Novembre 2018 : guerre ou paix ?
Compte tenu du sujet traité, de
notre souhait de détailler l’analyse et d’éviter une vision
trop superficielle des événements et situations, ce billet est
d’une longueur supérieure à celle de nos articles habituels.
Prévoyez donc du temps pour le lire…
Il inclut également
plusieurs renvois vers des billets déjà publiés qui sous-tendent
ou renforcent le raisonnement. Ces renvois, qui peuvent parfois
donner l’impression de hacher la lecture, permettent d’approfondir
tel ou tel argument que nous avançons. N’hésitez donc pas à les
consulter.
À tous nos lecteurs, plus nombreux à chaque
parution, merci pour votre soutien et vos encouragements.
Lundi
Dominic
Sandbrook est un Britannique historien. Dans cet ordre là :
Britannique d’abord, historien ensuite. Le 31 octobre dernier,
il a publié un long article de politique-fiction dans le journal
conservateur (c’est-à-dire anti-Européen et anti-Français) Daily
Mail.
Cet article (texte intégral ici)
que nous résumons ci-dessous est plutôt « tiré par les
cheveux ». Il reflète plus la francophobie (le terme est
encore fort mesuré…) de nos voisins britanniques qu’il ne relève
d’une véritable analyse historico-politique. Il a cependant le
mérite de soulever plusieurs questions que nous aborderons
dans la seconde partie de ce billet.
Le futur
selon Sandbrook
En 2012, les Athéniens en colère
contre les mesures d’austérité envahissent le Parlement :
bien vite, le chaos s’installe en Grèce. La France et l’Allemagne
envoient alors 5 000 soldats pour restaurer l’ordre.
La situation dégénère bien vite dans toute l’Europe
continentale : manifestations, attentats à la bombe contre les
banques, quasi guerre civile en Italie où le gouvernement demande à
la France d’intervenir. Sarkozy répond en expédiant
15 000 soldats occuper le nord de l’Italie.
En
Lettonie, également gagnée par les troubles, Poutine décide de
faire intervenir l’armée russe. En 2016, celle-ci occupe également
la Lituanie, la Biélorussie et la Moldavie.
Fin 2016,
Sarkozy, qui a fait modifier la Constitution afin de pouvoir briguer
un troisième mandat, désigne les Anglais comme boucs émissaires
des malheurs de l’Europe.
Quelques mois plus tard, des
heurts très graves opposent à Bruxelles Flamands et Wallons :
Sarkozy décide d’y envoyer les troupes françaises.
Les
Britanniques décident à leur tour d’intervenir militairement pour
« préserver l’indépendance de la Belgique ». Leurs
troupes sont battues par l’armée française soutenue par « des
supplétifs espagnols et italiens, l’argent allemand et avec la
bénédiction de la Russie impérialiste ». Sarkozy se vante
alors d’avoir « effacé la tâche de Waterloo ».
Trois questions
Arrêtons-là les
frais. Il y aurait beaucoup à dire – et à écrire – sur
l’obsession anti-française des Britanniques, leur insularité qui
confine à l’autisme ou leur propension à se donner constamment le
beau rôle de champion de la démocratie et des libertés… La
lecture de deux billets les concernant, Albion :
l’oligarchie triomphante par François Farbeau
et 2050 :
l’odyssée du servage, nuance singulièrement le
tableau.
Si on laisse de côté ces aspects, l’article de
Sandbrook soulève au moins trois questions :