridente.
- STÉPHANIE ? cria Nick, c'est toi Stéphanie ?
- Nick, vite, vient m'aider, lui supplia la voix de nouveau.
Nick était maintenant devant une grille. C'était l'entrée d'un cime-tière. Il poussa les deux grandes portes de la grille et entra dans le cimetière. Il avait l'impression qu'il n'avançait pas, que ses pieds étaient moulés dans le ciment. La voix le supplia de nouveau. Nick courra entre les tombes.
- Stéphanie ! Stéphanie où es-tu ?
Il arriva finalement devant une tombe, la voix semblait venir de cet endroit.
- Nick, je t'en prie, ne me laisse pas tomber, je t'aime, au secours Nick, Nick...
C'était la tombe qui le suppliait ! Il s'approcha de la tombe, la toucha... un frisson lui parcourut le corps. La tombe était si froide compa-rée à l'air chaud. Il sentit qu’il venait de perdre quelqu'un ou quelque chose d'une grande valeur. Une sensation tellement terrifiante et morbide. Il s'agenouilla et fixa la tombe, c'est à ce moment qu'il sût à qui appartenait la tombe. C'était inscrit :
R.I.P
1974-1993
Nick se réveilla.
CHAPITRE VI
Le soleil perçait la toile de la tente. Il faisait déjà chaud même s’il n'était que neuf heures du matin. Une belle journée s'annonçait, sauf pour Nick qui se réveilla en sueur. Il inscrivit immédiatement ce qu'il venait de rêver. Au moment de tourner la page, il aperçut en haut de celle-ci écrit en grosses lettres : 1 AN !
Cela faisait maintenant un an aujourd'hui qu'il rêvait toujours. Sauf que pour lui, ce rêve-ci n'en était pas un, c'était plutôt un cauchemar. Soudain, une pensée lui vint à l'esprit, il avait dit à sa mère un jour « Pour moi, maman, 1 an sera significatif ! »
Après le petit déjeuner, les filles décidèrent d'aller faire une petite promenade dans les bois. Les garçons, de leurs côtés, décidèrent d’aller chercher de l'essence au village pour le bateau. Nick profita de cette occasion pour faire part de son rêve à Christian.
- Chris, cela fait un an aujourd'hui que je ne cesse de rêver, cria Nick par-dessus le son du moteur. Ses cheveux et son visage plissaient contre le vent.
- Ah oui ? Et qu'est-ce qu'il y a de spécial pour un an ?
- Rien. J’aurais aimé une belle histoire d'amour, mais il faut que je me contente d'un cauchemar plutôt désagréable.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Tu ne me croiras pas.
- Allons, tu peux censurer les scènes si tu veux, lui dit Christian en riant.
- J'ai rêvé que Stéphanie était morte...
De longues secondes s'écoulèrent avant une réaction de la part de Christian, son regard était devenu soudain figé, paralysé.
- Est-ce que tu l'as vu ? questionna Christian.
- Non, seulement sa tombe dans un cimetière.
Christian avait ralenti le bateau pour mieux entendre Nick.
- Je sais à quoi tu penses, lui dit Christian.
- Quoi ?
- Tu crois que ce rêve va se réaliser.
- À chaque fois que je fais un rêve semblable, il se réalise. Il marqua une pause et réfléchit. Je ne t'en ai pas parlé, mais le rêve à propos du meurtre de la femme, tu te souviens du meurtrier surnommé "Fine Lame" ?
- Oui… Tu veux dire...
- Oui… Et ça fait deux rêves qui se réalisent… donc…
- Donc, Stéphanie est en danger en ce moment ?
- Je ne sais pas, la tombe disait qu'elle était morte en 1993, il reste encore six mois avant l'an prochain. Sauf qu'à chaque fois que je rêve à ce genre de sujet, il se produit... rapidement.
- Mais que vas-tu faire ?
- Je vais essayer de rester avec elle le plus possible. Après tout, ce n'est peut-être qu'un cauchemar banal.
Nick réfléchit tout le long du trajet et Christian paraissait lui aussi perdu dans ses pensées.
CHAPITRE VII
Nick ne parla pas à Stéphanie de son rêve, il ne voulait pas lui faire peur à propos d'un stupide cauchemar. La journée se déroulait sans incident, les quatre adolescents firent du bateau toute la journée. Nick ne pensait qu’à ce cauchemar et de la nuit qui s'annonçait. Il ne savait plus à quoi s'attendre avec ses rêves anormaux.
* * *
Nick marchait dans le désert, il faisait très chaud et il entendait la voix de Stéphanie qui le suppliait de nouveau.
- Nick ! Au secours Nick ! Derrière toi… noooonnnnn !
Une voix de plus en plus suppliante. Il faisait chaud, trop chaud. Nick était maintenant entouré de cinq cactus, ils formèrent un cercle autour de lui pour l'empêcher d'aller plus loin. Les cris de Stéphanie persistaient de plus en plus. Soudain, il sentit son pied s'enfoncer profondément dans le sable. La chaleur était si intense que Nick n'avait plus aucune force, tous ses membres lui faisaient mal. Maintenant, il ne lui restait plus que sa tête et ses deux mains qui sortaient de ce sable maléfique.
- Nick, non ! Ne te retourne pas ! Au secours Nick...
Nick se retourna… et se réveilla.
« Aaaaaahhhhhhhhhhhhh !!! » Cria Nick en se réveillant en sursaut. Il avait le front plein de sueur.
Nick respirait vite. C'était comme s'il venait de faire un marathon d'au moins une centaine de kilomètres sans s'arrêter. Il s'empressa d'écrire son rêve immédiatement dans son calepin. Stéphanie émit un petit grogne-ment, mais se rendormit aussitôt. Christian et Maude dormaient encore malgré le cri de Nick. Sa montre indiquait sept heures trente. Il sortit de la tente et alla s'étendre sur la plage en tentant d'analyser les deux rêves qui traitaient de la mort de Stéphanie ; la mort de sa bien-aimée...
Il inscrivit des mots-clés sur une page ainsi qu'un court résumé.
Cimetière.
La tombe de Steph.
Le désert, le sable, la chaleur.
Cinq Cactus.
Et la voix qui disait : « Ne te retourne pas ! »
Après avoir réfléchi, il finit par comprendre quand Stéphanie allait être assassinée ! Il inscrivit ceci dans son calepin noir :
Elle va mourir bientôt. Dans mon rêve, il faisait chaud donc ce sera cet été (juillet-août). Le désert et le sable. Nous retournons en ville que dans une semaine et demie donc : JUILLET. En ville, il n'a pas de sable et ce sera dans les prochains jours. Cinq cactus. Nous sommes le quatre de juillet. Demain, c'est le cinq et il y a une fête au village. Le cimetière veut sans doute faire allusion à la mort. Donc, elle se fera tuer demain... à la fête ?
L'estomac de Nick se noua. Son rêve lui prédisait bel et bien la mort de sa petite amie. Il savait que le rêve était pour se réaliser rapidement. Mais il ne pouvait pas empêcher Stéphanie et les autres d'aller à la soirée, ils en avaient parlé toute l'année scolaire de cette fête annuelle. Une main se posa sur l'épaule de Nick.
- Salut mon amour ! Bien dormi ? demanda Stéphanie en se couchant sur le ventre à côté de lui. Elle passa son bras autour de son cou et lui donna un baiser sur la joue. Nick referma son carnet avec discrétion. Il était nerveux.
- Est-ce que tu as encore rêvé cette nuit, cela fait un an aujourd'hui non ?
- Heu... oui, un autre rêve sans importance, un an n'est donc rien de si significatif, balbutia Nick, mal à l'aise.
Christian et Maude se joignirent au duo peu après. Ils parlèrent de la fête de demain. Nick se sentait mal à l'aise, Stéphanie parlait tellement avec enthousiasme de cette fête, avec trop d'enthousiasme même. Elle avait hâte.
Après le déjeuner, Nick attira Christian hors de la portée des filles, elles étaient dans une chambre et parlaient à voix haute à propos de la fête. Ils sortirent de la roulotte et partirent en direction de la plage.
- Écoute Christian, elle va mourir demain.
- Quoi ?! fit Christian surpris de la déclaration de Nick.
- J'ai encore rêvé de la mort de Steph, mais cette fois-ci je sais quand elle va mourir...
- Quand ? lui demanda Christian terrifié.
- Demain... À la fête.
- Demain ? Elle va mourir demain ? Nick, c'est impossible… comment va-t-elle mourir ?
- Je ne sais pas, mais il me reste une nuit de sommeil pour le découvrir.
- Qu'est-ce qu'on fait ? Il faut lui dire qu'elle...
- Non, l'interrompit Nick, il faut empêcher sa mort, si je lui dis, je vais la décevoir pour la fête et elle ne me croira peut-être pas. Elle me dira que ce n'est qu'un cauchemar. Enfin, peut-être pas, mais je ne veux pas prendre de chance. Je veux réussir à empêcher sa mort.
- D'accord, je vais t'aider, lui dit Christian en lui donnant une tape sur l'épaule. Mais comment es-tu sûr de tout ceci ?
- Tu te rappelles la tombe et le cimetière ?
Christian acquiesça.
- Cela veut sûrement dire la Mort. Ensuite le Désert, la Chaleur et le Sable. Le tout veut dire l'été. Le sable chaud dans lequel je m'enfonçais veut dire maintenant, car nous retournons en ville dans une semaine et demie. Cinq cactus m'entouraient, donc le cinq de juillet et nous sommes le quatre aujourd'hui. Il y a seulement une chose que je n'arrive pas à comprendre...
- Quoi ?
- Elle me dit toujours : « Ne te retourne pas… »
Les deux garçons se regardèrent. Aucune réponse ne leur vint à l'esprit. Les filles arrivèrent et la conversation prit fin. Les deux garçons étaient maintenant dans un état de somnambulisme.
La journée se passait sans incident. Nick essayait malgré lui d'être lui-même, de cacher son état de mort-vivant. Il avait hâte de dormir et rêver afin de pouvoir éclaircir enfin ce cauchemar.
CHAPITRE VIII
Nick était sur le haut d'une colline, en pleine campagne. Quand tout à coup, il aperçut un point noir au loin qui se dirigeait vers lui. Plus il s'approchait, plus ça prenait forme. Une femme, une silhouette de femme se dirigeait vers lui. Mais pas n'importe quelle forme, c'était la même que l'on pouvait voir sur la porte des toilettes des dames pour les différencier de celle des hommes. Elle fonçait sur lui et il fut enveloppé de cette forme et plongea dans un noir total. Il était de nouveau devant la grille du cimetière.
« Au secours Nick, Nick, Nick ». C'était Stéphanie. Nick ouvrit la grille et courut vers la voix. Elle se faisait de plus en plus suppliante. « Ne bouge pas Stéphanie, j'arrive ! », cria Nick en se dirigeant vers ce qui semblait être une Chapelle au milieu du cimetière. « Stéphanie, Stéphanie est-tu là-dedans ? »
Aucune réponse. La porte était verrouillée. Il l'enfonça d'un bon coup d'épaule. Il vit Stéphanie attachée sur une chaise, quelqu'un l'avait bâillonnée. Elle ne disait que des gros « Mmmmmm... mmmmmmm ». Mais comment pouvait-elle parler ? se demanda Nick. Sa conscience lui rappela qu’il était dans un rêve. Nick vit un couteau à sa droite sur une table. Mais il n'eut pas le temps de le saisir, quelqu'un surgit par-derrière et lui asséna un coup derrière la tête.
Nick se réveilla.
« Nooooonnnnnn » cria Nick en se réveillant en sursaut. Au bout de quelques minutes, il s'aperçut qu'il était seul dans la tente. Ce n’était pas la même tente. Le sac de couchage de Stéphanie manquait. Nick sortit de la tente. Elle était suspendue dans les airs par un simple rocher en forme de piquet, il faillit tomber dans le néant. Il y avait encore cette forme de femme noire autour de lui. Il y avait plein de portes avec le dessin dessus, des pancartes et des affiches. Cela n’a aucun sens, se dit-il. Nick se rendit compte qu’il devait encore rêver. Le rocher se mit soudain à trembler et s'écroula, Nick tomba dans le vide.
« Ahhhhhhhhhhh !!! » cria Nick de nouveau. Il était revenu dans la tente, mais cette fois-ci les sacs de couchage ainsi que Stéphanie étaient bel et bien là. Il inscrivit immédiatement son double rêve.
CHAPITRE IX
10:00 pm, la fête était commencée. Nick n'était pas d'humeur à la fête. Il ne lâcherait pas Stéphanie d'une seule seconde. Nick avait averti Christian de son rêve, il allait lui aussi tenter de surveiller Stéphanie. La salle était remplie de jeunes adolescents qui dansaient sur une musique électrisante des années 90.
Après quelques bières et plusieurs danses, Nick et Stéphanie décidèrent d'aller s'asseoir au bar. Christian et Maude continuaient de danser. Nick était moins inquiet maintenant, rien ne pouvait arriver à Stéphanie avec tout le monde qu'il y avait ici. Nick croyait plutôt que ce serait peut-être, après la fête qu'il faudrait surveiller Stéphanie de plus près. Après tout, elle va mourir dans le cimetière donc, rien à s’inquiéter pour l’instant. Nick regarda sa montre, il était onze heures trente, donc, dans une demi-heure nous serons le six de juillet. Il pouffa de rire à l’idée qu'il pensait que Stéphanie allait se faire tuer !
- Nick, je reviens, je vais aux toilettes, lui cria Stéphanie par-dessus les cris de la foule et de la musique.
- Quoi ?
- Je vais aux toilettes et je reviens, cria à nouveau Stéphanie.
- D'accord, je t'attendrai ici, dit Nick en lui donnant un baiser sur la joue.
En sortant des toilettes, un jeune homme aborda Stéphanie. Nick finit de boire sa bière quand une image refit surface soudainement dans sa tête. « La dame en noir ! Celle que l'on voit sur les portes des toilettes ». Son cerveau analysa une situation qui ne lui plaisait pas beaucoup. Stéphanie était partie aux toilettes. Il recracha le reste de sa bière sur le comptoir, pris ses jambes à son cou en direction des toilettes des filles. Il entra d'un coup sec et cria le nom de Stéphanie. Aucune réponse. Seulement des regards effrayés et confus dirigés vers lui. Il sortit et se mit à réfléchir rapidement. Le cimetière. Il courut au bar.
- Y a-t-il un cimetière ici ? cria Nick à la serveuse.
- Oui, le Modern Cemetery. Pourquoi ?
- Où est-il ? C'est une question de vie ou de mort, demanda Nick en ignorant la gravité de sa question.
- Il n'est pas loin d'ici, prend le chemin Maple en face et après environ cinq cents mètres le cimetière sera à ta gauche. Mais si j'étais toi, je n'irais pas faire la fête là, plusieurs meurtres ont été commis dernièrement.
- Meurtre ?! Quel genre de meurtre ? questionna Nick à bout de souffle.
- Des jeunes filles ont été tuées dans une chapelle et...
Il ne laissa pas à la serveuse le temps de finir sa phrase qu'il était déjà parti en direction du cimetière. Dans son rêve, remarqua Nick, il venait en sens contraire de la route, c'est pourquoi le cimetière était à sa droite, s'il avait continué, il serait arrivé ici.
Arrivé à la grille, il eut encore cette sensation de déjà-vu ; « Au secours Nick, Nick, Nick... » C'était Stéphanie. Son cœur battait si fort qu'il aurait pu réveiller tous les morts du cimetière. L’adrénaline en était maintenant à sa puissance maximale, elle parcourait les veines de Nick d’une rapidité incroyable et ses tempes se mirent à battre plus fort que jamais. Il ouvrit la grille et courut vers la voix. Elle se faisait de plus en plus suppliante. « Ne bouge pas Stéphanie, j'arrive ! » cria Nick en courant vers la Chapelle au milieu du cimetière. Sa conscience lui rappelait qu’elle ne pouvait pas bouger, car elle était attachée à une chaise, ce qui lui donna des frissons de savoir, soudainement, ce qui se passait.
Il arriva à la chapelle à bout de souffle. Il enfonça immédiatement la porte sachant déjà qu'elle était barrée. Stéphanie était attachée sur une chaise, quelqu'un l'avait bâillonnée. Les mêmes détails que son rêve. Elle ne disait que des gros « Mmmmmm... mmmmmmm ». Nick eut soudain un flash et comprit maintenant ce qu'elle voulait dire par « NE TE RETOURNE PAS ». Au lieu de rester figé comme dans son rêve, il se pencha. Le morceau de bois fendit l'air. Nick se retourna et donna un bon coup de poing dans l'estomac de son agresseur. Il l'empoigna et l'écrasa contre le mur. Il prit possession du bâton et le lui fracassa sur le crâne. Le jeune homme était K.O. Stéphanie était stupéfaite par la rapidité des réflexes de Nick. Il la détacha et tous les deux attachèrent le meurtrier. Les deux s'enlacèrent en s'embrassant.
- Nick, murmura Stéphanie, oh Nick, je t'aime...
- Moi aussi Stéphanie, moi aussi...
- Comment as-tu su que j'étais ici ?
- Ah… Une longue histoire...
Christian et Maude arrivèrent en courant et les sirènes de police se firent entendre au loin.
- Nick ? Stéphanie ? Que se passe-t-il ? J'ai constaté que tu n'étais plus au bar, alors j'ai demandé à la serveuse si elle ne t'aurait pas vu, elle m'a raconté votre conversation et j'ai aussitôt appelé la police, dit Christian.
Nick raconta à Stéphanie les rêves qu’il avait faits dernièrement et lui promit de lui faire part des prochains rêves qu'il ferait à l'avenir. Ils retournèrent en ville le lendemain.
CHAPITRE X
Nick flottait dans les airs, il quittait sa maison. Il était maintenant dans le ciel. Il se dirigeait dans l'espace, plein d'étoiles étaient à ses côtés. De loin, il pouvait apercevoir la terre, une belle boule ronde, bleue et blanche. Soudain, il s'immobilisa et fixa la terre. Une énorme boule de feu se dirigeait sur celle-ci. Il entendit la population crier, des cris d’agonies et de souffrances. Il resta figé et ne put rien faire. La terre explosa.
Nick se reveille …
* * *
11:11 am, Beep ! Beep ! Beep ! Criait le réveil matin de Nick. En sueur, il regarda immédiatement à ses côtés. Stéphanie dormait comme un bébé. Il éteignit l’alarme et se dirigea dans la salle de bain. « Mais qu’est-ce qui se passe ? » se dit-il en se rafraîchissant le visage d’eau froide. « Je rêve que ma blonde va mourir, je réussis à la sauver et maintenant je rêve que la planète tout entière va être détruite… » Il vit de la terreur dans ses yeux se souvenant des cris et tout à coup il se mit à trembler. « Non, non, c’est un cauchemar, c’est impossible que la terre puisse être détruite, celui-là est un cauchemar ». Nick se rendit compte que tous ses cauchemars jusqu’ici se sont réalisés. « Je peux sauver ma blonde, mais je ne peux quand même pas sauver la planète », pensa-t-il. Stéphanie entra dans la salle de bain au même moment. Il sursauta au son de sa voix.
- Que se passe-t-il, tu sembles inquiet ?
- Je repense encore à ce qui aurait pu t’arriver, c’est terrible, j’aurais pu te perdre à tout jamais. Je ne comprends pas pourquoi mes rêves se réalisent. Pourtant, je n’ai aucun pouvoir de voyance, je suis normal non ?
- J’ai déjà entendu parler que certaines personnes possèdent des pouvoirs surnaturels. J’avoue que je me sens choyer d’être ta blonde, je croyais vraiment mourir, j’avais tellement peur, tu es mon sauveur !
- Juste à penser que nous allons devoir aller en cour, témoigner contre lui, jamais ils ne vont me croire, tout le monde va penser que je suis rendu fou.
- Ils ont cru l’histoire du meurtrier « fine lame » ?
- Pas vraiment… L’important pour eux est qu’ils ont mis la main sur le meurtrier, en plus je n’ai que 17 ans, je ne suis qu’un ado pour eux. Ils m’ont dit que j’étais à la bonne place, au bon moment.
Nick se souvenait, lorsque la police l’avait interrogé, qu’il était assis sur une chaise dans une salle vide avec un grand miroir. Pourtant, il n’était pas le coupable, mais son histoire ne tenait pas debout alors, il était devenu un suspect. Les policiers lui ont dit que le paranormal c’était pour les fous. Seulement les preuves matérielles étaient importantes dans leur travail. Mais Nick s’en foutait, ce qui comptait pour lui, c’était la vérité. Il savait qu’il n’était pas fou et il savait qu’il avait bien rêvé à ce meurtre.
- J’espère juste que cette fois-ci ils vont me croire, car je ne sais pas quoi d’autre dire. C’est incroyable et effroyable en même temps. C’est comme si quelqu’un essaie de me communiquer le futur. Mais ce sont des malheurs que je vois dans mes rêves, ce sont plutôt des cauchemars.
- Je crois que tu as un don spécial, mon amour, et grâce à toi, je vis aujourd’hui, lui dit Stéphanie en l’empoignant par la taille. Elle lui fit une caresse et l’embrassa passionnément.
* * *
Nick vivait avec ses parents dans une maison située sur une colline. Avec trois étages, il y avait beaucoup d’espace : quatre chambres à coucher, trois salles de bains, dont une privée qui la reliait à la chambre des maîtres. Sa mère travaillait au gouvernement et son père était président d’une compagnie aérienne. Même s’il n’avait pas de sœur ou de frère, il se souvenait que ses parents lui achetaient plein de jouets quand il était enfant. Il avait toujours gardé son robot de Goldorak, le gardien de la paix, défenseur de la planète bleue. Il pensait à son robot qui devait constamment protéger la planète bleue des forces de Vegas. Et il semblerait que maintenant, la métaphore de son robot prenait vie, que lui aussi se devait de sauver la planète. Mais ça ne faisait aucun sens. Pourquoi lui ? Ses parents étaient très religieux et Nick avait été à la messe le dimanche pendant plusieurs années, mais aujourd’hui il se questionnait sur la religion, sans réellement avoir de bonnes réponses. Donc aucune explication disponible.
Nick et Stéphanie se sentaient encore fatigués. Nicole, la mère de Nick, avait préparé un bon dîner pour eux, car seule sa mère continuait d’aller à la messe.
- Ta mère nous a préparés à manger, dit Stéphanie en souriant. Elle savait qu’elle était tellement mère poule au point que c’en était étouffant…
- Oui, comme d’habitude, elle est sûrement partie à la messe, écouter le prêtre annoncer la fin du monde ou dire que nous devons absolument faire ceci ou cela sinon nous allons en enfer. Toujours les mêmes discours plates. La dernière fois que j’y suis allé pour le baptême de ma cousine Catherine, j’en revenais pas à quel point il tentait de faire peur à tout le monde. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me sens pas bien quand je vais à l’Église.
Il revit son rêve dans sa tête. Parler de la fin du monde. Il se sentit bizarre tout à coup. Il sentait que son cœur battait de plus en plus fort. Sa mère avait fait une bonne sauce à spaghetti maison. Il ne restait qu’à réchauffer le tout dans le four à micro-ondes.
- Ce n’est pas que je ne crois pas en Dieu, c’est juste que je croie que nous sommes notre propre religion, dit Nick.
- Nous avons tous une âme, mon chéri, la religion n’est qu’une façade. C’est un pouvoir que les humains ont mal utilisé sur d’autres humains. Un pouvoir de peur et de contrôle. Il ne faut pas toujours se fier à ce que l’on voit, tu sais, le paranormal existe bel et bien et tu possèdes ce pouvoir, j’en suis certaine. Ce n’est pas tout le monde qui a cette chance. Plusieurs personnes vont passer une vie entière sans vraiment savoir qui ils sont vraiment. Nous recherchons tous la vérité, nous sommes tous pareils, tu sais, certains ont des dons innés et d’autres les développent au fil du temps.
- Comment fais-tu pour connaître toutes ces petites choses à propos de la vie ? lui demanda Nick qui tout à coup s’intéressait à ce pouvoir qu’il semblait posséder.
- C’est ma mère, je ne voulais pas vraiment t’en parler parce qu’elle m’a dit que la plupart des gens vont mal me juger. C’est la spiritualité. Elle a lu beaucoup de livres et elle m’a toujours parlé de cela. C’est vraiment intéressant, tes rêves en sont la preuve.
- J’ai déjà entendu parler de la spiritualité, mais ce n’est pas une autre religion ? De toute façon, elles reviennent toutes au même, jamais on ne peut avoir de vraie réponse.
- Tu vois, tu ne veux même pas entendre à propos de la spiritualité.
- Tu sais que je crois ce que je vois. Comment peut-on croire quelque chose que nous ne voyons pas ? C’est comme les extra-terrestres, je vais y croire quand je vais les voir. En plus, as-tu remarqué que les gens qui sont spirituels comme tu dis ont vraiment l’air bizarres, c’est sûrement une coïncidence que mes rêves m’ont prédit le futur.
- Les coïncidences ne sont pas des évènements chanceux. Cela devait t’arriver. Les rêves sont le reflet de ton esprit, c’est lui qui te parle, si tu ne veux pas en parler cela ne me dérange pas, tu sais, ma mère m’a dit que c’est une des plus grandes différences entre la religion et la spiritualité. Elle dit que l’on doit respecter et accepter les gens dans leur croyance. Il ne faut pas essayer de changer les gens, elle m’a dit que c’est nous-mêmes qui allons changer.