Excerpt for Akhenaton et la Psychanalyse Française by William Theaux, available in its entirety at Smashwords

AKHENATON et LA PSYCHANALYSE FRANCAISE

Zénon KELPER

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Copyright (c) 1988 - 2012 by Zénon KELPER

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(c) UNEFPE
Création: 1988-1990
Dépôt légal: Juin 1990
ISBN 2-907878-13-1

VOUS TROUVEREZ DANS CE FICHIER

La Présentation de AK& proprement dite

composée d’une page de garde

et d’une Préface

et d’une “composition de l’ouvrage”

avec le dos de couverture du Akhenaton_et_la_Psychanalyse_française...

suivie de

Présentation de l’article Akhenaton

Prospectus d’annonce de la conférence AKHENATON

TABLE de AKHENATON

Présentation de l’article Hermès & la Scéance

l’Abstract de HERMES & LA SCEANCE

Exergue finale de HERMES & LA SCEANCE

TABLE de HERMES & LA SCEANCE

Présentation de l’article Douze Chapotres

note : l’article Douze Chapotres est actuellement placé dans le livre AKHENATON ou LA VERITABLE IDENTITE de MOISE et d'OEDIPE

Présentation de l’article Rois

note : l’article Rois est actuellement placé dans le livre NEUF

Présentation de AK&

P R E F A C E

Ce livre tient son titre de trois raisons: tout d’abord parce qu’il traite de l’identification d’Akhenaton.

Deuxièmement parce que cette identification est due à la Psychanalyse. On peut tout aussi bien penser que c’est la Psychanalyse que l’on doit à Akhenaton; étant que l’identification de ce dernier eût eu besoin d’une tournure logique qu’on appela “psychanalyse”. Les deux points de vue sont probablement corrects; on peut les envisager à la lumière de la très particulière ontologie culturelle qu’aurait initié ce roi égyptien et/ou les néo-égyptiens qu’il représentait.

Car découvre que la civilisation qui débouche “ces jours-ci” sur une option écologique de l’aventure humaine, n’aurait cessé, depuis des siècles, d’avancer systématiquement vers ce but, à partir de l’élaboration du Complexe d’Oedipe établi du règne d’Akhenaton. Cependant si toutes ces considérations paraissent trop larges; on peut encore considérer et se suffire de la remarque que Freud fut le premier à estimer scientifiquement les conséquence historiques de l’atonisme, et que ce fut la recherche la plus constante et l’oeuvre principale de sa vie. Pour toutes ou quelques unes seulement de ces raisons, la connexion d’Akhenaton à la psychanalyse a lieu pour titre.

Troisièmement c’est de française qu’est qualifiée ladite psychanalyse. Evidemment le fait que le psychanalyste qui identifia Akhenaton fut français n’est pas étranger à ce fait - mais ce n’est pas dire l’intérêt de le préciser; ledit intérêt tient à cela: UNE laquelle Fonction Psychanalytique ayant donné le jour à l’interprétation en question, est fortement enracinée dans la législation - dans l’histoire de la législation française et/ou de la Sociologie dite Française.

Ce livre n’explicite pas tout cela - ce n’est pas son but que décrire la procédure qui lui permit de s’écrire. Mais il importe de savoir, au moins en préface, qu’à partir du moment où la psychanalyse s’implique dans l’histoire de la civilisation, c’est à dire la psychologie collective et donc dans la sociologie pratique, c’est à dire politique, elle tient des lois qui gouvernent son monde. La chose est très visible quand en France (ou sous d’autres modes ailleurs) les psychanalystes cherchent la législation qui leur convient - la question de l’instance ordinale hante les psychanalyste actuels; dans d’autres état il s’agit d’autres formules... peu importe; il n’est ici lieu que remarquer que tant occupés à se garantir, c’est avec la plus profonde ignorance rejet et mépris, du travail que ce livre résume, que la psychanalyse française assista cette interprétation, des plus majeures du freudisme.

C’est donc afin de bien situer toutes ces choses que j’ai ainsi titré ce livre. On trouvera une plus spécifique et explicite description de ladite “psychanalyse” dans l’ouvrage connexe à celui-ci, intitulé LA PSYCHANALYSE PLURIELLE - ainsi que dans d’autres travaux encore un peu difficiles d’accès pour les affectivités d’aujourd’hui. Différemment le compte-rendu présent est fait pour que son sujet soit clairement estimable pour tout le monde.

COMPOSITION DE L’OUVRAGE

Ce livre rassemble quatre articles - {Cf note sub} pour certains diffusés par ailleurs. Ils ont été écrits à des moments différents de la constitution de l’interprétation; pour certains d’entre eux, tous les éléments de ladite interprétation n’étaient pas encore connus - ça fait leur valeur, de montrer comment, avec un nombre réduit de références, la conclusion pouvait déjà être hypothéquée - une meilleure connaissance de l’intuition au moins s’en suit.

1/ Le premier article, inédit, retranscrit une conférence qui fut tenue en Mai 1990. Il s’agit du plus achevé du plus complet de ces énoncés, l’interprétation y est intégrale, incluant Hermès Trismegiste. C’est aussi le propos le plus facile d’accès.

{sub} 2/ Le second article fut écrit fin 1989; il est diffusé dans le livre intitulé AKHENATON OU LA VERITABLE IDENTITE DE MOISE ET D’OEDIPE. A l’époque l’identification d’Hermès Trismegiste n’existait pas - je n’avais pas le temps, pendant les années que me demandèrent ce travail, d’en prendre information. Ce second article est donc une bonne description de la manière dont l’égyptologie déjà à elle seule suffit à pourvoir aux éléments, pour peu que la psychanalyse et son “art” y participent, nécessaires à retrouver la mémoire.

3/ Le troisième article, inédit, exploite les informations obtenues début 1990. Il s’agit enfin de la connaissance de l’Hermétisme qui vient confirmer la justesse de l’interprétation déjà hypothéquée, (sus), avec l’égyptologie seule. On verra que cet apport dépasse même la confirmation en livrant du matériel d’une qualité réassertive; quasi autonome quant à sa démonstration, de la même chose.

{sub} 4/ Le dernier article est de loin antérieur aux trois autres. Diffusé in NEUF, il date du début 1988 et consiste comme le compte-rendu organique de l’interprétation concernant l’identification d’Akhenaton. Il est spécialisé et décrit la procédure de l’interprétation psychanalytique telle qu’elle se présente à l’enseignement de ce cas. Les données dont elle use sont alors minimales, l’essentiel consiste comme l’analyse logique de leur emploi. Il n’intéressera que des gens spécialisés.

NOTE: dans CRUFP on trouvera les articles 2/ et 4/ respectivement comme fichiers ..\ako\articako\DOUZECHA.SAM et ..\nuf\articnuf\ROIS.SAM. Cependant AKHENATON et LA PSYCHANALYSE FRANCAISE leur consacra une présentation particulière (différente de celle qu’on trouve en \infoako et \infonuf) - elles sont ici reproduites (PAGE#).

{DOS DE COUVERTURE}

La découverte d’Akhenaton au centre de la civilisation occidentale est comparable à ce que fut la découverte de la place centrale du soleil dans le système planétaire.

Elle est aussi évidente et entraine la même incrédulité, les mêmes rétorsions, les mêmes frousses, voire les mêmes deuils.

En France la psychanalyse contribue grandement à montrer cela. Car à l’instar de la découverte copernicienne qui ouvrit un immense progrès dans la connaissance de la physique, la découverte freudienne ouvre à un aussi grand développement des sciences humaines.

Conception: UNEFPE

Présentation de l’article AKHENATON

A K H E N A T O N - C O N F E R E N C E

Pour présenter oralement de la façon la plus facile l’identification d’Akhenaton, j’ai composé l’argument, en disposant une séquence d’informations dans un ordre non-chronologique - ça peut néanmoins constituer un ordre “historique”; mais peu importe au regard de l’utilité en ce cas. Discutant d’abord Vélikovsky puis Freud et enfin Valensi voire Dévi, le tour était bouclé qui presse à une nouvelle définition des origines de la civilisation dite occidentale.

(il faut consulter l’article suivant pour lire la même chose bien que variant un peu la séquence des arguments. Cette plasticité ne nuit pas à l’hypothèse mais au contraire)

Au terme de cette “Akhenaton-Conférence”, je pouvais de surcroît annoncer pour la première fois qu’une bonne connaissance du Moyen-Age redoublait l’incontestable probabilité de cette hypothèse; dont on doit de pénétrer l’étoffe, à la psychanalyse plurielle.

Donc les “éléments” de l’égyptologie (mais en conjonction avec l’hellénisme d’une part et la Bible d’autre part) stipulent l’identité d’Akhenaton.

Et indépendamment mais tout autant, les “documents” du Christianisme (de Lactance à Ficin) stipulent la même identité du roi d’Egypte.

{PROSPECTUS pour annoncer la conférence AKHENATON}

D’une citation Freudienne :



Une société peut s’analyser à la manière d’un individu”

“ Quels étonnements pour les analysants que nous sommes, occupés justement à dénouer les fils intimes - refoulés dit-on - de ce complexe d’Oedipe, d’entendre que ce héros d’une tragédie grecque aura préfiguré la religion judéochrétienne qui nous fonde.

C’est avec Akhenaton, qu’à l’origine purement narcissique, notre expérience d’analysant à UNEFPE se trouve comme prolongée dans une aventure culturelle élevee à l’histoire d’une civilisation: la nôtre. “

... à p r o p o s d’A k h e n a t o n

AVEC NOS REMERCIEMENTS AUX “ AMIS DU RAMEAU D’OR “

U N E F P E

- Assure une Psychanalyse Classique à ses membres analysants.

- Organise conférences et exposés.

- Edite et distribue des ouvrages de recherches et d’études.

- Permet le statut d’Observateur à certains de ses membres.

- Développe la pratique d’Analyse Plurielle en milieu social et industriel.

UNEFPE - Association loi 1901 Psychanalyste: William THEAUX

Constituant UNE Fonction Psychanalytique dite 1.F.P.

{TABLE de l’article AKHENATON}

Conférence retranscrite

1/ Présentation d’AKHENATON:

2/ ...postérieure à Akhenaton: La Grèce,

3/ L’hypothèse de Vélikovsky: OEDIPE EST AKHENATON

4/ Critique de Vélikovsky,

5/ Critique de la critique,

6/ Le point sur la question,

7/ La reprise à partir de la question,

8/ A la lecture d’OEDIPE A COLONE,

9/ Donc:... AKHENATON SORTIT D’EGYPTE,

10/ Vélikovsky aurait refoulé une partie de sa découverte,

11/ L’analyse du psychisme et du refoulement,

12/ L’hypothèse de Freud sur la personne de MOISE: Moïse un Egyptien proche d’Akhenaton

13/ Freud rectifié: MOISE EST AKHENATON,

14/ Mise à l’épreuve de l’hypothèse finale: AKHENATON est MOISE & OEDIPE

15/ Contestation! Contestation!

16/ Réglons notre attitude,

suite de la conférence

17/ Les preuves fournies par les quinze premiers siècles Chrétiens

NOTES

A K H E N A T O N

Conférence du 03 Mai 1990

Merci aux Amis du Rameau d’Or pour me donner la parole.

Le titre de la conférence est un titre très bref: “Akhenaton” tout simplement - il y a aujourd’hui, ce soir, ici présents des gens qui savent de quoi nous allons parler. Certains le savent déjà très bien - d’autres l’ignorent peut-être presque tout à fait. Donc sur ce simple mot “Akhenaton”, égalisons-nous - à partir de ceci: pour nous tous je vais parler de quelque chose d’inouï.

A ce titre ce qui ne s’oit pas, c’est ce qui de la signification est écrit - et donc cet inouï, nous le percevrons ce soir, nous tenterons de l’approcher à travers l’écriture, à travers des livres essentiellement - et les livres qui ont été écrits, laissés, déposés dans l’histoire depuis l’aube, dit-on, de la civilisation.

Mais à tout seigneur tout honneur! Parlons d’Akhenaton.

1/ Présentation d’AKHENATON,

Peu de choses ont été réellement découvertes récemment - des “trous noirs”, quelques “chromosomes” Y et autres... finalement peu de choses - voire même peu d’individus, évidemment.

Eh! Bien, Akhenaton fait partie de ces personnages, de ces phénomènes qui ont été à proprement parler “découverts” de façon très récente; au 20em siècle; disons au début du 20em siècle - c’est à dire presque un siècle après que l’égyptologie ait été mise en train si on la date par exemple, du voyage de Napoléon en Egypte au début, à l’aube des Républiques européennes.

Donc Akhenaton que voici, par exemple - vous avez là une petite photo de couverture - ainsi il y a quelques livres que je montrerai simplement - qui feront les pièces, des éléments sur lesquels nous réfléchirons.

LA RELIGION EGYPTIENNE présente donc en page de couverture la figure d’Akhenaton alors que dans tout le texte on en parlera fort peu. Parce qu’Akhenaton est quelqu’un, est un pharaon qui de toute l’histoire égyptienne n’a pratiquement pas été connu. Il avait été même effacé des références des historiens eux-même de l’Egypte ancienne. Lorsqu’il a été découvert à partir de 1900 - et enfin, quand on a découvert son histoire, il est d’abord apparu comme un personnage honteux, un personnage médiocre, voire débauché, ridicule, malade.

Mais petite à petit, au fil de la découverte il s’est avéré qu’il s’agissait de tout autre chose; à savoir d’un intellectuel de premier ordre, et d’un homme extrêmement énergique, bâtisseur; ceci s’expliquant - cette modalité de la découverte s’expliquant du fait que, pour dégager le souvenir d’Akhenaton, il fallut déblayer ce qui le recouvrait; c’est à dire une somme conséquente de calomnies puisque son oubli, son effacement avait été opéré volontairement, délibérément, dès-après son règne ou disons, une génération après son règne - c’est à dire à partir du moment où plus personne de vivant ne pouvait se souvenir de lui.

C’est ainsi que de façon très calculée, certains voulurent espérer une radicale efficacité dans cette opération d’effacement, puis de réécriture qui a été réalisée principalement par Ramsès.2 - un pharaon très connu.

Alors, puisqu’aujourd’hui nous le pouvons, situons un peu Akhenaton.

Il régna sur l’Egypte au sommet, a l’apogée de la puissance égyptienne. L’Egypte a une longue histoire - nous allons parler très globalement - disons 3000ans d’histoire avant JC - estimons que cette histoire authentiquement égyptienne se termine avec Cléopâtre; c’est à dire juste avant le christianisme - quelques années avant. Donc au milieu de cette longue histoire de l’Egypte Akhenaton va régner 25 ans, 30 ans - au milieu de ces 3000 années, ici j’ai marque 1350avJC c’est à dire à peu prés l’année - les années autour desquelles Akhenaton va régner.

A ce moment l’Egypte est au sommet de son histoire; le père d’Akhenaton s’appelle Aménophis.3. On s’en souvient - son nom légendaire est “Le Magnifique”, et c’est une espèce, une sorte de Louis.14 dans l’histoire d’Egypte.

L’Etat règne sur un territoire stable, étendu. Le pays est riche, puissant, et, depuis donc cette aube de l’Egypte, depuis ces années 3000avJC, la religion égyptienne est imposante. Elle est alors caractérisée, évidemment par de nombreuses choses - ça nous vaut par exemple tout un ouvrage - mais surtout - par quelques points très importants: le messianisme et le résurrectionnisme. Ce sont des idées, des croyances, enfin des points de la foi égyptienne et de la religion égyptienne qui ont cours depuis l’aube où un Dieu solaire, le Dieu Aton avait participé à la fondation, aux origines donc de cette civilisation.

Aton le dieu solaire, aux origines de la civilisation Egyptienne avait pour lieu de culte Héliopolis - lieu de référence - la ville de On. Cependant ensuite, au fil des années, au fil des siècles cette mystique fondamentale, originelle avait évolué; elle s’était peut-être “civilisée”- enfin... elle s’était certainement étatisée. Autrement dit, le dieu Amon avait pris si on peut dire le pouvoir spirituel - il était devenu la référence d’une religion qui était devenue moins “solaire” - comme si, en espérance de la résurrection - avec le temps elle était devenue une religion finalement “nocturne”, connue pour occuper, en l’attente de cette résurrection, occuper les âmes le temps de leur séjour dans la nuit de la mort.

Alors vers les années 1350avJC, Aménophis.3 - ce grand roi annonce que les oracles ont indiqué que le Messie était sur le point de venir! Evidemment certains fournissent des raisons politiques, économiques pour expliquer ces déclarations publiques; mais quoiqu’il en soit le critère religieux est excellent et un grand changement se préparait en Egypte.

En d’autre temps le Messie aura été conçu de basse extraction mais à ce moment là, la mode n’a pas présenté les choses comme ça; on s’est dit: le Messie ça doit être au moins le fils du roi.

Or voilà que le fils du roi prit son rôle non pas à la légère - mais bien au contraire, très au sérieux - et il s’est dit: dans le fond, il y a lieu de croire que j’aurai un destin messianique. Ce qui fait qu’Aménophis.4, personnage assurément étrange, au physique étrange - arrivant au pouvoir, accédant au trône, avec ces idées messianique, va changer de nom - il va se baptiser lui-même - il va s’autoriser à se nommer comme “L’Ami de la divinité” et il va choisir la divinité des origines, une divinité fondamentale, le Dieu Aton; et il va se proclamer Akhenaton.

Son aventure durera 25, 30 ans. Après qu’elle ait eu lieu, son oubli est doublement remarquable; car tout autour de lui résident, se placent des proches et des personnages parmi les plus connus de l’histoire égyptienne: son père, le grand roi Aménophis.3 dans la dynastie de l’Empire - mais aussi par exemple son épouse: Néfertiti. Cette reine la plus célèbre était l’épouse d’Akhenaton. Son fils dynatisque, un de ses fils dynastique aussi est prodigieusement connu; il s’agit de Toutankhamon. Et Ramsès.2 le suit de prés, lui aura reconstruit et réécrit l’histoire. Autrement dit, “autour” d’Akhenaton résident des personnages célèbres (les plus célèbres) et lui, comme au centre, figure une énigme.

Il aura pourtant rénové - tenté de régénérer en son siècle, en son temps, sa civilisation. Il voulut reprendre les préceptes originaires de la culture, c’est à dire l’atonisme, en le remettant à la mode. Mais cette rénovation a lieu après 13 siècles - voire 17 siècles depuis les origines.

Et puis dans le même mouvement, il va d’une part régner sans doute pense-t-on avec sa mère - peut-être aura-t-on dit sous influences étrangers, des influences de Mitani, c’est à dire de Perse, vers la Babylonie où l’inceste semble avoir été une pratique religieuse.

Il aura donc régné avec sa mère et puis bâti une ville consacrée au soleil et à sa réforme sociale, une sorte de démocratie pour l’époque. I1 avait commencé par énormément rebâtir à Thèbes-même, la capitale égyptienne. Il avait modifié les architectures thébaines puis il va bâtir une ville, fonder cette cité entre Thébes et la Méditerranée - sur ce dessin (fig.l) j’ai dessiné, n’est-ce-pas, la partie orientale de la Méditerranée, d’où est censée partir la civilisation occidentale; entre Thébes et le bassin méditerranéen, il construit donc sur un terrain absolument neuf; il construit une ville importante - de grande dimensions, qui s’appela Akhetaton - actuellement disons, facilement Amarna car elle est sur le Tel-El-Amarna.

En engageant sa réforme solaire, en se référant au Dieu unique Aton, selon l’égyptologie, Akhenaton se déclara transmetteur de la voix divine, du témoignage de la divinité. Il transmet la voix divine au peuple, mais aussi il apparaît tout à fait important et probablement essentiel à considérer; il semble qu’il se comprit lui-même comme tout autant témoin, transmetteur, transmetteur du témoignage du roi - c’est à dire de “l’homme au pouvoir” (l). Il transmettait la parole de la divinité - et il transmettait la parole de l’humain au pouvoir - le souverain. Or ceci est très intéressant à considérer parce qu’aux origines... revenons à cette Egypte du moment d’Héliopolis - en 3000avJC, il y a peut-être déjà une espèce de premier monothéisme très ancien - je ne sais pas si on peut dire cela mais en tout cas, à ces origines-là, le Sphinx - bien connu d’Egypte - avait été bâti précisément pour signifier, pour symboliser ce témoignage du souverain à son peuple, cette parole d’humain à un autre humain (qu’il a sous son pouvoir).

Donc en assumant les deux témoignages - pour ainsi dire Akhenaton en quelque sorte reprend la parole originaire de l’Atonisme mais aussi sans doute soulève, tente de répondre de l’énigme du Sphinx.

Une troisième caractéristique très importante, c’est le caractère extrêmement rationnel, étonnamment moderne de cet homme que l’on aura pu dire - que l’on peut peut-être de nos jours estimer finalement, de façon un peut caricaturale mais, comme un premier théoricien de l’écologie. C’est une autre “témoignage”; celui qu’on appelle un discours scientifique. Son dieu Aton n’était pas un système solaire planétaire - nous ne dirons pas cela - mais c’est un système solaire naturel, et c’est en tant qu’opérateur, selon l’opération de la lumière selon le mécanisme de l’opération de la lumière, que la vie est créée et entretenue, élevée jusqu’à la joie par le soleil, par la lumière selon Akhenaton.

Mais bientôt cette réforme s’avère trop violente, trop rapide; la population égyptienne tombe dans l’anarchie, et, après une brève éclipse, les anciens politiciens de la religion d’Amon reprennent le pouvoir, reprennent le dessus et probablement... - mais ici les choses deviennent obscure, nous ne savons pas; probablement rapidement, brusquement l’état s’écroule; la réforme d’Akhenaton qui était pourtant fort bien accueillie par le peuple - cette réforme est abolie et Akhenaton en quelques années sera maudit - il a disparu.

Alors, on dira sans doute qu’il est mort, en Egypte - de maladie peut-être, noyé dans le Nil, empoisonné, enfin... mais à la vérité, nous ne savons pas (‘) - sa disparition est énigmatique - au point qu’on retrouvera son sarcophage avec une momie à l’intérieur - et ce n’était pas son corps. Donc s’il y a eu mort... c’est parce que “tout le monde meurt” qu’on la suppose... mais elle est tout à fait énigmatique. Rien ne prouve qu’elle ait eu lieu en Egypte et il vaut mieux certainement parler de disparition (2).

En ce moment le mystère d’Akhenaton réside à ce point là:

Comment s’est passé - qu’est-ce qui s’est produit à la fin d’Amarna?

Parce que donc en quelques années - en une génération environ - vont défiler plusieurs successeurs. Il y a Toutankhamon - mais il y a aussi un autre fils dynastique qui s’appelle Semenkharé - les événements sont imprécis et confus; il y a encore un parent, puis un général qui vont prendre le pouvoir et commencer à rétablir l’ordre en Egypte. Puis, une génération passée, Ramsès.2 va parachever l’effacement d’Akhenaton. Il détruit Amarna, enfouit les pierres qu’on ne peut pas brûler; il passe la charrue sur la ville et même répand le sel dit-on - et puis systématiquement, d’une façon appliquée - Ramsès.2 va d’abord réécrire l’histoire: il va suturer le vide que laisse l’effacement, en réécrivant des événements autour de cette période, de façon mensongère évidemment - il falsifie les registres des historiens de l’Egypte.

Et sur le plan religieux, Ramsès.2 va construire une ville: Piramsès, prés de la frontière - d’une frontière de l’Egypte; à un point crucial des frontières, avant le Sinaï, avant la mer Rouge - dans cette zone épineuse pour l’Egypte, Ramsès.2 fait construire Piramsès pour y placer les éléments du dogme originel de l’atonisme - il reprend même semble-t-il certains signes qui auraient été écrits par Akhenaton - comme si il fallait resituer, réinscrire dans le discours égyptien - dans le discours culturel - réimplanter, conserver cette partie probablement très importante de la religion et des arcanes de l’Egypte - peut-être cette partie vitale; cette “racine” qui aurait été galvaudée qui aurait en quelque sorte “explosé” lors du règne d’Akhenaton.

Ramsès.2 aura très bien travaillé pour cela; puisque de 1350avJC jusqu’au 20em siècle, de nos jours, plus personne n’eut de souvenir d’Akhenaton - de façon manifeste, n’est-ce-pas - cependant que nous allons voir si quelque chose a pourtant persisté et ce que nous pourrions en conclure - ou seulement ce que nous pouvons hypothéquer à l’examen de quelques traces, quelques persistances.

2/ ..postérieure à Akhenaton: la Grèce,

Quoiqu’il en soit reportons-nous maintenant en Grèce, presque mille ans plus tard, nous sommes ici 400, 4 siècles avJC - je donne des chiffres ronds, ils nous suffisent et disons que nous avons ici (fig.2) le bassin de la mer Egée, avec Athènes qui... Athènes n’existait pas en tant que ville libre au temps d’Akhenaton - c’est la Crète, le Royaume de Minos régnait sur cette région.

C’est seulement à partir de l000avJC qu’Athènes, et plus exactement un ensemble de Républiques se sont rassemblées en formant la ligne de Délos. La ler ligue de Délos fut constituée aux environs de 1000avJC (Délos est une île au centre de la mer Egée, sanctuaire d! Apollon, le dieu Solaire des cités grecques). Et en 400avJC nous avons ce bassin de la mer Egée qui vit les périodes que nous allons examiner. Evidemment à cette époque-là, nous connaissons des connexions, traditionnelles, entre la Grèce et de l’Egypte - mais sans souvenir - sans aucun souvenir d’Akhenaton. Tout juste à propos de l’époque très antique et trouble, se rappellera-t-on - dira-t-on longtemps que c’était le temps... n’est-ce-pas, où le personnage Moïse était sorti avec le Hébreux d’Egypte. Encore de nos jours, Moïse est situé dans une fourchette entre 1450avJC & 1250avJC. Mais les Hébreux n’ont pas une grande influence manifeste pendant l’hellénisme, et tout cela est très oublié encore en 400avJC.

Donc l’histoire des Républiques commence en Grèce et voyons donc - car nous connaissons bien mieux ce qui se passe en Grèce - que vers 400avJC c’est l’époque de Socrate, Socrate qui va devoir se suicider, condamné à mort - puis il y a son disciple Platon et Sophocle. Or on a l’impression que Platon et Sophocle vont divulguer vont populariser des choses qui étaient probablement des secrets transmis dans les écoles de ces villes de ces civilisations.

Nous savons qu’on était puni de mort parfois, ou d’exil n’est-ce-pas, quand on en disait trop sur ces secrets. Mais après la mort de Socrate, il semble qu’on puisse à ce moment-là tout dire... C’est une impression - peut-être les écoles grecques ont-elles gardé des secrets évidemment; mais il y a une grande production, un popularisation, une divulgation (la sociologie de Platon est éclairante à cet égard).

Ainsi donc Sophocle (3)... - et il y aura ensuite Aristote et puis Alexandre de Macédoine.

Ce moment date la fin de la suprématie égéenne, de la civilisation égéenne en quelque sorte, car, avec Alexandre et son périple jusqu’en Asie, jusqu’en sa chute où il terminera comme un pharaon égyptien, “revenant”... enfin, “conduit”, mené en Egypte pour y être inhumé dans un espèce de sarcophage d’or, puis de cristal, dans la cité qu’il a fondé de son nom, Alexandrie; nous sommes là tout prés du début du christianisme. Et dans le laps, à la suite d’Alexandre, ses successeurs, les Ptolémées, vont régner sur le bassin méditerranéen, sur cette zone orientale, jusqu’à la dernière de la dynastie, Cléopâtre.

A ce moment, au moment de Cléopâtre, l’Histoire donne à lire que... l’Histoire semble faire un choix, si on peut dire. Il y a hésitation, lutte entre la suprématie d’Alexandrie sur la Méditerranée et la suprématie de Rome. On sait que Cléopâtre va employer toute l’ingéniosité des charmes et de l’intelligence qu’elle peut avoir pour s’allier avec les Romains, avec César puis Antoine et finalement c’est Rome qui remportera la décision de l’Histoire, avec Octave.

Trente ans plus tard aura lieu le début du Christianisme qui commencera par avoir de l’importance en Egypte.

La plupart d’entre nous connaissons cette mise au point que je fais là.

3/ L’hypothèse de Vélikovsky (connexion Akhenaton/Grèce),

Maintenant reportons-nous ici au 20em siècle - tout prés de nous. Il y a là un personnage que peut-être nous connaissons moins que tous ceux-là - qui évidemment historiquement n’est pas aussi important, mais qui pour nous, pour notre siècle est probablement très intéressant; il s’agit d’un dénommé Vélikovsky, Immanuel Vélikovsky qui était, défunt maintenant, un psychiatre, un psychiatre américain né a Moscou et qui avait énormément voyagé dans le monde. Parce qu’il était tout à fait passionné par une quête, par une question.

Vélikovsky pensait trouver dans les anciens documents - de cette époque précisément (1500.. 1300avJC) - de cette époque qu’il a appelé l’époque du Chaos, “ages in chaos” - il pensait trouver les signes des indications qui auraient relaté que les orbites planétaires de certains astres et non des moindres - tels Vénus et Mars (!) - auraient modifié leur route. Il suggérait même que la planète Vénus soit apparue à cette époque. Cet astre aurait été, selon lui, auparavant une comète au lieu d’une planète; et cette comète se serait stabilisée en entraînant une modification de phénomènes cosmiques qui auraient affectés jusqu’à la planète terre.

Vélikovsky a énormément travaillé pour tenter de montrer ça; qui a été considéré finalement comme quelque chose de ridicule comme quelque chose qui encore de nos jours, n’est pas, si on peut dire, réfutable, car aucun calcul mathématique n’a pu encore montrer finalement que l’hypothèse de Vélikovsky était impossible. Mais en tous cas tout le monde s’est entendu pour dire qu’elle est hautement invraisemblable. Ce que décrit Vélikovsky serait inadmissible et... du fait qu’en théorie on ne pouvait cependant pas le réfuter... Vélikovsky s’est retrouvé banni du milieu scientifique américain - du milieu des astronomes - puisqu’il n’était pas astronome, il était psychiatre! ça a donc été assez facile de dire qu’il était fou.

Mais nous retiendrons pourtant de lui un petit livre que nous avons pu avoir par chance en France: OEDIPE ET AKHENATON - c’est un tout petit ouvrage qu’il a écrit parce qu’en étudiant tous les textes, tous les souvenirs de cette période, en pensant à l’astronomie, il cependant croisé et recroisé tant de fois les histoire d’Oedipe et celle (toute nouvelle à son époque) d’Akhenaton, qu’il lui a sauté au yeux qu’il y avait d’immenses, énormes, considérables identités et similitudes - et coïncidences - entre les deux histoires; au point qu’il écrivit OEDIPE ET AKHENATON avec “et” - conjonction - tandis qu’on pourrait très bien signifier exactement le but, le message de son livre en écrivant “Oedipe EST Akhenaton”.

Voici ce que voulait dire Vélikovsky; il s’est principalement occupé d’astronomie et son travail sur Akhenaton n’était pas une chose essentielle pour lui. Et c’est peut-être pour cette raison que ce livre n’a pas suscité l’intérêt des censeurs - censure qui a frappé Vélikovsky d’une façon très grave puisque même ses enfants se sont employés à limiter la diffusion des oeuvres de leur défunt père.

4/ Critique de Vélikovsky,

Dans une édition qui diffuse parfois des livres curieux, critiquables, très soupçonnables, nous avons, avec le livre de Vélikovsky, une perle. Dans une coquille d’huître, une perle... des observations limpides, extrêmement intéressantes - précises et peut-être convainquantes - mais évidemment Vélikovsky aura entraîné même sur ce point de vifs débats.

Car par exemple - voyez jusqu’où l’hypothèse de Vélikovsky nous mènerait - si Oedipe est Akhenaton alors Sophocle est “historien” - ce qui contrarierait peut-être pas mal d’opinions. Mais de plus Sophocle, en écrivant la pièce Antigone qui conte l’histoire des enfants d’Oedipe - aurait décrit rien de moins - Sophocle, n’est-ce-pas, aurait décrit l’histoire et la sépulture fameuse de Toutankhamon, “fils” d’Akhenaton - or nous savons bien que l’importance de la sépulture de Toutankhamon était évidemment ignorée à son époque. Donc cette hypothèse qu’Oedipe soit Akhenaton mène très rapidement à des conclusions, ou à des rencontres, des coïncidences qui sont tout à fait bouleversantes.

Et puis généralement une critique de fond peut frapper, et donc s’est portée au devant de Vélikovsky. C’est le fait de dire que - enfin! Vélikovsky était un bêta! Il n’aurait pas compris - aurait-on dit que ce qu’on appelle un mythe c’est quelque chose qui justement est “universel”. Alors Oedipe est un merveilleux mythe - ce qui veut dire qu’Oedipe est Napoléon, qu’Oedipe est Freud, qu’Oedipe est vous et moi... puisque l’on fait tous le “complexe d’Oedipe” - donc on est tous plus ou moins “Oedipe”. Alors ce serait la moindre des choses qu’Akhenaton soit Oedipe.

La mythologie, justement corrige toutes ces illusions; tandis que Vélikovsky selon toute vraisemblance était tombé dans leur piège.

Cependant il reste qu’une sorte d’étrangeté, une insistance, force que l’on reconsidère bien le travail de Vélikovsky:

Je vais énumérer, vous citer simplement les points par lesquels coïncident la légende d’Oedipe et ce que nous découvrons - nous ne le découvrons qu’au 20em siècle - si pendant des siècles ces coïncidences n’ont jamais été exploitées c’est parce que nous ne connaissions rien de ce pharaon - donc avec ce que nous découvrons d’Akhenaton et de ses caractéristiques. Voici les points de coïncidences que trouve Vélikovsky - il y en a peut-être d’autres mais disons ceux-là:

a) Les circonstances politiques de l’époque - les circonstances politiques qui agitent ce “Thèbes-aux-sept-portes” de la légende grecque, ville sur laquelle aurait régné Oedipe - elles coïncident avec les circonstances politiques de “Thèbes-au-mille-portes”- comme on appelait la Thébes égyptienne à l’époque, pour bien les distinguer. Il s’agit donc des circonstances politiques entre Thébes et Corinthe, pour la Grèce et entre Thébes et Mari (Mitani) pour l’Egypte.

Cela relève des circonstances culturelles aussi: Oedipe est élevé hors de sa famille, c’est primordial dans la légende. Or à l’époque d’Akhenaton, le fils est élevé hors du harem - c’est une remarque de Jacques Lacan (qui bien sûr s’est intéressé à la question en notant qu’Akhenaton avait logiquement été élevé en dehors d’Egypte); on appelle ça le “fosterage”. Donc identité de circonstances politiques et culturelles - mais aussi identité probable:

b) Quant à la “réponse” qu’aurait fournie et Oedipe à la question du Sphinx et Akhenaton, avons-nous dit, selon qu’il répond de l’énigme du Sphinx au moment où il règne sur Thèbes. Tous deux “guérissent” la cité des maux qui l’accablent, et au cours de leurs règnent de nouvelles menaces fondent sur le royaume.

c) Evidemment il y a des coïncidences de noms: “Thèbes” ai-je dit, comme on parle de Karnak aussi - en Egypte et en Bretagne, ce sont des points tellement distincts à l’échelle des continents! - c’est pour ça qu’aucun de ces points, que ces indices ne sont pas des preuves formelles, évidemment; mais il y a un rapprochement tellement singulier entre les signifiants qu’il serait invraisemblable que ça n’ait pas été exploité par les gens de l’époque, si proches que le Grèce et l’Egypte.

Nous aurions tort aussi de négliger une “accumulation” de coïncidences, de croisements (c’est l’excellente remarque de Freud, qui guide ses manières de retrouver l’lnconscient refoulé); continuons:

d) Le règne qu’il partage avec sa mère, figurant l’inceste - quant à Oedipe évidemment et puis Akhenaton, incontestablement sa réputation, au moins, le signifie.

e) Les personnages de la Cour - Créon dans la tragédie oedipienne figure le même personnage, que Aye, qui a le même rôle à Thèbes en Egypte.

Et les enfants sont respectivement comparables: on trouve les deux garçons Polynice & Etéocle comme Semenkhare et Toutankhamon; qui auront notablement des destins semblables, destinés à succéder au roi ils meurent jeunes... il y a ces deux garçons, et il y a les filles aussi. Akhenaton, c’est tout à fait connu a des filles plus ou moins attribuées à sa mère aussi - ce sont des enfants dynastiques - il n’est pas nécessaire que ce soient les siens.

g) Les caractéristiques physiques rapprochent aussi Oedipe - dont le nom signifie “pieds enflés”. Akhenaton était enflé non pas des pieds, de ses fines chevilles, mais des cuisses - du bassin presque difforme selon certaines représentations.

h) Comptent aussi un certain nombre de femmes qu’il aurait eu non pas dans la pièce de Sophocle mais dans les légendes d’Oedipes; car d’autres auteurs grecs content, dans cet ensemble qui s’appelle les “Oedipodies”, qu’Oedipe avait eu d’autre femmes que sa mère (de même à la Cour d’Akhenaton).

i) Tous ces points sont plus ou moins “classiques” pour l’époque; c’est leur accumulation ai-je dit, et leur précision. De même des points plus “structuraux” sont tout à fait repérables; par exemple la séquence des événements,

j) Et le comportement, la réaction des personnages, pour ce qu’on en connaît...

Bref, tout cela n’est pas forcément négligeable. Or nous connaissons un peu, par exemple, Claude Levi-Strauss - nous savons comment le mythologue s’autorise à parler au nom de la mythologie à partir du moment où il mathématise les mythes - à partir du moment où il y a dans un mythe trois, quatre, éléments qui le rendent significatif. Ici, disons que nous en avons dix à peu prés. Et Akhenaton remplis tous ces éléments discrets et significatifs qui caractériseraient le mythe d’Oedipe. C’est par ce fait-là que nous sommes intrigués.

Car évidemment, lorsque nous disons - le mythe est universel, tout le monde est oedipien; c’est la moindre des choses! Et les chercheurs ont relevé que Cyrus, Romulus, Karna, Paris, Telephos, Persée, Héraclés, Gilgamesh, Amphio, Zéthos etc... bref combien de personnages célèbres avaient dans leur histoire certains indices, certains signes, “traits”, certains éléments du mythe d’Oedipe.

Seulement, parmi eux, Akhenaton les figure “tous”, intégralement. Alors peut-être est-ce la moindre des choses qu’Akhenaton soit oedipien, si Oedipe est un mythe universel; mais dans ce cas où ce mythe aurait été si bien “accompli”- nous pouvons dire qu’il serait... enfin qu’il serait incompréhensible qu’on ne l’ai pas remarqué! A contrario de la critique, que signifie qu’on ait oublié “Akhenaton”, qui avait si bien rempli le rôle que le mythe lui destinait?

Manifestement donc, personne ne s’est souvenu que cet homme avait été si parfaitement oedipien - on l’aurait même effacé. C’est une espèce de retour d’argument de la mythologie contre elle-même qu’offre l’histoire d’Akhenaton, si on le néglige. Or il n’y aurait pas que ce refoulement parmi les choses étranges; tel par exemple, parmi les légendes qui ont cours - ou les mythes qui ont cours à Athènes, il y a celui de Phaéton - Ph..aton, qui avait été un roi, racontait-on - dont la mère... la mère de ce jeune roi lui avait fait croire qu’il était fils du soleil. Et Phaéton, jeune homme l’avait crue et il avait décidé de diriger le char et les chevaux du soleil et - ça s’était mal terminé - l’attelage s’était décomposé - ça s’était terminé dans le décors; le soleil avait frôlé l’Ethiopie et avait tout brûlé. Et le pauvre Phaëton était parti à l’aventure, on ne savait pas où il était tombé, tragiquement disparu. Alors, s’il y avait une telle clarté de l’état mythique de la légende d’Oedipe, on aurait pu remarquer par exemple que Phaéton avait, ou présentait un complexe d’Oedipe!

Mais à vrai dire les mythes sont aussi clivés par le sens commun que le sont les spécialistes hébreux, égyptologues et helléniste. Evidemment ça pose un problème quand chacun d’eux doit étudier un événement qui recouvre plusieurs domaines.

5/ Critique de la critique,

Donc nous avons un certain nombre d’incohérences, des faiblesses dans la lecture de la mythologie elle-même, qui font qu’avec d’un autre coté, cette accumulation de détails, nous pouvons effectuer - après la critique de Vélikovsky - nous pouvons effectuer une critique de la critique.

C’est à dire nous demander si au 20em siècle nous ne découvrons pas un phénomène qui fait que la conceptualisation classique, au moins en ce domaine, subit une sorte de catastrophe.

Catastrophe” veut dire “être contre” - comme si les observations scientifiques étaient si “contre”, si proches, si adhérentes au mythe que quelque chose en était fort troublé - que l’esprit abstracteur subissait une attraction vers un objectivité. Ceux qui s’occupent de la science de la science appellent ça un “renversement épistémologique”. Ainsi pouvons-nous dire qu’il y a apparemment une forte probabilité au moins qu’Oedipe soit Akhenaton - que Vélikovsky ait eu raison - et en tous cas il semble qu’il y ait une forte improbabilité qu’il ne le soit pas (4).

Donc, selon cette hypothèse, toutes ces données effacées d’Egypte auraient été gardées, conservées - les données du souvenir se seraient écrites à Délos.

Il me faut en deux mots vous donner l’idée de l’importance de cette île, Délos (5).

A plus d’un titre Délos est un lieu important - d’abord il s’agit du sanctuaire, du lieu de culte consacré à Apollon qui est le dieu solaire en Grèce - et ensuite, je vous dis très brièvement et rapidement - cette petite note:

Il était habituel de faire, en souvenir de la libération d’Athènes par Thésée qui avait été défaire le Minotaure en Crète; il était habituel de faire un aller et retour, un petit voyage, un pèlerinage en souvenir de l”’aller et retour” de Thésée, dans ce cas d’Athènes à Délos et de Délos à Athènes. C’était ce qu’on appelait une “théorie”. Et nous savons que Socrate a dû surseoir à son suicide. Pourquoi? Eh! Bien, justement parce qu’on attendait la sanction, le retour, le résultat de cette Théorie. Or quelques peu d’années avant cela, quelque chose avait fondamentalement - c’était modifié dans le bassin égéen - à savoir que sur ce plan apollonien, les objets liturgiques de Délos avaient été ramenés à Athènes. De sorte qu’on peut à première vue imaginer - de sorte qu’on peut imaginer - enfin, ça ressemble fort à ça; on peut imaginer que ces théoriciens qui vont à Délos - qui ne trouvent plus de réponse puisque Délos a été dévitalisé de sa fonction, de son efficace d’initiation - ces théoriciens à leur retour n’apportent pas d’objection à la sentence qui blâme le philosophe; “pas d’objection, Socrate peut mourir..”. Il est important aussi de savoir que la condamnation de Socrate relevait d’enjeux politiques et principalement de la politique internationale qui allait laisser croître Rome décolonisée; vous connaissez l’importance de cela. Mais je voulais vous préciser ce détail sur la question solaire et dans l’histoire, de la fin de Socrate; l’argument symbolique qui marqua cette histoire, s’appelle “la castration des Hermès... bref tout cela fut suivi, donc, par les révélations, divulgations et vulgarisations de Sophocle et de Platon.

A ce stade nous pouvons faire, en quelque sorte un bilan maintenant.

6/ Le point sur la question,

Vélikovsky a peut-être bien eu raison. Je n’ai pas voyagé très loin, simplement à Paris pour demander aux gens autorisés ce qu’ils en pensaient - ils m’ont dit contentez-vous de ça: nous pensons que Vélikovsky a probablement eu raison sur le point d’Akhenaton. Et puis, toujours à propos d’OEDIPE ET AKHENATON dernièrement - nous apprenons que ce sont surtout les anglo-saxons qui sont de cet avis - les parisiens aussi, vous ai-je dit, sont de cet avis; mais plus officiellement, plus universitairement, les Anglo-Saxons pensent à cela - pense que... enfin à cette influence de l’Egypte sur la Grèce. Je pense à Martin BERNAL, cité, présenté et commenté par la presse anglaise. Et particulièrement aussi, au fait qu’en 1987, un autre universitaire Roger SRITMATTER reprend la thèse de Vélikovsky, la revérifie - quelque trente ans après que Vélikovsky l’ait écrite - et constate, considère que les éléments tiennent toujours, sont toujours solides au point que Stritmatter va examiner, en tant qu’universitaire - examiner quelles sont finalement les influences, les similitudes entre la structure sociologique d’Amarna (Akhetaton) - c’est à dire de l’Atonisme - et la structure sociologique que l’on appelle le Platonisme (in LA REPUBLIQUE etc..), pour être celle, secrète, initiatique pendant la période d’Athènes et que nous révèle Platon.

Donc si les universitaires en sont au point de tirer les conclusions, et les effets secondaires, de l’hypothèse de Vélikovsky - c’est que probablement ils la prennent en effet au sérieux.

7/ La reprise à partir de la question,

Quant à nous alors, nous ferons une remarque: en Europe nous savons, nous disons que l’hellénisme faisait une promotion de l’Egypte - c’est à dire que l’hellénisme s’était inspiré de beaucoup de divinités égyptiennes - le culte d’Isis par exemple en Grèce, et celui d’Hermès, etc... Mais nous disons peu l’inverse, précisément, comme les anglosaxons, nous ne disons pas que l’Egypte aurait fait une promotion d’Athènes. Nous avons nos raisons évidemment... oh! Il n’y a pas si longtemps en Europe, au moment de la dernière guerre mondiale - mais bien avant aussi - ç’aurait été très mal vu de dire que l’Afrique ait pu faire la promotion de l’hellénisme, qui devait être considéré comme tenant de race blanche.

Intrigués par ce contrastes entre les opinions européennes et les opinions anglo-saxonnes - continentales et insulaires, reprenons l’examen d’Immanuel Vélikovsky.

Or nous allons très vite remarquer une chose. Une chose extraordinaire, puissante, inattendue:

Sophocle écrit trois pièces concernant Oedipe: OEDIPE ROI, OEDIPE A COLONE et ANTIGONE - Vélikovsky se sera servi de deux pièces uniquement, OEDIPE ROI lorsqu’il règne en Egypte - ANTIGONE après son règne, et concernant les mésaventures de ses enfants. Pas un mot d’OEDIPE A COLONE! Quel étrange chose! Pourquoi?

Est-ce que dans OEDIPE A COLONE Vélikovsky aurait trouvé des éléments qui auraient infirmé ses recherches - et il n’aurait pas voulu les dévoiler. Ou bien il est troublé par quelque phénomène incompréhensible. Mais alors nous n’aurions de cesse de les étudier; en quelque sorte “ça” le demanderait, pour qu’on cherche à les comprendre. Alors voyons donc qu’est-ce que c’est “l’histoire” qui est dite dans OEDIPE A COLONE. Travaillons pour subvenir à la recherche sur la vérité ou la pertinence de Vélikovsky.

8/ A la lecture d’OEDIPE A COLONE,

Dans la pièce OEDIPE A COLONE Sophocle raconte que le roi, Oedipe, premièrement se résout à un exil.

Que deuxièmement il quitte vivant le royaume. Vous me direz là aussi qu’il y a une chose très importante - “aveugle”, il est aveugle - oui aussi évidemment - mais nous irons très vite sur ce point. Je ne lis pas le Grec, mais les personnes qui l’ont lu disent qu’on parle de “l’articulation des yeux” - Oedipe se pique avec les aiguilles de sa mère ce qui s’appelle “l’articulation des yeux” - or c’est le même mot que ce qui s’appelle “l’articulation du pénis” - alors c’est plus simple et plus convenable de se dire qu’il s’était aveuglé - mais laissons de coté cette chose qui n’est peut-être pas essentielle en tout cas pour notre démarche, pour avancer déjà à éclairer un certain nombre de choses.

Le roi donc se soumet à un exil - il quitte vivant le royaume mais il est menacé et ça fait la troisième intrigue, et l’intrigue fondamentale d’OEDIPE A COLONE.

Il se rend à Colone et il est menacé - une de ses fille vient le prévenir. Elle vient de Thèbes et elle lui dit: les Thébains t’ont laissé partir mais ils le regrettent; ils se sont rendu compte que ton départ hors du royaume va leur porter malheur; il est absolument nécessaire pour eux qu’ils gardent ton séjour dans le... ou au moins, à la frontière du royaume.

Pourquoi ces menaces? Eh! bien parce que si... par exemple: si Oedipe avait “importé” des moeurs débauchés de Corinthe en ayant des rapports, en couchant avec sa mère; en régnant avec sa mère. Evidemment il tenait à coeur, à Thèbes, de signifier l’infamie et que le renégat ne s’en était pas tiré à si bon compte, de la puissante Thèbes. En exposant sa dépouille à la frontière du royaume la cité voulait donc signifier sa réaction et sa résistance, contre ces influences et cette dégénérescence - donc au moins pour cette raison, pour signifier une sorte de “n’y-revenez-pas”- pour ces raisons aisément compréhensibles la fille d’Oedipe le prévient: les Thébains veulent te récupérer mort ou vivant et évidemment plutôt mort que vivant, au regard de l’Histoire (ou des peuples voisins).

Et il y a d’autres raisons encore. Il y avait le fait qu’Oedipe allait livrer des initiations que Thèbes comptait garder secrètes. C’est une “exportation” de moeurs, cette fois, qui explique que Thèbes pourchasse Oedipe.

Pour toutes ces raisons, à Colone, Oedipe doit imaginer une ruse. Il sait qu’il sera poursuivi sa vie durant, mais aussi que son oeuvre, et sa mémoire, la vérité sur son histoire, son souvenir, seront en quelque sorte poursuivis pour être détournés, falsifiés - pour que, même après sa mort, cet Oedipe ait cette réputation de criminel arrêté. Et c’est toute l’information d’OEDIPE A COLONE; Oedipe va tenter l’oeuvre complexe de déjouer un projet que le menace jusque longtemps après sa mort.

Pour que son action dure après sa mort, pour que la vérité soit préservée, Oedipe élabore, instaure avec Thésée - c’est à dire le fondateur d’Athènes - il va concevoir une ruse. Pour cela il va dire à Thésée: Ecoutes! Je vais filer - en quelque sorte à l’anglaise; et toi seul sauras où je vais - nous nous y rendrons ensemble, mais tu ne le diras à quiconque - même mes enfants ne le sauront pas. Cependant avant ta mort, tu le diras à ton successeur qui fera de même pour le dire à son successeur.

C’est littéralement ce que raconte Sophocle; et ainsi Oedipe instaure, fonde une initiation, une ligne d’initiation. Le libérateur d’Athènes gardera le secret de sa disparition; ainsi ceux qui poursuivront sa mémoire et son cadavre seront quite pour leurs méfaits.

9/ donc AKHENATON SORTIT D’EGYPTE,

Nous voyons évidemment que tout cela n’est pas incohérent avec ce qui aurait pu arriver à Akhenaton. On peut très bien imaginer que si Akhenaton ne fut mort en Egypte - qu’il ait disparu de la sorte.

Et d’abord nous remarquons que ce n’est pas pour avoir nuit à sa propre hypothèse que Vélikovsky n’emploie pas OEDIPE A COLONE. Ce serait plutôt face à ce qu’elle lui aurait ouvert d’horizon(s) qu’il pouvait reculer, ainsi qu’on le voit d’autres scientifiques. Les égyptologues qui s’occupent d’Akhenaton disent: “Justement ça serait Oedipe hors de Thèbes, hors d’Egypte et moi, me référant à ce que m’apprend l’égyptologie, je ne peux pas estimer ce qui se serait passé en dehors d’Egypte”’

C’est aussi la raison pour laquelle c’est la psychanalyse qui est appelée quand on craint de dépasser les bornes.

Alors nous pouvons essayer de faire ce que Vélikovsky n’a pas fait - essayons de voir ce qui aurait pu se passer si Akhenaton était sorti d’Egypte. Car si Oedipe “est” Akhenaton alors donc Sophocle aurait dit que ce pharaon s’exila et que... mais où serait-il parti? Oh! Il n’avait pas beaucoup de choix d’issue que vers le Nord - toutes les autres issues signaient pour lui la mort - à moins de partir par la mer, par l’Océan Indien de façon lointaine. Mais pour rester dans son monde, comme frontière, il n’avait que la Mer Rouge à franchir et aller vers la Syrie, aller vers l’Arabie qu’on appelait Madian. Partout ailleurs c’était la mort certaine, ou bien il aurait été attrapé. Peut-être aurait-il pu aller en Crète... mais du coté de la Babylonie, il avait des alliés. En tous cas, certainement il serait monté vers le nord et, on peut évidemment croire que - comme dans OEDIPE A COLONE, son oeuvre et sa mémoire allaient être menacés. On peut le croire parce qu’évidemment, l’avenir nous l’aura bien montré: Amarna rasé et toute cette réputation.. d’abord la disparition du souvenir et la réputation qu’on lui aura fait. Ainsi donc Sophocle, s’il est historien, aurait dit qu’Akhenaton aurait initié Thésée - et ainsi nous aurions une explication de la promotion par l’Egypte de l’Hellénisme.


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