Vous côtoyez des psychopathes
Philippe Riboty
Published by BARELS MÉDIAS INC. at Smashwords
Copyright 2010 Philippe Riboty
ISBN
978-2-922592-08-5
Les
éditions Barels
698 rue
Saint-Jean, C.P. 70007
Québec
(Québec) G1R 6B1
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www.barels.ca
Philippe
Riboty :
philipperiboty@yahoo.com
Révision,
André Bonsang.


La révélation sexuelle,
ouvrage savant.
Le sanglot des anges,
roman policier.
Les études de cas ici présentées sont tirées de l’expérience et des recherches de l’auteur au cours de sa pratique professionnelle. Elles ne peuvent d’aucune façon remplacer l’assistance d’un expert, mais visent essentiellement à éclairer le lecteur et l’aider ainsi à améliorer sa qualité de vie.
Avertissement
Avant-propos
Introduction
L’enfance
La famille
La vision sociale
La sexualité
L’organisation mentale
Le milieu de travail
La carrière criminelle
Conclusion
Test de détection de comportements psychopathiques d’un individu observé à partir d’éléments détectables
Bibliographie
Index des criminels cités
Table des matières
Afin d’être bien en mesure de comprendre la nature des psychopathes, il importe d’assimiler les notions de base relativement à la définition d’une personnalité psychopathique de même que les éléments déclencheurs qui peuvent mener l’individu psychopathique à devenir un psychopathe, voire même un tueur en série. Ces notions sont résumées ci-après.
La personnalité, c’est la structure psychologique intrinsèque qui module la manière d’être, la perception et les réactions d’un individu avant même sa socialisation et son apprentissage dans le monde extérieur.
La quasi-totalité des tueurs en série, des violeurs et des agresseurs sont nés avec une personnalité psychopathique.
La personnalité psychopathique consiste principalement en une inaptitude à s’adapter à son milieu. Cette personnalité est qualifiée d’antisociale, de sociopathique ou de dyssociale.
S’il ne dispose pas d’un environnement adéquat durant ses stades de développement psychoreproducteur, de l’enfance à l’âge adulte, l’individu psychopathique sera atteint de divers troubles de personnalité tels que la paranoïa, la schizoïdie, le narcissisme, l’obsession compulsive, etc. Ces troubles influeront fortement sur ses façons d’agir.
L’individu doté d’une personnalité psychopathique est instable, impulsif et manifeste des comportements antisociaux. Il est replié sur lui-même, fuit le contact avec ses semblables qu’il méprise et construit sa propre morale. Il juge sévèrement les autres, mais déteste être jugé.
L’individu psychopathique est axé sur ses propres fantasmes. Il est manipulateur, froid et se montre incapable d’empathie. Il ne considère ses pairs que comme des spécimens à exploiter, étant lui-même le seul à éprouver des besoins. Son intelligence est strictement académique et il est incapable de lier sa sexualité à sa fonction reproductrice.
À ce jour, la science n’a pas encore résolu le problème de la provenance de la personnalité psychopathique, mais, d’après moi, elle est attribuable à une aberration génétique héréditaire qui affecte le développement du cerveau de l’embryon à son dernier stade. D’ailleurs, le fait que les électro-encéphalogrammes mesurés chez des prisonniers psychopathes sont anormaux pour 50 % d’entre eux, contre 15 % pour l’ensemble de la population, vient à l’appui de cette hypothèse. De plus, il est admis que le psychopathe est issu d’une famille où au moins un des deux parents est psychopathique. Récemment, on aurait découvert le gène du sport extrême ou suicidaire violent. Je ne serais pas surpris qu’il s’agisse plutôt du gène de la psychopathie.
Souvent hyperactif depuis son enfance, l’individu psychopathique ne supporte pas l’ennui et la nostalgie, et cache une profonde tendance à la dépression derrière des activités sociales et sportives prenantes qui lui évitent de se remettre en question. À l’instar des accros des sports extrêmes, la personnalité psychopathique qui passe à l’acte, soit le psychopathe, le fait pour satisfaire des fantasmes chimériques, inutiles à sa survie, qui menacent sa sécurité et sa vie, et dont il ne tire aucun bénéfice réel.
Ainsi, John Wayne Gacy, tueur en série de Chicago, était clown bénévole pour les fêtes d’enfants du voisinage, ainsi qu’à l’hôpital local. Il était de plus un membre respecté de la Chambre de commerce locale et porte-parole pour le Parti démocrate.
De même, le tueur en série Ted Bundy a été bénévole dans un centre d’écoute téléphonique pour la prévention du suicide. Il s’est également investi dans l’action politique, se gagnant ainsi l’attention de personnes en vue.
Un individu qui naît avec une personnalité psychopathique ne devient pas forcément un psychopathe, bien qu’il entretienne des mauvais desseins envers autrui. S’il est bien traité durant l’enfance et qu’on lui inculque une morale basée sur les fondements de notre réalité animale, il ne passera cependant pas à l’acte car, comme il est essentiellement centré sur lui-même, il craindra pour sa propre personne. Il est conscient que, s’il le faisait, il mettrait son bien-être en péril. Son côté narcissique prend alors le pas sur ses composantes psychopathiques et il devient un citoyen extrêmement orgueilleux ou passif agressif, mais moins délinquant.
En revanche, tous les psychopathes sont nés avec une telle personnalité. Ce qui les distingue, c’est qu’ils considèrent qu’ils ont déjà tout subi. Ils ne craignent donc plus l’autorité ni les conséquences potentielles des désirs criminels qui couvent en eux. Au premier élément déclencheur, ils passeront à l’acte et deviendront ainsi des criminels psychopathes.
Comme l’Homme se sert de l’homme pour modifier la nature de son environnement, l’individu exploité se sert de sa sexualité de façon dénaturée pour accepter qu’il soit lui-même un objet au service d’un autre. La soumission de son intégrité psychique à une hiérarchie contre-nature, le manque de respect du rôle social viril de l’homme et du rôle social maternel de la femme, la surpopulation ainsi que la répression de l’expression des comportements de meneur dans la collectivité sont autant de facteurs qui ont provoqué une régression comportementale de l’espèce humaine en regard de ses méthodes de reproduction et qui la conduisent à adopter différentes formes de déviances sexuelles. Des actes sexuels sans finalité de reproductrice sont pratiqués quotidiennement pour revivre un plaisir d’un stade de développement enfantin ou, la plupart du temps, pour évacuer l’angoisse due à une situation traumatisante du milieu de travail. Ces actes sexuels cherchent à compenser le manque d’équité et d’équilibre d’une société composée d’individus qui n’endossent pas les rôles instinctifs dévolus à chacun des sexes. La sexualité devient alors un exutoire nocif et déviant où l’individu canalise son énergie libidinale dans un surinvestissement des comportements sexuels. L’Homme peut ainsi continuer à accepter de vivre dans une société dénaturée, inhibitrice, cruelle et amorale.
Notre système social engendre donc lui-même ses psychopathes. Bien sûr, le tueur en série naît avec une personnalité psychopathique, mais ce sont les mauvais traitements qui feront de lui un psychopathe. Il est important ici de souligner que le passage à l’acte est toujours, absolument toujours, précédé par un événement déclencheur.
Ainsi, Edmund Emil Kemper, tueur en série américain, tua sa première victime après une violente dispute avec sa mère qui l’accusait de ses déboires sentimentaux. Il sortit ce jour-là en claquant la porte et en se promettant qu’il tuerait la première belle femme qu’il croiserait.
Paul Bernardo, tueur en série canadien, bien qu’il eût déjà violé plusieurs innocentes jeunes filles, ne se mit à tuer qu’après s’être allié à Karla Homolka en compagnie de qui il viola et tortura trois jeunes filles. De même, Stewart Wilken, tueur en série qui sévissait en Afrique du Sud, molestait les jeunes enfants depuis toujours. Pourtant, il ne devint un meurtrier qu’après avoir appris que sa femme le trompait.
Moult grands de ce monde naissent avec une personnalité psychopathique. Nous en connaissons tous. Ils sont vulgaires, méchants, misogynes, divisent les gens en classes sociales et manifestent des comportements agressifs envers les membres de leur propre famille et de leur milieu de travail. Mais leur statut social fait que peu d’entre eux en viendront à tuer, car ils auraient trop à perdre. Par contre, les individus dotés de la même personnalité, mais qui ne jouissent pas de privilèges sociaux pour apaiser le mal qui les habite, ne se contenteront pas d’exprimer verbalement leur violence. Les plus dérangés le feront physiquement ; ils frapperont et traiteront leurs semblables en esclaves. Enfin, les complètement détraqués le seront au point de violer, torturer, assassiner, voire même dévorer leurs congénères. Tous ces gens naissent avec la même structure psychopathique qui se manifeste dès l’enfance. Notre société ne les considérera pourtant pas tous comme des malades, mais ils le sont tous.
L’importance du passage à l’acte chez le psychopathe se mesure aux possibilités qui lui sont offertes de traduire ses frustrations sociales dans sa sexualité. L’individu fixé à des stades de développement enfantin dû à des mauvais traitements régressera, à l’âge adulte, à des comportements ontogénétiques ou phylogénétiques de l’évolution. Le tueur en série a simplement besoin d’une sexualité de plus en plus violente pour s’autosatisfaire sexuellement et continuer d’accepter une société artificielle qui l’a toujours considéré comme un être normal, malgré la structure pathologique de sa personnalité et les sévices qu’il a subis.
C’est pourquoi la façon d’élever un enfant est primordiale. Une mère froide ou un père autoritaire qui insulte sans cesse la mère de ses enfants, enclenchent le processus d’agression psychique. Le parent qui valorise les mauvais comportements, punit sans raison, favorise un de ses enfants au détriment d’un autre, utilise la violence ou la menace soi-disant pour éduquer, inflige autant de mauvais traitements qui produisent des êtres perturbés. La rigidité parentale et les traumatismes causés par les interdits religieux et sociaux provoquent, à l’âge adulte, un éclatement de la répression, et l’érotisme à tout prix devient le but de la sexualité. Il est surprenant de constater que, dans les ouvrages spécialisés sur le profilage des tueurs en série, on invoque les mauvais traitements comme point de départ de la pathologie, mais que, dans ces mêmes ouvrages, on demeure muet sur la nécessité de bien soigner les enfants. Ils ne suggèrent pas non plus d’établir le profilage des parents qui produisent de tels monstres. C’est capturer Frankenstein et laisser le Dr Henry Frankenstein poursuivre son œuvre diabolique dans son château.
Une récente étude atteste que les enfants qui portent des prénoms hors du commun ou mal assortis au nom de famille obtiennent de moins bons résultats scolaires. Cette étude démontre que ces mal-nommés sont évalués plus sévèrement par leurs enseignants et sont rejetés par les autres enfants qui s’amusent à inventer des jeux de mots avec leurs noms pour les ridiculiser. D’ailleurs, vous remarquerez tout au long de cet ouvrage que les tueurs en série portent souvent des noms hors du commun comme :
Gwendolyn Gail Graham, Judias Buenoano, Genene Jones, John Wayne Gacy, John Wayne Glover, Joe Ball, etc. C’est pourquoi dès son enfance, Hamilton Fish, un tueur en série des années 1930, décida de substituer son prénom à celui d’Albert, car les enfants se moquaient de lui avec le sobriquet « Ham and egg ». Le prénom tant haï conjugué à son nom de famille se traduisaient par « jambon, œuf et poisson ».
Il faut savoir qu’il existe deux sortes de parents qui favorisent le passage à l’acte chez les enfants à la personnalité psychopathique : les parents autoritaires et agressifs qui se défoulent psychologiquement ou autrement sur leurs enfants, et les parents négligents ou frustrés socialement qui valorisent les mauvais comportements de leurs enfants, ce qui n’est guère mieux ! Il faut aussi porter une attention toute particulière au premier-né de famille, car il doit résoudre son désir d’éliminer ses cadets. J’ai appelé cette volonté de destruction Désir de Caïn car, en référence à Caïn qui, dans la Genèse, tua son frère parce que son père préférait le travail d’Abel au sien. Ce désir fratricide persiste chez l’adulte qui, privé dans son enfance de l’amour inconditionnel de son père au profit de son frère cadet, n’a pu intégrer dans son psychisme une image paternelle positive. Vous comprendrez que cette étape, si elle est mal résolue, peut fixer des désirs monstrueux dans le subconscient de l’aîné. Il n’est donc pas surprenant que la grande majorité des tueurs en série soient des premiers-nés. On n’a qu’à penser à Karla Homolka, fille aînée du couple Homolka, qui participa au viol et au meurtre de sa sœur cadette.
Les psychopathes ne recherchent pas qu’une simple satisfaction sexuelle, mais également ses attributs, dont la domination animale qui revient aux membres alpha d’un groupe en nature. Ils espèrent ainsi guérir de leur impuissance sexuelle, tant psychologique que physiologique. En humiliant autrui, ils veulent acquérir un pouvoir absolu sur les autres pour pallier leur incapacité à atteindre la maturité psychique qui, seule, conduit à un plaisir sexuel en accord avec la nature.
Il arrive cependant que des individus normaux posent des gestes psychopathiques tels que tuer en état de légitime défense ou voler en situation de famine. Ces individus n’agissent alors que pour leur survie, contrairement aux psychopathes qui, eux, n’agissent que pour tenter de calmer leur déséquilibre interne.
Je terminerai cet avant-propos en vous dressant un aperçu des principaux actes criminels posés par les psychopathes : voie de fait, bagarre de rue, inceste, viol, trafic d’armes, trafic d’alcool, trafic de drogues, vol, cambriolage, proxénétisme, pédophilie, usurpation de nom, fausse identité, pose de bombe, intimidation, rapt d’enfant, délinquance, faux et usage de faux, meurtre, terrorisme, incendie, faux témoignage, cruauté envers les animaux, prise d’otage, harcèlement, effraction, interception de courrier, escroquerie, voyeurisme, corruption, criminalité informatique, etc.
Tous les jours, vous côtoyez sans le savoir des gens dont la personnalité comporte des composantes psychopathiques. Certaines personnes de votre entourage demeurent méchantes en dépit de votre gentillesse et vous ne comprenez pas pourquoi. Vous avez remarqué que ces personnes réagissent avec agressivité ou se replient sur elles-mêmes devant vos tentatives de conciliation, et ce, même si les circonstances ne le justifient pas. Vous êtes peut-être en présence d’une personnalité psychopathique. Plus ces personnes vous sont proches, plus elles influeront sur votre équilibre et sur le cours de votre vie.
Il est donc primordial de savoir les reconnaître et d’apprendre à s’en garantir. À partir des observations du FBI, des profileurs et des psys sur les tueurs en série, vous découvrirez quelque cent comportements et traits de caractère qui vous permettront de détecter les psychopathes qui vous entourent. À travers l’existence des criminels les plus célèbres, vous assisterez aux événements qui les ont menés à commettre les meurtres les plus sordides et vous apprendrez ce qui les a motivés.
De leur naissance jusqu’à leur passage à l’acte, vous accompagnerez les plus grands criminels dans leur chute. De là, vous comprendrez comment leurs meurtres auraient pu être prévenus. Vous apprendrez également quels comportements adopter devant des individus psychopathiques pour assurer votre sécurité et celle de vos proches.
Comme la psychopathie se traduit la plupart du temps par des comportements identiques chez l’homme et chez la femme, notre analyse portera sur l’homme psychopathe et précisera, le cas échéant, les différences chez son homologue féminin.
Si la personnalité psychopathique prend ses racines dans la conception même d’un individu, la façon dont il sera traité dans sa tendre enfance sera déterminante sur son développement. S’il est éduqué avec amour et compétence, ses composantes psychopathiques resteront latentes. À l’inverse, s’il est maltraité, elles prendront le dessus pour son plus grand malheur et celui de son entourage. C’est pourquoi cette période de sa vie devrait faire l’objet d’une attention particulièrement soutenue et éclairée.
Le profilage génétique consiste à circonscrire le type de personnalité propre aux criminels. À partir de ce profilage, le FBI a dressé une liste de comportements propres aux personnalités psychopathiques qui permet à ses agents de détecter une telle personnalité chez des enfants aussi jeunes que sept ans. Toutefois, la psychanalyse permet de jauger la personnalité d’un enfant bien avant cet âge. En fait, toutes les études, de Lombroso jusqu’à Freud, démontrent que les enfants ne naissent pas tous avec la même personnalité, le même tempérament comme disait nos grands-mères, et elles avaient bien raison ! Une simple visite dans une pouponnière vous en convaincra. Certains nourrissons présenteront déjà des caractéristiques pathogènes. On peut d’ores et déjà diagnostiquer que tel ou tel enfant possède une personnalité psychopathique à risques. Les caractéristiques pathogènes d’une telle personnalité sont facilement observables dès la naissance :
· il ne recherche pas l’affection et la sécurité maternelles dans un contact physique ;
· il aime rester seul (tendance à l’isolement) ;
· il n’aime pas rire ;
· il n’aime pas jouer ;
· il n’est ni actif, ni touche-à-tout ;
· il ne sourit pas et affiche une physionomie grave et sérieuse ;
· il réagit de façon agressive dès qu’on le touche ;
· il a un regard fuyant.
Il faut cependant tenir compte du contexte dans lequel le bébé évolue. S’il est privé de l’affection de sa mère ou de la protection de son père, il pourra manifester un ou plusieurs de ces comportements. Seuls les enfants qui grandissent dans un milieu familial adéquat et qui présentent ces caractéristiques peuvent être considérés comme possédant une personnalité psychopathique.
On ne peut cependant poser un diagnostic médico-légal de personnalité pathogène avant que l’enfant n’ait atteint l’âge de 18 ans. Il faut alors que l’enfant ait manifesté au moins trois des comportements suivants avant l’âge de 15 ans :
· il a commis des actes passibles d’arrestation ;
· il a trompé autrui par plaisir ou par profit ;
· il a agi impulsivement au mépris de sa sécurité et de celle des autres ;
· il a exprimé une grande agressivité verbalement ou par des voies de fait ;
· il a fait preuve d’une grande instabilité, que ce soit à l’école ou dans ses emplois ;
· il n’a pas respecté ses dettes ;
· il n’a manifesté aucun remords pour ses actes répréhensibles contre autrui.
Les études démontrent que tous les psychopathes ont été maltraités durant leur enfance. Les intervenants sociaux disposent d’une liste de comportements pour détecter rapidement si un enfant est ou a été maltraité. Cet enfant présente quelques-uns ou plusieurs des symptômes qui suivent.
Sa vie familiale :
· il refuse de parler de ce qui se passe chez lui ;
· il déménage fréquemment ;
· il n’a personne qui l’attend à la maison, c’est l’enfant clé au cou ;
· il craint ses parents qui le menacent pour un oui ou pour un non ;
· il a peur dans sa chambre, mais ne peut ou ne veut dormir avec ses parents ;
· il est sous-alimenté, suralimenté ou mal alimenté ;
· ses parents l’ont affublé d’un prénom stupide ;
· il assume des responsabilités d’adulte à la maison ;
· il se fait frapper et présente des marques de coups sur le corps ;
· il est traité différemment de ses frères et sœurs ;
· il se fait rabrouer chaque fois qu’il recherche l’attention de ses parents ;
· il vit dans un foyer reconstitué ; le père ou les deux parents sont immatures ou cruels.
Sa vie scolaire :
· il ne manque jamais l’école ou il est toujours absent ;
· il cherche à obtenir les meilleures notes scolaires pour éviter le châtiment parental ;
· il obtient de mauvais résultats scolaires ;
· il change sans cesse d’école ;
· il est humilié par ses professeurs ;
· il est turbulent en classe ;
· il prend du Ritalin ;
· il veut lâcher l’école ;
· il se masturbe en classe.
Sa tenue vestimentaire :
· il est mal vêtu ou s’habille toujours en noir ;
· il est sale et négligé ;
· il porte toujours les mêmes vêtements ;
· il porte les vêtements de ses aînés.
Ses comportements :
· il fugue ;
· il cherche de façon compulsive à gagner de l’argent ;
· il boit ou il se drogue ;
· il est exhibitionniste ;
· il est voyeur ;
· il affirme que parler ne sert à rien ;
· il ne respecte pas l’autorité ;
· il recherche la bagarre ;
· il emploie un vocabulaire vulgaire ;
· il pratique une sexualité précoce ;
· il brise ses jouets ;
· il aime jouer aux cartes et à l’argent ;
· il est colérique et imprévisible ;
· il pleure beaucoup ou pas du tout ;
· il tient des propos religieux stricts ;
· il est troublé et mal à l’aise ;
· il fait des tentatives de suicide ;
· il tient des propos racistes ;
· il porte une arme ;
· il est adepte du tatouage et du perçage ;
· il ne rit jamais ou rit sans arrêt ;
· il ment constamment ;
· il aime jouer avec le feu ;
· il vole ;
· il mord les autres enfants et ses professeurs ;
· il vandalise ;
· il agresse les animaux ;
· il exprime des désirs meurtriers ;
· il s’autodétruit.
Ses manifestations névrotiques :
· il est apeuré ou craintif ;
· il est incapable de se lier d’amitié ;
· il a fréquemment des sautes d’humeur ;
· il ne parle jamais de ce qu’il vit ;
· il a peur d’aller au lit ;
· il a peur de certains lieux ;
· il ne s’aime pas et se dénigre ;
· il fait des cauchemars ;
· il souffre de fréquents maux de tête ;
· il souffre d’insomnie ;
· il souffre de boulimie ;
· il souffre d’anorexie ;
· il souffre de phobie ;
· il souffre d’énurésie ;
· il souffre d’asthme ;
· il est atteint de maladies de peau ;
· il souffre d’allergies ;
· il a peur des animaux (araignée, chien, chat, etc.) ;
· il est sans cesse dans la lune (trouble d’attention, rêverie diurne) ;
· il est fasciné par le sang ou en a une peur phobique.
Un enfant sain qui est maltraité en portera les séquelles toute sa vie, tant sur le plan affectif qu’intellectuel, mais fonctionnera tant bien que mal dans la société. Cependant, l’enfant doté d’une personnalité psychopathique qui a été maltraité durant son enfance risque fort de devenir un psychopathe. Parvenu à l’âge adulte, il pourra reproduire des comportements de son enfance. Par exemple, s’il a été habitué à parier aux cartes, il sera tenté de fréquenter les casinos, puis les tripots. Les études démontrent que les enfants adoptés par des parents psychopathiques présenteront un risque supérieur de développer des comportements de psychopathes dans leur vie. Chez chaque tueur en série capturé, le FBI a noté dans son enfance une vingtaine des points décrits ci-dessus.
La petite Christine Falling, abusée sexuellement par son père et sa mère, fut placée dans une famille d’accueil très religieuse à l’âge de quatre ans. Ses parents adoptifs la battirent et la violèrent à répétition. À l’âge de dix ans, elle eut ses premiers désirs meurtriers et tua par strangulation des chats du voisinage. Elle se maria à quatorze ans et divorça peu après à cause des mauvais traitements que son mari lui infligeait. Parvenue à l’âge adulte, elle devint obèse et tua par suffocation au moins cinq enfants dont elle avait la garde, bien qu’elle prétendît adorer les petits. Elle justifia ses gestes par la jalousie et la colère. Au début des années 1980, elle fut condamnée par la Cour de Floride à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération avant 25 ans.
Patrick Tissier fut non seulement un enfant violemment battu par son père, comme en témoigna sa sœur lors de son procès, mais il fut également maltraité par un enseignant psychopathique qui le traitait de porc et de fainéant. Non content d’injurier le jeune enfant, il lui accrochait son cahier scolaire dans le dos et le faisait défiler ainsi affublé devant toute la classe pour le punir de s’être sali. À l’âge de seize ans, Tissier tenta de violer la conjointe de son père. Deux ans plus tard, il tua son amie de cœur. Il fut condamné à 20 ans de prison pour ce meurtre. En 1993, alors qu’il avait été libéré, il assassina une fillette de huit ans et une voisine de palier. Tissier fut condamné à la réclusion à perpétuité par la Cour d’assises des Pyrénées orientales. Il ne pourra bénéficier d’aucune libération conditionnelle avant 30 ans.
En août 1963, Edmund Emil Kemper tua ses grands-parents. Il fut interné en Californie, à l’hôpital Atascadero pour malades mentaux. Il fut libéré en 1969 malgré l’objection des psychiatres. Dans les années 1970, il assassina huit femmes, dont sa mère. Il fut condamné à plusieurs sentences à vie et incarcéré à la prison à sécurité maximum de Folsom. Lorsqu’il était petit, sa mère le détestait, car il ressemblait à son père qu’elle avait quitté. Elle le forçait sans raison à dormir dans le sous-sol, près de la chaudière. Elle lui serinait que les filles étaient trop bien pour lui et qu’il n’en trouverait jamais une qui veuille l’épouser. Kemper était un enfant solitaire et renfermé. Des experts du FBI affirmèrent qu’il ne serait jamais devenu un criminel s’il n’avait pas été maltraité durant son enfance.
Theodore Bundy agressa une cinquantaine de jeunes étudiantes qu’il viola, tortura et assassina. Diplômé en psychologie et étudiant en droit, il attirait ses victimes en simulant une blessure au bras. Il fut exécuté pour le meurtre de trois d’entre elles le 24 janvier 1989 en Floride. Bundy n’avait pas connu son père, mais il vivait chez son grand-père qui était tyrannique et violent. Il commença très jeune à mentir et à voler.
En 1981, Roberto Succo assassina ses parents. Il fut interné, mais s’évada de l’hôpital. Il tua cinq autres personnes en France avant de se suicider au pénitencier de Vicence en 1989. Succo avait une mère dominatrice. Petit, il aimait disséquer les animaux.
Charles Manson, chef de la secte qui dirigea l’assassinat de Sharon Tate et du couple Labianca en août 1969, purge une peine d’emprisonnement à vie en Californie. Il est le fils illégitime d’une prostituée. À l’âge de 10 ans, il fut confié à une tante pieuse et un oncle sadique qui l’habillaient en fille pendant que sa mère se prostituait. Dès lors, Charles Manson passa sa vie dans la rue.
Le psychopathe a toujours au moins un de ses deux parents qui possède une personnalité psychopathique, ce qui a pour effet de valoriser et d’inciter ses comportements criminels dès son plus jeune âge. Un parent psychopathique est par nature distant, méchant et agressif. Son enfant aura donc très peu de possibilités de s’épanouir sur le plan émotif. Qui n’a pas entendu cette réplique cinglante : arrête de pleurer !, servie par un parent à son enfant en détresse. Voilà la phrase favorite du mauvais parent qui répugne à s’occuper correctement de son enfant. Quand un enfant pleure, même un parent psychopathique sait instinctivement qu’il doit s’occuper de lui. Pourtant, sa réaction sera de le faire taire au lieu de le soigner et de lui procurer l’affection dont il a besoin.
Joseph Kallinger tua plusieurs personnes dans les années 1970 avant d’être arrêté et condamné à la prison à vie. Son père l’avait élevé en le torturant et en abusant de lui.
Dans les années 1990, Stewart Wilken, surnommé Boetie Boer, tua plus de neuf femmes et plusieurs enfants, dont sa propre fille, car il ne jouissait qu’en étranglant ses victimes. Il violait des prostituées et les abandonnait dans des postures dégradantes. Il raconta qu’au moment de tuer ses victimes, il se sentait supérieur, comme un géant face à une petite chose insignifiante qu’il pouvait écraser. À la fin des années 1990, il fut condamné à sept peines de prison à vie au pénitencier de Saint Alban’s en Afrique du Sud pour les meurtres de sept femmes, bien qu’on estime qu’il aurait eu à son actif près de 50 victimes. Stewart était un enfant battu régulièrement par sa mère. Elle utilisait un boyau d’arrosage ou le talon de sa chaussure pour le frapper. Un jour, son directeur d’école le frappa avec une baguette en rotin alors qu’il était couché sur le sol, recroquevillé sur lui-même pour échapper au supplice. À l’âge de dix ans, Stewart fut sodomisé par un diacre. Il ne dévoila jamais cette histoire à sa mère, car il savait qu’il encourrait son châtiment maternel.
Marc Dutroux fut emprisonné pour avoir violé et torturé une femme de 50 ans à l’aide d’un couteau. À la suite de sa libération dans les années 1980, il enleva et viola deux fillettes. Selon les autorités policières, il aurait kidnappé six autres filles, dont quatre auraient été assassinées. Il est toujours incarcéré en Belgique où il purge actuellement une peine de prison à perpétuité. La mère de Dutroux viola son frère alors qu’il était encore un tout jeune garçon. Ce dernier se suicida à l’âge adulte. Comme la majorité des gens non psychopathiques qui sont gentils, il retourna contre lui-même la haine qu’il aurait dû manifester contre sa mère.
Ce dernier exemple illustre bien que, le plus souvent, l’individu psychopathique retournera les agressions familiales qu’il a subies contre d’innocentes victimes alors que celui qui ne l’est pas les canalisera sur lui-même.
Ainsi, Sébastien X, un non psychopathique, perdit ses parents à l’âge de deux ans. Dès lors, il fut séparé de ses frères et sœurs. Il fut hébergé dans au moins cinq foyers d’accueil où il était battu, maltraité et agressé sexuellement. À sa majorité, il se fit une amie de cœur. Elle incarnait son premier lien affectif depuis la mort de ses parents. Lorsqu’elle le quitta, tout son monde s’écroula. On le référa à un psychiatre qui ne pouvait lui accorder l’attention dont il avait désespérément besoin, car sa clientèle l’accaparait. Sébastien s’aspergea d’essence et s’immola. Sauvé in extremis, il a retrouvé ses frères et sœurs avec qui il vit et qui, de son propre aveu, sont sa seule raison de rester en vie.
Les études ont relevé les statistiques suivantes dans l’enfance des tueurs en série :
80 % ont des parents de classe sociale moyenne ou élevée ;
80 % ont au moins un parent alcoolique ;
75 % ont déjà eu besoin d’aide psychologique ;
70 % ont participé de gré ou de force à des activités sexuelles ;
55 % ont au moins un parent avec des antécédents psychiatriques ;
50 % ont vu leur père déserter le foyer familial avant leur puberté ;
40 % ont au moins un parent avec des antécédents criminels ;
40 % sont battus ou agressés sexuellement.
Dans une étude publiée aux Presses de l’Université de Londres en 1949, le professeur E. Bowlby expliquait déjà à l’époque que les délinquants viennent de milieux où ils ont été privés d’affection et que leurs parents sont plus hostiles et sont davantage atteints de troubles mentaux que la moyenne. La proportion de délinquants qui sont issus de foyers désunis est également plus élevée que la moyenne.
La mère de Mamadou Traoré raconta que son fils n’accepta jamais qu’elle ait introduit un nouveau compagnon dans le foyer familial après son divorce. Selon elle, il répétait à qui voulait bien l’entendre qu’il était capable de vivre seul avec sa mère. Quand celle-ci lui annonça, en 1996, qu’elle le chassait de sa maison, Mamadou tenta de se suicider en se jetant par la fenêtre Il fut sauvé in extremis par les policiers. Après quelques mois d’errance, il revint supplier sa mère de le reprendre. Elle refusa. C’est alors qu’il viola sa première victime. Par la suite, il agressa six autres femmes et en tua deux. Il fut condamné à la réclusion à perpétuité par la Cour d’assises de Paris.
Le psychopathe déteste inconsciemment ses parents et pour cause, car si ceux-ci ne l’avaient pas maltraité, il ne serait pas aussi déviant. Mais détester ses parents n’est pas chose facile, car ce sont eux qui vous ont nourri durant toute votre enfance bien que, la plupart du temps, ils ne se soient employés qu’à assurer votre stricte survie tout en vous laissant, à tort, l’impression qu’ils vous ont fait du bien. Cette impression persiste également dans l’inconscient et il faut une bonne psychanalyse pour se défaire de cette croyance. Le psychopathe transpose donc toute la haine qu’il voue à ses parents sur un objet de substitution représentant généralement l’autorité. Leurs propos sont alors haineux envers la police, l’armée ou, plus subtilement, les politiciens, leur patron, un groupe religieux ou enfin, envers les femmes, car, dans 70 % des cas, ils ont subi une mère dominatrice. Il n’est donc pas surprenant que l’individu qui tient de tels propos passe parfois à l’acte et attaque une innocente victime.
En 1996, Sylvain Lessard viola et tua son enseignante du primaire sur laquelle il avait fantasmé étant petit. Lorsqu’il parvint à l’âge adulte, elle lui offrit un travail chez elle. Le 21 juin 1996, l’enseignante quitta sa maison pour faire ses courses. Lessard pénétra dans le domicile, saisit le mari à la gorge et le roua de coups. Il le conduisit ensuite au sous-sol, le ligota et lui banda les yeux. Les tueurs bandent souvent les yeux des victimes qu’ils connaissent, car leur regard les culpabilise. Puis il le frappa à mort. Il attendit alors l’arrivée de l’institutrice, sa prochaine victime. Dès qu’elle entra dans la maison, il l’assaillit et lui banda les yeux à son tour, la viola, la maltraita sauvagement et l’assassina. Lessard fut condamné à perpétuité, dont 22 ans fermes, pour son double meurtre, plus cinq ans concurremment pour vol, vol qualifié, voies de fait sur trois frères et possession d’arme dans le but de voler. Sylvain Lessard fut violenté et agressé par sa famille durant son enfance. Il transposa alors la haine qu’il avait accumulée envers sa famille sur le couple parfait et accessible que représentait celui de son institutrice.
Ed Kemper viola, mutila et tua huit jeunes universitaires de San Francisco qu’il avait prises en stop dans les années 1970. Kemper comprit ensuite que c’était à sa mère qu’il en voulait et que tuer toutes les filles du monde ne réussirait pas à le satisfaire. Alors un jour de Pâques, il tua sa mère pendant son sommeil à l’aide d’un marteau. Il la décapita, la viola sans tête et jeta son larynx dans un broyeur, car elle criait sans cesse contre lui depuis sa naissance. À la suite de ce meurtre, il ne chercha plus à se cacher et se livra lui-même à la police.
Albert De Salvo, l’étrangleur de Boston, tua entre 1962 et 1963 au moins treize femmes. Les six premières victimes étaient des femmes âgées sur lesquelles on ne trouva aucune trace de sperme. Il tuait symboliquement sa mère qui était froide, indifférente et qui lui tournait constamment le dos lorsqu’il était petit. Ses autres victimes étaient de belles jeunes filles qu’il violait. Ces dernières servaient à lui prouver qu’après avoir éliminé symboliquement sa mère, il était bel et bien devenu un homme viril (viol) et puissant (tuer). Il reçut une sentence à perpétuité pour viols sadiques et fut poignardé à mort en prison en novembre 1973.
En règle générale, le psychopathe fonde une famille pour pouvoir exercer une domination morbide sur les personnes qui dépendent de lui. Comme il ne s’aime pas lui-même, il est incapable d’établir des rapports d’égalité, de respect et encore moins d’amour avec sa conjointe ou son conjoint. De par sa nature narcissique, il sera souvent tyrannique et cruel envers ses enfants ou, au mieux, indifférent.
Les psychopathes ne ressentent aucun sentiment de solitude s’ils ont les coudées franches. En revanche, ils adorent s’entourer de gens à leur service. Parmi eux, la grande majorité des violeurs vivent en couple et occupent un bon emploi. Si leurs déviances augmentent, ils ont tendance à abandonner leur conjointe pour pouvoir les assouvir. S’ils accèdent au rang de tueur en série, ils quitteront leur famille avant de commettre leur premier meurtre. C’est pourquoi la plupart vivent seuls ou chez leurs parents au moment du premier passage à l’acte, contrairement à leurs homologues féminines qui, elles, resteront davantage en couple où elles trouvent la stabilité dont elles ont besoin pour perpétrer leur crime.
À l’âge de vingt ans, Ted Bundy fut abandonné par sa fiancée. Il n’accepta jamais la rupture. À partir de ce jour, il vécut seul et toutes ses victimes furent dans la jeune vingtaine.
Jeffrey Dahmer, surnommé Le Cannibale de Milwaukee, vivait seul dans un petit appartement d’un quartier noir mal famé de Milwaukee où il commit la grande majorité de ses crimes. Il tua plus de vingt jeunes Noirs, qu’il recrutait dans les bars homosexuels. Bien qu’il se prétendait hétérosexuel, il les invitait chez lui où il les droguait, les tuait, les mutilait, les photographiait, les sodomisait, leur faisait une fellation, puis se masturbait dans leurs entrailles. Il dévorait parfois ses victimes, conservait des têtes au réfrigérateur et d’autres parties de cadavres dans les placards, puis jetait les restes aux ordures. Il peignait de couleur métallique les crânes de certaines victimes avec lesquels il érigeait des autels. L’odeur de viande en décomposition qui se dégageait de son appartement était tellement forte qu’il en était imprégné au point que les chats du voisinage devenaient surexcités quand il sortait. Le trop célèbre meurtrier adorait se promener dans les cimetières et visiter les pompes funèbres et les taxidermistes. Le 17 février 1992, il fut condamné à quinze peines de prison à vie pour les meurtres de quinze de ses victimes. En 1995, il fut assassiné par des codétenus.
Theodore Kaczynski, mieux connu sous le nom d’Unabomber, termina son doctorat en mathématique en 1967 et devint aspirant professeur à l’université Berkeley, poste qu’il occupa jusqu’en 1969. De 1976 à 1996, il terrorisa les États-Unis en envoyant des colis piégés à des titulaires universitaires. En juin 1995, une de ses menaces de bombe paralysa l’espace aérien étasunien. Kaczynski força ainsi les médias à publier son manifeste proécologiste à travers le monde. Ironiquement, c’est ce qui permit à son frère de reconnaître son style et son propos, et de le dénoncer. En janvier 1998, Kaczynski fut condamné à quatre peines de prison à vie pour avoir tué trois personnes et en avoir blessé onze autres. On découvrit qu’il avait vécu seul pendant plus de vingt ans dans une petite cabane perdue au fond du Montana où il préparait avec soin ses colis piégés.
En général, le psychopathe recherche la compagne idéale parmi les filles gentilles sans protection paternelle, car il déteste particulièrement qu’on le contrarie. Malheureusement, il n’est pas rare que sa compagne devienne aussi sa victime. Toutefois, certains psychopathes préfèrent une conjointe également psychopathe avec qui s’associer pour commettre ses horribles meurtres.
Ted Bundy habillait son bras d’un plâtre avant d’aborder de jeunes étudiantes. Il sollicitait alors leur aide pour transporter ses paquets. Les jeunes filles compatissantes qui tombaient dans le panneau devenaient ses malheureuses victimes.
Marc Dutroux kidnappa et viola deux fillettes en Belgique et fut soupçonné également de plusieurs autres enlèvements d’enfants. Il menait ses opérations dans un cabanon situé à proximité de son domicile. Il pouvait accomplir ses sombres besognes en toute quiétude car sa femme, soumise et terrorisée, n’avait pas le droit de le questionner sur ses activités.
Paul Bernardo, un comptable qui viola plus de vingt jeunes filles à la fin des années 1980, épousa Karla Homolka qui travaillait dans une animalerie. Au début de leur association, Bernardo se contentait de violer ses victimes. Mais quand Karla décida de participer à ses crimes, le couple tua trois jeunes filles dont Tammy, la sœur cadette de Karla. Ironiquement, Tammy l’idolâtrait, car elle la trouvait belle et raffinée. Au début des années 1990, Karla conclut une entente avec la Couronne afin de faire reconnaître Bernardo criminel dangereux en échange d’une peine réduite de douze ans. En août 1993, Bernardo fut condamné à la prison à vie pour viol, sodomie, séquestration, torture et meurtre de deux jeunes filles. Par la suite, la police découvrit des vidéocassettes sur lesquelles on assistait à toutes les étapes de ces crimes sordides. Ces vidéocassettes démontrèrent clairement que Karla Homolka était une psychopathe qui participait avec volupté et de plein gré à la torture des pauvres filles. Au terme de sa sentence, elle a bénéficié d’une libération inconditionnelle en 2005. Pendant son incarcération, elle a obtenu un diplôme en psychologie.
Le couple Martha Beck et Raymond Fernandez s’unirent dans la psychopathie. Ils recrutaient leurs victimes dans le courrier du cœur. Ce couple de sadiques sexuels se faisait passer pour frère et sœur afin de rassurer et de convaincre leurs victimes de les suivre. Parvenus dans leur antre, ils les violaient et les tuaient. Ils auraient assassiné quelque vingt femmes en trois ans. En 1951, ils furent exécutés pour le meurtre de trois d’entre elles.
Le psychopathe n’a besoin d’aucun prétexte pour battre sa conjointe. Il a la main leste. Au début, il offre des excuses et va même parfois jusqu’à pleurer, mais il devient rapidement très violent. Il est impulsif et se moque des conséquences. Il est très irritable et déteste qu’on le contredise. Lorsqu’il est à court d’arguments, il rétorque physiquement. Les femmes ont tendance à se culpabiliser en croyant, à tort, qu’elles sont responsables du fait qu’il soit violent. En moyenne, une femme subira 55 agressions physiques avant de porter plainte.
Bien que Karla Homolka fût la complice des viols et des meurtres de Paul Bernardo, ce dernier n’hésitait pas à la brutaliser. Ainsi, il la violait, la sodomisait, crachait dans sa nourriture, lui lançait des couteaux, l’étranglait, l’empoignait par les cheveux, la frappait avec des outils et la forçait à ramper à quatre pattes.
Le psychopathe qui décide d’avoir un enfant ne tient nullement compte de la qualité de vie qu’il peut lui offrir. Il ne se soucie guère d’acquérir un revenu suffisant et un statut social et matrimonial pour assurer à son futur enfant une sécurité financière et affective. Il n’engendrera l’enfant que par égoïsme, soit pour être admiré, pour s’attacher la conjointe ou le conjoint, pour se soustraire à ses obligations familiales, pour obtenir de l’argent de l’État ou, encore, pour satisfaire ses fantasmes sexuels déviants. Les motifs peuvent varier, mais le point commun à tous les psychopathes, c’est qu’ils ne recherchent dans la procréation que leur intérêt personnel et qu’ils ne sont surtout pas motivés par le désir d’offrir à leurs futurs enfants une vie saine, riche et meilleure que la leur.
Paul Bernardo disait à sa femme, Karla Homolka, que, lorsqu’ils auraient des enfants, il coucherait avec ses filles.
Le psychopathe néglige ses enfants et leurs besoins, quand ils ont la chance d’être considérés, passent toujours après les siens. Le parent psychopathe invoquera immanquablement une bonne raison pour empêcher son enfant de s’amuser, de faire ce dont il a envie ou de réussir dans la vie. Il est remarquable de constater à quel point il déteste par-dessus tout payer une pension alimentaire, et ce, quelle que soit l’importance de son revenu. Il est prêt à tout pour éviter de libeller un chèque au nom d’une ex-conjointe, même si c’est pour subvenir aux besoins de ses enfants. Il déploie des trésors d’ingéniosité pour se dérober à ses obligations parentales. On ne compte plus le nombre de femmes assassinées par un conjoint qui refusait de payer une pension alimentaire. Il est bien connu que les femmes évitent de recourir à la justice pour faire ajuster le montant de leur pension alimentaire au simple coût de la vie, afin d’éviter tout contact avec un ex-conjoint psychopathe. Parfois même, elles sont sommées de comparaître en justice par un ex-conjoint qui revendique la garde exclusive des enfants dans le seul but de se soustraire à son obligation de payer une pension ou, mieux encore, d’en réclamer une pour lui-même.
Bien qu’il soit malheureusement admis et entré dans nos mœurs de frapper un enfant pour soi-disant l’éduquer, ce comportement n’en provient pas moins d’une personnalité psychopathique. Il n’existe aucune raison valable de frapper un enfant, d’autant plus la décision de le mettre au monde revient à celui-là même qui ose le frapper. Tous les psychopathes adorent maltraiter leurs enfants, même s’ils se sentent souvent obligés de justifier leur comportement déficient par des phrases telles que : Il l’a cherché ! Ça va l’éduquer ! Il a maintenant une raison de pleurer !
Elisa Izquierdo est née à New York en 1989. Dès sa naissance, elle fut dépendante au crack, car sa mère avait consommé cette substance durant toute sa grossesse. Elisa fut immédiatement confiée à la garde de son père, mais malheureusement pour elle, ce dernier fut atteint d’un cancer. Comme aux États-Unis les frais de santé sont exorbitants, l’homme n’eut plus les moyens de s’occuper de sa fille. Toutefois, comme elle était très jolie et que son développement intellectuel était nettement au-dessus de la moyenne, son père trouva sans peine un mécène qui accepta de lui payer l’école jusqu’en terminale. Mais Awilda, la mère biologique, se maria et obtint ainsi la garde d’Elisa. À partir de ce moment, elle lui fit subir une série de sévices tous plus horribles les uns que les autres. Elisa fut battue, enfermée dans un placard, lacérée au niveau du vagin, violée avec des brosses, frappée contre un mur de béton et forcée de manger ses excréments. Sa mère poussa le sadisme jusqu’à laver le plancher avec la tête de la fillette. Elisa commença alors à cauchemarder, cessa de s’alimenter, de s’hydrater, d’aller à la selle et souffrit d’énurésie. En 1995, une tante alerta la police qui retrouva le cadavre de la fillette chez sa mère. Awilda Lopez fut condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
Eddie Lee Sexton fouettait et violait régulièrement ses enfants. Il mit même enceinte ses propres filles. En 1993, il força sa fille à tuer son bébé parce qu’il pleurait. Puis il ordonna à son fils de tuer le nouvel ami de sa sœur. Il tyrannisa ainsi ses enfants jusqu’à ce qu’il fut dénoncé par une de ses filles. Sexton fut condamné à mort en 1995.
Stewart Wilken commença par molester des enfants dans la rue avant de devenir un tueur en série.
À l’instar des raisons qui l’ont poussé à avoir des enfants, le psychopathe adoptera souvent des animaux de compagnie pour assouvir ses désirs sadiques. Il profite du fait que son entourage tolérera davantage qu’il maltraite son animal que ses enfants. Poussé par son besoin de domination, on le verra souvent fréquenter les combats de coqs ou de chiens, les corridas ou les concours équestres. Les tueurs en série confirment cette assertion, car ils ont tous ou presque commencé par torturer et tuer des animaux avant de s’attaquer aux humains.
Quand il était irrité, Paul Bernardo lançait son chien contre le mur pour se calmer, se détendre et retrouver la paix en lui.
Enfants, Roberto Succo et Jeffrey Dahmer adoraient tous deux torturer et disséquer de petits animaux.
L’enfant psychopathique associe ainsi graduellement le plaisir de tuer à celui d’un plaisir solitaire comme l’onanisme. Il commence par s’amuser de façon narcissique avec un insecte, puis le tue et le jette. À l’âge adulte, il transposera ce comportement en molestant, tuant et jetant une jeune fille.
Le psychopathe n’aime personne. Malgré les apparences, il déteste tout le monde, y compris les gens qui l’entourent. Il n’entreprend que très rarement des actions pour le bien de ses proches et a peine à leur prodiguer la moindre forme d’amour. Ainsi, le jour de votre anniversaire, il trouvera souvent le moyen de gâcher votre journée et d’annihiler toutes les réjouissances qui vous étaient destinées.
Pour ce faire, le psychopathe déploiera des trésors d’ingéniosité. Il fera sans cesse des blagues à vos dépens pour tuer dans l’œuf tout votre plaisir légitime d’être la personne la plus importante de cette journée. Il dispose pour cela de mille et un tours :
· il annoncera à la dernière minute qu’il ne pourra pas être présent ;
· il choisira cette journée pour annoncer une mauvaise nouvelle, même fausse ;
· il simulera la maladie pour détourner sur lui toute l’attention qui vous revient ;
· il vous offrira un présent que vous n’aimez pas, mais que lui adore ; devant votre mine déconfite, il pourra ainsi se vexer et vous injurier ou vous faire sentir coupable ;
· il préparera les festivités à la dernière minute ;
· etc.
De plus, il critique constamment les actions et initiatives des autres. À ses yeux, seules les siennes ont de la valeur et elles n’en seront jamais l’objet d’autocritique. Par contre, il ne supportera pas le jugement d’autrui, même s’il est posé dans un but constructif. Si vous organisez une activité, il trouvera toujours à redire : elle a été longue et ennuyeuse, inutile, mal organisée, etc. Par contre, si c’est lui qui l’a initiée, il ne tarira pas d’éloges sur ses propres prouesses.
Le psychopathe ne s’engage pas à long terme, tant sur le plan sentimental que professionnel. En règle générale, il est sujet au coup de foudre et change fréquemment de partenaire et de travail. Si, toutefois, il se marie, il le fera sans réfléchir et le divorce s’ensuivra rapidement, et ce, à répétition. En revanche, certains couples resteront stables lorsque les deux conjoints y trouvent un intérêt criminel partagé, comme ce fut le cas pour le couple Bernardo Homolka.
Le couple Alvin et Judith Neelley, surnommé Lady Sundance and the Nightrider, parcoururent les États-Unis de 1979 à 1982 pour y commettre des vols et des détournements de fonds. De plus, ils s’adonnèrent à l’échangisme où ils recrutaient leurs victimes que la délicate Judith adorait torturer. Dans les années 1980, Judith Neelley, âgée de 18 ans, devint la plus jeune condamnée à mort des États-Unis. Quant à son mari et complice, Alvin, il fut condamné à deux peines de prison à vie.
Si le psychopathe s’entoure de gens qui le servent et qui le craignent, en revanche il ne leur accordera son aide sous aucune forme. Sa femme lui sert d’objet affectif et lui apporte une stabilité sociale. Il exerce un contrôle tyrannique sur son entourage, mais ne tolère aucune intervention de leur part. Il dicte et impose ses volontés par le seul fait de son pouvoir. En fait, tous ses proches deviennent ses victimes ou ses complices. Si l’on note divers niveaux d’asservissement, c’est toujours le psychopathe qui décide des droits de ses victimes tant et aussi longtemps qu’elles resteront sous son emprise.
En plus de sa femme, Marc Dutroux avait plusieurs collaborateurs sous ses ordres. L’un d’eux devint sa victime lorsque Dutroux lui demanda de s’occuper d’une de ses petites prisonnières durant son absence et que le malheureux refusa d’obtempérer. Dutroux le tua et l’enterra dans son potager.
Le psychopathe invoque souvent le manque d’argent pour excuser le fait qu’il ne peut offrir plus que le strict minimum à sa famille. Il jouera même les vierges offensées si un proche lui fait remarquer sa pingrerie. Pourtant, lorsqu’il s’agit de ses petits plaisirs, il trouve toujours le moyen de les satisfaire en prétextant qu’il le mérite bien. Dans ses mains, l’argent fond comme neige au soleil. Il est un véritable gouffre sans fond et n’en possède jamais assez. C’est pourquoi il passe son temps à solliciter des emprunts à n’importe qui. Il dispose pour cela d’une panoplie de bonnes raisons qui feraient fléchir le plus cruel des usuriers. Si vous commettez l’erreur d’accéder à ses demandes, ce sera pour vous le début de l’escalade. Sous des airs débonnaires, il est extrêmement cupide et ne voudra jamais payer quand viendra son tour, surtout quand la somme est importante.
Glennon Engleman était dentiste. Pendant 22 ans, soit de 1958 à 1980, il recruta des complices parmi ses clientes et les présenta à des hommes riches avec pour mandat de les épouser. Engleman assassina ensuite les maris afin de toucher les assurances qu’il partagea avec les veuves. Malgré l’argent, son salaire de dentiste et les milliers de dollars récoltés de ses crimes, il ne réussissait jamais à payer ses dettes. Il devait entre autres 2 500 $ à une prothésiste avec qui il faisait affaire. La veille du jour où il devait passer en Cour pour cette dette, il piégea à la dynamite la voiture de sa créancière. La déflagration fut si violente que l’on retrouva des restes de la prothésiste à plus de deux pâtés de maisons. Engleman fut arrêté et condamné à deux fois la prison à perpétuité pour sept meurtres. Le 3 mars 1999, il décéda de mort naturelle au centre correctionnel de Jefferson city.
Le psychopathe est habité du besoin morbide de contrôler les moindres allées et venues de ses proches. S’il n’y parvient pas, il préférera les détruire plutôt que de les laisser profiter de la vie hors de son contrôle, même s’il s’agit de petits plaisirs qui ne menacent pas sa suprématie.
À Chicago, en juillet 1966, Richard Franklin Speck pénétra dans une maison d’étudiantes où résidaient huit jeunes infirmières. Après les avoir convaincues, pistolet au poing, qu’il ne voulait les ligoter que pour les voler, il décida de les violer l’une après l’autre. Puis il les taillada, les poignarda et les étrangla. Ses actes furent qualifiés d’horribles massacres. Il fut condamné à 600 ans de prison. Un jour, un oiseau blessé tomba accidentellement dans sa cellule. Speck le soigna avec dévouement. Une fois l’oiseau rétabli, Speck l’attacha à une corde pour le garder près de lui. Un gardien lui signifia toutefois qu’il ne pouvait conserver l’oiseau et qu’il devait le relâcher. Speck projeta alors l’animal dans un ventilateur en déclarant : si je ne peux l’avoir, personne d’autre ne l’aura. Il mourut de crise cardiaque en prison.
Le psychopathe n’accepte pas que sa conjointe le quitte. Même s’il ne l’aime pas, il ne peut supporter qu’elle choisisse librement de s’en aller. C’est à lui que revient la décision de la rupture, et ce, même s’il n’entretient plus aucune relation avec elle. Il se fait une fierté de claironner à qui veut bien l’entendre qu’il ne s’est jamais fait laisser par qui que ce soit, que c’est toujours lui qui rompt le premier. Au Québec, plus d’une femme par mois se fait assassiner par un ex-conjoint psychopathe.
Le gendarme français Alain Lamare, le tueur de l’Oise, fut arrêté en 1979 en France pour le meurtre d’une autostoppeuse. Il la tua parce qu’elle lui avait tourné le dos en sortant de la voiture. Il invoqua qu’elle avait ainsi ravivé une vieille blessure causée par une jeune fille qui l’avait quitté à son adolescence et dont il n’avait toujours pas accepté la rupture. Il avait alors déchargé toute sa frustration sur la jeune autostoppeuse sans défense. En outre, Lamare avait déjà commis de nombreux vols, entre autres des voitures de patrouille de sa propre gendarmerie, et avait blessé deux autres filles, dont une resta paralysée.
Ted Bundy commença à perpétrer ses meurtres après que sa fiancée, une jeune fille de bonne famille, l’eut quitté juste avant le mariage.
Thomas Capano, un séduisant avocat multimillionnaire et célèbre de Washington, était marié et entretenait des relations avec deux maîtresses. Il ne supporta pas que la plus jeune lui annonce qu’elle voulait le quitter pour un autre homme qui l’avait demandée en mariage. Le 28 juin 1996, alors que sa femme était absente, il l’invita à son domicile. Il l’abattit d’une balle dans la tête, puis jeta son corps dans l’Atlantique. Le 12 novembre 1997, quand les agents du FBI procédèrent à son arrestation pour ce meurtre, il accusa sans sourciller sa seconde maîtresse de l’avoir tuée, mais nul ne le crut. Capano fut reconnu coupable et condamné à mort le 16 janvier 1999. Sa sentence a été commuée en 2006 en peine de prison à perpétuité.
Le 23 juin 2001, Jocelyn Hotte, un officier de la GRC, prit en chasse son ex-amie de cœur et trois de ses amis sur l’autoroute métropolitaine de Montréal. Dans une fusillade, il tua la jeune femme et blessa ses trois compagnons. Hotte n’avait pas accepté que son amie le quitte. Il fut reconnu coupable en 2002 de meurtre prémédité et de tentative de meurtre sur trois autres personnes. Il purge une peine de 25 ans fermes de prison.
Le psychopathe adore détruire le bien d’autrui. Il s’attaque même aux biens des membres de sa propre famille pendant leur absence, tout en niant l’avoir fait à leur retour. Cette façon d’agir s’observe souvent chez les lesbiennes qui souffrent de cette pathologie de la personnalité. Il arrive qu’elles lancent des objets ou déchirent les vêtements de leur conjointe ou des enfants de leur conjointe. Cette poussée d’agressivité ne vise qu’à faire souffrir la partenaire ou son enfant, afin de la placer dans une relation sadomasochiste de destruction psychologique. Le psychopathe adore également détruire psychologiquement les gens de son entourage.
Dans le film, La guerre des Rose, le besoin de destruction psychopathique est très bien illustré par Michael Douglas sciant tous les talons (symbolique phallique) des chaussures de sa femme pendant son absence. Il tente ainsi de l’affaiblir psychologiquement, ne se sentant pas lui-même assez viril et mature pour la quitter et lui céder la maison.
Le psychopathe considère que la société est responsable de ses maux et qu’elle lui doit tout. En revanche, il ne se sent aucunement obligé envers elle. Il se sert du système à ses propres fins sans pour autant lui apporter sa contribution. C’est pourquoi il en défend farouchement les fondements qui l’avantagent, sans égard au bien-être collectif. S’il soigne son image extérieure, c’est uniquement pour asseoir un statut qui lui permettra d’exploiter ses congénères avec l’assentiment social. Il flatte les plus forts et attaque les plus faibles. Sous ses apparences trompeuses, il est souvent raciste, agressif, et il boit ou se drogue.
L’annulation consiste à nier que l’on a commis une action inacceptable en lui donnant un autre sens. Une personnalité psychopathique qui brûle un feu rouge clamera son indignation en alléguant que le policier a été dégueulasse de lui coller une contravention, car il n’avait pas vu que le feu était passé au rouge. De même, s’il maltraite sa femme ou ses enfants, c’est qu’il a été lui aussi l’objet de mauvais traitements dans son enfance.
John Brennan Crutchley, le Violeur Vampire, est soupçonné d’avoir assassiné quatre femmes. Il séquestra et viola à répétition une jeune fille de 19 ans qu’il avait prise en stop. Puis il l’avait maintenue vivante, ligotée à un comptoir de cuisine, pour lui prélever du sang à l’aide d’une seringue et le boire. À l’âge de 39 ans, il fut arrêté en Floride pour sadisme sexuel et vampirisme. Crutchley déclara à la Cour que ses pratiques sexuelles ne regardaient que lui et que, s’il prélevait du sang de sa victime, c’est parce qu’une infirmière lui avait enseigné, une quinzaine d’années auparavant, qu’il s’agissait d’un rituel sexuel inoffensif. Il invoqua donc pour sa défense qu’il ne devait pas être condamné pour vampirisme, d’autant plus que le sang ingurgité ayant été coagulé, il n’était plus considéré comme du sang sur le plan médico-légal. Selon lui, ces deux arguments supprimaient le caractère vampirique de son geste. Plaidant coupable pour kidnapping et agression sexuelle en 1986, il fut condamné à 25 ans de prison. Après avoir purgé dix ans de sa peine, il fut mis en probation. Moins de 24 heures plus tard, il échoua à un test de dépistage de drogue. Il fut réincarcéré pour violation de parole et se suicida à l’Institut correctionnel Ardee de Floride en avril 2002.