
d'un seuil ou d'ailleurs
denis heudré
SMASHWORDS EDITION
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PUBLISHED BY:
Denis Heudré on Smashwords
didascalies
Copyright © 2007 by Denis Heudré
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Où allons-nous? D'où sommes-nous? D'un seuil ou d'ailleurs. Toujours en partance au bord de soi...
* * * * * *
débris d'attente
accrochés à l'horizon
délavés
d'avoir trop séchés
- les larmes
toutes essuyées-
tournent les tambours
à broyer l'instant
* * * * * *
ma main sèche
après la terre
ne sait tourner les pages
à quoi bon les pages alors
pour porter ses mots
à ma bouche
et sa parole peu à peu
* * * * * *
la pierre est là
par la sueur
et par le bruit
d'ombre en fuites
posée à même le seuil
en limite de pas
pierre subliminale
d'être, le dévouement
si près des boues
la pierre reste là
à offrir lèvre à la porte
dans le silence des ronces
et moi assis
j'attends l'heure de l'enfance
* * * * * *
je me prends
pour un autre
mais mon corps
reste seul
si j'étais
moi
mon corps
serait autre
* * * * * *
dans l'axe du seuil
crier à la vie
et chercher un espoir
à habiter
mais les paillassons
gardent leur clé
et les serrures
leurs doubles tours
* * * * * *
les yeux criblés
du revoir
desséchés
de l'attente
n'était ce que paupière
que cette pénombre
* * * * * *
dans la bouche
la soif, le sel
il n'est plus de rive
pour la voix
tout chant épanché
reste plainte
les mots
ne font plus salive
à l'éveil des sables intimes
un cri blanc
* * * * * *
la vie vient à tanguer
dans le flot des veines
un sanglot se fige
dans une étreinte de brume
et l'émotion de l'image
vainqueur
s'élève en larmes
* * * * * *
escapades inconsolables
dans les graviers du bonheur
à se chercher horizon
et n'y trouver que falaise
il est des fleuves sombres
déchirant l'intime
de destins bien fardés
endormis dans le cocon des jours
car le feu se corrompt
dans nos regards
dès le premier pas
posé sur le silence
* * * * * *
élancements
de chemins intimes
vers la douleur
ce même halo
un peu avant
un peu après
prémonition - souvenir
* * * * * *
demain s'avance
à pas de dunes
sur nos peaux
de sable
le temps
n'est que larme
étranglée
au cœur du sablier
* * * * * *
l'aube nous offre une feuille blanche
où se confond le bois déjà mort
y tromper l'hiver et les traces profondes
des rumeurs de glace
y marcher à pas de soupirs
en écrivant les mots étouffés
y saigner des eaux sales et
n'en garder que le rouge
y compris l'hiver
* * * * * *
le soleil a enterré
ses jouets
- brûlé sa danse
du froid de la main -
la mort
prend lieu
dans l'affleurement
des secrets
elle embrasse la chambre
d'un baiser de corbeau
le silence ment
comme un arracheur de sang
une ombre de solitude
vient me griffer les yeux
faut il que chaque route
se consume
* * * * * *
l'averse portée en terre
donne réplique au jour
en une ombre contraire
au secret des brumes
* * * * * *
d'ombre
la quête de celui qui vieillit
la plainte des cents jeunesses
d'ombre
la pluie sur les remords
le murmure des brûlures
d'ombre
la lecture de l'étreinte
d'un vieux roman éteint
* * * * * *
voir le temps s'ériger
entre nos rêves
et nos souffrances
laissant les cicatrices
se prendre pour
des souvenirs
* * * * * *
marcher est pierre
et traces
- même la pluie a son pas -
comme nous
l'aube trébuche
sur ses racines
marcher est terre
* * * * * *
d'une feuille morte
la jalousie
sa sépulture
en mon pas
* * * * * *
puis vient l'heure
- tout sang
mis en terre -
où vêtu d'étoiles
le souvenir
n'est plus écho
les plaies
reprennent peau
toute prière s'enfriche
il ne reste qu'un voile
des yeux à la craie
un livre refermé
mais entre les pages
demeure un chant
* * * * * *
il y a tes mots
tes poussières
ta langue se terre
en un linceul de craie
l'ombre y a perdu
sa voix
mais dans ton regard
halo
des trombes d'or
une infusion de mots
- tes phrases -
enveloppées du brillant
des paupières
* * * * * *
restes d'azur
restes de sel
et de sable
quelques bouts de peau
et la marque du maillot
temps usagé
se rentre d'été
et trouver un caillou
pour casser les noisettes
* * * * * *
au vent
la ville
tellement
ses traits
tirés
ses visages
chiffons
ses pas
de pluie
ses veines
à vif
* * * * * *
manque le ciel
décomposé
par trop de murs
aimer pourtant
ce ciel
comme on aime d'amertume
* * * * * *
l'aube se donne
quelques fois
mais le jour s'achète
d'un peu de soi
* * * * * *
les linteaux, les ponts
d'embrasures en horizon
au passage de matin
offrir un seuil
au jour nouveau
une trajectoire
non un méandre
* * * * * *
le jour boitille
appuyé sur son passé
des cheveux impertinents
sont venus l'incendier
et la mécanique de la mélancolie
s'est arrêtée
* * * * * *
du pli de l'aine
un livre ouvert
blanc
velin à feuilleter
vers d'autres voyages
loin
* * * * * *
la mer, à l'aube
pardonne à l'horizon
* * * * * *
ISBN : 978-2-9537037-1-9
© Denis Heudré Tous droits réservés - septembre 2007
Reproduction interdite
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A propos de l'auteur :
Denis Heudré est né en 1963. Il publie ses poèmes surtout sur internet et dans diverses revues (La page Blanche, Nouveaux Délits, Microbe, etc.) D'un seuil ou d'ailleurs est son deuxième recueil.
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