Excerpt for L'autre destin by Isabelle Prévost, available in its entirety at Smashwords


Isabelle Prévost












L'autre destin























Éditions Dédicaces




















Dépôt légal :

Bibliothèque et Archives Canada

Bibliothèque et Archives nationales du Québec


Un exemplaire de cet ouvrage a été remis

à la Bibliothèque d'Alexandrie, en Egypte






Éditions Dédicaces inc

6285, rue De Jumonville

Montréal (Québec) H1M 1R7

Canada


www.dedicaces.ca | www.dedicaces.info

Courriel : info@dedicaces.ca



© Copyright - tous droits réservés – Éditions Dédicaces inc.

Toute reproduction, distribution et vente interdites

sans autorisation de l’auteur et de l’éditeur.



Isabelle Prévost












L'autre destin






























Donne-moi

pas la frousse


Donne-moi pas la frousse







Elle poussa avec difficulté la grosse porte lourde qui mène tout droit à la cafétéria.

Eva-Elizabeth était infirmière et travaillait de nuit. Légèrement plus payantes que les routines diurnes, chaque petit extra lui était bien utile MAINTENANT.

- Même chose qu'à l'habitude?

- A bien y réfléchir, non! Donne-moi donc le gros morceau de gâteau forêt-noire qui a l'air de s'ennuyer juste là. Et avec un grand verre de lait froid aussi.

- Wow, du gâteau pour déjeuner, qu'est- ce qu'on fête ce matin? Espérons que ce n'est pas moi qui aie oublié ton anniversaire?

- Donne-moi pas la frousse. Vieillir une fois par année, c'est bien suffisant à mon âge et j'ai déjà donnée deux mois passés, tu te rappelles? Non, beaucoup mieux, je fête l'atteinte de mon OBJECTIF.

- Ton objectif...

- Quoi! Tu ne t'en souviens pas?

- Euh... Oui. Enfin, c'est juste que...

- Que quoi? Tu n'en as pas parlé à quelqu'un? Tu m'avais jurée. Claire! Réponds. Dis-moi que tu ne m’as pas trahie!

- Oh non! Jamais voyons! Rassure toi ma belle, je suis seulement sous le choc. Ouf! Quelle nouvelle, je n’en reviens pas. Tu n'as pas perdu de temps!

Il me semble que c'était encore hier que tu m'en parlais.

- Parle pour toi. Moi, j'ai la pénible impression qu'il y a un siècle de tout cela. Non mais regarde-moi l'air. Je ressemble à un affreux raton laveur tant j'ai les cernes incrustés noirs. Crois-moi, je n'aurais aucun problème à dormir trois jours consécutifs si ce luxe m'était possible.

- Ma vieille, tu as raison. Tu as un teint misérable. Tu devrais faire un peu plus attention à ta santé, s'il t'en reste encore une? Faudrait surtout pas que tu tombes malade. UNE INFIRMIÈRE EN PLUS.

ET les deux bonnes amies s'éclatèrent d'un rire franc et sonore.

- Je te dois combien pour ce joli festin?

- Pour le gâteau et le verre de lait, c'est la maison qui te l'offre. Mais pour la séance de thérapie, tu me la payeras en double jeudi soir prochain.

- Entendue!

- N'oublie pas : maïs soufflé éléphantesque et ciné...

On entendit une seconde porte lourde se refermer sur la cage d'escalier qui mène tout droit au vestiaire, cette fois en écho avec la petite voix aigrelette de Claire: bonne chance...

- Bou!

- Tu ne m’as pas fait peur.

- Ah non écrevisse? Pas même une toute petite secousse de rien du tout?

- Maman! Arrête. Tu sais que tu ne réussiras jamais à me faire sursauter. Je savais que tu te tenais là, derrière mon dos.

- Pourtant, j'aurais cru cette fois-ci la bonne. Tu étais si absorbé par ta lecture. Allez, fait plaisir à ta maman chérie et dit moi que tu as eu le centième d'un frisson.

- Non, rien du tout.

- Comme tu es dure envers ta pauvre mère. Bientôt, je ressemblerai à une affreuse sorcière toute plissée, avec de vilains poils sur le bout du nez... Et peut-être même des verrues au menton.

- Non, non, pitié méchante sorcière, ne me faite pas cuire pour votre dîner.

- Si vous ne décollez pas vos fesses de cette chaise immédia-tement jeune homme, je vous sers en entremets à mon chat.

- Ahhh!

- Allez, assez joué. Allons remercier Mme Myrow, on s'en va. Ah oui, avant que j'oublie, il faut la payer pour aujourd'hui, ainsi que pour vendredi dernier. Tiens, prends ces billets.

- Mais maman... Pourquoi tu lui donnes cet argent? Je n'ai plus besoin d'une baby-sitter MAINTENANT.

Et Mme Myrow gagne très bien sa vie comme bibliothécaire, tu sais?

- Petit polisson va! Ne sois pas aussi ingrat. Mme Myrow est bien plus qu'une simple bibliothécaire et tu es le mieux placé pour le savoir. Cette femme n'est rien d'autre qu'une sainte. Elle veille sur toi comme une chatte veille sur ses petits.


Le lendemain matin, dix heures.

- Mamaaan, on sonne à la porte.

- Réponds mon ange, j'arrive dans une minute...

- Oui?

- C'est une lettre recommandée madame. Vous avez besoin de signer au bas, ici.

- Un instant, je vous ouvre.

- Appuyez bien sur le crayon s'il vous plaît.

Et voilà, c'est à vous. Merci madame Josefsberg et ayez une bonne journée.

- Vous pareillement monsieur.

L'infirmière déchira l'épaisse enveloppe brune, avec un empres-sement démesuré, le cœur battant. Sa main tremblotante d'excitation, en ressortie une feuille blanche immaculée. Pas un seul mot ne figurait sur le papier.

L'infirmière remit le précieux document entre les mains de son fils.

D'un air amusé, le jeune garçon plaça la feuille vierge de toute encre à la lumière du jour; juste au-dessus du puissant rayon de soleil qui venait transpercer malgré tout, l'un des carreaux poussiéreux des vitraux dominant la salle de séjour.

A voix HAUTE, d'un ton sûr de LUI, il lut:

18 octobre 2028

Madame Goldstein Josefsberg,

C'est avec plaisir, que nous vous annonçons aujourd'hui, la bonne nouvelle: votre DON de vingt-cinq mille dollars, a été accepté. De ce fait, l'inscription de votre fils, ZENDER EMMANUEL JOSEFSBERG, aux tests d'aptitudes pour une éventuelle entrée en classe à Notre École Supérieure De Voyance Et De Mentalisme De La Californie est maintenant scellée officielle.

Veuillez-vous présenter en personne, vous et votre fils Zender, au secrétariat de notre établissement du Chemin Deroy (local 111) le mardi 24 0ctobre 2028, à 8h30 A.M.


P.S. Un petit-déjeuner vous sera servi sur place.


Bien à vous,

Le directeur

Dr. Robby Emmanuel Miller
















Cher petit Abby


Cher petit Abby






Je m’appelle Pierre-Luc, j’ai quarante-trois ans et je suis un artiste-peintre. Cela fera dix-huit années demain précisément que mes peintures sont exposées dans la même galerie : La Galerie Gallant. Cette galerie qui a pignon sur rue au coin d’une artère très branché d’ Halifax, en Nouvelle-Écosse, est réputée pour ne vendre que des tableaux d’artistes de renom. Je suis un de ces renoms. Je vis par conséquent de mon art, pas grassement mais convenablement, de la vente de mes peintures à l’huile sur toile, avec pour spécialité les paysages bucoliques hivernaux.


Pourquoi peindre l’hiver ? Vous seriez vous-même surpris de l’intérêt que portent les gens à mes œuvres « froides » comme je les nomme affectueusement. Après toutes ces années à travailler sur cette thématique, je suis toujours aussi épaté de constater combien les gens détestent tout à propos de l’hiver mais qu’étrangement en tableau, ils trouvent ça beau. C’est vrai ! Dans le pratique de leur existence, ils rêvent en cœur que l’hiver dans lequel ils ont les deux pieds dedans ne soit pas trop froid, qu’il ne leur apporte pas trop de précipitations ni trop de tempêtes de neige, qu’il soit ne soit pas trop long et surtout, qu’il se termine au plus vite par l’arrivée d’un printemps chaud et précoce. Il ne se passe pas un mois sans qu’on me fasse un commen-taire du genre suivant : C’est fou combien vos paysages d’hiver sont saisissant de par leur réalisme, il s’y dégage une telle poésie. Tout ce blanc… On dirait un rêve mis en peinture. Et les voilà qu’ils parlent de rêve maintenant !

À mon humble avis, je crois qu’il y a une partie de leur pensée rationnelle qui boite un peu quand je les entends dire de pareilles contrariétés. Remarquez, c’est surement moins dramatique quand vous pouvez vous permettre les plus belles dunes ensoleillée du sud durant une bonne partie de l’hiver, juste comme ces bien aisés qui achètent mes peintures se le permettent, eux.


Je suis présentement assis au bureau de mon gérant : Réjean Gallant. Ça vous sonne une cloche, Gallant ? Mais oui, rappelez-vous, La Galerie Gallant. Vous y êtes maintenant, oui c’est ça. Allons, continuons mon histoire si vous le voulez bien.

« Gallant, le gérant de l’établissement. »

Ha, ha, ha ! Je ris encore ce sobriquet amical après toutes ces années ! Malgré qu’il ait détesté le concept de ce surnom dès les touts débuts de nos premières relations d’affaire, je continue de l’interpeler ainsi. En privé seulement, c’est l’entente. On ne voudrait pas passer pour une équipe de pauvres amateurs non plus. Un compromis respectable entre l’idée qu’il s’était fait que je l’appellerais patron en tout temps, toute circonstance. Heureusement pour nous deux, Réjean a vite réalisé qu’il n’aurait jamais droit à ces honneurs venant de ma part. Après tout, c’était moi le patron, c’était moi l’artiste qui possédait le talent et la créativité pour peindre d’aussi jolis tableaux. Lui, ne faisait que mettre en pratique un cours de markéting cent un et empochait la majeure partie du profit, alors… Mais non, je blague. Je ne doute pas une seconde du talent de Gallant. Au contraire, je suis assis ici aujourd’hui, pour discuter avec ce grand homme diplomate, la manière dont il compte s’y prendre pour vendre encore plus de mes tableaux.

Je crois qu’il veut tâter le marché international et je suis tout ouïe pour entendre ses suggestions. Du moins, c’est ce qu’il a semblé vouloir me dire au téléphone hier, en me demandant de passer à son bureau cet après-midi. Je dis bien je crois, car Gallant le gérant de l’établissement a un débit de paroles foudroyant, et je m’habitue qu’avec difficulté à ses flots d’informations qui sortent de sa bouche en vitesse accélérée. Quand il prononce mon nom, je crois comprendre « Pierre-U » au lieu de Pierre-Luc. Imaginez des phrases complètes, au téléphone de surcroit. Faute d’avoir tous saisis, cela me paraissait comme de bonnes nouvelles juste à l’ampleur de sa voix plus dévoilée que d’ordinaire.


Purchase this book or download sample versions for your ebook reader.
(Pages 1-11 show above.)