Excerpt for Meditation Sur L’Univers, L’Homme Et Le Coran by Osman Nuri Topbas, available in its entirety at Smashwords

MEDITATION SUR L’UNIVERS, L’HOMME ET LE CORAN

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TABLE

AVANT-PROPOS

«Nulle adoration n’est comparable à la méditation»

MÉDITATION SUR L’UNIVERS, L’HOMME ET LE CORAN

Les limites de la raison

Le rôle du cœur

L’importance de la méditation

Le Prophète d’Allah était toujours en état de méditation

MÉDITATION SUR L’UNIVERS

Méditation sur les cieux

Les galaxies

Le système solaire

Les cieux sont en constante expansion

Les Sept Cieux

Délaisser la méditation est un grave péché

L’atmosphère

La pression atmosphérique

L’harmonie chaud-froid

Les vents

Les autres avantages de l’air

Un filtre divin

Un toit protégé

Les ondes radios

Nuages, pluie et neige

Contempler la terre

Les plantes

Les vastes océans

L’eau

Les sagesses sous-jacentes dans le règne animal

L’abeille

Les merveilles de l’instinct

Création par couples

Méditer les bienfaits du Tout-Puissant

Méditer en toute occasion

Chaque particule donne une explication sur le Tout-Puissant Pourquoi le Tout-Puissant a-t-il créé l’univers?

MÉDITATION SUR L’HOMME

Les magnifiques subtilités de la création

Les os

L’anatomie

La compassion et la miséricorde du Tout-Puissant

Le visage et les empreintes digitales

Les merveilles du gène

Qui exploite l’usine que représente le corps humain?

POURQUOI L’HOMME A-T-IL ÉTÉ CRÉÉ?

RÉSOUDRE LE MYSTÈRE DE LA MORT

Méditer sur la mort

Comment les Compagnons méditaient-ils sur la mort?

Les avantages liés à la méditation sur la mort

Se préparer pour le grand frisson de la mort

MÉDITATION SUR LE CORAN

Allah a enseigné le Saint Coran

Tous les livres pour un seul Livre

LIRE LE CORAN AVEC MÉDITATION

Comment le Prophète d’Allah (pbsl) lisait-il le Saint Coran?

Comment les Compagnons lisaient-ils le Saint Coran?

Comment les amis de la Vérité lisaient-ils le Saint Coran?

Quelques exemples de méditation dans le Saint Coran

LA SOURATE AL-WAQI’A

La création de l’humanité

La mort et la résurrection

Les graines et les plantes

L’eau douce

Le feu

Étoiles ou bien Révélation

Le Saint Coran

La mort

L’attente du défunt dans l’une de ces trois situations

Chercher refuge dans le Tout-Puissant

La sourate an-naml

LA SOURATE AR-RUM

NÉGLIGER LA MÉDITATION DES VERSETS DU SAINT CORAN

ÊTRE DANS UN ÉTAT CONSTANT DE MURAQABAH

Le plus court chemin vers Allah

ATTEINDRE LA MURAQABAH

1. Muraqabah al-Ahadiyya (Méditation sur l’Unicité d’Allah)

2. Muraqabah al-Ma’iyya (Méditation sur l’Unité avec Allah)

3. Muraqabah al-Aqrabiyya (Méditation sur la Proximité d’Allah)

4. Muraqabah al-Muhabba (Méditation sur l’Amour Divin)

LA MANIÈRE DE MÉDITER

La manière de méditer chez les amis de la Vérité

Répandre la rivière de la méditation sur un sol fertile

Accompagner la méditation avec le dhikr

L’aube: le meilleur moment propice au dhikr et à la méditation

CONCLUSION

La Méditation: Clé de la Vérité et du Salut

La vraie méditation: L’affirmation de l’Existence essentielle

Toute chose se trouve dans un état de flux et de changement

Tout a été créé conformément à un but

Des choses différentes sont faites à partir du même matériau

La voie de la marifatullah

La méditation doit mener nécessairement à la pratique

POSTFACE

AVANT-PROPOS


«Nulle adoration n’est comparable à la méditation» (Hadith, Bayhaqî, Shuab, IV, 157)

Grâce et louange à Allah, notre Seigneur, éternellement Bienveillant et Généreux, qui a ouvert pour nous un chemin pour Le connaître en nous dotant de la faculté de méditer et de disposer d’une perception spirituelle (tahassus) à Son encontre.1

Qu’un salut éternel soit adressé à notre bien-aimé Prophète (pbsl2*), ainsi qu’à sa famille et à ses Compagnons, eux qui méditaient sur l’univers, l’humanité et le Saint Coran dans la plus belle, la plus profonde et la plus sensible des manières et qui ont enseigné à leurs continuateurs à lire tout ces choses avec l’œil du cœur.

Parmi toute la création, le Tout-Puissant a octroyé aux seuls humains, et dans une certaine mesure aux djinns, d’une part la possibilité d’obtenir leur contingent de sagesse issue des profondeurs de l’univers, de l’humanité et du Coran et d’autre part d’acquérir au plus profond d’eux-mêmes les perles de la vérité pour que puisse surgir la lumière nécessaire et apte à les guider sur le chemin de la vie. Le seul moyen d’y parvenir, cependant, réside dans la méditation et la perception spirituelles.

La méditation et la perception spirituelle sont les deux conditions irréfutables pour atteindre la vérité et élever les cœurs au niveau désiré. À chaque opportunité qu’il présente, du premier verset jusqu’au dernier, le Saint Coran, la seule «carte routière» qui oriente vers la guidance et le bonheur, nous invite à méditer sur la sagesse qui se cache derrière la création de l’homme, l’ordre admirable de l’univers, les signes d’Allah; à discerner la portée de la puissance divine, des manifestations de la divine Majesté et de la souveraineté absolue que le Tout-Puissant manifeste dans tout l’univers.

À chaque opportunité présentée dans le Saint Coran, le Tout-Puissant adresse un mot d’avertissement à l’attention des croyants par des expressions telles que:

«Ne réfléchissez-vous donc pas?», Ne méditent-ils jamais?» «Ne comprennent-ils pas?»3

D’autres questions se révèlent être corrélatives:

«N’observent-ils pas le chameau?»4 lorsque leTout-Puissantveut attirer l’attention sur la création ; «N’observent-ils pas les nuages, la pluie, les montagnes et comment la verdure disparait en hiver pour resurgir au printemps?»5 qui met l’accent sur les phénomènes écologiques; Ne réfléchissent-ils pas sur le sort malheureux des nations passées? 6 mettant en exergue les événements historiques.

Le Tout-Puissant, de ce fait, nous invite à méditer sur les Lois divines effectives et efficaces dans l’univers et à saisir pleinement ce que l’on nomme «adatullah», ou les normes d’Allah, qui sont les conditions pour que ces Lois se manifestent.

Encore une fois, le Tout-Puissant affirme la nécessité pour l’humanité d’observer l’univers avec un regard clairvoyant et attentif et non avec un regard fugace, vide et irréfléchi. Une mention coranique faisant mention des dons accordés à l’humanité se réfère à ces gens comme étant les «détenteurs de la clairvoyance et de la réflexion ».7

Allah nous exhorte continuellement à méditer à la fois sur nous-mêmes et sur la nature, avec l’ordre de réfléchir sur les rayons de la Majesté et de la Puissance divines. Il y a dans le Saint Coran près de 150 allégations distinctes faisant usage de concepts tels que le raisonnement (ُاَلتَّعَقُّل), la prévoyance (ُاَلتَّدَبُّر), le souvenir (ُاَلتَّذَكُّر) et la méditation (ُاَلتَّفَكُّر).

La zone dans laquelle de tels concepts atteignent leurs sommets dans la pratique afin de devenir une méthode de formation spirituelle se nomme «tasawwuf». Tasawwuf est le nom donné à la voie de la maturité et de la perfection qui vise l’atteinte du pinacle de la réalité, en fonction de sa propre aptitude spirituelle et, en outre, des bienfaits accordés par Allah. Par conséquent, la sagesse exprimée par la maxime: « Celui qui se connaît connaît son Seigneur » constitue l’un des principes les plus essentiels que doivent respecter les Soufis qui sont en route vers la perfection spirituelle.

Pour celui qui, béni, possède un cœur ouvert, il n’y a aucune particule dans l’univers qui n’offre pas un aperçu de son Créateur et de Sa puissance artistique. De la plus infime partie à l’arc de la création, chaque chose se présente comme un témoin de la Majesté Divine.

La création possède une manière d’expression connue sous le nom de lisan’ul-hal, une articulation sans bruit de leurs états à travers la manière dont ils sont, par laquelle chaque chose existante est en activité dans la Révélation. Pour ceux qui sont en mesure de bien comprendre ce qui est révélé, le Tout-Puissant devient la qibla de leur cœur, tout comme la Ka’ba est la qibla de leur corps.

Aussi est-il stipulé dans le Coran:

« (Ceux qui se rappellent d’Allah) qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant): ‹Notre Seigneur›! Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Préserve-nous du châtiment du Feu.» (al-Imran, 3: 191)

Celui qui est capable de méditer dûment sur les manifestations de la Puissance et de la Splendeur divines exprimées dans l’univers doit d’abord reconnaître sa propre faiblesse, puis, dans un acte d’abandon et d’obéissance, saisir chaque mouvement respiratoire comme un dhikr (rappel ou souvenir). Le cœur, de ce fait, se remplit de la lumière de la taqwa (piété), grâce à laquelle la méditation réalise sa fusion la plus extraordinaire.

Selon le Regard Divin, la valeur d’une personne n’est pas proportionnelle à son apparence extérieure ou à sa situation financière, mais à la maturité de son cœur, à la profondeur de son esprit et à ses qualités et capacités spirituelles. C’est pour cette raison que le Saint Coran sauve en quelque sorte la méditation des croyants de la possibilité d’être coincés par les situations fâcheuses occasionnées par les choses matérielles et l’ego en les renforçant par un sentiment de foi, après quoi il les guide plus loin vers les horizons illimités du royaume spirituel. Alors seulement la méditation du croyant, qui sera désormais capable de contempler les expositions divines mises en place dans l’univers, acquerra une dimension spirituelle. Une méditation profonde et globale de cette sorte, qui atteint son apogée par le sens du cœur, est en retour la plus belle clé que la foi puisse offrir.

Celui qui en revanche n’est pas en mesure de parfaire sa spiritualité se trouve pris au piège au milieu des humbles apparences d’une vie autocentrée, gaspillant son aptitude naturelle à la méditation dans le tourbillon des désirs éphémères. Dominé par les convoitises de son «moi», un tel cœur paresseux plonge toujours vers ces affichages éphémères au lieu de se tourner vers le bien et le vrai. Jamais il ne pense que le linceul, la dernière pièce de vêtement qu’il est tenu de porter dans la tombe, ne manquera pas de l’envelopper et que la mort viendra apposer son sceau sur l’ensemble des désirs passagers, des lueurs et des attraits du plaisir ainsi que des tromperies de ce monde.

La méditation renforcée par la profondeur du sentiment spirituel apporte perpétuellement la paix et l’harmonie ; la contrainte dans les frontières sèches de la raison ne remplit de combustible que le feu de la cupidité et de l’égoïsme en affaiblissant le cœur et en l’envoyant dans le puits de l’ignorance.

Tout comme les empreintes digitales sont des formes d’identité qui permettent de discerner une personne d’une autre, la qualité de la méditation et de la perception spirituelle du croyant (musulman) est équivalente à son identité spirituelle. Un musulman qui veut donc réaliser la profondeur de l’esprit comme il sied à l’honneur de l’humanité et en conformité avec la raison de l’existence est forcé de pénétrer dans le royaume de la méditation comme le fixe le Saint Coran. Ce n’est que par ce genre de méditation d’un niveau élevé qu’il sera en mesure de diriger sa totale attention sur les actes de dévotion et d’acquérir un cœur raffiné et rigoureux dans les interactions sociales.

Malgré l’importance que l’islam accorde à la méditation et à la perception spirituelle, en raison de l’ignorance qui est livrée avec la hiérarchisation des activités mondaines sur les choses qui comptent vraiment, les êtres humains, dans l’ensemble, mènent une vie éloignée de ces deux dimensions. En conséquence, ils ont tendance à oublier complètement la mort et le fait que le monde n’est qu’un simple lieu d’épreuves.

Les croyants, d’autre part, qui mènent leur vie en conformité avec l’essentiel de la piété et qui sont capables de s’engager dans la méditation et la perception spirituelle – et ils sont toujours une minorité – transcendent leur moi profond et acquièrent une maturité dans laquelle ils sont en mesure de reconnaître leur condition humaine et de saisir aussi bien leurs points faibles que leurs vertus, en tandem.

En dépit de la vie extérieure dans laquelle elles prennent part, de telles personnes atteignent la compréhension éternelle d’avoir gagné pour elles-mêmes un royaume intérieur profond. Conséquemment à l’élargissement de leurs cœurs, elles atteignent une forme sublime de compréhension qui dépasse les horizons du monde physique, bien au-delà du seuil qui les voit acquérir une foi perfectionnée, une Bénédiction Divine qui n’est seulement accordée qu’à l’extrémité de ce chemin.

Un croyant triomphant dans la réalisation de ce caractère ne perçoit plus cette vie éphémère comme une bénédiction dont il se sent dépendant. Tous les jours de la vie, aux yeux d’un tel musulman, ressemblent à une ficelle qui se déroule à partir d’une bobine et qui pourrait prendre fin à tout moment, nul sachant quand.

Cela dit, l’atout que représente la vie est titulaire d’une importance énorme, car c’est par elle que l’on peut prétendre à une vie éternelle. Un croyant qui comprend vraiment ce que cela signifie sait que la fin sera faite de remords tragiques à moins qu’il ne soit, comme le déclare le Saint Coran, «sur le droit chemin comme cela lui a été commandé».8 Pour éviter de devenir affligé par les remords, il n’est jamais insensible aux paroles de prudence révélées par le Tout-Puissant, dont il se rappelle constamment:

«Et dépensez de ce que Nous vous avons octroyé avant que la mort ne vienne à l’un de vous et qu’il dise alors: ‹Seigneur ! Si seulement Tu m’accordais un court délai: je ferais l’aumône et serais parmi les gens de bien›. Allah cependant n’accorde jamais de délai à une âme dont le terme est arrivé. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.» (al-Munafiqun, 63: 10-11)

En résumé, la volonté d’Allah à l’égard du croyant, afin que celui-ci connaisse pleinement la Divine Splendeur ainsi que tous les mystères et les sagesses, est à la base de ce grand ordre. Allah souhaite pour le croyant une vie emplie de piété ; qu’il soit, tel un asile sûr, non victime de l’arrogance qui provient des possessions matérielles, devenant ainsi un serviteur digne de recevoir sa place au Paradis.

Nous allons donc tenter, dans cette humble tâche, de mettre l’accent sur l’importance de la méditation et de la conscience, principal héritage de notre bien-aimé Prophète (pbsl), leurs avantages ainsi que leur propre voie d’épanouissement.

Je tiens à remercier le Docteur Murat Kaya et Monsieur Akif Günay pour le travail qu’ils ont exercé pendant la préparation de ce livre et souhaite sincèrement que leurs efforts soient considérés comme une générosité sans fin de la part du Tout-Puissant.

Veuille notre Seigneur unir tous nos sentiments et nos pensées par Sa volonté! Qu’Il veuille rendre chacun de nous triomphant dans cette vie passagère en nous élevant au sommet de Sa connaissance et de Son amour!

Amin!

Osman Nuri Topbaş

Juin 2010

Üsküdar / Istanbul



MÉDITATION SUR L’UNIVERS, L’HOMME ET LE CORAN


Les limites de la raison

Qu’un salut éternel soit adressé à notre bien-aimé Prophète (pbsl), ainsi qu’à sa famille et à ses Compagnons, eux qui méditaient sur l’univers, l’humanité et le Saint Coran dans la plus belle, la plus profonde et la plus sensible des manières et qui ont enseigné à leurs continuateurs à lire tout cela avec l’œil du cœur.

L’islam accorde une grande importance à la raison; si bien qu’il considère la raison comme l’une des conditions principales requises quant à la responsabilité des actions.9 À chaque occasion, l’islam conseille la manière d’utiliser la raison dignement. Mais il indique également que les possibilités vantées par la raison pour pouvoir comprendre (les choses) ne sont pas illimitées, car Allah n’a doté aucune créature de pouvoirs illimités.

De la même façon que la vue et l’ouïe sont limitées dans leur exercice, le pouvoir de la compréhension rationnelle l’est également. Tout comme l’existence d’êtres n’est pas épuisée par le fait qu’ils échappent à la vue, et qu’il existe une multitude de sons qui sont inaudibles simplement parce qu’ils dépassent la puissance de l’audition, il y a une myriade de vérités qui, restant en dehors de la capacité de la raison, transcendent les tentatives de la raison de pouvoir comprendre. La raison ne suffit donc pas pour saisir la réalité dans sa globalité.

Alors qu’ils promettent le bonheur, les philosophes rationalistes qui considèrent la raison comme un moyen d’obtenir des pouvoirs illimités finissent par leurrer les gens désespérés avec lesquels ils exercent une certaine influence.10

Allah, qui connaît sans conteste les failles et les points faibles de Ses serviteurs infiniment mieux que ces derniers ne puissent jamais espérer connaître en eux-mêmes, a envoyé à travers toute l’histoire de l’humanité – selon la tradition – plus de 124 000 prophètes (et inspirés) qui ont été soumis à la Révélation divine, fortifiés grâce aux Écritures saintes, aux livres et aux aides les plus efficaces pour guider l’humanité à la vérité et pour l’aider à corriger les lacunes qu’elle est incapable de surmonter elle-même.

Il est donc impératif que la raison suive une formation en matière de wahy, de Révélation divine. La raison qui n’est pas touchée par la Révélation divine est comparable à un cheval qui non seulement n’obéit pas à son cavalier dans son aspiration d’atteindre sa destination, mais qui également le jette du bord d’une falaise pour le faire périr. Tout comme le meilleur moyen de dompter un cheval est de le brider et de l’entraîner, il est indispensable de soumettre la raison à la formation spirituelle du wahy et de sa clarification, en l’occurrence la Sunna du Prophète béni (pbsl), et de ce fait la rendre droite. Tant que cela n’est pas fait, la raison est comme une arme; elle peut frapper pour le meilleur, mais aussi, et cela est hautement préjudiciable, pour le pire…

Le rôle du cœur

En islam, al-iman, qui est la foi, a lieu par l’affirmation du cœur et le prononcé de la langue. Cela veut dire que la véritable enceinte d’où la foi se manifeste n’est pas la raison, mais le cœur, le centre de la conscience et de la perception spirituelle. Ce point est très important, car la foi est un sentiment sublime, alors que la raison, en revanche, consiste à fournir des moyens permettant de surmonter certaines phases initiales de compréhension afin d’atteindre ce sentiment de foi.

La foi véritable ne peut être atteinte tant que les vérités divines admises par la raison ne reçoivent leur affirmation dans le cœur. Une foi non enracinée dans le cœur ne peut en aucun cas se transformer en actes et fournir une orientation en matière de comportement. Une telle foi n’a aucune valeur aux yeux du Créateur. Lui-même a condamné les savants du passé appartenant au peuple d’Israël parce qu’ils n’avaient pas pratiqué ce qu’ils avaient étudié et enseigné quant aux vérités divines ; la raison en est qu’ils n’ont pas pu digérer ces vérités dans leurs cœurs, les comparant à des ânes surchargés de volumes entiers de livres.11

Connaître les vérités divines, par conséquent, ne signifie pas les cacher dans son esprit. Connaître, c’est déchiffrer, à travers la méditation et la perception, le mystère de l’ordre inouï qui règne dans l’univers et dans l’existence, puis c’est agir en conséquence. Et seul un cœur illuminé par la lumière de la foi peut être à la hauteur de cela.

Ce que la raison récolte en contemplant l’Homme, L’Univers et le Saint Coran est comparable à des minerais bruts obtenus de la terre. Transformer ces minerais bruts en minerais purs (litt. en réalités pures, en choses ayant de la valeur), d’autre part, est une œuvre qui fait partie intégrante du cœur.

Le cœur est le centre de la perception spirituelle, des sentiments. La fonction du cœur, également déterminée comme intuition et inspiration, se propose d’unifier les preuves présentées par la raison et permettre ainsi une compréhension parfaite de la vérité, un processus comparable à réunir ensemble toutes les pièces d’un vase brisé et à révéler sa véritable forme.

Il est donc clair que la manière la plus parfaite d’atteindre le bon et le vrai exige que la raison soit formée en vertu de la Révélation et que le cœur, en vertu d’une maturité en matière de foi, puisse être capable d’agir et de faire amende honorable pour son insuffisance.

La valeur de la méditation, elle aussi, dépend de ce qu’elle est renforcée par le sens spirituel. Autrement dit, la méditation repose sur un effort harmonieux et équilibré du cœur et de la raison. Un équilibre balançant lourdement dans la voie de la raison peut faire d’un homme bon un égoïste. Mais dans l’expectative de pouvoir être un musulman emprunt de raffinement, il est impératif pour le cœur, qui est le centre des sentiments et des émotions, de recevoir une formation spirituelle et d’agir comme un guide pour la raison ; car le cœur donne sens à la réflexion tandis que la pensée fournit l’orientation à la volonté. Cela signifie concrètement que les actes d’intention ont leur principale motivation dans le cœur, en effet, ils ne sont que des sentiments qui y sont incorporés. Corriger le cœur conformément aux injonctions divines est donc plus important que la mise d’autres parties du corps dans l’équilibre approprié.

Une sorte de pseudo-méditation, basée sur les désirs égoïstes de la nature (humaine), vulnérable aux maladies spirituelles telles que l’orgueil et la vanité, dépourvue de la direction du cœur, s’écarte de son cours naturel, entraînant l’homme à commettre des actes diaboliques et corrompus.

Mawlana Rumî a dit:

«Si l’amour de Satan avait été aussi immense que sa raison, il n’aurait pas été le Satan qu’il est aujourd’hui.»

Il est donc clair que la raison seule ne détient aucune valeur. Pour prendre la barre de la raison et lui donner une direction sans faille, il est vital de perfectionner spirituellement les sentiments implantés dans le cœur.

Pour être concis, la véritable méditation commence au point où la Révélation qui a inspiré la raison rencontre un cœur spirituellement mûr. Notre utilisation du concept de «méditation» utilisé tout au long de ces pages doit donc être strictement prise dans sa forme la plus parfaite: la méditation éduquée en vertu des vérités divines et renforcée avec le sentiment du cœur.

La méditation (ُاَلتَّفَكُّر) signifie tirer une leçon de toute chose ou expérience donnée et se concentrer sur elle de manière à acquérir une compréhension approfondie.

La réflexion profonde(ُاَلتَّأَمُّل) signifie s’arrêter, penser et promouvoir la recherche en persistant dans la méditation. Ce terme désigne un processus de pensée délicate effectué sur l’univers et les évènements qui l’entourent dans le but d’en tirer une leçon et d’atteindre de ce fait le noyau de la matière donnée.

La prévoyance (ُاَلتَّدَبُّر) signifie réfléchir sur les conséquences en attente d’un événement donné.

L’importance de la méditation

Tant le Livre d’Allah que les propos du Prophète béni (pbsl) enjoignent catégoriquement et encouragent la méditation de toutes choses afin d’en tirer des leçons. Dans seulement deux versets du Saint Coran parmi des centaines d’autres mentionnés à cet égard, le Tout-Puissant énonce:

«N’ont-ils pas médité en eux-mêmes? Allah n’a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux, qu’à juste raison et pour un terme fixé. Beaucoup de gens cependant ne croient pas en la rencontre de leur Seigneur.» (ar-Rum, 30: 8)

«Dis: ‹Je vous exhorte seulement à une chose: que pour Allah vous vous leviez, par deux ou isolément, et qu’ensuite vous réfléchissiez. Votre compagnon (Muhammad) n’est nullement possédé: il n’est pour vous qu’un avertisseur annonçant un dur châtiment›.» (Saba, 34: 46)

Dans ce qui précède, les êtres humains sont exhortés à servir le Tout-Puissant, à la fois individuellement et collectivement, à méditer et à se concentrer sur la réalité.12 Ceux qui agissent de la sorte sont promis au salut, même s’il ne s’agit que du seul commandement auquel ils adhèrent.

Le Prophète d’Allah était toujours en état de méditation

Le Prophète béni (pbsl) aimait le silence et la méditation. Juste avant le début de sa mission prophétique, un plus intense désir de se retirer l’avait gagné. Il restait pendant des journées entières dans la grotte de Hira qui est située à cinq kilomètres de La Mecque. Sa dévotion, en ces temps de retraite, était essentiellement composée de méditation, à contempler la Ka’ba et à réfléchir sur les trésors des cieux et de la terre, à l’instar de son fameux ancêtre Ibrahim (sur lui la paix).13 C’est de cette manière que le Tout-Puissant le prépara à sa mission sacrée.

La contemplation de l’univers (de son Créateur et de la création) dans laquelle le Prophète (pbsl) s’immergea pendant ces jours ne cessa jamais durant sa vie.

Hind ibn Abi Hala a dit à ce propos:

«Le Messager d’Allah était dans un état permanent de tristesse et de réflexion. Le confort n’était pas pour lui quelque chose de pertinent. Il ne parlait jamais en vain. Son silence était plus long que son discours. Il commençait et finissait toujours son discours en mentionnant le nom d’Allah.» (Ibn Sa’d, I, 422-423)

Afin d’encourager les musulmans à se lancer dans la méditation, le Prophète d’Allah (pbsl) a dit:

«Mon Seigneur a ordonné que mon silence soit une méditation.» (İbrahim Canan, Hadis Ansikl opedisi, XVI, 252/5838)

«Nulle adoration n’est comparable à la méditation» (Bayhaqî, Shuab, IV, 157; Ali al-Muttaqî, XVI, 121)

«Soyez comme des voyageurs sur terre! Faites de vos maisons des mosquées! Habituez vos cœurs à la sensibilité! Méditez et pleurez abondamment! Ne laissez pas les désirs de votre ego vous changer!»(Abû Nuaym, Hilye, I, 358)

Le Prophète béni (pbsl) relate encore des propos issus des dix feuilles de la Révélation qui furent données à Ibrahim (sur lui la paix):

«Un homme intelligent doit avoir (pour lui) certaines heures: une partie de ces heures doit être consacrée à prier et à chercher le Seigneur, une autre partie à méditer sur l’art et le pouvoir sublimes du Tout-Puissant, une autre partie à réfléchir sur ce qui s’est commis dans le passé et sur la planification de ce qu’il faut faire dans l’avenir, enfin une autre partie à gagner sa vie d’une manière autorisée.» (AbûNuaym, Hilye, I, 167; Ibn-iAsîr, el-Kâmil, I, 124)

Luqman (sur lui la paix) avait coutume de s’asseoir dans un endroit isolé afin de se livrer à la méditation, chose qu’il aimait particulièrement. Après qu’on lui ait demandé: «Tu es toujours seul la plupart du temps. Ne serait-il pas mieux que tu te mélanges aux gens et que tu parles avec eux?» Luqman répondait: «Demeurer seul pendant une longue période est plus approprié pour méditer. Et méditer pendant une longue période est un guide qui conduit au Paradis.»14

Abû Darda (qu’Allah soit satisfait de lui) avait coutume de dire:

«Une heure de méditation est supérieure à quarante nuits d’adoration surérogatoire.» (Daylamî, II, 70-71, n: 2397, 2400)

On demanda une fois à Saïd ibn Musayyab, un éminent savant issu de la génération des Tabi‘un (la génération qui a suivi celle des Compagnons. NDLT), quel acte d’adoration renfermait la plus grande vertu.

«Méditer sur la création d’Allah, répondit-il, et s’élever de manière perspicace dans Sa religion. » (Bursawî, Rûhu’l-Bayân, [an-Nûr, 44])

Bishr ibn Khafiy avait l’habitude de souligner l’importance de la méditation, comme dans les termes suivants:

«Si les êtres humains avaient correctement médité la majesté d’Allah, ils auraient été incapables de se rebeller contre Lui et de commettre des péchés.» (Ibn Kathir, I, 448, [al-Imrân, 190])

Tel qu’expliqué précédemment, la méditation, qui conduit à la compréhension de la majesté d’Allah, est une activité de la raison. Mais c’est le cœur qui fait aboutir cette activité à un résultat parfait. Puisque le cœur est la plus noble partie du corps, il est donc naturel que ses actes aient plus de valeur que ceux menés par d’autres parties. Le cœur, après tout, est l’enceinte du Regard Divin.

C’est un fait incontestable que la méditation exercée par un motif formé en vertu de la Révélation soit la première lueur des rayons qui illuminent le cœur. Elle est en même temps la première et la seule méthode existante sur le chemin qui conduit à la prudence et à sa sagesse. Encore une fois, une méditation d’un tel calibre est un moyen de purger le cœur de tout, à l’exception du Tout-Puissant (masiwallah), et d’atteindre de ce fait l’Amour Divin.

La méditation la plus bénéfique consiste à réfléchir sur la Majesté, la Splendeur et la Souveraineté divines par lesquelles chacun est amené à rectifier sa vie et à laisser toutes choses préjudiciables à son propre bonheur éternel.

Méditer sur les grâces, les commandements, les interdictions, les noms et attributs d’Allah permet à l’amour et à la sagesse de s’épanouir dans le cœur et contribue à l’élévation spirituelle. La pensée de la Vie Future, de sa considération et de son éternité par rapport à la vie d’ici-bas qui n’est qu’un test augmente le désir de cet Au-delà et permet de considérer le monde comme il le mérite. On se rend compte alors que la vie d’ici-bas n’est qu’une course de sprint allant de l’utérus de la mère jusqu’à la tombe. Saisir le fait que la vie soit un atout précieux pour gagner le bonheur de l’éternité permet à l’homme d’augmenter sa solennité et son effort pour rendre sa vie plus significative. Celui-ci traite le temps qui lui est imparti comme un trésor, veillant à tirer le meilleur parti de celui-ci en accomplissant de bonnes et bénéfiques actions.

Abû’l Hasan Kharaqanî a exprimé ceci admirablement:

«À un moment donné, il est nécessaire qu’avec au moins un seul membre (ou organe) le croyant soit préoccupé par le souvenir du Tout-Puissant. Un musulman doit se rappeler Allah soit avec le cœur soit avec la langue, ou bien percevoir quelque chose que le Tout-Puissant aimerait qu’il perçoive, ou bien accomplir de ses mains quelque acte de générosité, ou bien rendre visite à des gens à pied, ou bien mettre son esprit au service de ses frères musulmans, ou bien offrir une prière avec une foi inébranlable, ou bien méditer de manière à atteindre la sagesse, ou bien faire un acte sincère, ou bien avertir les gens de l’adversité du Jour du Jugement.»

Un tel croyant entrera certainement au Paradis au moment où, de sa tombe, il lèvera la tête, entrainant son linceul derrière lui ; de cela je suis son garant!»15



MÉDITATION SUR L’UNIVERS


Comme il est étonnant de voir l’homme s’enticher à la vue d’un palais fastueux et embelli. Le spectacle ne quitte jamais son esprit et il ne cesse de répandre les nouvelles de sa beauté le restant de sa vie. Mais en dépit de voir constamment ce chef-d’œuvre d’art divin que représente l’univers, il répugne à bien réfléchir sur lui et se dérobe à le mentionner. Il ne tient aucun compte de celui-ci et continue de le considérer comme une chose ordinaire. N’est-il pas conscient que le palais qu’il admire tant n’est qu’une infime partie de ce qu’il y a sur Terre, qui à son tour n’est que l’une des plus petites graines présentes dans le grand univers…


De la plus petite particule à la plus grande planète, toute chose dans l’univers évoque un chef-d’œuvre d’art divin. Grâce aux innombrables manifestations de la sagesse qui sont présentées à l’appréciation de l’esprit humain, l’univers est par conséquent une exposition de la Majesté Divine.

Pour l’esprit pensant, l’univers présente une exposition évocatrice d’une organisation et d’une harmonie créatrices. De nombreux versets coraniques expriment ce sujet. En voici quelques-uns pour ne citer que ceux-là:

«N’ont-ils donc pas observé le ciel au-dessus d’eux, comment Nous l’avons bâti et embelli ; et comment il est sans fissures? Et la terre, Nous l’avons étendue et Nous y avons enfoncé fermement des montagnes et y avons fait pousser toutes sortes de magnifiques couples de [végétaux], à titre d’appel à la clairvoyance et un rappel pour tout serviteur repentant.» (Qaf, 50: 6-8)

«Ne vois-tu pas qu’Allah fait descendre du ciel de l’eau, puis Il l’achemine vers des sources dans la terre ; ensuite, avec cela, Il fait sortir une culture aux couleurs diverses, laquelle se fane ensuite, de sorte que tu la vois jaunie ; ensuite, Il la réduit en miettes. C’est là certainement un rappel aux [gens] doués d’intelligence.» (az-Zumar, 39: 21)

L’eau qui se trouve sur la surface de la terre est au service de l’homme ; elle est consommée, utilisée pour le nettoyage et divers autres besoins. Elle est par conséquent sujette à être polluée de temps en temps. Mais grâce à un magnifique processus circulaire, le Tout-Puissant la purifie sans discontinuer afin qu’elle serve de nouveau aux besoins de l’homme.

Nous invitant à méditer sur le cycle de transformation de l’eau, Mawlana Rumî dit:

«Une fois privée de sa pureté, confuse et trouble, l’eau est perturbée et bouleversée, tout comme nous, pour avoir été souillée sur terre… Elle se met à pleurer de ses profondeurs et sollicite le Tout-Puissant. Là-dessus, le Tout-Puissant la transforme en vapeur et l’élève vers le ciel. L’orientant vers une variété de chemins, Il la purifie de haut en bas. Puis Il la verse de nouveau sur terre, parfois sous forme de pluie, parfois sous forme de neige, et parfois, sous forme de grêle. Enfin, Il ouvre son chemin vers le vaste océan. »

Relatant dans un style convaincant un phénomène naturel dont nous sommes témoins à longueur d’année, Rumî ajoute:

Approche-toi du Tout-Puissant et purifie ton cœur de toute souillure, tout comme l’eau! Deviens de ce fait une pluie ; déverse l’abondance et la miséricorde!»

Le déplacement harmonieux de l’univers mis en place depuis sa création, sa sublime organisation enlacée avec une sagesse et un mystère d’une incommensurable profondeur, est, en tout cas, plus qu’une raison suffisante pour reconnaître que c’est là toute l’œuvre de l’Unique et Eternelle Force.

Méditation sur les cieux

Une preuve flagrante de la puissance et de la majesté du Tout-Puissant réside dans la Souveraineté Divine affichée sur terre, dans les cieux et les étoiles. Négliger de contempler les merveilles du ciel prive la compréhension humaine d’une magnifique exposition de sagesse.

Comparée aux cieux, la Terre est comparable à une goutte dans un océan, encore même plus petite. Il n’y a pratiquement pas de sourate dans le Saint Coran qui ne fait mention de la grandeur des cieux. On y trouve même des serments faits au nom du ciel:

Par le ciel aux constellations!» (al-Buruj, 85: 1)

«Non !... Je jure par les positions des étoiles (dans le firmament). Et c’est vraiment un serment solennel, si vous saviez. » (al-Waqi’a, 56: 75-76)16

L’immensité de l’univers, ses mouvements harmoniques et les distances qui les séparent sont dévoilées dans des figures gigantesques qui dépassent l’imagination la plus folle et la compréhension la plus pénétrante. Les scientifiques ont même fini par admettre que:

«L’univers est plus terrifiant, plus surprenant et plus grand que nous ne pouvons l’imaginer, parce que les corps dans l’espace se distancent les uns des autres à une vitesse effrayante.»17

Les scientifiques estiment la taille de l’univers à 14 trillions d’années lumière. La vitesse de la lumière, comme on le sait, est d’environ 300 000 kilomètres par seconde (plus exactement 299 792 458 km/s).

Les galaxies

On trouve quelques centaines de milliards de galaxies dans l’univers qui sont visibles grâce à des télescopes dotés des technologies de dernier cri. Ce qui fait de la galaxie une masse colossale de corps spatiaux à partir desquels chaque corps héberge près d’un milliard d’étoiles, y compris leurs matières premières et leurs résidus.18 La Voie Lactée, qui abrite le système solaire, est tout simplement une galaxie parmi tant d’autres.

Les groupes de centaines ou de milliers de galaxies sont appelés amas. En retour, les groupes composés d’associations de galaxies sont appelés superamas.19

Notre galaxie, la Voie Lactée, et les quelques 30 galaxies qui sont proches de nous, constituent un amas de galaxies locales. L’Amas de la Vierge, un amas qui se trouve à une distance d’environ 65 millions d’années lumière, comprend environ 2000 galaxies. Un simple superamas, cela doit être su, se trouve au milieu de dizaines d’amas de galaxies, bénéficiant d’une circonférence de 100 millions d’années lumière.20

Un autre aspect montrant la Splendeur divine à travers l’espace est la collision des galaxies. Les galaxies se heurtent sur une base fréquente. Si leurs orbites se croisent ou si elles acquièrent suffisamment de proximité, la gravité de leur masse les attire plus près les unes des autres. Peu importe le nombre de galaxies d’étoiles, en raison de l’énorme distance qui les sépare, les étoiles passent les unes à côté des autres durant la collision sans entrer en contact. L’impact de la collision, toutefois, produit des gaz et de la poussière, à partir de quoi les étoiles sont formées, et converge vers certains endroits, stimulant la formation des étoiles. Pour cette raison, on observe une intensification dans la formation de nouvelles étoiles dans les galaxies qui ont subi une collision.

Selon les estimations, une collision d’un type similaire est prête à surgir entre la Voie Lactée et sa voisine Andromède.21 Les deux galaxies se rapprochent l’une de l’autre à une vitesse de près de 500 000 km à l’heure. Se souvenant que l’une et l’autre sont séparées par une distance de 2,2 millions d’années lumière, une collision apparaît imminente dans environ 3 milliards d’années.22

Il y a environ 200 milliards d’étoiles dans la Voie Lactée, une d’entre elles est le Soleil. La Voie lactée a une circonférence de 100 000 années lumière. Orbitant à un rythme de 630 km par seconde, elle avance à une vitesse de 900 000 km/h en direction de l’étoile Véga.

L’amas nommé Hercule est composé de 100 petites galaxies et se situe à une distance de 650 millions d’années lumière de la Terre.

Le système solaire

Situé au milieu de la Voie Lactée, le système solaire a une circonférence de 12 milliards de kilomètres. On estime que le Soleil, situé à une distance de 30 000 années lumière du centre de la Voie Lactée, est âgé d’environ 4,5 à 5 milliards d’années.

Le Soleil transforme par seconde 564 millions de tonnes d’hydrogène en 560 millions de tonnes d’hélium. Dans ce processus, 4 millions de tonnes de gaz émettent des rayons d’énergie. En termes de perte de masse, le Soleil perd 4 millions de tonnes de masse par seconde et 240 millions par minute. Considérant que le Soleil consomme constamment de l’énergie à cette vitesse depuis les trois derniers milliards d’années, cela signifie que jusqu’à maintenant il a perdu 400 milliards de millions en termes de masse. Pourtant, même une quantité massive comme cela équivaut à seulement environ 1/5000 de la masse actuelle du Soleil.

La température à la surface du Soleil est de 6000 degrés Celsius (10,832 degrés Fahrenheit). La chaleur de son noyau, d’autre part, atteint les 20 millions de degrés Celsius. De même que la température du Soleil est en constante augmentation, ainsi va de même sa circonférence. Émettant la forte probabilité que le Soleil toujours grossissant pourrait exploser, cela sonnerait le glas des planètes qui lui sont proches, à savoir Mercure, Vénus, la Terre et Mars.

Exactement 324.529 fois supérieure à celle de la Terre, le Soleil a une masse de 2X1027 tonnes, ce qui représente un milliard de fois un milliard de fois un milliard, multiplié par deux, ainsi qu’un rayon gigantesque mesurant 700 000 kilomètres.23

Le Saint Coran fait le rappel suivant:

«Que soit béni Celui qui a placé au ciel des constellations et y a placé un luminaire (le soleil) et aussi une lune éclairante!» (al-Furqan, 25: 61)

Les cieux sont en constante expansion

Allah, gloire à Lui, déclare qu’Il ne cesse d’étendre les cieux parfaitement créés. Un verset coranique énonce:

«Le ciel, Nous l’avons construit par Notre puissance: et Nous l’étendons [constamment] dans l’immensité.» (ad-Dhariyat, 51: 47)

En 1929, des scientifiques ont découvert que la nébuleuse24 se déplace toujours plus loin de notre galaxie: c’est une conclusion qui plus tard sera utilisée comme base formatrice de la théorie prouvant que l’espace est en constante expansion.25 Selon cette théorie, sans doute l’un des tournants les plus significatifs dans la recherche spatiale du 20ème siècle, les galaxies s’éloignent de plus en plus les unes des autres en proportion avec la distance accumulée.26

En appliquant cette théorie aux matières présentes dans l’espace en 1950, les scientifiques ont procédé au calcul de la vitesse avec laquelle les galaxies se déplacent les unes par rapport aux autres. Alors qu’une galaxie qui nous serait éloignée de 10 millions d’années lumière se déplacerait à la vitesse de 250 km par seconde, la vitesse de rupture d’une galaxie éloignée de 10 milliards d’années lumière serait de 250 000 km par seconde.27

Que l’univers, de l’étendue de ce qui exprimé ici, ne cesse de croître en dimension sans jamais rester le même, tend à démontrer l’impossibilité de comprendre parfaitement la splendeur du Tout-Puissant.

Magnifiquement exprimé est le sentiment de crainte qui entoure l’homme quand il contemple les nombreuses manifestations de la Majesté Divine:

Que tu es Grand Seigneur, Grand, si Grand,

La grandeur elle-même qui T’appartient est un rivage ! (Ali Haydar Bey)

Déployant constamment cet univers colossal, Allah finira par l’enrouler, tout comme un scribe enroule une feuille de papier.28 Encore une fois, le moment venu, Allah transformera la Terre en une terre d’un autre genre, et les cieux en cieux d’un autre genre.29 Cela implique la création d’un nouvel univers, marquant le début d’une nouvelle ère.30

Les Sept Cieux

Dans le Saint Coran, le Tout-Puissant fait également mention de sept cieux ou de (sept) niveaux célestes. En supposant que ce qui a été dit jusqu’à maintenant se rapporte au premier niveau, comment la raison et la compréhension humaines pourraient porter les mystères des autres (niveaux)?

Allah, gloire à Lui, affirme:

«Celui qui a créé sept cieux superposés sans que tu voies de disproportion en la création du Tout Miséricordieux. Ramène [sur elle] le regard. Y vois-tu une brèche quelconque? Puis, retourne ton regard à deux fois: le regard te reviendra humilié et frustré. Nous avons effectivement embelli le ciel le plus proche avec des lampes [des étoiles] dont Nous avons fait des projectiles pour lapider des diables et Nous leur avons préparé le châtiment de la Fournaise.» (al-Mulk, 67: 3-5)

Maintenant, levez la tête et tournez vos regards vers les cieux ! Réfléchissez sur les innombrables matières présentes dans l’espace qui, du milieu de cet ordre gigantesque, ne chancellent même pas d’une fraction de seconde de leur trajectoire, chacune chargée d’un mystère et d’un bon sens sous-jacents dans son mouvement.

Si la Terre ne tournait pas sur son axe, un de ses côtés serait constamment lumineux tandis que l’autre serait voué à l’obscurité perpétuelle et il n’y aurait aucun moyen de séparer ses mouvements d’activités de ses mouvements en repos.

Il y a aussi une sagesse inhérente dans le fait qu’il faille 24 heures pour que la Terre fasse une rotation autour de son axe. Si elle devait prendre plus de temps, la Terre aurait ressemblé à Mercure où la différence entre la chaleur diurne et nocturne est supérieure à 1000° Celsius (1832° Fahrenheit). L’excès de chaleur aurait brûlé la Terre durant ces longues journées, ne laissant qu’un froid menaçant le soir venu, gelant tout dans son sillage.

C’est dans cette optique qu’il faut prendre note de la façon dont le Tout-Puissant a recouvert le jour avec la nuit et a octroyé au premier un temps d’activités et à la seconde un temps de repos. Pensez aux manifestations de la Puissance et de la Miséricorde divines dans leur quête inlassable de l’autre !

Encore une fois, si la Terre ne tournait pas autour du Soleil avec une inclinaison de 23 degrés et 27 minutes, il n’y aurait pas les quatre saisons si essentielles pour la vie. En outre, si la Terre n’avait pas eu cette inclinaison, l’eau s’évaporant des océans aurait augmenté au nord et au sud, faisant tourner les continents en icebergs de taille conséquente.

Si la Lune, par exemple, se situait 50 000 miles (80 000 kilomètres environ) plus loin du point où elle se situe actuellement, les marées auraient été si énormes que les continents auraient été inondés deux fois par jour. Même les puissantes montagnes auraient été érodées jusqu’à l’anéantissement, presque en un clin d’œil.31

Ainsi donc, ne soyez pas immobilisés (coincés) dans la crainte du ciel simplement pour son immensité et la myriade d’étoiles dont il dispose. Au lieu de cela, pensez à réfléchir sur son Créateur et à la manière dont Il l’a façonné et ordonné dans son ensemble ! Comment se fait-il que le Tout-Puissant puisse maintenir ensemble ces étoiles massives sans piliers ou fixations visibles?

Il suffit de penser au Soleil et à la Lune: Tombent-ils toujours en panne? Y a-t-il eu un moment où ils ont été envoyés en réparation? Alors qu’ils se meuvent dans leur orbite respective et prédestinée, ont-ils déjà dévié de leur divine course et provoqué des accidents?

Délaisser la méditation est un grave péché

Comme il est étonnant de voir l’homme s’enticher à la vue d’un palais fastueux et embelli ! Le spectacle ne quitte jamais son esprit et il ne cesse de répandre les nouvelles de sa beauté le restant de sa vie. Mais en dépit de voir constamment ce chef-d’œuvre d’art divin que représente l’univers, il répugne à bien réfléchir sur lui et se dérobe à le mentionner. Il ne tient nullement compte de celui-ci et continue de le considérer comme une chose ordinaire. N’est-il pas conscient que le palais qu’il admire tant n’est qu’une infime partie de ce qu’il y a sur Terre, qui à son tour n’est que l’une des plus petites graines présentes dans le grand univers…

Une personne inconsciente à contempler la Puissance divine ressemble à la fourmi de la parabole suivante:

«Une fourmi construisit un nid dans le palais d’un roi. Ce palais était entouré de hauts murs, édifié sur des bases solides, orné par les meubles les plus exquis et rempli de domestiques. Quand elle rencontrait ses congénères, la fourmi ne leur parlait que de son nid, et de rien d’autre, des miettes qu’elle recueillait et comment elle les stockait pour le lendemain. Cette fourmi est sans conteste et irrémédiablement éloignée de la pensée de ce magnifique palais dans lequel elle erre, éloignée aussi de la splendeur et la magnificence du roi qui l’occupe. Son ignorance est d’autant plus aggravée par le fait qu’elle soit complètement oublieuse de ceux qui y vivent.»

L’ignorant est tout aussi oublieux des chefs-d’œuvre de l’art divin, des anges et des personnes justes et vertueuses qui vivent sous la domination du Tout-Puissant.

Il n’est certes pas possible qu’une fourmi puisse prendre conscience d’un palais et des beautés qu’il offre, mais à travers la contemplation et l’imagination, nous les humains, avons la capacité de voyager dans de nombreux royaumes. Par un humble retour pour les innombrables bénédictions que le Tout-Puissant lui a fait part, une personne peut se réconcilier avec son néant et sa vulnérabilité, et se prosterner en signe de reconnaissance. Seul un « humain » en est capable, ou, en d’autres termes, seuls ceux qui le font peuvent porter l’honneur de l’humanité. En effet, celle-ci a une prédisposition naturelle et une capacité innée à la contemplation. Vouloir dévaster petit à petit ce potentiel en ne l’utilisant pas, c’est trahir la confiance divine et dire adieu à l’un des attributs permettant de définir l’homme.

Le très renommé Mawlana Rumî propose la parabole suivante pour décrire ceux qui extravaguent quant à la manifestation des mystères éternels et de la sagesse qui est de la Terre, le cœur inactif à répondre aux messages divins de la création qui pourtant sautent aux yeux, arborant une expression tant soit peu crétine.

«Si une vache arrive soudain à Bagdad et passe d’un côté de la ville à l’autre, de tous ses plaisirs, joies et délices, elle ne verra que l’écorce d’un melon. Si de la paille ou du foin sont tombés sur la route, cela convient au tempérament bovin ou à celui de l’âne.» (Mathnawî, Livre quatrième, verset 2370 fin. Trad. E de Vitray-Meyerovitch)

On raconte qu’un homme qui avait vécu à l’époque de Moïse (sur lui la paix) n’avait pas cessé d’être en état adoration pendant trente ans ; si bien qu’un nuage avait même commencé à lui faire de l’ombre pendant ce temps d’adoration qu’il consacrait et en raison de sa piété. Mais il vint un jour où le nuage ne fit plus son apparition, laissant à l’homme le soin de remplir ses actes de dévotion en plein soleil. Il se rendit alors chez sa mère pour que cette dernière lui en révélât la raison.

-Tu as dû commettre quelque péché, dit-elle.

-Non, répondit-il, je ne le crois pas. 

-N’as-tu pas observé les cieux, les fleurs? As-tu été empêché de contempler la splendeur d’Allah? demanda-t-elle.

-Oui, confessa l’homme, j’ai omis de le faire en dépit de toutes ces merveilles qui sont autour de moi. 

-Es-tu à la recherche d’un plus grand péché que celui-ci? répliqua sa mère et de conclure: Repens-toi immédiatement ! 

Un croyant ayant du bon sens ne doit donc jamais négliger le devoir de contemplation (ou de méditation).

Plus une personne apprend quelque chose concernant la magnificence artistique du Tout-Puissant et plus elle est amenée à la contempler ; plus sa sagesse envers Sa Gloire et Sa Majesté ainsi que sa proximité avec la Vérité seront conséquentes.

Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit: « Développer la connaissance du Coran avec une certaine connaissance de l’astronomie permet à quiconque de grandir dans la foi et la certitude. » Après quoi il cita le verset suivant:

«Dans l’alternance de la nuit et du jour, et aussi dans tout ce qu’Allah a créé dans les cieux et la terre, il y a des signes, certes, pour des gens qui craignent (Allah).» (Yunus, 10: 6)

Toute créature créée par le Tout-Puissant, aussi simple soit-elle, a un but précis au sein de l’ordre divin. Jusqu’à présent, l’humanité n’a pu acquérir une certaine connaissance qu’avec quelques bribes de ces différents buts. La sagesse invisible et encore non assimilée représente une multitude de choses infiniment plus grandes si on les compare à celles qui n’ont pas encore été comprises.

Si nous savons ce qu’est un son, c’est parce que nous possédons des organes réceptifs tels que les oreilles. Si nous savons reconnaître une couleur, cela c’est grâce à nos yeux. Qui connaît les nombreuses manifestations divines qui agissent dans ce domaine infini de l’être dont nous n’avons absolument aucune idée, tout simplement parce que nous sommes privés des organes réceptifs pour les percevoir.32

Retenu par un pouvoir limité de la raison, comment l’homme peut-il être capable de parfaitement concevoir Allah quand il ne peut même pas entièrement saisir l’ensemble des créatures et leurs spécificités? Les savants musulmans, qui n’ont pu saisir qu’un aperçu infime de la Splendeur du Tout-Puissant et des manifestations de Ses attributs, ont été obligés d’admettre, dans la crainte et l’éblouissement:

«Vouloir Le concevoir, c’est concevoir qu’Il ne peut être conçu!»

C’est parce que les êtres créés ne présentent aucune réflexion ou manifestation de la réalité essentielle du Tout-Puissant. Tout ce qui a été créé par Allah est constitué par les combinaisons des attributs divins. Le fait qu’aucun espace unique n’ait été créé capable de supporter une (seule) manifestation essentielle du Tout-Puissant est constaté par la réponse divine: «Tu ne Me verras pas»33 donnée à Moïse (Mûsâ: sur lui la paix) consécutivement à sa demande catégorique de voir le Tout-Puissant, à la suite de laquelle il a fini par s’évanouir. C’est pour cette raison que, sans parler de concevoir la réalité essentielle du Tout-Puissant, l’homme est limité par une insuffisance à comprendre même la réalité de Ses attributs. De manière élégante, l’illustration en est donnée par le poète Necip Fazil:

Les atomes sont en émoi, parés, en fête,

Et une lumière tout autour, une lumière tout autour,

Une architecture entrelacée, auto-entrelacée,

Je te reconnais Seigneur, (Toi) le fameux Inconnaissable!

L’atmosphère

L’air qui enveloppe la Terre renferme de nombreux secrets et repose sur de nombreuses sagesses. Les nuages qui apparaissent soudainement dans le ciel, le vent qui s’élève dans les airs, parfois léger, parfois dans un élan, les éclairs qui émettent ensuite un bruit assourdissant, la pluie battante, la neige qui tombe, chacune de ces choses est une manifestation fabuleuse qui se produit en conformité avec une mesure tout aussi magnifique.

Le Saint Coran appelle l’homme à méditer sur de telles manifestations qui sévissent entre la Terre et le ciel et à apercevoir les preuves qui attestent de la puissance d’Allah:

«Certes la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau qu’Allah fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne.» (al-Baqara, 2: 164)

L’atmosphère, qui embrasse notre Terre avec compassion, est l’une des plus remarquables dispositions du Tout-Puissant en rapport avec Son infinie miséricorde envers les êtres humains. Elle est constituée de 77% d’azote, de 21% d’oxygène et d’1% d’une combinaison de dioxyde de carbone, d’argon et d’autres gaz. L’oxygène est si inflammable qu’on estime qu’une augmentation d’un centième d’oxygène au-delà des 21% développerait la probabilité d’allumer un feu de brousse à hauteur de 70%. Un taux d’oxygène de plus de 25%, d’autre part, serait plus que suffisant pour transformer en cendres la majorité des légumes que nous consommons.

Autre remarque, malgré la consommation constante d’oxygène et de dioxyde de carbone, sa proportion dans l’air est toujours maintenue. Si tous les êtres humains et les animaux qui habitent notre planète avaient utilisé tout l’oxygène présent dans l’atmosphère et l’avaient transformé en dioxyde de carbone, très rapidement, ils auraient été empoisonnés par inhalation, favorisant dans une proportion inverse la diminution de l’oxygène. Mais la Puissance qui a créé l’univers a aussi créé la végétation. Et en lui octroyant la capacité de traiter le dioxyde de carbone et de le transformer en oxygène, Elle a doté l’univers d’un magnifique équilibre et d’une vie qui ne cesse jamais.

La croûte terrestre a été placée avec une telle mesure délicate que si elle avait été un peu plus épaisse elle aurait absorbé tout le dioxyde de carbone et l’oxygène, menant ainsi à la destruction de toute la végétation.34

L’oxygène est un besoin vital pour les fonctions biochimiques que notre corps effectue permanemment. Nous inhalons sans cesse de l’air dans nos poumons puis expirons le même air. Qu’une densité appropriée d’oxygène dans l’atmosphère soit nécessaire pour adapter ce processus d’inhaler-expirer prouve que la coïncidence ne peut pas jouer d’une main en maintenant ce rapport sensible. Allah, gloire à Lui, qui a créé notre corps de manière à ce qu’il nécessite un besoin constant d’oxygène, nous a abondamment bénis en nous octroyant notre plus primaire et essentiel besoin. Non seulement Il a permis que l’oxygène soit facilement accessible, mais Il l’a placé également dans l’atmosphère dans la proportion la plus parfaite. Chaque respiration que nous prenons est en fait un exercice complexe et significatif, et en même temps un merveilleux cadeau divin.

À bord d’un avion dernier cri, et avant qu’il ne décolle, nous entendons toujours l’annonce nous avisant de « porter les masques à oxygène qui se déploieraient automatiquement en cas de chute de pression en haute altitude ».

Mais dans la vie quotidienne, personne d’entre nous ne porte la plus légère appréhension quand la quantité d’oxygène dans l’air passe à, disons, 25% ou descend à 18% d’ici le lendemain et à cause de cela nous précipiter pour acheter un masque à oxygène. Croyant ou non, tout à chacun a une vie dépendante de l’ordre divin établi. La vie aurait été insupportable si l’on était au courant de chaque facteur représentant un danger qui l’entourerait.

L’air est aussi semblable à un miroir éclairant notre environnement. La lumière ne peut rayonner sans contact avec la matière. Une lumière qui s’écrase dans une particule se propage aux alentours, comme un pétard, sous forme de chaleur et de lumière. Comme il n’y a pas de particules telles que des molécules ou des atomes dans le vide de l’espace en dehors de l’atmosphère, elles restent dans l’obscurité, en dépit tout de même de leur réception à la lumière du soleil.

La Lune, par exemple, qui est privée d’atmosphère, ne possède pas de couches de gaz qui peuvent disperser la lumière incidente du Soleil et éclairer ses environs. Pour cette raison, tandis que la surface de la Lune est lumineuse, la surface au-dessus reste toujours dans l’obscurité malgré le fait qu’elle soit inondée par une pluie de lumière.

Ces merveilleuses manifestations sont la preuve la plus claire que la Terre a été créée de façon à accueillir la vie humaine et selon un objectif de première importance. En même temps qu’être une grande bénédiction que le Tout-Puissant a accordée à Ses serviteurs, cet équilibre délicat qui rend la vie possible est en même temps une preuve de Son existence et de Sa puissance infinie. Que chaque être dans l’univers puisse se mouvoir selon un programme divin établi et que tout ce que nous rencontrons puisse révéler un plan intérieur, l’ordre et l’équilibre rendent nécessaire l’existence d’une Puissance qui prévoit, ordonne et mesure ce formidable équilibre.

Ce qui rend la position de l’athéisme affirmant que la vie et l’univers en sont venus à être et à exister par pure coïncidence, un non-sens ridicule.

Ismail FennîErtuğrul (1855-1946) illustre ce fait par l’analogie suivante:

«Trébuchant sur un ordre et un équilibre dans un endroit donné, la raison implique nécessairement l’existence d’une puissance ordonnée et équilibrée.

Supposez que vous possédez un jardin. Vous avez demandé au jardinier d’y planter de jeunes arbres. Vous y revenez plus tard et vous vous apercevez que de jeunes arbres ont été abattus ici et là, au hasard. Vous sommez le jardinier de vous fournir une explication et il vous répond qu’ils ont été abattus par une tempête soudaine. Vous acceptez cette réponse. Mais vous revenez un autre jour et cette fois vous voyez que les jeunes arbres ont été abattus selon un modèle particulier ; vous voyez, par exemple, le cinquième jeune arbre de chaque rang abattu, jeté à terre, tandis que les quatre précédents sont intacts et que vous observez ce modèle partout dans le jardin. Vous demandez encore une fois une explication et le jardinier vous dit, une fois de plus, que c’est la tempête qu’il faut blâmer. Croiriez-vous cela? Bien sûr que non. Vous blâmeriez plutôt l’intention malveillante que quelqu’un aurait pu avoir. Même si le premier cas pourrait s’expliquer par la coïncidence, le second ne peut l’être ; car cette fois-ci le calcul et la mesure sont intervenus dans la situation. »35


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